Pour de nombreuses raisons, vous pourriez être amené à passer par Casablanca, peut être à y séjourner plus ou moins longuement. Si tel est le cas et que vous êtes par ailleurs un lecteur régulier, ne chargez pas inutilement vos valises. Profitez de votre séjour pour ne pas lire, (ré) apprendre...
Abdelkrim, Franco, Primo De Rivera, Pétain, Lyautey, de Lattre de Tassigny… Autant de noms que l’histoire a retenue. Un dénominateur commun? Ils se sont engagés dans la guerre du Rif. De 1921 à 1926, des rifains, emmenés par Abdelkrim El Khattabi, issu de la tribu Aït Ouriaghel mènent une des premières guérillas du XX ème siècle contre l’occupant, français et espagnol. C’est cette guerre, ces hommes que permet de découvrir l’ouvrage « La guerre du Rif » de Nicolas Marmié et Vincent Courcelle-Labrousse (qui n’est autre que l’avocat de « l’émir aux yeux bleus »).
Abdelkrim a fait l’objet d’une bande dessinée par Mohamed Nadrani qui revient sur celui qui fût un jihadiste et un guérillero exemplaire, le dirigeant d’une république moderne mais éphémère, et qui en exil, reçu la visite des plus grands leaders tiers mondistes qui tous connaissaient sa vie et tenaient à le rencontrer.
Si au Maroc Abdelkrim est un symbole souvent utilisé et étudié par les militants amazighs, peu de choses sérieuses paraissent à son propos. Beaucoup des documents les plus importants sur la guerre du Rif et ses conséquence viennent d’Espagne. Ainsi le film Arrhash réalisé conjointement par un marocain et un espagnol à propos des bombardements espagnols de gaz moutarde sur le Rif. Dans la même veine, les ouvrages de Maria Rosa de Madariaga qui au fil des années s’est penchée sur des problématiques telle que l’utilisation d’armes chimiques ou le recrutement des années plus tard lors de la guerre civile espagnole de milliers de rifains par l’armée franquiste pour mater les forces antifascistes se sont imposés comme des références.
Guy Debord, l’heureux auteur de la société du spectacle ou du fameux In girum imus nocte et consumimur ignidoit se demander ce qui ne va pas. Lui qui a toujours été conchié dans les sphères politiques et intellectuelles de son vivant (voir les considérations sur l’assassinat de Gérard Lebovici ou encore cette mauvaise réputation) est aujourd’hui autant adulé qu’il à été par le passé détesté. Passons sur les différentes expositions qui devaient lui rendre plus ou moins hommage, au centre Pompidou, entre autres et venons-en à des choses plus actuelles : la vente par Beckher-Ho des archives de l’écrivain situationniste.
L’université de Yale se portait acquéreur de ces quelques manuscrits, lettres et autres écrits qui encombraient depuis plus de quinze ans la maison de la veuve Debord pour quelques millions de dollars. L’État français ne voulant pas voir partir l’un de ses auteurs majeurs se décide à classer le fruit de la vente trésor national et à faire jouer son droit de préemption. Manque de chance, la crise passe par là, c’est pas donné, la nation n’a plus d’argent, la vie est dure et l’on doit se serrer la ceinture, les 200 mécènes invités par la BNF ne sont pas tellement intéressés, que faire ?
Nouvelle idée du ministère de la Culture : un appel au mécénat avec à la clé 90% de réduction d’impôts ! Debord aurait aimé, c’est certain, être racheté par ce qu’il à toujours combattu : la société spectaculaire marchande.
Il n’y a pas que les NMPP qui se mettent en grève dans le monde du livre, il y a aussi la Bibliothèque National de France. Mardi 8 décembre, l’intersyndicale à poser un préavis de grève pour contester la suppression de 64 postes en 3 ans, ce à quoi nous pouvons rajouter une trentaine d’emplois non pourvus qui ne seront toujours pas financer en 2010. Ce plan de restructuration s’inscrit dans la Révision générale des politiques publiques qui fait tant de bruits du côté des musées qui ont tour à tour déposé des préavis de grèves avec à la clé une médiatisation dont la BnF n’a pas eu le droit.
Des piquets de grève ont bloqué les entrées de l’institution et tout fut rentré dans l’ordre quand l’intersyndicale fut reçue par la direction. Il paraît que le mouvement devrait se durcir… pour l’instant il ne reste plus que le centre Georges Pompidou à être sérieusement touché.
Entre 60 000 et 80 000 euros, c’est ce qu’il faudra sortir pour faire l’acquisition des presque deux cents lettres de Mesrine (mais signées sous d’autres prénoms) à son amante canadienne principalement. Amour, prison, écriture, l’ennemi public numéro un aborde de nombreux sujets dans cette correspondance datée d’entre 73 et 78. Certaines lettres sont même illustrées de petits dessins naïfs de fleurs et autres…
Les lettres seront exposées puis vendus aux enchères à Drouot les 28, 29 et 30 janvier. Comme si le spectre de Mesrine planait sur le lieux, une descente de police (Office central contre le vol et les trafics d’art) a eu lieu le 1 décembre à l’hôtel des ventes de Drouot et douze personnes ont été mises en garde à vue annonçait Libération…
C’est mercredi que les juges brésiliens devaient trancher, il leur faudra en fait un peu plus de temps. L’enjeu, C’est l’extradition de Cesare Battisti, que bien sûr, les lobbys et la « justice » italienne, squales parmi les squales réclament, histoire de s’assurer qu’il paye bien cher (prison à perpet’), bien que sa culpabilité ne soit pas assurée, loin s’en faut. Comme à chaque événement entourant l’affaire, une poignée de militants ont tenu à se montrer. La justice brésilienne se laisse encore dix jours pour décider du sort du romancier (des polars de qualité) et figure emblématique de ces anciens militants à qui la France avait promis la liberté avant un brusque changement de décision. La défense se veut optimiste.
Voila un livre qui pourrait vous intéresser si, comme moi, il vous arrive d’allumer la lumière
En ce moment, sur les tables du rayon sciences de votre libraire se trouve une très intéressante « Biographie de l’Uranium » ( Seuil, 21€, 228p ) qui retrace l’histoire de ce curieux métal depuis sa découverte jusqu’à nos jours. Le livre fourmille d’anecdotes amusantes et est tout a fait compréhensible pour des gens qui, comme moi avaient une moyenne générale de sciences physiques qui penchait plutot vers le négatif pendant leurs années de lycée. En effet, il s’agit en même temps d’une histoire de l’uranium du point de vue géologique et physique, ou l’on nous explique comment ont été découvertes les propriétés du minerai et quelles pourraient en être les applications ( voire même d’ailleurs comment fonctionne une bombe atomique ), mais aussi une histoire géopolitique, avec tout ce que cela inclut de propagande, exploitations, ruée vers l’uranium ( aux états unis ) esclavagisme de populations forcées à aller à la mine ( en URSS ) car bien avant la fabrication de la première bombe atomique, l’uranium a été convoité par de multiples puissances qui voyaient en lui et suivant les époques une matière plus précieuse et rare que l’or, un médicament soignant tous les maux ( il existe d’ailleurs toujours en république tchèque un « uranium palace » ou vous pouvez aller prendre des bains d’eau lourde, c’est très bon selon eux ). Le livre se termine sur la situation actuelle, ou l’énergie atomique est devenue une source d’énergie qui a terrorisé toute une génération de hippies mais qui semble se ranger de plus en plus du coté du camp de ces nouveaux hippies qui ont fait HEC, les gens qui parlent de « développement durable », et aussi du stock d’uranium militaire qui fuit des entrepots russes dans des poches, sacs à dos « décathlon », attachés case vers on ne sais trop ou.
Posted by Jules | Posted in Actu | Posted on 20-04-2009
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C’est pas sur le blog à Assouline que vous trouverez un truc pareil!
Je « copie-colle » l’interview accordée à un journaliste du groupe médiatique Globo par Marco Camacho (chef du PCC, « Premier Commando de la Capitale », gang des capos de la cocaïne), emprisonné à Rio de Janeiro. Cette interview est peut-être une fausse. Toujours est-il que Marco Camacho est un mythe, de même que son organisation qui en 2006 avait organisé des émeutes spectaculaires. Que ce texte paraît intéressant au plus haut point. Allez, le blog à Manu allié à la criminalité internationale, c’est pour tout de suite :
Une fois de plus la police n’hésite pas à attaquer des manifestants pourtant pas très méchants… La dispersion s’est faite rapidement, violemment et la maréchaussée à encore une fois oublié qu’aujourd’hui il est difficile que de tel chose reste lettre morte. Une vidéo, une fois de plus accablante (tadam !)
PS : deux blessés graves (les pompiers ont dû intervenir tout de même) du côté des manifestants, 3 légers chez les flics et trois arrestations.