À lire.

La rentrée du roman graphique, 1ère partie : Page noire

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Quand trois auteurs de bande dessinée (dont les titres de leurs oeuvres précédentes à succès ornent le bandeau de cette édition), Frank Giroud, Ralph Meyer et Denis Lapière, s’unissent chez Futuropolis, ils produisent un excellent roman graphique nommé Page noire. Dans un New York des années...

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Le MOTif aimerait aider la librairie indépendante

Posted by Jean-Mi | Posted in Actu, humeur | Posted on 14-09-2011

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La révolte des éditeurs et libraires indépendants continue.

Vincent Monadé, président du MOTif (observatoire du livre en Ile de France), expose dans un article paru sur Actualitté, son idée. Il ouvre également le dialogue avec les candidats de 2012 pour s’activer.

Faites un tour sur l’article pour savoir de quoi il en retourne. J’ai la flemme de le synthétiser. En gros, il aime le métier de libraire de quartier, pas celui de boutique en ligne. Il propose, comme Jean-Marc Roberts, de n’aller acheter de livres que dans des librairies dignes de ce nom.

des nouvelles des librairies indépendantes américaines : payer pour assister à la rencontre d’un auteur

Posted by Jean-Mi | Posted in Actu, Librairie -edition, humeur | Posted on 24-06-2011

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Vue récemment sur le Net, l’info (ici en VO) fait parler d’elle outre-atlantique, mais aussi chez nous, dans le pays du prix unique sur le livre. Quand Amazon, les tablettes et autres e-books augmentent leurs ventes aux États-Unis, les libraires cherchent à diversifier leur offre. Qu’est ce qui donne envie de venir dans une librairie,  puisque je peux acheter les livres sur internet ? Les lectures et signatures d’écrivains.

Aussi, sûres d’elles, les grandes librairies indépendantes (indépendantes = qui ne font pas de ventes en ligne ?) font payer l’entrée dans leur boutique pour rencontrer son auteur préféré. Je dis bien préféré, parce que si je ne connais pas l’auteur, je ne vais pas payer pour le voir. C’est ça aussi qui est bien avec les librairies d’accès libres, je peux faire toutes les rencontres si je veux, même sans connaitre l’écrivain invité, et avoir le choix ou pas d’acheter son livre pour le faire dédicacer.

Ce choix, dans ces librairies américaines, on ne l’a plus. Les plus grandes librairies vendent une carte, que j’imagine fonctionnant avec des unités. D’autres librairies font payer un droit d’entrée de 5$. D’autres font entrer le public contre l’achat du livre. Plus humain ou plus mesquin ? La librairie est un commerce, qui se doit de faire du chiffre pour progresser, d’autant plus, et c’est le cas aux USA,  quand la tendance est plutôt à la baisse. Si faire de la publicité pour son événement n’est pas suffisant, il faut générer une rentrée d’argent supplémentaire. Comme pour les concerts, en fait. Les bars et les salles ont pu faire du fric grâce à la consommation de boissons, mais le jour où la récession ou l’avarice avaient fait atteindre le point critique au public de ne plus venir à des concerts que pour regarder la scène sans prendre de boisson au bar, il a fallu le faire « participer aux frais », comme ils disent. La raison n’est pas la même pour les librairies, quoique proche.

En France, les libraires indépendants vont-ils faire la même chose ? On nous répondra : « mais non, en France le prix unique défend les petits libraires ». Oui, rétorquerai-je, mais certains s’intéressent déjà, pourtant, à installer des bornes de rechargement de vos livres électroniques. Comme quoi, on peut espérer que la FNAC ne vende bientôt plus que du livre numérique, en vente sur internet et dans leurs magasins à côté des caisses, et rester tout de même sur ses gardes. Les livres papier seront bien gardés et nos libraires pourront dormir sur leurs deux oreilles derrière leurs piles de bouquins à retourner.

Il y a quelques années, je faisais une formation professionnelle pour apprendre les techniques de la librairie (oui, oui, il y en a, le libraire ne fait pas que dormir derrière ses livres). Cette formation se concluait par l’écriture d’un mémoire, dont le mien portait sur la question de la rentabilité des rencontres d’auteurs dans la librairie où j’effectuais mon apprentissage (Mots et Cie à Carcassonne, 35 rue Armagnac, entre l’église Saint-Vincent et la place Carnot).

L’analyse soulignait le fait que les rencontres, pour être rentables, nécessitaient un travail de longue haleine du libraire (Mehdi, que je salue). Car en amont du nombre des ventes lors de l’événement, découlant de l’affluence pour cette rencontre, la connaissance du livre et sa mise en avant – pile bien en vue, coup de cœur, petit résumé critique et conseil, étaient nécessaires, en parallèle à la publicité sur le-dit événement, et parfois pendant plus de six mois avant la celui-ci, avant même que l’on ne parle de faire venir l’auteur. Ainsi, lorsqu’il vient il a la joie de rencontrer une foule de spectateurs (parfois jusqu’à une trentaine lorsque le livre a plu). Les clients ont peut-être déjà, en majorité, lu, donc acheté le livre, et c’est un cadeau, en quelque sorte, que leur fait le libraire, en faisant venir leur auteur préféré. Doit-on payer pour un cadeau ?

La solution face à la crise du livre numérique et face aux péages des entrées des librairies, je l’ai donnée. C’est simplement faire un travail de libraire. Avis.

La culture à tout prix

Posted by Jean-Mi | Posted in Librairie -edition, humeur | Posted on 06-02-2011

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Gagnant ma croûte actuellement comme vendeur dans une grande surface spécialisée en produits culturels, j’ai remarqué un détail qui ne veut pas dire grand chose, mais qui pour moi est très significatif.

Depuis une année passée à travailler dans cette enseigne, les politiques commerciales m’ont toujours déçues. Et cette fois, ça s’est passé hier exactement. Vidant les rayons de tout le stock dévalué (présent depuis plus de 6 mois) pour le remplacer par les nouveautés, je me suis retrouvé, exagérément dans le rayon mangas (mais je le vois aussi au rayon littérature et dans d’autres si j’y regardais), avec des étagères quasi vides. Espacés par quelques livres en tranches, les livres sont en majorité en facing, c’est à dire en piles, couverture face au regard, et avec des gros trous entre deux.

Ce travail est d’autant moins réjouissant que chaque jour de nouveauté, les livres arrivent en stocks éléphantesques. En nombre dépassant toute logique commerciale, puisque les trois quart d’entre eux seront renvoyés aux fournisseurs (et une bonne moitié encore d’entre eux iront au pilon, mais c’est une autre question), les nouveautés sont commandés par des espèces d’agents dans des bureaux, qui s’y connaissent autant en livre que moi en football, et regardent uniquement le critère de rentabilité. En clair : le fournisseur permet une sur-remise si on achète 30 exemplaires de ce livre. Pourquoi faire la fine bouche et décréter que le livre ne se vendra pas, puisqu’une fois acheté on pourra le retourner et qu’on a les avances le permettant ? Et qui le retourne, ce livre, trois ou quatre mois après l’avoir mis en rayon ? Le vendeur, totalement dans son élément, tel le bébé nageur, qui nage pour ne pas se noyer.

Or, quelle ne fut pas ma surprise de me souvenir que quelques jours auparavant, ouvrant ce lien amical sur l’article Brèves (1) , je découvris le même état de fonctionner des grandes librairies new-yorkaises. Les facings sont moins flagrants sur étagères, mais tout ce qui y est narré, je le vois dans l’enseigne qui m’embauche. La bite littérature (vampires et jeunes demoiselles), les ouvrages pratiques, de santé, de cuisine, de jardinage et de développement personnel. Pas de littérature chrétienne mais un rayon ésotérisme, très prenant et très prisé. On vend des pendules, des boules de cristal, des bracelets feng-shui. OK, ce n’est pas une librairie, mais une grande surface spécialisée en produits culturels. Au-delà des livres, il y a des CD, DVD, Blu-ray, souris et claviers d’ordinateurs, mp3 et Ipods, jouets, papeteries, peintures, chevalets, scrapbookings, bref, ce qui se vend. Quid de ces auteurs géniaux de littérature ou de bande dessinée, qui auraient amplement leur place dans les rayonnages, sans les nouveautés de Katherine Pancol ou des éditions Bamboo ?

Premier exemple : Richard Brautigan*. Auteur à succès, mort prématurément et laissant derrière lui une oeuvre phénoménale, Richard Brautigan n’a plus sa place à l’endroit où je bosse. Un signet sur l’étagère mentionne son nom, mais plus de livres à cette place. Comme si, à l’image d’une vie, Brautigan n’était plus pour les lecteurs, qu’un nom dans le souvenir commun, comme un épitaphe : « Ci-git Richard Brautigan, grand auteur qui a vécu et ne vivra jamais plus que sur le signet de cette étagère. »

Deuxième exemple : Moebius*. Auteur de bande-dessinée inter-genre et inter-génération, toujours vivant et nous livrant encore aujourd’hui une réédition remarquable de L’Arpenteur Arzak, Moebius, alias Jean Giraud, n’a plus de place dans mes rayonnages. De L’Incal, avec Jodorowski, ne subsiste qu’un tome 7, résidu de commande client non désirée, et le volume 1 de la réédition d’Arzak. Sa série L’Incal sera elle aussi rééditée tome après tome et mois après mois depuis janvier pour le tome 1, dans ses couleurs d’origine, et pourtant, quand je vérifie, je ne trouve aucune commande dessus, ni celui paru en janvier, ni pour le prochain. Quand je dis « aucune commande dessus », j’entends que les agents commerciaux dans leurs bureaux devant leurs matchs de foot, n’ont pas commandé ces nouveautés, pourtant magistrales, quand bien même l’intégrale de L’Incal revisitée, publiée pour les fêtes, l’avait été, et vendue. (ne parlons pas de l’intégrale des années Métal Hurlant…)

En sera-t-il pour eux comme pour Raymond Carver, exemple assez semblable à Brautigan ? L’éditeur, Bourgois, devra-t-il rééditer son œuvre en intégrale* et faire parler d’elle au moment de la rentrée littéraire ? L’intégrale de Carver, éditée à L’Olivier, a été bien vendue, parce qu’elle avait été médiatisée, comme, aujourd’hui, au hasard, Stéphane Hessel*, Edgar Morin*, ou La Pensée Positive pour les nuls*.

Poussant le bouchon de mon analyse un peu plus profondément dans la bouteille de la culture mercantile, je réalisai que les librairies, et à plus grande ampleur, les grandes surfaces spécialisées en produits culturels, généralisaient la culture en ne mettant en avant que les 20% du stock, qui représentent 80% du chiffre d’affaires. Véridique. Et grand sujet de discorde, depuis longtemps avec mes chefs. Publiant cela, ma pensée n’est pas positive. Au contraire, comme le veut la saison, Hessel et Morin, puis la Tunisie et l’Égypte, je m’indigne et me révolte. Je n’ai plus rien à faire dans un magasin qui fonctionne au 20/80 et tend à travers cela, à uniformiser les goûts.



*1 : Richard Brautigan : retrouvez son oeuvre en poche chez 10/18 et chez Christian Bourgois et au Seuil, ses poèmes au Castor Astral

*2 : Moebius, et Jean Giraud : aux Humanos (L’Incal, l’intégrale Métal Hurlant…), chez Dargaud (Blueberry), chez Casterman et aujourd’hui chez Glénat

*3 : Raymond Carver : pour le peu qu’il en reste, tous ses textes ont été publiés à L’Olivier ; ses œuvres complètes en 6 tomes pour l’instant, ont été éditées entre août 2010 et janvier 2011

*4 : Stéphane Hessel, 93 ans d’indignation, Indignez-vous, éditions Indigène

*5 : Edgar Morin, seulement 89 ans, La Voie, éditions Fayard

*6 : La Pensée positive pour les Nuls, éditions First

Les filles d’Harlequin

Posted by Jean-Mi | Posted in humeur | Posted on 30-08-2010

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Même si on ne lit pas de romans de cette grande et mythique maison d’éditions, même si on fait passer un grand auteur américain pour un auteur de son catalogue, même si leurs couvertures sont des fautes de goût, nous ne pouvons passer sous silence l’exploitation des filles d’Harlequin… pardon, des correctrices d’Harlequin.

Le Blog de Manu vous en parlait il y a plusieurs mois, et voici aujourd’hui leur tract de revendications.

Quand l’eau de rose

tourne au vinaigre…

Aujourd’hui, 2 septembre 2010,

sept correcteurs d’Harlequin
assignent ensemble aux prud’hommes
leur employeur

Pourquoi cette procédure ? Jugez-en par vous-même.

► Accepteriez-vous d’être rémunéré(e) 20 % de moins que votre salaire réel, et de ne pas percevoir les primes accordées à tous les autres salarié(e)s de votre entreprise ?

► Accepteriez-vous que votre direction, suite à un accord d’entreprise, refuse le rattrapage rétroactif de vos rémunérations ?

Harlequin, filiale du groupe Hachette, c’est 10 millions de livres vendus et plusieurs dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaires par an.

► Accepteriez-vous que votre direction foule aux pieds la convention collective et le Code du travail, vous traite en paria ? Qu’elle licencie de façon totalement arbitraire les salariés « récalcitrants » ?

Non ? Alors vous savez pourquoi nous demandons justice.
Pour faire valoir nos droits les plus élémentaires. Et notre dignité.

Les 7 « Harlequin »

Syndicat des correcteurs et des professions connexes
(Filpac-CGT) : 3, rue du Château-d’Eau, Paris 10
e
tél. : 01 44 84 50 81 correcteurscgt@yahoo.com

le carton de chevet de Jean-Mi

Posted by Jean-Mi | Posted in Livres, humeur | Posted on 07-07-2010

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J’enfermerai bientôt dans ma valise les quelques livres qui ne sont pas encore enfermés dans mes cartons en attente de départ pour des terres vierges, fertiles et verdoyantes balayées par les vents. Dans cette valise se trouve tout ce dont je vais avoir besoin dans les jours précédant mon déménagement, et durant lesquels je vais croiser au nord des Alpes en fin de semaine. Tous mes autres livres sont à l’heure actuelle et comme je l’ai dit plus tôt, rangés dans une trentaine de cartons récupérés dans quelques librairies. Les Hachette Livre, solides et faciles à plier/déplier, ils sont mes favoris. Ils composent une moitié de mon armée prête à livrer un combat, transbahutée d’un appartement du deuxième étage à la voiture ou une camionnette, jusqu’à la petite maison que je viens d’acquérir. Après les cartons Hachette, se trouvent en bonnes places les cartons trouvés au hasard des angles de rues, ceux de déménagements, «  Les déménageurs méditerranéens » doivent être à ma région ce que « Les déménageurs bretons » sont à celles autour de Paris. Ils ne reflètent pas à leur apparence ce qu’ils contiennent en leur sein, aussi, de toute l’armée, ils sont sélectionnés pour leur résistance aux poids lourds tels que les livres.
J’emporterai dans mon carton, avec quelques disques, et autres choses importantes, mes livres de chevet du moment. J’appellerai ce carton mon « carton de chevet ». Une sélection pour les vacances de mes lectures. Vous n’en aurez que peu à faire, mais je le fais pour moi, comme un journal, pour me rappeler ce moment de mon déménagement.
Il y a beaucoup de livres. Je vous en livre deux pour commencer.

Le camp des morts*, de Craig Johnson, a compté dans mes lectures il y a plusieurs mois, et s’il est resté à mon chevet aussi longtemps, ce devait être pour ne pas oublier d’en parler. Le shérif Walt Longmire que l’on retrouve un mois après son aventure de fin d’automne dans Little Bird, est cette fois pris au piège de l’hiver, plus d’une fois au fil du roman. Il soupçonne son prédécesseur l’ex-shérif du comté d’Absaroka et vieil acolyte, d’un meurtre des dizaines d’années avant que l’ex-shérif ne devienne shérif. Il défendait la femme qu’il aimait, malheureusement épouse du disparu. Regretté disparu ? Pas tant que ça. On apprend bien vite que c’était une ordure. Et le shérif, ce bon vieux Walt, se laisse aller à se dire que c’est pas plus mal comme ça, qu’il ait disparu, tué ou pas. Le lecteur y pense aussi.
Pour rester dans le polar, car il faut toujours au moins deux romans policiers pour passer l’été, j’ai au-dessus des autres livres, une édition cadeau chez Folio de trois aventures de Sherlock Holmes, offerte avec le DVD de Guy Ritchie (Snatch, etc), dans lequel film on réapprend que le célèbre détective so british aimait la bagarre et était un peu tortillé du cerveau. On le voit en spécialiste d’un genre prédécesseur de l’ultimate fight, boxe de l’époque, on le voit graver aux balles de revolver les initiales VG dans son plafond. VR qui, nous apprend le cher docteur Watson dans les aventures romancées, signifient Victoria Regina. Si je n’avais pas peur de me ridiculiser face à mon manque de culture, je traduirais ces mots latins par un Longue vie à la reine Victoria, dont nous savons tous l’amour que lui vouaient les anglais. Les aventures de Sherlock Holmes, ce sont des perles de classicisme et d’esprit de déduction. À se tordre. Après avoir (re)lu Manchette ou Hammett, replongez vous dans les textes fondateurs du genre. Disponible chez « Bouquins » Robert Laffont en deux volumes ou en Folio, en Bilingue pour être un tantinet sérieux. 

C’est tout pour aujourd’hui, et si vous êtes sages, je reviendrai la semaine prochaine vous conter ma sélection de chevet de la rentrée littéraire…

*Le camp des morts, de Craig Johnson, éd. Gallmeister « Noire », trad. Sophie Aslanides, 23,50€, Paris, avril 2010.

SALINGER : la possibilité d’un film

Posted by Jean-Mi | Posted in humeur | Posted on 23-02-2010

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J.D. SalingerMort, comme tout le monde sait, depuis peu, J.D. Salinger reste célèbre pour avoir donné le goût de la lecture à nombre d’adolescents en colère. À noter qu’après la-dite lecture de L’attrape-coeurs (A Catcher in the Rye en V.O.), tous ces adolescents ont su mettre des mots à cette colère. Holden Caulfield, le jeune héros du roman, rompt avec l’enfance lors d’une fugue de son pensionnat et une errance de plusieurs jours dans un New York féérique d’après-guerre, à la rencontre de l’adulte tapi en lui. C’est à ce héros que plusieurs générations de jeunes hommes se sont identifiés.

Jerome David Salinger avait vécu des atrocités pendant la guerre, dont il parla longtemps après dans plusieurs de ses nouvelles. Aurait-il, dans L’attrape-coeurs, écrit son propre désarroi face à la perte de l’innocence sur les champs de bataille ? Holden Caulfield est-il son alter-ego littéraire, comme Bandini pour John Fante ou Chinaski pour Bukowski ? Ou nous a t-il tous floués, nous ex adolescents, pendant quarante années, en inventant cette histoire de toutes pièces ?

Jerome David Salinger s’est éteint. Le mystère de son œuvre est révélé intact.

L’attrape-coeurs publié au début des années cinquante, Salinger ne publiera rien d’autre à l’exception de nouvelles précédemment parues dans les pages du New Yorker. Et plus rien. En 1965 seulement, une nouvelle est publiée dans le même magazine, qui devrait être réédité depuis 1997, la date ayant toujours été repoussée. Et toujours rien. Nul ne sait quand elle sera publiée.

Jerome David Salinger meurt en janvier dernier. Aucune nouveauté depuis 1965, des promesses, et aucune apparition publique.

Même Beigbeder n’a pas réussi, dans son documentaire L’attrape-Salinger, à attraper Salinger. C’est dire.

Paru en 2007 pour la télévision, le film montrait notre cher écrivain conversant avec de grands noms de la littérature américaine à propos de Salinger. Approchant de très près son but, la maison de l’auteur culte, il ne l’attrapera pourtant pas. Si le film avait déçu la critique au moment de sa sortie, cela ne l’empêche pas de sortir en DVD le 20 mars prochain.

Aucune réponse donc, sur la part d’autobiographie dans L’attrape-coeurs.

Il y a quelques temps pourtant, je lis quelque part * que Salinger lui-même allait être l’objet d’un film, dans un documentaire sur sa vie. Incroyable. Quelqu’un a réussi le défi là où tout le monde avait échoué.

Le film sortira peut-être pour le festival de Cannes. Où l’on apprendra ce que personne n’a su déterminer de la vie et des pensées du mystérieux écrivain.

L’accent est parait-il mis sur sa vie d’avant L’attrape-coeurs. Son enfance, le New Yorker, la guerre. Évidemment, Salinger avait une vie médiatique avant son roman. Sur sa vie recluse à Cornish, New Hampshire, il ne reste que peu de choses ; des refus catégoriques d’interventions, une photo volée peut-être, et un français à l’allure paumée sur le chemin de sa maison.

Shane Salerno est connu pour être le scénariste du prochain film de James Cameron. Un doute assaille mon esprit.

Le film sur Salinger traîne depuis cinq ans. L’écrivain avait probablement refusé, comme il le fit toujours depuis tant d’années, ce projet de film sur sa vie. Il y a alors fort à parier, que de son vivant, il ait mis des bâtons dans les roues de Salerno et ses producteurs. Cela expliquerait le retard pris par le tournage et la sortie du film.  Ayant cassé sa pipe, le vieux bougre laisse enfin travailler ces gens. En paix.

Il aurait obtenu la censure de certaines séquences.

Salinger n’a de sa vie rien lâché sur son vécu ni ses écrits, postérieurs à la parution du Catcher in the Rye. Il emporte avec lui ses secrets dans sa tombe. Il maintient le mystère autour de sa personne et de son œuvre. Le fan continue inlassablement de se poser les questions, comme Shane Salerno dans son documentaire sobrement intitulé Salinger. La possiblité d’un film.

l'attrape-coeurdressez haut la poutre maîtresse, charpentiers

L’Attrape-coeur et Nouvelles, disponibles chez Pocket, Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers, chez Robert Laffont « Pavillons Poche ».

Joyeux noël en musique.

Posted by Manu | Posted in humeur | Posted on 24-12-2009

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Pour tous ceux qui n’ont aucune vie sociale et familial, pour tous ceux qui ne savent pas quoi faire en ce 24 décembre au soir, je vous propose un joie de vivre en musique. Ça s’appelle Antiforfora, ça vient de Lyon, et ça claque !

http://www.antiforfora.org/

Achetez un ebook, pour seulement 220 euros, vous pourrez lire Marc Lévy !

Posted by Jules | Posted in humeur | Posted on 24-11-2009

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Le prochain Marc Lévy sortira dans le même temps en format papier et en version numérique. Primo : c’est pas comme ça qu’on nous (les gens de bien) fera lire sur support virtuel. Deuzio : ça soulève pleins de questions. A priori, le Lévy électronique sera moins cher d’au moins 25 % que le papier. Jusqu’ici, les tarifs étaient toujours sensiblement les mêmes, ce qui refroidissaient pas mal de potentiels clients du numérique : Trois femmes puissantes de Ndiaye par exemple ne coûtait que 15 % moins cher environ en numérique qu’en papier. Autre débat à suivre : la TVA, qui pour l’instant est à 19,6% et dont beaucoup de professionnels du numérique réclame qu’elle passe à 5,5% – celle du livre. Chez les professionnels du livre papier, les avis sont partagés; l’inquiétude des libraires – qui survivent déjà seulement du fait de leurs marges ridicules – contrastent avec l’insolente réussite et confiance en soi de pas mal de groupes éditoriaux. Dans toute cette affaire, on attend surtout les résultats qualitatifs de groupes comme Google ou Amazon, avec son Kindle qui ne sont après tout pas des éditeurs quand bien même ils se mettent à numériser quantités de textes (classiques et bests-sellers le plus souvent pour l’instant). Le livre numérique ne représente encore que 1% du marché français et environ 5% outre Atlantique où les spécialistes remarquent notamment une importante consommation de textes érotiques pour d’évidentes raisons d’anonymat et de discrétion (anecdote qui ne pourrait déplaire au frivole blog de manu et nous pousse bien sûr un peu plus à accepter la technologie).
Pour les communisateurs que nous sommes sur ce blog et pour donner l’impression que nous avons un avis sur le sujet, la question du prêt se pose. Si la diffusion facilitée par le numérique était un slogan pour les novateurs du Projet Gutenberg (première bibliothèque numérique) par exemple, on se demande si le beau geste du prêt qui encourage énormément la lecture n’est pas en fait en danger. Beaucoup d’entre nous commence à lire grâce à la bibliothèque parentale dans laquelle on chipe (chiper un Kindle à presque 200 dollars t’aurais pas osé sinon caramba t’aurais dansé), en se faisant passer un bouquin par le prof bienveillant du lycée (on imagine mal un fonctionnaire distribuer des e-books dans l’espoir de transformer ses jeunes délinquants d’élèves en hussards des Lumières) et même à l’âge adulte, nombreux sont ceux qui « découvrent » la lecture suite à un « je te le passe, tu le lis, tu verras je suis sûr que tu aimeras »… Bref tout un système de découverte de la lecture qui passe à l’as.

Sabres, sexe et soleil (levant).

Posted by Jules | Posted in humeur | Posted on 23-11-2009

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Nous avions sur le blog, parlé de l’incroyable « United Red Army » de Koji Wakamatsu. Un film rare et intelligent. Blaq out édite un coffret regroupant quatre de ses oeuvres. Beaucoup de sexe bien sûr, pas très sain, de la violence, de la subversion dans ces films réalisés entre 65 et 69. Une bonne entrée dans le cinéma japonais qui trouble toujours les spectateurs occidentaux. Ce genre de films provoquant souvent un intérêt aigu (les DVD sont interdits au moins de 16 ans ce qui est déjà une preuve de leur intérêt) pour le contexte de création, la société japonaise, ils vous (re) pousseront sûrement vite dans les bras des classiques, Kawabata, Mishima en tête

À voir, à lire, à écouter

Posted by Manu | Posted in humeur | Posted on 05-10-2009

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Ne vous inquiétez donc pas, ce blog n’est toujours pas le blog de Jules, mais bien le blog de Manu (et de Jules et Michaël). Le manque de messages ces temps si ne présage aucunement de la suite de cette situation. Pour en finir avec le diktat de l’article littéraire, voici quelques petits trucs à lire, à voir ou à écouter lorsque vous vous ennuyez.

Commençons avec le nouveau livre de chez Attila, Paris insolite de Jean-Paul Clébert qui nous invite à visiter le Paris des années 50, le vrai Paris, pas celui où les uns et les autres se complaisent, où la libération à fait d’un Paris outragé, brisé et martyrisé un Paris libéré. Non, Clébert nous montre le Paris des fous, des inventeurs géniaux, des troquets. Accompagné des photos, magnifiques, de Patrice Molinard, je ne vous cache pas qu’il ne peut être qu’intéressant de le lire, de préférence en bougeant dans les quartiers en même temps que l’auteur.

Un autre livre, édité chez Finitude cette fois : Inventions nouvelles et dernières nouveautés de Gaston de Pawlowski présentant les inventions les plus indispensables depuis la Création, mais qui la plupart du temps ne trouveront jamais preneur, et c’est fortement dommageable. Se moquant de l’inutilité du gadget, De Pawlowski nous présente les inventions les plus incongrues, nous les rendant indispensables.

Lorsque vous en aurez marre de lire, mais que vous ne voulez toujours pas sortir, ou si peu, vous pourrez vous déplacer jusqu’à votre cinéma pour le Grand Lyon Film Festival à Lyon, par exemple (sauf si vous n’êtes pas lyonnais, sans cette condition vous devrez faire de longues heures de route avant de trouver le salut) qui au lieu de nous présenter des films qui vont sortir avec moult fracas laissant bien des films sans la moindre chance médiatique nous replonge dans de nombreuses rétrospectives des meilleurs réalisateurs : Sergio Leone, Clint Eastwood (en invité d’honneur), Don Siegel, Eddie Muller accompagnés par d’autres films proches de Clint Eastwood. Thierry Frémaux a eu une grande idée, cette fois, bien plus grande que le festival de Cannes.

Sinon, pour tous ceux qui sont Montreuillois de cœur, laissez-vous tenter par l’Armée du Crime, film retraçant les faits et gestes de la bande à Manouchian. Tuer des communistes ça me rend toujours un peu triste. On se rassure en sachant qu’à l’époque il y en avait par poignées. Vous pouvez également aller voir Un Prophète, bien que la presse apologétique en a une fois de plus bien trop fait.

Sinon, j’écoute en ce moment même l’émission de France Inter, Carrefour de Lodeon et je ne peux que vous le recommander. Vous finirez, si ce n’est déjà fait, par aimer la musique classique.

En attendant un prochain article, j’espère que vous aurez assez à faire pour les prochains jours.