À lire.

Retour de vacances

Lire la suite

Me voilà de retours de vacances. Après deux semaines en Croatie et en Slovénie, et un accès internet réparé, tout vas pour le mieux. Mes livres de l’été ? 17 minutes de bonheurs, petit livre policier qui se passe pas loins de chez moi, sympathique, sans plus. L’élégance du hérrisson,...

Nous suivre par RSS ou e-mail Le twitter de Manu

Little Bird

Posté par Jean-Mi dans Livres le 30-01-2010

1

Little Bird, Craig Johnson

Deuxième vague de froid de l’hiver, et deuxième livre de cette bibliographie exhaustive.

Little Bird est le titre d’un roman policier de Craig Johnson. Une couverture noire, presque satinée, et dans un cadre, une photo en noir et blanc, des plumes d’indien.

Little Bird c’est aussi le nom de famille de la petite Melissa, membre d’une réserve cheyenne dans le Wyoming. Cette jeune fille fut violée par une bande de lycéens blanc du comté d’Absaroka voisin deux ans auparavant. L’affaire avait été suivie d’un non-lieu, les ados s’en étaient tirés à bon compte au tribunal du comté, et mènent une vie paisible. La petite Melissa, elle s’en est moins bien sortie.

Oui mais voilà, au fond d’un ravin, le corps du jeune Cody Pritchard est retrouvé. Partiellement piétiné et bouffé par la faune environnante, le garçon était l’un des coupables du viol collectif.

Traînant sa grasse carcasse hors de son bureau du palais de justice où il admirait un vol d’oies sauvages, le bon vieux shérif du comté arrive sur les lieux. Narrateur de ce roman, Walt Longmire est obèse, tragiquement veuf, et porte un regard aigri et très acide sur ses contemporains et voisins. Une plume de hibou, traditionnellement utilisée chez les cheyennes pour symboliser les rites de mort, est trouvée non loin du lieu du meurtre. Il y a fort à parier que la photo en couverture soit en lien avec cette plume.

La balle extraite du corps de la victime provient d’un tir à longue portée ; tir tout à fait exceptionnel dans les environs, et que seuls quelques bons chasseurs peuvent s’enorgueillir de réussir. C’est le cas, entre autre, de Henry Standing Bear. Lui, c’est le patron d’un bar du coin, et le meilleur ami du shérif. Il est l’ami de tous les instants, présents dès que le besoin s’en fait ressentir, et leurs conversations donnent souvent l’occasion à des joutes verbales pour le plaisir du lecteur. Standing Bear, comme son nom peut l’indiquer, est un indien de la réserve, et aussi l’oncle de Melissa Little Bird.

Revenons en arrière. Le jeune Pritchard a violé la nièce de Standing Bear et n’a pas été puni. Une plume d’indien est retrouvée à côté de son corps. Tout semble clair.

Pourtant, ces preuves déroutent le pauvre shérif, aussitôt parti sur ces pistes, les indices sont démontés. Et il a rencontré une femme. Une femme pour laquelle des sentiments s’installent, ce qui ne s’était pas vu depuis la mort de son épouse quatre ans avant. Une femme qui lui montre qu’il peut être encore aimé. Alors bon, des fois, le travail, il n’en a peut-être plus rien à faire.

L’enquête stagne, tourne en rond dans le comté d’Absaroka, avec quelques incursions dans la réserve cheyenne.

Le froid s’installe sur les Bighorns Mountains. Après les oies volant vers des régions plus chaudes au début du roman, le premier blizzard de la saison est annoncé. Naturellement, Longmire et son acolyte Standing Bear s’y rendent à ce moment de l’histoire. Les éléments météorologiques vont en leur défaveur. D’autres événements liés à l’enquête vont également s’y dérouler.

Ils se jettent dans la gueule du loup. Une fusillade éclate sur les cîmes enneigées en pleine tempête. Il y a des blessés, les secours ne peuvent intervenir, le shérif, épuisé, est seul pour sauver tout le monde. Il aura bien froid là-haut.

Une enquête au rythme trépidant et ce, malgré son ralentissement à un point du roman. Le lecteur est entraîné sur les pas du sympathique et haut en couleurs Walt Longmire et de son équipe d’adjoints un peu bras cassés. On a l’image des pêcheurs à la mouche paisibles au bord des rivières. Les Hautes Plaines sont magnifiques, ses odeurs sont présentes à toutes les pages et le dépaysement est réel, profond.

À lire après Un pied au paradis de Ron Rash, et avant Le gang de la clé à molette d’Edward Abbey, pour se réchauffer au Nouveau-Mexique.

À noter la parution du deuxième volume de la série Walt Longmire chez Gallmeister courant 2010.

Little Bird, de Craig Johnson, éd. Gallmeister, coll. « Noire », trad. Sophie Aslanides, Paris, mai 2009, 23,90€ (le titre original est The cold dish, que l’on peut traduire par « le repas froid » ou « la viande froide », symbolisant également la météo locale ; mais le titre français Little Bird lie le petit oiseau à l’innocence de la jeune Melissa Little Bird, peut-être même l’innocence perdue suite au traumatisme qu’elle a subi ; bref, le débat peut être poursuivi)

Bighorns Mts

Partager cet article :
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • Print

Les pieds dans la boue

Posté par Jean-Mi dans Livres le 29-01-2010

Mots-clefs :, , , , , , , ,

0

Les pieds dans la boue, Annie ProulxLes pieds dans la boue est un recueil de plusieurs nouvelles. Toutes ont pour cadre les plaines du Wyoming et pour protagonistes des familles d’agriculteurs. N’oublions pas que ces agriculteurs, ranchers et garçons de ferme, ont été la fierté des États-Unis d’Amérique. Qu’ils ont nourri en bœuf tout un continent pendant des décennies, et sont aujourd’hui relégués au placard de la mémoire collective.

Loin des images d’Epinal du far-west, Annie Proulx, ayant vécu longtemps dans le Wyoming, nous livre une réalité différente d’Hollywood. Des textes très mélancoliques sur la survie d’hommes et de femmes qui tentent de maintenir par tous les moyens un savoir-faire originel transmis par leurs pères.

C’est la fin d’une époque. Les cow-boys dépeints par sa plume dans les années quatre-vingt-dix sont devenus végétariens pour ne plus élever de vaches, font du tourisme pour garder leurs terres. Mais ne prenons pas peur ; la virilité est toujours là, avec toujours le sarcasme propre à l’auteur. Les héros boivent, sa battent, font l’amour.

À l’image de la terrible nouvelle Brokeback Mountain dont le film a été adapté par Ang Lee, deux gardiens de moutons passent un été ensemble dans la montagne et tombent amoureux. Mais dans la violence de leur société des années soixante (aujourd’hui pourtant rien n’a encore changé dans le Wyoming), ils ne peuvent vivre leur union, et pendant vingt années de leur vie, ils vont se perdre, se retrouver, se perdre de nouveau, et picoler, se foutre sur la gueule et baiser.

À placer et lire entre un Méridien de sang de Cormac McCarthy et un Dalva de Jim Harrison.

Les pieds dans la boue, d’Annie Proulx, trad. Anne Damour, éditions LGF Le Livre de Poche, Paris, juin 2009, 6€, ou éditions Rivages, Paris, janvier 2003, 9€ (épuisé).

Partager cet article :
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • Print

Lu ailleurs : métiers du livre et syndicats sont bousculés.

Posté par Jules dans Librairie -edition le 20-01-2010

Mots-clefs :, ,

1

Les mutations techniques qu’a vécue la chaîne du livre avec la disparition de certains métiers, la division des taches à certains étages et la concentration à d’autres entraînent aussi des changements dans la stratégie de défense ouvrière. Le Monde dans son édition du 17 janvier rapporte la lutte qui s’opère entre deux courants au sein de la Filpac CGT, ce que certains appellent « Le Syndicat du Livre ». Orthodoxes, partisans de l’existence de la tactique « un syndicat par métier » et rénovateurs, soutiens de Bernard Thibault s’y opposent.
Sur les ouvriers du livre, une référence existe, introuvable en librairie, rare en bibliothèque mais absolument majeure : « Les ouvriers du Livre en France de 1789 à la constitution de la Fédération du Livre » de Paul Chauvet. La bibliothèque municipale de l’école Estienne (paris 13) en possède un exemplaire.

Partager cet article :
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • Print

Un pied au paradis

Posté par Jean-Mi dans Livres le 20-01-2010

Mots-clefs :, , , , , ,

0

un pied au paradis

Un pied au paradis* est un vrai-faux polar sur fonds de ruralité américaine. En Caroline du Sud, dans une vallée des Appalaches au climat rude, les fermiers vont et viennent dans leurs champs réciproques qui seront bientôt inondés par les eaux du barrage de la compagnie électrique. Les protagonistes ne se parlent que peu, voire pas du tout. Des tensions sont visibles, et nous n’en connaissons que peu les raisons. On soupçonne de vieilles rancœurs, de vieilles histoires de cul pourquoi pas.

Mais lorsque Holland Winchester, jeune vétéran traumatisé par la guerre de Corée disparaît, tout pousse à croire que Billy Holcombe, son voisin, l’ait tué. Premièrement, la mère Winchester avait entendu des coups de feu provenir de la ferme des Holcombe. Deuxièmement, Amy Holcombe, la si douce et si jolie épouse de Billy, semble avoir couché avec le disparu. Plusieurs fois même, et il paraitrait qu’elle ait aimé ça. Et ça, notre ami Billy pourrait ne pas trop le supporter. Et sans compter sur le fait, troisièmement, qu’Amy fut enceinte. Son époux étant de notoriété publique connu pour être stérile, ça fait désordre dans le comté d’Oconee. Et beaucoup d’alibis pour un seul homme, tout gentil qu’il soit.

Dans les années cinquante, les équipes techniques de la police ne sont pas encore développées. Le shérif enquête seul ou presque. Il recherche un corps introuvable ; le dossier est bientôt classé. On a d’autres chats à fouetter.

Après la narration du shérif, c’est au tour d’Amy Holcombe, l’épouse infidèle, de prendre la plume. Elle se fait narratrice, et donne sa version des événements, chamboulant celle du shérif, qui ne devient qu’un personnage secondaire. À sa suite, son mari ajoute de nombreux détails à la situation. Près de vingt années après, le fils lui-même, Isaac, intervient. Il veut déterrer les souvenirs de la vallée et l’eau monte déjà, engloutissant les champs de tabac, et bientôt les maisons vidées de leurs habitants partis vivre en ville. L’adjoint du shérif conclut le roman, conclut l’affaire. Un joli lac, tant attendu, recouvre enfin le passé de la vallée, et avec elle, de solides secrets. 

Publié dans une maison d’éditions de romans policiers, et sous l’étiquette même du policier, Un pied au paradis ne se lit pourtant pas comme tel. La disparition -et le meurtre supposé- de Holland Winchester, ne dessine qu’une illustration de ce qu’il se passe dans le comté d’Oconee. L’enquête s’appuie sur la disparition d’un personnage pour marquer la fin de l’existence d’une vallée entière, et la mort du personnage principal. Les histoires des Holcombe, des Winchester, du shérif et de sa famille ; c’est toute l’histoire des habitants de la vallée, du barrage et de l’âpreté de la vie, qui fait de ce roman une description de la société.

Se démarquant depuis quelques temps du genre whodunit qui a fait ses grandes heures, Le Masque, éditeur de Un pied au paradis, est entré dans le monde du roman noir. Un livre avec une couverture noire et un titre équivoque fait penser à un polar. Si le lecteur s’attend à lire un polar, il sera déçu. Il faut aller bien plus loin.

Ce roman est donc décevant sur le point de l’enquête policière. Il serait en outre très bon s’il était désigné comme une fresque sociale et familiale d’un petit monde rural. La photo de couverture présente l’ambiance très vraie du roman ; sécheresse et désolation mis en avant. Le style d’écriture de Ron Rash, dont c’est là le premier roman, se veut posément poétique, et, surtout, mélancolique. L’imprégnation est totale.

* Un pied au paradis, de Ron Rash, trad. Isabelle Reinharez, éditions du Masque, Paris, août 2009, 19€.

 

Partager cet article :
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • Print

Le froid retrouvé

Posté par Jean-Mi dans Livres le 14-01-2010

Mots-clefs :, , , , , ,

3

Après avoir essuyé une vague de froid et de neige sans précédent dans mon grand sud, je remise mes chaussettes de ski au fond de mon placard avec le désespoir secret de ne pas les ressortir avant plusieurs semaines ou mois, hors peut-être, de leur fonction première. L’esprit livré à cette période trouble de retour de fêtes et d’attente de remise au travail dans quelques jours, je repense à une œuvre traitant de l’hiver, de son attente et de sa survie.

winter, rick bassRick Bass est surtout connu pour ses récits de fictions, dont récemment, chez Christian Bourgois, La Vie des Pierres, il y a tout juste un an (des nouvelles dont les protagonistes sont confrontés aux misères mais ô combien grandeurs de la nature), Platte River, dans la petite collection « Titres » (trois novellas au cœur de la nature sauvage, dans lesquelles les protagonistes se déchirent et se réunissent), et La Décimation (roman déplorant l’engagement de deux jeunes américains au Texas dans les années 1840, et leur terrible déchéance dans les geôles mexicaines).

Dans Winter*, Rick Bass nous livre une part importante de sa vie ; son premier hiver passé loin du monde, au bout d’un chemin au fond d’une vallée, près de la frontière du Canada. Jeune écrivain, il a passé ses jeunes années, géologue, sur des forages de pétrole au Texas et au Mississippi. Désirant vivre de son écriture, et sa copine de sa peinture, ils décident tout deux de s’installer dans une zone reculée du monde, au fond d’un bois. Traversant les états de l’ouest, ils remontent toujours plus au nord avant d’être recrutés pour le remplacer, par un couple de gardiens du ranch d’un riche type qui ne vient que quelques jours par an.

La vallée du Yaak inspirera l’auteur dans nombre de ses écrits. Elle est l’essence même de son recueil de nouvelles Livre de Yaak, publié par Gallmeister en 2007. C’est un espace vierge où vivent seules trente personnes, bûcherons et chasseurs pour la plupart. À l’arrivée du jeune écrivain fougueux avec ses chiens dans cette baraque perdue en haut d’un chemin, près de la frontière canadienne, l’automne approche vite. Ayant emménagé tard dans l’année, il doit rattraper le temps perdu pour couper tout son bois pour se chauffer tout l’hiver. Il a décidé de ne se faire livrer que le minimum de mazout. Il est prêt à vivre au cœur de la nature.

Chaque jour il en apprend plus sur sa tronçonneuse et sur la survie, et son humour est celui d’un romancier, d’un intellectuel découvrant, en gros, la mécanique et le travail physique. Il se bat contre la nature et contre lui-même, pour être accepté par ses pairs, les villageois, et aussi les élans, les ours, les wapitis, les orignaux, les oiseaux.

Au cœur de l’hiver, quand le blizzard sépare plus encore les humains de cette vallée, les femmes se retrouvent tous les après-midis au Dirty Shame Saloon « centre du village », c’est à dire entouré de quelques maisons, tandis que Rick Bass s’émerveille de cette nature insolente depuis la serre de son jardin emmitouflée sous la neige, contre son poêle et devant sa machine à écrire.

Il écrit au jour le jour la mémoire de cette saison intraitable avec les hommes, il écrit ses difficultés et ses échecs, il écrit les liens étroits avec ses voisins, il écrit ses découvertes et ses joies, il écrit son amour des mélèzes géants et des animaux sauvages qui le regardent par la fenêtre, et surtout, il écrit la révélation de sa part sauvage, la révélation de cette personnalité qu’il savait tapie au fond de lui-même et qui ne demandait qu’à ressurgir.

*(Winter, Rick Bass, éditions Hoebeke, coll. « Le grand dehors », trad. Béatrice Vierne, 1998)

dirty shame saloon

Partager cet article :
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • Print

Les grands auteurs : Georges Darien

Posté par Manu dans Livres le 10-01-2010

Mots-clefs :, ,

4

La nouvelle année est commencée, c’est le moment de reprendre les vieux classiques que vous n’avez jamais eu le courage d’ouvrir, ce qui est bien dommage, si vous voulez mon avis. Vous ne le voulez certainement pas, de toute façon. Commençons par celui qui fut l’un des auteurs fétiches de Breton dont il affirma que l’oeuvre « est le plus rigoureux assaut que je sache contre l’hypocrisie, l’imposture, la sottise la lâcheté » : Georges Darien.

Je vous avertis tout de suite, nous ne savons rien ou presque de Georges Darien, la seule biographie disponible est sortie en 1996 sous le titre Georges Darien et fut écrite par David Bosc aux éditions Sulliver.

Né en 1862 pour mourir quatre mois jour pour jour après son mariage à seulement 59 ans. Georges Darien commence sa vie par s’engager dans l’armée. Ce geste est – contrairement aux apparences – certainement la meilleure idée qu’il n’a jamais eue : après avoir été l’un de ces insoumis qui pensent toujours avoir raison, la République Française décide de l’envoyer au bagne de Biribi pour lui apprendre à respecter l’autorité. Il y séjournera trente-trois mois, ce qui lui donnera tout le loisir de réfléchir à sa condition et de pondre à sa libération l’une de ses plus grandes œuvres : Biribi. Il ne s’arrêtera alors plus d’écrire. Bien entendu, son livre sera retardé, par l’éditeur Savine, le scandale étant trop grand, Darien racontera cette histoire ainsi qu’une attaque contre le monde de l’édition du début du siècle dernier dans le très bon Les Pharisiens.

En plus d’être un insoumis, notre auteur n’hésite pas à collaborer dans les milieux anarchistes, à L’En dehors au coté de Zo d’Axa ou encore pour L’ennemi du Peuple – réédité l’année dernière par L’âge d’homme. Que voulez vous, cet homme est un insoumis, un fou, un sans foi ni loi qui n’hésite pas à écrire l’histoire d’un voleur qui vole pour voler, pour dire non à tout. Un nihiliste ! Le voleur sera son œuvre majeure, celle qu’on étudie aujourd’hui dans les salles des facultés, celle qui à la reconnaissance de tous. La preuve : André Breton l’a préfacé. L’histoire y est pourtant simple : un jeune homme décide de devenir voleur. Non pas par conviction ou par besoin, mais par envie. N’est-ce pas là le plus beau métier du monde. L’un des plus anciens, indéniablement. Il paraitrait que ce livre serait autobiographique, même si personne ne pourras vous le confirmer. N’est-ce pas là ce que défend Darien plus que tout au monde : la liberté, la liberté de faire ce que bon nous sembles, sans pour autant avoir peur du lendemain et des représailles ? Le premier No Futur du siècle des révolutions, quoi que Isidor Ducasse n’est pas très loin non plus.

L’oeuvre de Darien traduit majoritairement une violence contre une société qu’il exècre, contre une vie qu’il déteste et contre un peuple qui lui semble fébrile. Il ne s’encombre pas de rhétoriques, quels quelles soient, il crache sur toutes les institutions, sur tous les drapeaux, bien que le noir soit le plus beaux. Le style est alors pamphlétaire, directe et virulent, racontant le monde tel qui le vit : mauvais et violent. Seul le voleur dénote dans cette vie fait d’extrêmes, ce quatrième ouvrage qui n’a qu’un succès misérable à sa sortie est bien plus aboutit littérairement. Le style y est dense, la langue y est riche et la lecture y est un véritable régal. Je lui préfère tout de même Biribi pour la force et la passion qui lui sont propres, mais il est incontestable que l’écriture de Darien prend toute sa splendeur dans Le Voleur.

Moins connu, Georges Darien écrivit également quantité de pièces de théâtre, aucune n’a eu de grands succès, et encore aujourd’hui il n’est pas simple de se les procurer, encore des petites perles à rééditer. Faisons confiance aux éditeurs, ils retrouveront sûrement un jour tout ces textes enfouis dans les abymes de l’édition française.
Vous pouvez trouver en poche un peu partout la plupart des romans de Darien, sinon vous pouvez acheter pour 25 € l’Omnibus qui les regroupe tous. Par contre, c’est plus lourd et moins pratique à transporter. Si vous êtes riches, vous pouvez chercher et trouver assez facilement les éditions originales.

Partager cet article :
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • Print

Joyeux noël en musique.

Posté par Manu dans humeur le 24-12-2009

2

Pour tous ceux qui n’ont aucune vie sociale et familial, pour tous ceux qui ne savent pas quoi faire en ce 24 décembre au soir, je vous propose un joie de vivre en musique. Ça s’appelle Antiforfora, ça vient de Lyon, et ça claque !

http://www.antiforfora.org/

 
icon for podpress  Standard Podcast [4:45m]: Play Now | Play in Popup | Download
Partager cet article :
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • Print

Dessine moi un hawlî

Posté par Jules dans Livres le 24-12-2009

Mots-clefs :, ,

0

C’était l’événement du Salon du livre de Casablanca : Al Amir Asghir. Le Petit Prince. Celui de Saint-Exupéry, traduit pour la première fois en darija, le dialecte marocain par Abderrahim Youssi. Le Petit Prince connaissait déjà une version amazighe depuis quatre ans, mise au point par un chercheur de l’Institut Royal de la culture amazigh, Lahbib Fouad. Ce sont de véritables actes politiques de la part de ces partisans des dialectes contre ceux, islamistes et protos pan-arabes, qui bataillent pour l’utilisation du seul arabe, langue de la Révélation pour les premiers et de l’unité pour les seconds. L’amazigh comme la darija sont des langues maternelles pour beaucoup et leur utilisation apparaît à certains comme le moyen de lutter contre l’analphabétisme.
L’histoire du Petit Prince présenterait de nombreuses similitudes avec la culture populaire marocaine et berbère – souvents orales – notamment les contes, dans son fonds comme dans sa forme.

Partager cet article :
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • Print

Pour les fidèles et pour les autres

Posté par Jules dans Librairie -edition le 19-12-2009

Mots-clefs :, ,

1

Exégèse, liturgie, droit, pédagogie, politique, actualité… Les éditions libanaises Al Bouraq et Tawhid (Lyon) sont les deux références en matière d’ouvrages précis concernant l’Islam. Si elles proposent un panel important d’études, leur catalogue offre aussi des ouvrages qui aident le fidèle dans son quotidien : apprentissage de la prière, de l’arabe, histoires du Coran et des Prophètes pour les enfants… Les deux leaders du livre musulman francophone ne sont malheureusement mais logiquement pas omniprésents sur les rayonnages de librairie généralistes. Alors voilà quelques pistes pour les trouver : Librairies Tawhid, 8 rue Notre Dame, Lyon et 9 bis Boulevard de Belleville, Paris. La Librairie Avicenne, à proximité de l’IMA possède aussi de leurs ouvrages dans son fonds, un des meilleurs en France concernant l’Islam et le monde arabe. Il existe bien sûr un nombre très importants de librairies islamiques à Paris, Lyon ou Marseille mais elles exposent souvent plus d’ouvrages en arabe qu’en français.

Partager cet article :
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • Print

Les références littéraires de Corto Maltese.

Posté par Jules dans Livres le 18-12-2009

Mots-clefs :,

1

Corto Maltese, en plus d’être une des plus belles bandes dessinées est une mine bien connue d’informations  historiques. Mais aussi littéraire. Petit tour des artistes croisés dans une des plus belles oeuvres couchées sur papier.

Il est à noter que le marin reçoit une solide éducation intellectuelle ; il étudie dès son enfance la Torah, le Talmud et le Zohar, ouvrages religieux et d’exégèse des plus précieux.

Un des premiers auteurs que Corto rencontre est l’écrivain Jack London, dans « La jeunesse », en pleine guerre russo-japonaise. Voyageur, militant, proche de la nature et autodidacte, London ne pouvait que plaire à Corto Maltese.

Dans une des plus belles aventures de Corto Maltese, « Fable de Venise », alors que l’aventurier va en venir aux mains avec des chemises noires, Gabriele D’Annunzio apparaît et calme les esprits. Ambigu en politique, plus homme d’action que de réflexion, passionné et rebelle, D’Annunzio cadre parfaitement avec l’univers d’Hugo Pratt et peut présenter des similitudes avec Corto, bien que le marin soit plus solitaire et moins engagé.
Le point de départ de l’histoire de « Fable de Venise » est une devinette posée à Corto par le Baron Corvo autrement dit Frederick Rolfe. Auteur excentrique, fervent religieux, ce dernier est aujourd’hui tombé dans l’oubli alors qu’il connut à une époque un relatif succès.

La plus littéraire des aventures de Corto, « Les Helvétiques », fait se rencontrer Corto et Herman Hesse. Lyrique, romantique, insistant sur la spiritualité et le syncrétisme religieux, l’oeuvre de Hesse n’est pas étrangère à l’univers du marin. Corto, s’installant chez l’auteur, en proie à des hallucinations s’empare du « Perzival » de Wolfram von Eschenbach; le chevalier-poète, grande référence de l’ésotérisme. Basculant dans le rêve, le héros rencontre Klingsor, protagoniste de l’oeuvre de Wolfram von Eschenbach et du « Dernier été de Klingsor » de Hesse.
C’est aussi dans « Les Helvétiques » que Corto fera la connaissance de Tamara de Lempicka, la peintre qui connnut d’ailleurs D’Annunzio. Aristocrate excentrique, Tamara de Lempicka ressemble à d’autres femmes inventées que le marin rencontre lors de ses aventures. Dans « Les Helvétiques », Corto croise aussi le chemin de Ernest B. Schoedsack, rélisateur des Chasses du Comte Zarrof et de King Kong.

Enfin, il est à noter que des poèmes de  Rimbaud ou Coleridge pour ne citer qu’eux sont récités par le marin au gré de ses péripéties.

Partager cet article :
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • Print