À lire.

Aux grands héros, le gros facho…

Lire la suite

Jacques Benoist-Méchin c’est sûr, part d’emblée avec un malus : Céline à côté sous l’Occupation il fait figure de Jean Moulin. De Gaulle, qu’était pas rancunier faut croire devint son diffuseur, gratos comme ça, en proposant au programme des jeunes officiers, « L’histoire de l’armée...

Nous suivre par RSS ou e-mail

Dessine moi un hawlî

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 24-12-2009

Mots-clefs :, ,

0

C’était l’événement du Salon du livre de Casablanca : Al Amir Asghir. Le Petit Prince. Celui de Saint-Exupéry, traduit pour la première fois en darija, le dialecte marocain par Abderrahim Youssi. Le Petit Prince connaissait déjà une version amazighe depuis quatre ans, mise au point par un chercheur de l’Institut Royal de la culture amazigh, Lahbib Fouad. Ce sont de véritables actes politiques de la part de ces partisans des dialectes contre ceux, islamistes et protos pan-arabes, qui bataillent pour l’utilisation du seul arabe, langue de la Révélation pour les premiers et de l’unité pour les seconds. L’amazigh comme la darija sont des langues maternelles pour beaucoup et leur utilisation apparaît à certains comme le moyen de lutter contre l’analphabétisme.
L’histoire du Petit Prince présenterait de nombreuses similitudes avec la culture populaire marocaine et berbère – souvents orales – notamment les contes, dans son fonds comme dans sa forme.

Pour les fidèles et pour les autres

Posted by Jules | Posted in Librairie -edition | Posted on 19-12-2009

Mots-clefs :, ,

1

Exégèse, liturgie, droit, pédagogie, politique, actualité… Les éditions libanaises Al Bouraq et Tawhid (Lyon) sont les deux références en matière d’ouvrages précis concernant l’Islam. Si elles proposent un panel important d’études, leur catalogue offre aussi des ouvrages qui aident le fidèle dans son quotidien : apprentissage de la prière, de l’arabe, histoires du Coran et des Prophètes pour les enfants… Les deux leaders du livre musulman francophone ne sont malheureusement mais logiquement pas omniprésents sur les rayonnages de librairie généralistes. Alors voilà quelques pistes pour les trouver : Librairies Tawhid, 8 rue Notre Dame, Lyon et 9 bis Boulevard de Belleville, Paris. La Librairie Avicenne, à proximité de l’IMA possède aussi de leurs ouvrages dans son fonds, un des meilleurs en France concernant l’Islam et le monde arabe. Il existe bien sûr un nombre très importants de librairies islamiques à Paris, Lyon ou Marseille mais elles exposent souvent plus d’ouvrages en arabe qu’en français.

Les références littéraires de Corto Maltese.

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 18-12-2009

Mots-clefs :,

1

Corto Maltese, en plus d’être une des plus belles bandes dessinées est une mine bien connue d’informations  historiques. Mais aussi littéraire. Petit tour des artistes croisés dans une des plus belles oeuvres couchées sur papier.

Il est à noter que le marin reçoit une solide éducation intellectuelle ; il étudie dès son enfance la Torah, le Talmud et le Zohar, ouvrages religieux et d’exégèse des plus précieux.

Un des premiers auteurs que Corto rencontre est l’écrivain Jack London, dans « La jeunesse », en pleine guerre russo-japonaise. Voyageur, militant, proche de la nature et autodidacte, London ne pouvait que plaire à Corto Maltese.

Dans une des plus belles aventures de Corto Maltese, « Fable de Venise », alors que l’aventurier va en venir aux mains avec des chemises noires, Gabriele D’Annunzio apparaît et calme les esprits. Ambigu en politique, plus homme d’action que de réflexion, passionné et rebelle, D’Annunzio cadre parfaitement avec l’univers d’Hugo Pratt et peut présenter des similitudes avec Corto, bien que le marin soit plus solitaire et moins engagé.
Le point de départ de l’histoire de « Fable de Venise » est une devinette posée à Corto par le Baron Corvo autrement dit Frederick Rolfe. Auteur excentrique, fervent religieux, ce dernier est aujourd’hui tombé dans l’oubli alors qu’il connut à une époque un relatif succès.

La plus littéraire des aventures de Corto, « Les Helvétiques », fait se rencontrer Corto et Herman Hesse. Lyrique, romantique, insistant sur la spiritualité et le syncrétisme religieux, l’oeuvre de Hesse n’est pas étrangère à l’univers du marin. Corto, s’installant chez l’auteur, en proie à des hallucinations s’empare du « Perzival » de Wolfram von Eschenbach; le chevalier-poète, grande référence de l’ésotérisme. Basculant dans le rêve, le héros rencontre Klingsor, protagoniste de l’oeuvre de Wolfram von Eschenbach et du « Dernier été de Klingsor » de Hesse.
C’est aussi dans « Les Helvétiques » que Corto fera la connaissance de Tamara de Lempicka, la peintre qui connnut d’ailleurs D’Annunzio. Aristocrate excentrique, Tamara de Lempicka ressemble à d’autres femmes inventées que le marin rencontre lors de ses aventures. Dans « Les Helvétiques », Corto croise aussi le chemin de Ernest B. Schoedsack, rélisateur des Chasses du Comte Zarrof et de King Kong.

Enfin, il est à noter que des poèmes de  Rimbaud ou Coleridge pour ne citer qu’eux sont récités par le marin au gré de ses péripéties.

« T’as vu, Mein Kampf en arabe! » Un touriste en Egypte.

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 17-12-2009

Mots-clefs :,

3

Coup sur coup sont sortis deux livres traitant des relations entre le monde arabe et le nazisme.

Le premier « Croissant fertile et croix gammée, Le IIIe Reich, les Arabes et la Palestine » des allemands Martin Cüppers et Klaus-Michael Mallmann n’était pas passé inaperçu lors de sa parution en Allemagne il y a quelques années. L’ouvrage explique comment plus qu’un simple mariage de raison, c’est une haine du juif profonde et similaire qui rapprocha un temps une frange du monde arabe et la patrie du national socialisme. La figure central est bien sûr le grand mufti de Jérusalem, admirateur bien connu du Fürher et antisémite notoire. Mais les deux historiens déterrent des personnages et moments bien moins connus du grands publics. Stratégie, idéologie, les raisons et les mécanismes de cette alliance sont précisément décryptés. Une étude qui veut aussi éclairer l’actualité; antisémitisme latent de groupes de résistance palestinienne, négationnisme iranien…

Plus intéressé par l’idéologie et la politique que par les commandos SS arabes fans d’opérations coup de poings qui passionnent ses confrères allemands, Gilbert Achcar propose un ouvrage « Les Arabes et la Shoah » qui pourrait être une réponse sereine et raisonné au premier. Il décrit la multiplicité et la diversité des fascinations, des mécanismes idéologiques qui poussèrent nombres de dirigeants arabes dans les bras de la propagande du IIIème Reich. Le livre couvre une vaste période courant de la montée du nazisme à l’actualité. Se faisant plaidoyer politique, l’auteur propose en quelque sorte une double reconnaissance de la Shoah et de la Nakba comme point de départ pour la paix.

18611

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 14-12-2009

Mots-clefs :,

1

C’était son numéro de matricule au bagne. Emprisonné sous le règne hassanien, Abdelatif Laâbi est connu avant tout pour sa revue, Souffles, qui symbolise à elle seule le renouveau de la culture littéraire au Maroc. Accueillant des écrivains de gauche, la revue s’orientera sur les questions sociales et intègre notamment le militant marxiste Abraham Serfaty. Révolutionnaire, Laâbi le deviendra, passant par le PLS (ex PC Marocain), il intégrera dès sa création l’organisation clandestine Ilal AMam. Huit ans de prison à Kénitra viendront sanctionner ses engagements. Poète avant tout, il fut aussi un traducteur de premier plan, un passeur reconnu, on lui doit par exemple la traduction de Darwich, de Kanafani et un travail important autour de ces auteurs et de la littérature palestinienne en général. Le 1 décembre, il a reçu les Prix Goncourt de la Poésie. Pour une fois qu’un prix est décerné à quelq’un de bien…

L’épée étincelante de la dialectique et la fourche pleine de fumier et d’ordures

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 06-12-2009

1

A propos d’une époque mouvementée – des millénaristes, des humanistes méprisants, des peintres sympathisants et des princes communisants auront participé à cette Guerre des paysans qui secoua le Saint Empire romain germanique dans la foulée de la Réforme – on a aujourd’hui quelques livres, quelques études.
Pour commencer, le meilleur : « Peintres et vilains – Les artistes de la Renaissance et la grande guerre des paysans de 1525″ de Maurice Pianzola. Ou comment Cranach, Dürer, Graf ou  Holbein se solidarisèrent de l’immense jacquerie. Pianzola, militant communiste et conservateur de musée rédigea par ailleurs la biographie de Münzer, cet ex-anabaptiste oeuvrant au règne eschatologique du Christ, en rupture avec Luther qui s’opposait quant à lui ce désordre. Toujours sur la peinture, le livre de Paul-Louis Rossi, « Vies d’Albrecht Altdorfer. Peintre mystérieux du Danube ». Si ce peintre n’a pas directement été solidaire des insurrections paysannes ou millénaristes, il témoigna des troubles au travers de son oeuvre.
Bien avant et sans toucher à l’histoire des arts, des penseurs majeurs comme Engels se penchèrent sur cette époque. Ce n’est plus un secret que Marx et son acolyte voyait dans ces insurgés des précurseurs du communisme. Ainsi, Engels rédigea un ouvrage sobrement (a t-il déjà fait dans le burlesque?) intitulé « La Guerre des paysans ». Kautsky et d’autres socialistes allemands s’empareront du sujet. Mais l’autre grand penseur révolutionnaire à traiter de la chose fut Ernst Bloch, philosophe juif, qui pour s’extirper de la ligne orthodoxe travailla à concilier messianisme et dialectique marxiste. La révolte du XVI ème siècle était pour lui le terrain le plus propice à la recherche de matériaux. Il signa même un ouvrage traitant précisément de Münzer, théologue de la révolution. Zweig aussi, dans son « Erasme » ne peut passer sur certaines figures majeures. Après avoir opposé Erasme et Luther, Zweig revient sur la manière dont Erasme se détacha de la révolte et laissa par exemple Ulrich von Hutten, sorte de prince rouge et propagandiste radical de la Réforme, mourir dans la rue sans l’accueillir. Le chevalier signa d’ailleurs avant de mourir une magnifique « Plainte de Ulrich de Hutten contre Erasme de Rotterdam », mise au point avec le froussard aujourd’hui célébré.
Dernier exemple d’une fascination pour cette époque peu connue, le médiocre « Bacchus » de Cocteau, qu’il considérait comme une de ses meilleures pièces prend comme cadre l’Allemagne de l’an 1523. On y lit donc un clergé et des puissants inquiets de toute émotion populaire, des intrigues et des sentiments de frustration de certains bourgeois.

Epilogue :  lors d’une manifestation anti-carcérale à Poitiers, un graffiti « Omnia sunt communia » est fait sur une église. Au delà de l’indignation toute banale de quelques citoyens, un journaliste du Monde dans un article en une du quotidien sur les autonomes – ces nouveaux ennemis pas si effrayants de la République – rappelle que la locution latine est une citation de Thomas Münzer quant à la communisation.

Qu’il était beau le temps des colonies…

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 05-12-2009

Mots-clefs :, ,

0

Que l’Algérie française fût un rêve pour certains qui ont payés de leur vies pour la conserver est indéniable. Que l’Indochine fut le théâtre d’engagements héroïques de la part de soldats français, qu’elle fut une histoire d’amour pour quelques occidentaux nés là bas, c’est une certitude. De continuer à les chanter des décennies plus tard en est une autre. Patrick Buisson publie, en partenariat avec la chaîne Histoire qu’il dirige, deux coffrets livre-DVD « La guerre d’Indochine » et « La guerre d’Algérie » chez Albin Michel. Une sorte de farce sans doute venant de la part de celui qui écrivait dans sa jeunesse des opuscules à la gloire de l’OAS avant de passer directeur de Minute entre autre états de service. Aujourd’hui, l’homme n’a aucun poste officiel à l’Elysée mais beaucoup le pensent à la base de la création  du Ministère de l’identité nationale. Celui qui oeuvrait au rapprochement des droites (centre et extrême) serait en quelque sorte le conseiller réac de Sarkozy. Pas besoin d’aller beaucoup plus loin, Le Canard enchaîné, Télérama et Le Monde dans différentes éditions sont venus et revenus sur son rôle de conseiller, sa société d’opinion et sa chaîne grassement subventionnée… En revanche, des deux ouvrages on tirera peut être quand même de rares images d’archives ramenées par le Service Cinéma des Armées et la préface de Michel Déon (pas progressiste non plus dans son genre) à l’ouvrage sur l’Algérie.

Le grand Jacques, la poste…

Posted by Jules | Posted in Actu | Posted on 03-12-2009

Mots-clefs :, , ,

0

Entre 60 000 et 80 000 euros, c’est ce qu’il faudra sortir pour faire l’acquisition des presque deux cents lettres de Mesrine (mais signées sous d’autres prénoms) à  son amante canadienne principalement. Amour, prison, écriture, l’ennemi public numéro un aborde de nombreux sujets dans cette correspondance datée d’entre 73 et 78. Certaines lettres sont même illustrées de petits dessins naïfs de fleurs et autres…
Les lettres seront exposées puis vendus aux enchères à Drouot les 28, 29 et 30 janvier. Comme si le spectre de Mesrine planait sur le lieux, une descente de police (Office central contre le vol et les trafics d’art) a eu lieu le 1 décembre à l’hôtel des ventes de Drouot et douze personnes ont été mises en garde à vue annonçait Libération…

Mais dis donc, on n’est quand même pas venu pour beurrer des sandwichs

Posted by Jules | Posted in Librairie -edition | Posted on 01-12-2009

Mots-clefs :, ,

2

Laurent Maréchaux et Jean-Pierre Bastid seront à la librairie Equipages (une des rares honnêtes du quartier, si si) pour présenter leur travail autour de la pègre, du banditisme et toutes cette sorte de choses.
Maréchaux a signé récemment « Hors la loi – Anarchistes, illégalistes, as de la gâchette… ils ont choisis la liberté » chez Arthaud, un beau livre illustré. Une quarantaine de portraits de ceux qui ont un temps défrayés la chronique avant de finir bien souvent à l’ombre du pénitencier ou assassinés à balles réelles avant d’être tué une seconde fois par les journalistes, ces charognards. L’auteur qui ne cache pas sa fascination avait déjà quelques récits à son actif (au Dilettante) où l’on croisait des moudjahidins et des tueurs. Son compère de la soirée, l’auteur et réalisateur Jean-Pierre Bastid a récemment sorti « La colère des tendres » au Temps des cerises, roman rappelant le sort des militants d’Action Directe. La quatrième de couv du dit ouvrage est parlante ; le livre aurait dû être un film mais « les conditions qui décident aujourd’hui de la production française l’ont interdit » et il est dédié à ceux qui ont fait des choix mal compris mais dont « seuls l’échec les a rendus illégitimes. » Bref, venez armés (« puissance de feu d’un croiseur et des flingues de concours » comme dirait l’autre)au 61 rue de Bagnolet dans le XX, historique quartier des apaches, youvois et beaux en tout genre, le 3 décembre à 20 heures.

L’imposture du siècle !

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 01-12-2009

Mots-clefs :, ,

13

C’est – au moins – l’imposture du siècle. Sur Libération Next, ces mecs qui se prennent pour des cools alors qu’en fait non, on peut lire « Géraldine de Margerie (sûrement une charmante personne au demeurant nda) a eu la bonne idée de traiter avec sérieux tous ces sujets futiles… ». Ce à propos d’une récente parution « Le dictionnaire du look » qui décrypte apparemment les looks des jeunes les plus en vogue aujourd’hui. Ouvrage sous-titré « une nouvelle science du jeune ». Imposture encore.
Cette science n’est pas nouvelle, et l’idée n’en incombe pas à Mme de Margerie. En effet, en 1984 paraissait « Les mouvements de mode expliqués aux parents ». On y trouvait, dessins et photos à l’appui, des descriptions très précises du « BCBG », du « New wave », de « l’autonome », dérivé du « baba-hard » qui a choisi la révolution mais pas de la même manière que le « gauchiste à lunettes », du « skin » qui ressemble au « gay » mais qui n’en est pas un (quoique) etc. Les auteurs? Trois jeunes qui avaient de la suite dans les idées et du temps à tuer, parmi lesquels Alain Soral (oui oui, celui qui fait parler de lui pour ses accointances avec Pen Le) et Hector Olbak (reclassé journaliste ou un truc de ce genre).
Le comble de l’imposture? C’est chez Robert Laffont que parut le premier. C’est chez Robbert Laffont que paraît le deuxième.