À lire.

RAP GAME

Lire la suite

Le rap n’a jamais été une affaire de livres. Dans les quelques parutions, romans ou études à ce propos, un tri s’impose ; la plupart sont de très médiocres ouvrages, banalités consensuelles, au ton souvent démagogique et peu renseignées. Mais l’on déniche ça et là de meilleurs titres....

Nous suivre par RSS ou e-mail

Free battisti !

Posted by Jules | Posted in Actu | Posted on 10-09-2009

Mots-clefs :,

0

C’est mercredi que les juges brésiliens devaient trancher, il leur faudra en fait un peu plus de temps. L’enjeu, C’est l’extradition de Cesare Battisti, que bien sûr, les lobbys et la « justice » italienne, squales parmi les squales réclament, histoire de s’assurer qu’il paye bien cher (prison à perpet’), bien que sa culpabilité ne soit pas assurée, loin s’en faut. Comme à chaque événement entourant l’affaire, une poignée de militants ont tenu à se montrer. La justice brésilienne se laisse encore dix jours pour décider du sort du romancier (des polars de qualité) et figure emblématique de ces anciens militants à qui la France avait promis la liberté avant un brusque changement de décision. La défense se veut optimiste.

Lire la guerre, jouer à la guerre…

Posted by Jules | Posted in humeur | Posted on 10-09-2009

Mots-clefs :, , ,

24

La bataille de Fallouja, novembre 2004, 15 milles hommes des forces américaines et irakiennes entrent dans la ville, zone baasiste. Ruine par ruine, les snipers se livrent à de longs combats sous les bombardements – au phosphore cela va de soi. C’est un cauchemar, en plus d’une bataille médiatique, un symbole de la réussite ou de l’échec des opérations alliées selon les opinions. Mais ruines, snipers, bunkers ça rime aussi avec jeu vidéo. Dans « Six days in Falluja » vous pouvez incarner un résistant irakien ou un soldat cainri pris dans le chaos de la bataille. Le jeu a été mis au point par Atomic Games avec l’aide de Marines – retour d’Irak. Et a bien sûr suscité une polémique. Pour beaucoup, il est trop tôt pour créer du jeu autour de l’Irak, impossible de s’amuser dans une ambiance « crimes de guerre ». Ben oui, mais les jeunes générations ont maintenant l’habitude de ce média. Si d’anciens Marines l’ont voulu pour se raconter, si des jeunes l’utilisent pour comprendre ? Pourquoi le refuser ? Ferait ont un tel foin autour de la publication d’une œuvre littéraire ou cinématographique ? C’est l’explication, assez censée et logique qu’a donnée Atomic Games à la presse américaine.

Le jeu, lui, est apparemment super réaliste et doit être pas mal pensé car des officiers ont émis l’idée de s’en servir pour entraîner les soldats (sur ce genres de pratiques, cf « Storytelling » de Salmon). Il faudra attendre pour le tester, depuis que Konami qui devait le diffuser s’y refuse en fait.

Jeune et jolie

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 09-09-2009

Mots-clefs :, , , ,

1

saganOn approche à grands pas de la fin de l’été et pour beaucoup la rentrée a déjà commencée. Pour prolonger un petit peu l’ambiance estivale, misons sur « Bonjour tristesse » : rappelez vous de cette petite œuvre parfaite, la morale en est simple ; le bonheur c’est facile comme ça. Ecrit par un été de révisions en quelques jours par une jeune prétendante au bac, l’œuvre est un schéma simpliste d’une frivolité fascinante. Premier roman de Sagan qui se fera chantre du plaisir facile, alcoolisé, motorisé, il est le plus spontané, le pus naïf. Les jeunes lycéennes particulièrement se feront un devoir de s’y plonger ou de le relire avant d’entrer dans cette période de la vie où l’on se sent obligé de lire toute la bande des vielles moches Beauvoir et Duras en tête pour avoir l’air intelligent. Elles auraient pourtant été bien incapables d’un tel roman.

Jules utilise le blog de manu pour son réseau belge d’enfants

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 26-07-2009

Mots-clefs :,

1

Je suis pas vraiment un partisan de l’édition jeunesse, je comprends pas pourquoi on s’évertue à faire lire des mômes qui de toute manière trouvent ça chiant comme la mort, laissons les donc jouer avec des bâtons et des cailloux, en plus ça revient moins cher. Mais il y a quand même, dans les livres pour enfants quelques perles. Notamment chez les classiques les plus classiques de la langue française. Des livres qui seront souvent appréciés par les plus jeunes, mais dont la lecture peut être recommandé à des adultes – mais non c’est pas la honte de se balader dans le métro avec un folio junior plein de dessins. Pour les petits, Pierre Gripari est surement le numéro uno. Plein d’érudition, connaissant par cœur le folklore populaire qu’il réutilise régulièrement, comme dans son roman de chevalerie « Le conte de Paris », Gripari publie en 67 (je crois bien) les « Contes de la rue Broca », à la Table Ronde. Treize petits récits empreints de fantastique, plein d’imagination. C’est un flop. Réedition Gallimard : le livre devient un succès. Tout commence à la buvette de Papa Said, où les enfants attendent impatiemment un conteur qui connaît Paris comme sa poche, notamment en ses lieux et ses personnages les plus fous. Reste à ce que vous acceptiez de mettre entre les mains de vos enfant les livres d’un monsieur qui finira au GRECE. Mais non il est pas antisémite, il critique de manière positive le judaïsme, c’est Dimitrijevic son éditeur qui le dit.
Autre classique, autre genre, Marcel Aymé a lui aussi écrit pour les plus jeunes. Loin de la violence du reste de son œuvre, rassurez vous, ces récits sont un savant mélange de fantastique et de réalisme. Il saisit toujours de manière très précise les structures sociales et les diluent dans des récits abracadabrantesques ; ainsi, dans « Le passe muraille » – le décor est planté à Montmartre – un employé de banque à la vie sans saveur qui … passe à travers les murs. Plus léger encore, « Les contes du chat perché », plus réaliste et moins enjoué, « La Fabrique ». Tous en folio Junior, youpi.
Mais votre enfant grandit (mettons que ce soit un garçon, ça me facilitera la tâche). Pas de problèmes ; « Une balle perdue » de Joseph Kessel, est tout indiqué. Paru en 35, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui se mêle à la foule et aux insurgés dans la ville de Barcelone pendant les évènements de 34. Ce genre de récits, Kessel sait y faire, n’oublions pas que son premier livre « La steppe rouge » est un travail sur la révolution bolchevique.
Dernier de nos exemples, et pas des moindres, Saint-Ex. « Le petit prince », conte philosophique et bucolique, parut à New York en 43, sorti à Paris dès la Libération, des dizaines de millions d’exemplaires vendus à travers le monde. Mais au final, les avis ressent mitigés. Et vous serez plus sûrs de faire mouche (encore une fois le cobaye est un garçon) en offrant une de ses histoires d’aviateurs héroïques, aux missions impossibles, au sens du sacrifice et au dévouement sans borne (jusqu’à la bêtise ?). Il faut avouer que le réalisme dans la description des missions, des cockpits, des mers déchainées et des déserts brûlants laissent rarement indifférent. « Courrier Sud », « Vol de nuit », « Pilote de guerre » et « L’aviateur » sont le summum du roman d’aventure.

Aucun criminel ne fût jamais aussi exotique

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 24-07-2009

Mots-clefs :, ,

0

Crée dans une période où les révoltes étaient nombreuses en Asie contre la présence occidentale, le succès d’un personnage comme le mystérieux docteur Fu Manchu était assuré d’avance. La série eût un succès énorme chez les occidentaux qui fantasmaient sur le Péril jaune qui était maintenant incarné en un méchant pour fictions (mais non ce n’est pas raciste, c’est d’époque quoi). Une intelligence hors-norme, dirigeant d’une armée d’insectes étranges et de « dacoits », membres d’une secte d’assassins, il connaît mille façons de tuer. C’est bien de cela qu’il s’agit, car en fait malgré l’enquête menée par Nayland Smith – vachement moins cool que son ennemi juré, on est probablement plus proche de l’horreur que du policier. Il y a du romantisme et du roman épique chez Rohmer, de la Birmanie à l’Angleterre, de caravansérails en bas-fonds londoniens, vous croiserez des princesse orientales comme des scientifiques britanniques. Les enquêtes prennent une telle tournure géographique qu’on touche au roman d’aventure et de voyage. Amoureux des ambiances, des perénigrations sans fins… Zulma avait retraduit le premier volet en 2008. 2010, le livre de poche le propose en petit format.

Le Mystérieux Docteur Fu Manchu, chez Zulma.

Cuisine minceur

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 23-07-2009

Mots-clefs :,

0

Cuisine minceur, bio, spéciale jeunes couples, rapide, au tofu seulement ou à faire en quelques instants… Hm hm, ben ne vous vexez pas si je réponds pas à l’invitation ; « plat pour célibataire en 2 minutes seulement aux protéines de soja », j’ai connu plus alléchant. Quitte à rentrer en cuisine, autant bien faire les choses. Dans cet état d’esprit, le livre à avoir c’est « La cuisine marocaine » de Latifa Bennani-Smirès. Des centaines de plats dont la confection est minutieusement détaillée, photos à l’appui. Le livre propose des recettes pour les abats, des entrées, des tajines mais aussi des manières de préparer les laitages, des boissons, des pâtisseries, j’en passe et des meilleures… Bref, quelques plats sont franchement classiques, salades de carottes cuites par exemple, d’autres sont plus rares ; cervelle en sauce, pigeonneau g’dra m’derbel aux amandes et autres halloua dial jeljlane. Le tout pour 42 dirhams (4 roros environ). Ben oui, parce que cet ouvrage n’est diffusé qu’au Maroc, par les Editions Al Madariss… Mais la cuisine est une activité qui demande de la curiosité et de la motivation, alors on se débrouille pour pouvoir faire parti des initiés à ce genre de plats. Moi, je vous l’expédie sur demande, sans prendre de marges.

Booba

Posted by Jules | Posted in humeur | Posted on 22-07-2009

Mots-clefs :,

1

Tous le rappellent direct, ce CD n’est pas à la hauteur comparé à Temps Mort ou à Ouest Side. En même temps, la barre avait été mise vraiment haut. Et là, une chose est sûre, Autopsie volume 3 est une mixtape de bien meilleure qualité que la grande sœur. Booba convoque du monde, monde qui répond à l’appel et fait honnêtement son boulot – quoiqu’il n’y ait pas spécialement d’éclats du côté des invités, pour ce travail en indé (au revoir Barclay). Pour la composition, on ne change pas une équipe qui gagne ; Street Fabulous, Animalsons… Le CD, le clip (Chris Macari pour Double Poney) et tout ce qui accompagne continue à forger l’image d’un artiste j’men foutiste qui réussit en dilettante, loin d’un Rohff stakhanoviste camé au travail. Comme à son habitude, Booba se retourne et change de style une fois de plus, pour aller dans le sens d’un son assez moderne ce coup-ci, amis du voice coder, des boutons et des fils électriques, bonjour. Il n’empêche que ce qui est probablement la chanson phare du scud est celle qui rappelle le plus les bon vieux sons boobdant (booba+bandant=boobdant) : Double Poney. Le son typique, à écouter à la salle de boxe ou en voiture pour aller à la salle de boxe ou au concert de B2o où on se servira de ses souvenirs de la salle de boxe. L’autre grosse réussite est Rat des villes. Booba reste classique en donnant une fois de plus un caractère autobiographique à pas mal de chansons, notamment à Foetus qui clôt la pétarade de Autopsie sur une note plus calme et triste. Ne vous affolez pas, le maître de la prose et des lyrics triviaux et vulgaires garde la ligne (et la pêche) ; on entend encore beaucoup parler de soucis matériels, de bagarre sur le volume 3. A ceux qui attendaient avec empressement le featuring avec Seth Gueko, l’autre roi de la vulgarité du milieu rap (moi j’parie 1 contre 10 que ce mec est en fac à la Sorbonne et prépare une thèse sur… disons Alphonse Boudard), le résultat ne sera pas à la hauteur des attentes, la rencontre promettait pourtant d’être explosive. La chanson avec Humphrey est vraiment trop … rnb, l’apparition de Despo Rutti en revanche est réussie. Il n’y a pas que des inédits sur Autopsie, sont aussi calés les couplets de Booba tirés de l’album de Mac Tyer, celui de Bienvenu au Texas, pour le CD de Tony Parker (seule bonne chanson du susdit CD d’ailleurs) ainsi que celui de Reste en Chien (un bon passage de Booba sur une chanson vraiment mauvaise). Booba, c’est pas de la musique, c’est une ambiance.

Cet ete

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 04-07-2009

Mots-clefs :

3

Que lire pour les vacances, pour se détendre? La question est posée…e tlà, boum tchak, j’arrive avec une réponse.
Des courts de tenis, des promenades en vespa, des odeurs de pin, des filles légères en robes bouffantes: « Les petites vacances » d’Alberto Adasimo. Tout le farniente dans une plume qui rappelle quelque peu Radiguet, et qui enchanta la bourgeoisie italienne dans les années 50.

Un peu de pop dans ce monde de brutes

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 17-06-2009

3

Ils étaient en école de design (on imagine l’emmerdement) et lancèrent un groupe, Talking Heads. De ce groupe connu sortira un producteur à succès, Harrisson. Et le fondateur de Tom Tom Club, Chris Frantz, qui enregistre avec Tina Weymouth un album de pop délirant influencé par toute la musique new-yorkaise du moment. Les titres « Wordy Rappinghood » et « Pleasure of love » sont des succès. « Genius of Love » devient carrèment un tube, repris depuis par Mariah Carey, les Black Eyed Peas et d’autres. Depuis, beaucoup ont oublié Tom Tom Club, alors qu’on les retrouve dans la formation… Gorillaz qui lance depuis un moment un paquet de tubes de qualités. N’hésitez pas à mater les clips sur You Tube ou autre site de partage de vidéos pour une plongée dans cet univers pop. Vous ne vous rappelez plus du code couleur obligatoire pour rentre en boîte à l’époque ? Passez sur le site officiel, http://www.tomtomclub.net/. Nan, c’est pas kitch, c’est… Tom Tom Club.

Nuir, nuir, nuir…(Le catastrophisme ne nuit pas…)

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 17-06-2009

7

Diffusion massive de « Home » de Yann-Arthus Bertrand, percée des écologistes aux dernières élections, maires qui infantilisent leurs administrés pour qu’ils trient, ne crachent pas par terre, roulent en vélo, associations et citoyens alarmés, alarmistes, politiques qui « tirent la sonnette d’alarme ». En 1984, l’Encyclopédie des Nuisances propose un prospectus, récemment repris sur la quatrième de couv de la réédition du Discours préliminaire de l’Encyclopédie des Nuisances :  » Les gémissements écologistes de cette époque ne sont que des sophismes. Demander à l’État aide et protection revient à admettre par avance toutes les avanies que cet État jugera nécessaire d’infliger, et une telle dépossession est déjà la nuisance majeure, celle qui fait tolérer toutes les autres.  » L’actuelle maison d’édition est la suite du travail déployé pour la diffusion de la revue entre 84 et 92, dont le rédacteur le plus connu est Jaime Semprun, bien que Guy Debord y écrit quelques textes (cf ses correspondances et ses œuvres chez Fayard et Quarto). Les textes publiés sont selon les éditeurs, ceux que le système proscrit, car ils disent précisément dans quel monde nous vivons. Le « succès » de la maison est sans aucun doute la traduction d’essais d’Orwell, beaux petits ouvrages à bas prix. Orwell n’est pas là bien sûr par hasard, il était un de ces sceptiques du monde industriel (souvenons du « Quai de Wigan », en particulier du chapitre XII). De nombreuses parutions sont des textes critiques portant sur de nombreux sujets, ainsi Mandosio, Semprun signent des textes sur Foucault, les insurrections algériennes, la novlangue… Quelques « classiques » se glissent çà et là ; Günther Anders, William Morris, Lewis Mumford, Tchouang-Tseu (relisez les !), en plus de petits textes sur Durruti, de Miguel Amoros ou le marxisme, par Kostas Papaioannou. Mais surtout, l’Encyclopédie des Nuisances publie des textes sur l’industrialisation, le monde moderne, avec une vision héritée du marxisme autant que d’un certain romantisme. Ainsi, ils remettent sur le marché Baudouin de Bodinat, Bernard Charbonneau, ainsi que Unabomber, publié sous son vrai nom, Theodore Kaczynski. Quand l’actualité rattrape le groupe, Semprun ou René Riesel prennent la plume et se lancent dans de très féroces critiques du catastrophisme, de l’écologisme sous toute ses formes, qui deviennent « un progrès dans la domestication » (Riesel).