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« Cartarescu »

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Beaucoup de lecteurs de littérature dite blanche se tiennent éloignés de la science fiction. Surtout si elle est éditée en poche, sous une couverture d’une couleur étrange (on la nommera « argenté de BMW de dealer des années 90″), ce qui est le cas en folio SF. C’est...

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Harlequin manque d’espaces.

Posted by Manu | Posted in Librairie -edition | Posted on 29-05-2010

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La fameuse collection sulfureuse Harlequin de bouquins érotico-nian-nian de Hachette est en passe à une véritable révolte interne. Les correcteurs se sentent floués, leurs conditions de travaille ne sont selon eux pas conforme au Code du travail.

Alors que même sur le blog de Manu, ou à l’INFL, les espaces sont comptés dans le nombre total de caractères, chez Harlequin, on se dit qu’un espace, ce n’est jamais que du vide, et le vide ce n’est jamais que du rien. Payer pour rien ? Pas l’affaire de la maison ! Et voilà les correcteurs avec 20 % de leur salaire en moins. Autre sujet de mécontentement, ces mêmes correcteurs n’ont pas le droit à la prime annuelle qui est octroyée à tous les autres salariés de l’entreprise. La raison invoquée ? Les correcteurs ne seraient pas des salariés contre les autres. Ils sont pourtant en CDI…

Alors, la révolte gronde, 7 correctrices (parce qu’on embauche que des femmes chez Harlequin) vont passer par les Prud’hommes. Les 15 autres ont accepté un accord proposé par la direction. Deux des révoltés ont eu des sanctions, pour l’une un avertissement, pour l’autre un entretient préalable à licenciement.

Tout n’est pas rose chez Harlequin, et le droit du travail est négligé. Autant que la qualité de leurs titres ? Ils seraient, selon une employée interrogée par Rue89, « calqués sur une grille, les personnages sont totalement interchangeables » et bourrés de stéréotypes, les seuls arabes présentés étant des Scheiks ou des Émirs.

Nous pouvons tout de même reprocher à nos vaillantes correctrices de passer par Rue89 plutôt que par le blog de Manu pour leurs revendications. Nous sommes pourtant un titre international, plein de promesses pour l’avenir.

Robert Laffont n’est plus.

Posted by Manu | Posted in Librairie -edition | Posted on 20-05-2010

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Robert LaffontJean-Mi est triste : l’éditeur de Salinger est mort hier à la suite de sa longue vie.

En plus d’avoir enfanté trois éditeurs et un animateur donnant de son talent pour Fort Boyard ou encore Pyramide, Robert Laffont reste un éditeur majeur de la seconde moitié du XXe siècle. Le jeune fils de prolo parti de rien ou de pas grand chose choisit en 1941 de se lancer dans l’édition. Son créneaux : les best-seller dont il achète les droits à l’étranger. Nous retiendrons surtout quelques petites pépites dans le magma de livres très moyens : Yourcenar, Henry James ou encore Buzzati.

Reste sa principale réussite, la très bonne collection d’intégrales à bas prix qu’est Bouquin.

Et pendant ce temps là on ne parle pas de Joachim Vita, fondateur de La Différence, qui est pourtant mort depuis à peine deux jours à l’âge de 62 ans. Le sens des priorités.

Le nazi et le barbier d’Edgar Hilsenrath

Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 20-05-2010

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Le Nazi et le BarbierAttila nous habitue depuis 2006 à une production de qualité, autant sur le fond — l’écriture — que sur la forme. La plupart du temps rééditions d’auteurs oubliés, parfois nouveautés, la production de cette maison d’édition privilégie la qualité à la quantité. Et ce n’est pas pour nous déplaire. Fuck America, premier livre réédité d’Edgar Hilsenrath par Attila, avait conquis les libraires et un public pourtant difficile à faire migré des habituels prix Goncourt par une couverture d’une originalité et d’une habilitée rare. Un an après, la nouvelle édition du second livre d’Edgar Hilsenrath, Le nazi et le barbier apparait sur les tables des meilleurs libraires, toujours supportée par une couverture soignée de Henning Wagenbreth.

Edgar Hilsenrath n’a pas l’habitude de passer par les chemins habituels de la création littéraire, quand il raconte l’exode juif du XXe siècle, de la persécution nazie à la création de l’État d’Israël, il ne le fait pas du point de vue du prisonnier d’un ghetto qu’il a pu être, mais de celui d’un génocidaire, d’un SS au faciès ingrat, Max Schulz.

L’oeuvre est découpée en six livres, chacun retraçant une période marquante de la vie de Max et du peuple juif. Écrit à la première personne, chaque livre à son style à lui, journal, histoire orale ou lettre à son ex-ami juif, Max nous surprend en nous racontant comment d’un fils illégitime il devient meurtrier de masse puis chantre du sionisme. Je ne vous cache pas que cela n’a pas plu à tout le monde, à une époque où la France ne reconnaissait pas Vichy, où les Allemands faisaient tout pour se faire pardonner et où l’État d’Israël venait de prendre son indépendance, Le nazi et le barbier n’a pas eu une vie facile.

Le sujet, bien avant les bienveillantes n’a pas vraiment convaincu les éditeurs allemands de sortir ce livre pourtant écrit par un de leur compatriote., bien qu’il fut reçu en grande pompe aux États-Unis. Mais ce qui à surtout choqué et qui fait la véritable force de ce livre est son humour noir, son cynisme. Blaguer avec le nazisme ? Blaguer avec la création d’Israël ? S’en était trop ! Et pourtant, ce livre est un grand livre.

Il n’est pas facile de faire une oeuvre cynique sans tomber dans les travers du genre : en faire trop, ou pas assez. S’autocensurer ou violenter le lecteur sans raison apparente. Edgar Hilsenrath réussit ce tour de force sur près de 500 pages. Personne n’avait encore osé railler avec autant de méchanceté et de cynisme à propos de la Seconde Guerre mondiale. C’est pourtant une œuvre libératrice que nous avons devant nous, nous permettant enfin de rire de tout et surtout du pire.

Le nazi et le barbier, d’Edgar Hilsenrath, Attila, 23€

Les chefs-d’œuvres du XXe siècle par… le figaro.

Posted by Manu | Posted in Actu | Posted on 11-05-2010

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Chef-d’œuvre, le mot est-il pompeux ? Pas pour Le Figaro.fr, qui a proposé à ses internautes d’élire les chefs-d’œuvre du XXe siècle. 3650 personnes ont ainsi répondu à cette question concernant les arts plastiques, 1147 pour l’architecture et seulement 1619 pour la littérature. La méthodologie se voulait ludique, elle fut très simple : une sélection de quelques oeuvres marquantes du XXe siècle était proposée au choix des internautes, qui pouvaient compléter via les commentaires. L’intérêt est alors limité, les seuls votants sont les visiteurs du site lefigaro.fr, ce qui n’annonce aucunement leur couleur politique et leur catégorie socio-professionnelle. Et la présélection empêche de se creuser un peu la tête pour défendre une oeuvre qui nous a réellement marqués.
Passons vite sur les arts plastiques qui ont consacré les avants-gardes du début du siècle dernier avec Picasso (37,32 % des votes pour les demoiselles d’Avignon) et Matisse (23,78 % des votes pour La danse) et sur l’architecture où le vote fut plus serré, mais Gaudi et sa Sagrada Familia s’en sortent plutôt bien avec 23,10 % des voies.
Pour ce qui est de la littérature, ou plutôt le plus grand livre du XXe siècle comme l’annonce emphatiquement le journal en ligne, Céline est le grand vainqueur avec 26,19 % des voies. Intéressant de voir que l’ancien méchant nazi antisémite arrive à ce placer en tête du classement après avoir été décrié pendant 50 ans. Comme quoi, la qualité littéraire peut être mis en avant par des gens de droite, reste à savoir si le même sondage chez libé aurait donné la même réponse… Juste derrière se trouve Marcel Proust et à la recherche du temps perdu (25,39 % des voies), le vieux Proust à qui il faut « 300 pages pour nous faire comprendre que Tutur encule Tatave » à de beaux restes. Enfin, un peu plus loin arrivent Soljenitsyne et l’Archipel du Goulag.
Et dire qu’aucun réel essai n’était présent…

Trop de sexe dans les mille et une nuits.

Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 08-05-2010

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Il s’en passe de belles dans le monde. Alors que la crise économique va tous nous pousser à tuer et manger nos voisins, que les chinois vont finir par nous envahir et que le monde va s’écrouler d’ici deux ans et demi, il y a quand même des choses graves qui s’y passent.

Des islamistes égyptiens ont porté plainte contre… les mille et une nuits. Le chef-d’oeuvre de la littérature arabe va devoir se défendre d’ « encourager au vice et au péché ». D’un autre côté, ils ont pas tout à fait tord, du cul, y’en a dans les milles et une nuits, et des esclaves aussi. Un vrai trip sadomasochiste.

Selon Le Monde, les attaques contre la littérature seraient de plus en plus fréquentes en Égypte, chaque citoyen pouvant porter plainte contre ce qu’il considère comme portant atteinte à la morale.

Soyons tout de même rassurés, les écrivains égyptiens tiennent à défendre l’oeuvre en portant plainte pour position contre le patrimoine. Une bataille juridique de haut vol pour savoir si le patrimoine arabe a ou non le droit d’être sexuellement explicite.

Punk by the book.

Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 04-05-2010

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Le Punk Rock, musique simplifiée à outrance dont on peut dater les prémices à la fin des années 60 par les rythmes beatlesques, mais énervés des Kinks ou des Troggs, est une source inestimable de récupération littéraire.

Les premiers « protopunks » drogués, pédés et géniaux, que sont les Velvet Underground ou Iggy Pop et ses Stooges ne jurent que par Burroughs. Un type qui raconte si bien la jeunesse, la drogue et l’homosexualité ne pouvait que correspondre à cette bande de vauriens. Pendant ce temps, les MC5 et les New York Dolls prenaient un malin plaisir à définir les bases du Punk. Alors que cette nouvelle musique hallucinée, provocante et exigeante continuait son expansion, en 1976 le punk rock apparut. Pas moins drogués, reprenant la violence qu’ils subissent depuis trop longtemps à leur compte, ils représentent la haine de la jeunesse engendrée par les crises économiques. Et ils aiment ça. Un seul mot d’ordre : choquer. C’est terriblement efficace. Pas besoin de savoir jouer d’un instrument, les aigus et les rythmes binaires suffit à leurs besoins. Véritables hérauts du punk rock, les Sex Pistols s’amusent à détruire, cracher, taper, violenter. D’autres groupes restés cultes s’engouffreront dans la brèche : les Clash, Hot Rods, Stiff Lipper Fingers ou encore les Ramons. Pas besoin de style défini, quelques fringues déchirées, des épingles à nourrice et une bonne dose de provocation à base de svastika suffit pour devenir punk. La jeunesse blanche apprécie et s’engouffre dans la brèche. Bien vite, l’affaire est portée en France, Alain Pacadis dans Un jeune homme chic nous raconte l’année 77 de l’intérieur sous la forme d’un journal. Entre concerts des Stinky Toys, défilés de mode, fêtes sauvages et révolutions des appartements bourgeois parisiens, la vie n’est pas de tout repos pour les punkrockers. Bientôt les années 80 arrivent avec leurs lots de nouveautés : un punk rock aseptisé, moins provocant, parfois politisé ; un punk rock français, pas dénué de qualités, mais loin de l’affolante nouveauté des Velvet ou des Stooges. La période Bérurier Noir, Souris déglinguée ou Garçon bouché bat son plein, avec ses bonnes et mauvaises choses. En Angleterre, on vit sur les reliques du passé.

Please Kill Me de Legs McNeil chez Allia raconte sous forme d’interview l’histoire du Punk prend une saveur toute particulière, les acteurs de l’époque racontent comment on en est arrivé là. Toujours chez Allia, England’s Dreaming de Jon Savage, journaliste rock n’roll bien connu revient sur les années Sex Pistols et la violence de son époque.

D’un point de vue plus sociologique, certaines personnes se sont intéresser de près aux mouvements issus de la classe prolétaire blanche des années 60 et 70, faisant la part belle à tous ces Mods, Teddy, Skins et Punks ; Dick Hebdige avec Sous-Culture (chez Zone) étudie avec minutie comment sont apparus toutes les sous cultures liées au rock n’roll, ce qu’elles incarnent et la façon dont elles évoluent.

On peu noter, parce que ça existe, que de nombreuses biographies des acteurs du mouvement sont éditées par Camion Blanc, ça à les défauts des biographies, c’est chiant à lire, très inégales et peu de choses vous seront nouvelles, mais ça permet de se faire une idée rapide et complète d’un protagoniste.

La littérature, c’est toujours pareil, y’a pleins de livres pour gamins qui présentent des punks méchants et chiants, mais d’un point de vu plus adulte, y’a pas grand-chose. On pourra toujours noter Human Punk de John King, le bonhomme qui a écrit Football Factory ou Aux couleurs de l’Angleterre.

Ouai, je sais, j’ai oublié plein de groupes « trop importants », le punk existe encore aujourd’hui, les groupes francophones peuvent être géniaux. Mais franchement, je m’en tape.

Repose In Peace, Mclaren.

Blogueurs VS éditeurs.

Posted by Manu | Posted in Librairie -edition | Posted on 27-04-2010

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Les blogueurs, vous savez, ces « pseudo journalistes », s’aperçoivent aujourd’hui que le métier n’est pas de tout repos. Les éditeurs préfèrent les bonnes critiques aux mauvaises.

Des services presses sont de temps en temps envoyés à quelques blogueurs, histoire de faire un peu de pub à moindres frais, de toute façon, que ce soit en bien ou en mal, l’important est que l’on parle d’un livre. Certains éditeurs ne semblent pourtant pas l’avoir compris. Une certaine Antigone s’est vu demander d’enlever une critique négative d’un livre par son éditeur. D’autres fois, ce sont les auteurs qui vont un peu loin, comme sur le blog de Cynthia.

Rien de bien nouveau, les coups de pressions des éditeurs et la colère des auteurs envers les critiques n’a rien de bien récent, mais sur internet, tout va-vite, très vite. Et tout se sait. Même si nos confrères blogueurs ne sont pas toujours de grands critiques, il est tout de même incroyable qu’une maison d’édition ne se rende pas compte de la publicité négative que peut entrainée une diatribe qui serait passée inaperçue dans une salle de presse.

Remarquez, cette non-affaire permettra à ces quelques blogs d’avoir quelques centaines de visiteurs en plus. Vivement que l’on se fasse insulter !

Guy Debord racheté par la société marchande.

Posted by Manu | Posted in Actu | Posted on 17-02-2010

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guydabordGuy Debord, l’heureux auteur de la société du spectacle ou du fameux In girum imus nocte et consumimur igni doit se demander ce qui ne va pas. Lui qui a toujours été conchié dans les sphères politiques et intellectuelles de son vivant (voir les considérations sur l’assassinat de Gérard Lebovici ou encore cette mauvaise réputation) est aujourd’hui autant adulé qu’il à été par le passé détesté. Passons sur les différentes expositions qui devaient lui rendre plus ou moins hommage, au centre Pompidou, entre autres et venons-en à des choses plus actuelles : la vente par Beckher-Ho des archives de l’écrivain situationniste.

L’université de Yale se portait acquéreur de ces quelques manuscrits, lettres et autres écrits qui encombraient depuis plus de quinze ans la maison de la veuve Debord pour quelques millions de dollars. L’État français ne voulant pas voir partir l’un de ses auteurs majeurs se décide à classer le fruit de la vente trésor national et à faire jouer son droit de préemption. Manque de chance, la crise passe par là, c’est pas donné, la nation n’a plus d’argent, la vie est dure et l’on doit se serrer la ceinture, les 200 mécènes invités par la BNF ne sont pas tellement intéressés, que faire ?

Nouvelle idée du ministère de la Culture : un appel au mécénat avec à la clé 90% de réduction d’impôts ! Debord aurait aimé, c’est certain, être racheté par ce qu’il à toujours combattu : la société spectaculaire marchande.

La meilleure part des hommes de

Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 13-02-2010

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tristan garcia la meilleure part des hommesParis n’est pas exclusivement un musée géant, ni un bar à pute. Non, pas seulement, ce fut aussi le théâtre de la communauté gay dans les années 80-90, pour s’effacer lentement mais sûrement les années suivantes. Le quartier mythique du marais n’est aujourd’hui plus qu’un ensemble de bistrots et restaurants pour bobos où se retrouvent les hommes amoureux d’autres hommes. Tristan Garcia veut nous raconter par le biais de quatre personnages d’un milieu révolu l’histoire du véritable Paris gay, celui d’il y a quinze ou vingt ans. Non, le jeune auteur ne l’a pas vécu, mais il est suffisamment renseigné et n’hésite pas, avant même que le livre ne commence à nous avertir : « Les personnages de ce roman n’ont jamais existé ailleurs que dans les pages de ce livre. » mais que s’ils nous semblent pourtant si proche de personnes réelles c’est que « plongés dans des situations parfois comparables, personnes et personnages n’agissent pas autrement. ».
La meilleure part des hommes n’est pas un essai, mais bien un roman de fiction, nous voilà tout de suite rassurés. Nous suivrons Élisabeth, femme travaillant dans les pages cultures de Libé et (trop ?) proche du milieu gay. Elle connaît tous les grands penseurs de la société homosexuelle parisienne : Willy, un jeune paumé qui se fera une joie de détruire ce qui l’a construit ; Dominique, la figure du père pour le jeune Willy et patron d’un certain Stand-Up (hum…) apôtre de la prévention sur le SIDA et enfin l’amant de la journaliste, Leibowitz, ancien gauchiste passé de l’autre côté de la barricade et qui finira par soutenir Chirac puis Sarkozy.
Tristan Garcia ne se concentre que sur les personnages antagonistes de Dominique, le patriarche et de Willy, le jeune fou ne voulant que la destruction des institutions, tout en ne tournant qu’autour de la narratrice. La haine de Willy pour Dominique l’amènera bien entendu à sa perte alors que ce dernier renait de ses cendres. Une épopée qui n’a rien d’original, mais l’intérêt de ce premier roman n’est pas là, les véritables héros ne sont autre que le SIDA et les années folles pour la communauté gaie parisienne. Essayant de nous plonger dans les coulisses d’un milieu, qui — comme tous les milieux — fascine et nous permettant d’accepter une histoire N’AYANT de sens et d’intérêt que par son existence, le lecteur y croit sans réellement être convaincu, un peu comme un reportage sur M6. Nous sommes au plein cœur d’un environnement dur, où tous les coups bas sont possibles, où les gentils sont méchants et où les méchants sont gentils, mais où l’ensemble est totalement cloisonné, où tout le monde est à SA place. La psychologie des personnages n’existe pas vraiment, ils ne sont qu’une fonction : le type qui retourne sa veste, le papa rassurant et garant de la bonne morale et le jeune fou se détruisant tout en brisant les personnes autour de lui. Le sujet avait tout pour plaire, le tout est d’ailleurs plutôt réussi. Ne manque qu’un peu d’éclectisme.
Tristan Garcia choisit pour nous conter cette histoire un rythme rapide, entrecoupé sans arrêt par un chapitrage trop imposant cassant la construction du roman. Le choix n’est pas anodin et renforce le côté télévisuel du roman, nous rappelant que oui, ce livre est une fiction, qu’il ne raconte pas la réalité, comme il nous avait prévenus dès le départ. Reste que ce rythme gâche parfois le récit, nous empêchant de nous y plonger totalement, de ressentir ce qu’éprouvent les protagonistes. Il aurait peut-être été bon de laisser quelques fois l’action brute de côté pour nous émouvoir, pour comprendre, pour nous interpeller.
La meilleure part des hommes est une satisfaisante introduction à un milieu, un de plus, que nous ne maitrisons pas encore, de par sa jeunesse. Mais le récit souffre d’un manque de temps pour que nous y croyions absolument. Un premier roman plutôt agréable dans l’ensemble, mais qui nous laisse une impression d’inachevé et dont le manichéisme est trop important pour en être réellement satisfait. Si vous êtes intéressé par la période et le sujet, vous ne serez surement pas déçu, Garcia vous y promènera et vous prendra par la main pour visiter cet environnement que l’on ne connaît pas.

Les grands auteurs : Georges Darien

Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 10-01-2010

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La nouvelle année est commencée, c’est le moment de reprendre les vieux classiques que vous n’avez jamais eu le courage d’ouvrir, ce qui est bien dommage, si vous voulez mon avis. Vous ne le voulez certainement pas, de toute façon. Commençons par celui qui fut l’un des auteurs fétiches de Breton dont il affirma que l’oeuvre « est le plus rigoureux assaut que je sache contre l’hypocrisie, l’imposture, la sottise la lâcheté » : Georges Darien.

Je vous avertis tout de suite, nous ne savons rien ou presque de Georges Darien, la seule biographie disponible est sortie en 1996 sous le titre Georges Darien et fut écrite par David Bosc aux éditions Sulliver.

Né en 1862 pour mourir quatre mois jour pour jour après son mariage à seulement 59 ans. Georges Darien commence sa vie par s’engager dans l’armée. Ce geste est – contrairement aux apparences – certainement la meilleure idée qu’il n’a jamais eue : après avoir été l’un de ces insoumis qui pensent toujours avoir raison, la République Française décide de l’envoyer au bagne de Biribi pour lui apprendre à respecter l’autorité. Il y séjournera trente-trois mois, ce qui lui donnera tout le loisir de réfléchir à sa condition et de pondre à sa libération l’une de ses plus grandes œuvres : Biribi. Il ne s’arrêtera alors plus d’écrire. Bien entendu, son livre sera retardé, par l’éditeur Savine, le scandale étant trop grand, Darien racontera cette histoire ainsi qu’une attaque contre le monde de l’édition du début du siècle dernier dans le très bon Les Pharisiens.

En plus d’être un insoumis, notre auteur n’hésite pas à collaborer dans les milieux anarchistes, à L’En dehors au coté de Zo d’Axa ou encore pour L’ennemi du Peuple – réédité l’année dernière par L’âge d’homme. Que voulez vous, cet homme est un insoumis, un fou, un sans foi ni loi qui n’hésite pas à écrire l’histoire d’un voleur qui vole pour voler, pour dire non à tout. Un nihiliste ! Le voleur sera son œuvre majeure, celle qu’on étudie aujourd’hui dans les salles des facultés, celle qui à la reconnaissance de tous. La preuve : André Breton l’a préfacé. L’histoire y est pourtant simple : un jeune homme décide de devenir voleur. Non pas par conviction ou par besoin, mais par envie. N’est-ce pas là le plus beau métier du monde. L’un des plus anciens, indéniablement. Il paraitrait que ce livre serait autobiographique, même si personne ne pourras vous le confirmer. N’est-ce pas là ce que défend Darien plus que tout au monde : la liberté, la liberté de faire ce que bon nous sembles, sans pour autant avoir peur du lendemain et des représailles ? Le premier No Futur du siècle des révolutions, quoi que Isidor Ducasse n’est pas très loin non plus.

L’oeuvre de Darien traduit majoritairement une violence contre une société qu’il exècre, contre une vie qu’il déteste et contre un peuple qui lui semble fébrile. Il ne s’encombre pas de rhétoriques, quels quelles soient, il crache sur toutes les institutions, sur tous les drapeaux, bien que le noir soit le plus beaux. Le style est alors pamphlétaire, directe et virulent, racontant le monde tel qui le vit : mauvais et violent. Seul le voleur dénote dans cette vie fait d’extrêmes, ce quatrième ouvrage qui n’a qu’un succès misérable à sa sortie est bien plus aboutit littérairement. Le style y est dense, la langue y est riche et la lecture y est un véritable régal. Je lui préfère tout de même Biribi pour la force et la passion qui lui sont propres, mais il est incontestable que l’écriture de Darien prend toute sa splendeur dans Le Voleur.

Moins connu, Georges Darien écrivit également quantité de pièces de théâtre, aucune n’a eu de grands succès, et encore aujourd’hui il n’est pas simple de se les procurer, encore des petites perles à rééditer. Faisons confiance aux éditeurs, ils retrouveront sûrement un jour tout ces textes enfouis dans les abymes de l’édition française.
Vous pouvez trouver en poche un peu partout la plupart des romans de Darien, sinon vous pouvez acheter pour 25 € l’Omnibus qui les regroupe tous. Par contre, c’est plus lourd et moins pratique à transporter. Si vous êtes riches, vous pouvez chercher et trouver assez facilement les éditions originales.