Posted by Jules | Posted in humeur | Posted on 24-11-2009
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Le prochain Marc Lévy sortira dans le même temps en format papier et en version numérique. Primo : c’est pas comme ça qu’on nous (les gens de bien) fera lire sur support virtuel. Deuzio : ça soulève pleins de questions. A priori, le Lévy électronique sera moins cher d’au moins 25 % que le papier. Jusqu’ici, les tarifs étaient toujours sensiblement les mêmes, ce qui refroidissaient pas mal de potentiels clients du numérique : Trois femmes puissantes de Ndiaye par exemple ne coûtait que 15 % moins cher environ en numérique qu’en papier. Autre débat à suivre : la TVA, qui pour l’instant est à 19,6% et dont beaucoup de professionnels du numérique réclame qu’elle passe à 5,5% – celle du livre. Chez les professionnels du livre papier, les avis sont partagés; l’inquiétude des libraires – qui survivent déjà seulement du fait de leurs marges ridicules – contrastent avec l’insolente réussite et confiance en soi de pas mal de groupes éditoriaux. Dans toute cette affaire, on attend surtout les résultats qualitatifs de groupes comme Google ou Amazon, avec son Kindle qui ne sont après tout pas des éditeurs quand bien même ils se mettent à numériser quantités de textes (classiques et bests-sellers le plus souvent pour l’instant). Le livre numérique ne représente encore que 1% du marché français et environ 5% outre Atlantique où les spécialistes remarquent notamment une importante consommation de textes érotiques pour d’évidentes raisons d’anonymat et de discrétion (anecdote qui ne pourrait déplaire au frivole blog de manu et nous pousse bien sûr un peu plus à accepter la technologie).
Pour les communisateurs que nous sommes sur ce blog et pour donner l’impression que nous avons un avis sur le sujet, la question du prêt se pose. Si la diffusion facilitée par le numérique était un slogan pour les novateurs du Projet Gutenberg (première bibliothèque numérique) par exemple, on se demande si le beau geste du prêt qui encourage énormément la lecture n’est pas en fait en danger. Beaucoup d’entre nous commence à lire grâce à la bibliothèque parentale dans laquelle on chipe (chiper un Kindle à presque 200 dollars t’aurais pas osé sinon caramba t’aurais dansé), en se faisant passer un bouquin par le prof bienveillant du lycée (on imagine mal un fonctionnaire distribuer des e-books dans l’espoir de transformer ses jeunes délinquants d’élèves en hussards des Lumières) et même à l’âge adulte, nombreux sont ceux qui « découvrent » la lecture suite à un « je te le passe, tu le lis, tu verras je suis sûr que tu aimeras »… Bref tout un système de découverte de la lecture qui passe à l’as.
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Posted by Jules | Posted in humeur | Posted on 23-11-2009
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Nous avions sur le blog, parlé de l’incroyable « United Red Army » de Koji Wakamatsu. Un film rare et intelligent. Blaq out édite un coffret regroupant quatre de ses oeuvres. Beaucoup de sexe bien sûr, pas très sain, de la violence, de la subversion dans ces films réalisés entre 65 et 69. Une bonne entrée dans le cinéma japonais qui trouble toujours les spectateurs occidentaux. Ce genre de films provoquant souvent un intérêt aigu (les DVD sont interdits au moins de 16 ans ce qui est déjà une preuve de leur intérêt) pour le contexte de création, la société japonaise, ils vous (re) pousseront sûrement vite dans les bras des classiques, Kawabata, Mishima en tête
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Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 13-11-2009
Mots-clefs :rock
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Parceque c’est à Paris que Lou Reed vient dédicacer le livre The Velvet Underground, qu’il a préfacé. Il faudra donc être parisien pour geindre à ses pieds si vous êtes un groupie naze ou lui cracher au visage si vous êtes un punk un vrai. Chez Colette, le 16 novembre à 18h30.
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Posted by Jules | Posted in Librairie -edition | Posted on 04-11-2009
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Le départ du Seuil de la rue Jacob (Paris VI) pour Montrouge entraîne une -mini- polémique. On imagine que certains employés trouvaient plus plaisants Paris centre, et quelques « intellos » types crient déjà au scandale. Emmanuel Pierrat, conseiller à la mairie du VIème, romancier et éditeur répond à Jules à ce propos.
J. – Quels sont les dangers, pour le quartier, du départ du Seuil de la rue Jacob? On imagine que les cars de touristes ne s’y rendaient pas par centaines, mais l’identité du quartier n’est-elle touchée?
E.P. Les restos, cafés, etc. vont changer de clientèle… et tout sera peu à peu aseptisé.
J. – Lorsque le divan avait cédé la place à Dior, beaucoup s’étaient offusqués – alors même qu’une enseigne Dior a le don d’attirer un nombre incroyable de jolies filles. Avez-vous eu vent d’indignations de ce genre?
E.P. Non, car le Seuil était caché dans des étages… et d’accès privé.
J. – Peut-on voir le déplacement des grandes maisons d’éditions comme un pas vers une démocratisation de la culture?
E.P. Certainement pas, car ce sont des entreprises où l’on ne rentre pas comme dans un lieu public…
J.- Qu’avez-vous prévu pour le mythique if qui était dans la cour du Seuil?
E.P. De le couper pour en faire de la pâte à papier ?
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Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 03-11-2009
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1258, la bibliothèque Dar Alhikma est détruite par les hordes mongoles. Quelques tours d’alchimie et les 99 pierres du savoir sont sauvées. Plusieurs siècles plus tard, on charge 99 héros de les garder. Fabian Niziera, ancien de chez Marvel ( X Men notamment) et Panobian, passé par DC Comics et Marvel pour Spiderman et Captain America entre autres ont beau être du coup, cette BD n’est pas une énième série américaine. Mais une sorte de comics islamique. L’idée est de Al Mutawa, jeune psychologue koweitien immigré à New York qui souligne l’importance de la BD dans la construction de l’imaginaire des jeunes. C’est après le 11 septembre qu’il décide de créer cette série, les 99, comme le s99 attributs de Dieu. On pourrait se dire que ça part mal, que l’on n’est pas censé en Islam représenter les attributs divins, surtout dans le Golfe. Peu avant, les Pokemon avient été victime d’une ridicule fatwa. Et puis, ces supers héroines plutôt pulpeuses ont toutes égarées leur super hidjab. Mais Al Mutawa communique et trouve même un mécène en la personne d’une banque d’investissement saoudienne (la prodigalité des banques du Golfe n’est plus à vanter). Résultat rapide, les aventures disponibles en anglais et en arabe de ces héros qui prêchent un message de tolérance s’arrachent. Des traductions sont faites pour l’Indonésie. On atteint vite les un million d’albums vendus. Personne, de la Bosnie à la Malaisie ne cririque plus l’initiative et les plus jeunes eux, la plésbicite. En Occident, les héros sont les bienvenus ; ne se servent-ils pas dans leur combat pour le Bien, des enseignements juifs et chrétiens? Il n’y a qu’à voir l’impressionant dossier de presse présenté sur le site officiel. Et les projets en cours: un parc d’attraction entièrement dédié aux 99 a récemment vu le jour au Koweit et Endemol travaille à une adaptation en dessins animés pour la télévision britannique. Pour la France, c’est la société Rai Média (Lyon) qui intoduira peut être les 99.
Là, on hurle, ni BD ni burqas, pas de ça dans le pays de la tolérance, que font Charlie Hebdo et le Figaro?
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Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 02-11-2009
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par prosto photos (cc)
Certains écrivains peu soucieux de pédagogie ne savent plus quoi inventer pour vendre leurs bouquins ou trouver de l’inspiration. Une technique bien connue : se servir de la cocaïne comme argument de vente. Le pire, c’est que les amateurs de la dite-drogue seront déçus à la lecture de ces oeuvres.
Récemment, c’est Beigbeder qui s’est débrouillé pour atterrir en garde à vue suite à une partie de karaté colombien en pleine rue. Garde à vue qui lui sert de point de départ pour son roman français. L’affaire lui vaudra certes une rétention peu agréable, mais aussi un prix littéraire. Encore heureux, dans son livre, il prend la défense de ceux qui pourraient suivre son chemin en s’en prenant aux conditions de détention scandaleuses qui sont celles de notre pays.
Mais il y eut pire : Agueev et son Roman avec cocaïne. Imposture s’il en est, car la drogue n’est même pas la clé du scandale qui entoura la parution du roman. Ce qui choqua fut plutôt l’apprentissage amoureux du jeune lycéen et non pas qu’il se mette de la poudre plein la tronche à longueur de temps. De quoi choquer association de parents d’élèves et lecteurs en quête de roman de défonce. Pas plus honorable fut le travail de Freud. Un ramassis de lettres et de maigres recherches font le panégyrique de la poudre blanche. Alors que l’on s’attend à voir le père de la psychanalyse se taper des traces dans tout les coins de la maison dans le but avoué de se mettre à l’envers, on assiste béat à un jeune premier ingurgitant d’importantes quantités de cocaïne pour mieux réussir une conférence. Dépitant. Mais le summum, c’est bien sûr Hergé qui l’atteint avec son Coke en stock. Pendant que l’indigné parent d’élève s’en va chez le préfet, cette accablante preuve de relâchement dans la production enfantine sous le bras, le junkie cherche à toutes les pages où se cache cette fameuse provision de came. C’est avec tristesse qu’il apprendra que coke désigne ici des esclaves noirs embarqués sur un cargo. Et que Tintin, une fois de plus, au lieu de goûter dans chaque port la production locale se contentera d’observer le capitaine Haddock bourrer sa pipe…de tabac.
Une gabegie que cette production qui triche avec les attentes des lecteurs tout en faisant l’apologie du vice.
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Posted by Jules | Posted in Librairie -edition | Posted on 22-10-2009
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L’ouverture d’archives, c’est pas une requete originale. Normalement c’est une spécialité de rouges, Stasi, PCF, les leurs furent particulièrement attendues. Il en va des archives comme du reste, il y en a certaines plus médiatiques que d’autres. Pourtant, binoclards, littéreux et autres rats de bibliothèques pas universitaires pourraient d’ors et deja se constituer en lobby pour l’ouverture des archives Gallimard. Pendant des années, le comité de lecture notait, de 1 à 4 tous les manuscrits. Un 1 signifiait un soutien sans faille à l’oeuvre, un 4 la vouait à la corbeille. 2 ou 3 attendaient des modifications, suscitaient d’ardents débats. Eh bien, on aimerait bien savoir quelle note tel grand ponte a accordé à tel manuscrit. Cette vielle raclure de Gide, que disait-il quand un Vitrac ou un Jouhandeau échouait sur sa table? Beaucoup de manuscrits, de fiches et comptes rendus étaient anonymes, histoire de pas voir ressurgir le 4 posé dans la marge par un des parrains de la NRF sur une oeuvre depuis consacrée. En plus de ces fameuses fiches, on peut imaginer des contrats par centaine, une abondante correspondance, des annotations et des petits bouts de papiers par milliers, signés Gallimard, Schlumberger, Groethuysen, Paulhan, Arland… Bien sûr au fil du temps de petits incidents ont fait oeuvre de censure, en plus d’évenements plus tragiques, comme lors de la signature de l’armistice où chez Gallimard comme partout, on brûla activement. C’est à ce moment par exemple, selon Assouline que furent carbonisés les plans de l’expédition imaginée par le jeune Malraux pour faire évader Trotsky.*
Toute cette paperasse, ces comptes et tout le bazar mis à disposition du public serait un souci de transparence admirable de la part de l’éditeur francophone numéro un.
* Oui, oui, voilà qui contribue à certifier que Malraux fut le mec le plus cool de ce siècle. Il eut pour projet de libérer Trotsky en compagnie d’auteurs de la NRF qu’il venait à peine de rejoindre. On peut imaginer son dépitement quand Gallimard lui expliqua que non, la NRF n’était pas habilitée à ce genre d’aventure.
Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 24-09-2009
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C’est sur rue 89 que De Villiers s’est exprimé, notamment sur le polar français. Il approche les 80 carats le De Villiers, toujours aussi réac. Donc autour de la question le polar FR est-il de droite ou de gauche, papi s’en prend à « l’esprit bien pensant de gauche » (là on ne peut qu’aller dans son sens), à Fred Vargas, au Parti Communiste…. Personne ne découvre rien en fait, pas ceux du moins qui se souviennent qu’il passa chez Rivarol. On comprend qu’il soit de droite, d’un point de vue lutte des classes, ça se tient parcequ’il doit commencer à avoir un paquet de flouze. Chaque SAS, (combien ? Au moins 4 par an disons) c’est quelques dizaines de milliers d’exemplaires. Et quand t’en vends plus, t’en vends encore, dans les vides greniers et les librairies du continent africain. Y’en a pourtant qui refuse toujours de s’y mettre. Alors que l’arsenal commercial est à la hauteur, monsieur. La couv, vous savez, c’est systématiquement des femmes à moitié à poil. Avec des fusils mitrailleurs. Même la beauté orientale qui participe au Jihad dans SAS contre Ben Laden, ben elle a un voile mais elle est en bikini. Le héros c’est un tombeur, t’inquiète pas qu’il lui fera l’amour à un moment ou un autre de l’aventure. La 4e de couv, c’est un extrait, le moment le plus chaud. Quand tu le lis tu te dis toujours «il meurt là ? », parceque c’est ça que ça laisse entendre, genre « et il se demanda s’il allait survivre quand le terroriste appuya sur la gâchette du revolver posé sur sa tempe ». En fait, ouais il s’en sort, il faut lire pour savoir comment. Et les sujets, ah ça c’est toujours de l’actu ; pirates, taliban, nord-coréens, que des vrais salauds bien connus.
Bon, et le polar c’est de gauche ou de droite alors ? Ben il y répond pas vraiment à la question et il a bien raison parce qu’elle est vraiment con cette question, nos deux meilleurs, Manchette et ADG furent respectivement pro-situ et Nouvelle Droite, et de toute manière qu’est-ce que ça peut nous foutre, on parle littérature. Et De Villiers il serait bien d’accord avec nous : tout gros franchouillard qu’il était, il édita bien des auteurs de gauche, Lansdale parmi d’autres…
Posted by Jules | Posted in Librairie -edition | Posted on 16-09-2009
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L’Imprimerie Nationale fait encore parler d’elle. Cette institution avait déjà quelques soucis, depuis le début des années 2000, elle avait connu vague de licenciements, fermetures de sites, conflits sociaux, pertes de marchés… En 2005 pourtant, l’ancien monopole d’État devenu S.A arrache au privé le marché des passeports biométriques.
Mais c’est maintenant des accusations de corruption qui pèsent sur le fleuron français. Suite au refus de l’ancien directeur financier de signer les comptes de 2007, le parquet de Paris s’est saisi de l
’affaire et se retrouvent dans le giron de la justice l’ex-boss de l’I.N, La Cochetière, Wasjman (celui qui écrivait les éditos au Figaro) et quelques autres – parmi lesquels le dit directeur financier…
En effet, dans des marchés publics, des commissions s’évaporent. Détournement des intermédiaires ? Les agents jusqu’à une certaine époque touchaient des primes au résultat, ce qui peut en exciter plus d’un. Mais ce qui est fortement soupçonné, c’est l’obtention de contrats à l’aide de pots-de-vin, en Roumanie, au Sénégal, en Géorgie, en Syrie, des marchés de documents fiscaux et de passeports, spécialités de l’I.N. Il faut dire que les tentations sont nombreuses surtout face à une concurrence qui elle, n’hésite pas à avoir recours à ce genre de méthodes. Il faut ajouter à cela « l’affaire irakienne » de l’I.N. Peu avant l’invasion alliée, en effet, l’I.N traitait avec des pontes du régime baasiste pour refourguer du matériel pour la fabrication de billets de banque devenu obsolète depuis le passage à l’euro. Seulement, l’homme chargé de l’affaire serait à l’occasion devenu émissaire chiraquien pour mettre en garde des proches du pouvoir de Saddam Hussein. Bref, quand c’est trop, c’est tropico et l’État (actionnaire principal de tout ce bazar n’oublions pas) prend des mesures. Pour commencer, La Cochetière a gentiment été écartée de la direction – malgré sa réputation d’homme droit, ainsi que quelques autres. Mais le dossier, lui n’est pas que judiciaire; certains dénoncent déjà un coup foireux visant à créer un sentiment favorable à la privatisation de l’I.N, projet plus tout jeune et à l’ouverture de ses capitaux.
Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 11-09-2009
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Jacques Benoist-Méchin c’est sûr, part d’emblée avec un malus : Céline à côté sous l’Occupation il fait figure de Jean Moulin. De Gaulle, qu’était pas rancunier faut croire devint son diffuseur, gratos comme ça, en proposant au programme des jeunes officiers, « L’histoire de l’armée allemande », signée B-M. C’était une belle plume tout de même ce Jacques, touche-à-tout ; journaliste et fin musicologue (une étude sur la musique dans l’œuvre de Proust dont il était très proche).
Sa fascination pour les hommes d’exceptions, ceux qui à un moment donné de l’histoire en transforment le cours allait de pair avec une fascination pour l’Orient et le monde arabe. Passons sur cette conception de l’histoire sur laquelle on pourrait gloser des heures durant, B-M aime relater les hauts faits de ses héros. On lira avec intérêt les vies d’Ibn Seoud, du roi Saud, de Fayçal d’Arabie, ces fondateurs et dirigeants de l’Arabie Saoudite. On y adjoindra la lecture du Mustapha Kemal. Des livres qui frisent le style romanesque et qui sont aussi des documents sur des sujets qui font toujours l’actualité ; Émirats Arabes unis, Turquie, wahhabisme, laïcité, république… Logiquement, Benoist-Méchin s’est aussi penché sur les vies de ces occidentaux qui furent plongés dans le monde arabe : Lyautey fait l’objet d’un très bel ouvrage, Lawrence d’Arabie, plus classique, ainsi que Napoléon en Égypte qui paraîtra un exercice vraiment vu et revu auquel on préférera du coup le plus original Frédéric de Hostehaufen, ce prince normand d’Orient. A côté siègent des œuvres moins rares et passionnées, qui se lisent malgré tout : un Cléopâtre, un Alexandre, un Julien…
La force de Benoist-Méchin, c’est de vulgariser sans prendre son lecteur pour un arriéré du bulbe et de garder un style très littéraire. Avant de courir les acheter, vérifiez ; beaucoup de nos grands-papas mêmes illettrés aiment à poser ce genre de gros bouquins sur la cheminée (encore faut-il qu’ils en aient une) entre le Guinness Book des records et les Pages jaunes.