À lire.

Puisqu’on parle de polars

Lire la suite

Puisqu’on parle de polars, en voici un découvert il y a peu et dont je me souviens encore. Lors d’un week-end chez mes beaux-parents, je parcours leur bibliothèque polar comme à mon habitude, et je tombe sur un Rivages Noir à la belle couverture provenant d’une photo de l’intérieur...

Nous suivre par RSS ou e-mail Le twitter de Manu

Un déchirement

Posted by Jean-Mi | Posted in Librairie -edition | Posted on 15-11-2011

0

Ceux qui détestaient lire ces livres aux lignes composées de cinq mots maximum ne peuvent pas comprendre. Hubert Nyssen avait créé la maison d’éditions Actes Sud à Arles en 1978. Il était né en 1925 et il est mort le week-end dernier. C’était un monument de l’édition française, mais aussi de l’écriture.

Je me souviens de son roman Les déchirements, publié en 2008 dans la très belle collection « Un endroit où aller ». Ce livre parlait de secrets de famille enfouis et qui ressurgissent lorsque son narrateur, Valentin Cordonnier, a plus de soixante ans et vient de perdre son frère. De déchirements il est question dans ce livre, et c’est un déchirement pour le monde du livre, que de savoir Hubert Nyssen décédé.

Découvrez sa vie, son œuvre, sur son site.

Le Seuil s’engage à sauver la librairie indépendante

Posted by Jean-Mi | Posted in Actu, Librairie -edition | Posted on 04-09-2011

Mots-clefs :, ,

0

Scoop ! Le président du Seuil, Olivier Bétourné, a annoncé ce vendredi dans un article au Monde, qu’il fallait sauver les librairies indépendantes.

Une récente analyse du SLF (Syndicat de la Librairie Française, protecteur entre autre de la Loi Lang sur le prix unique du livre) et du ministère de la Culture, révélait que le chiffre d’affaires des librairies indépendantes avait trop baissé depuis 2003. Pourtant, Oliver Betourné, P-DG du Seuil, a conscience qu’en 30 ans les librairies françaises ont moins souffert qu’ailleurs. Grâce, bien sûr, est rendue à MM. Lang et Lindon (respectivement, en 1981, ministre de la Culture sous Mitterrand et patron des éditions de Minuit, qui ensemble avaient créé la loi dite « Lang »). Mais si le livre est sauvé en France à l’inverse des Etats-Unis, c’est au détriment des libraires eux-mêmes, ces petits commerçants pleins encore d’idéaux de gauche, qui essuient toujours les pots cassés, surtout les deux dernières années. Il paraitrait que les libraires ne se paieraient plus, affirme presque M. Betourné. Je ne veux pas paraitre cynique, mais c’est vrai, je confirme ce qu’a dit M. Betourné, les patrons des petites librairies, face à des charges trop élevées, ne se paient que difficilement, et n’embauchent plus de jeunes et dynamiques libraires pour réceptionner les livres et aider les samedis.

Loin de se faire défenseur passif des commerçants du livre, Oliver Betourné déclare qu’il prend les choses en mains. Conjointement à son diffuseur Volumen, il va mettre en place au sein du Seuil,  trois actions immédiates. Scandant un appel aux autres éditeurs de faire comme lui, il rappelle quelle a été l’aventure de la création en 1988 de l’Adelc (Association pour le développement de la librairie de création), par Gallimard, Le Seuil, La Découverte et Minuit, qui aujourd’hui fait encore recette, bon nombre de librairies n’auraient pu s’ouvrir sans elle.

Le Seuil reverra donc les Conditions Générales de Ventes faites aux libraires, pour leur permettre de se payer un peu mieux, une meilleure gestion des flux entre libraires et éditeurs, afin de ne plus faire trop de retours, surcharge de travail pour le libraire et coût énorme pour l’éditeur, de représenter clairement Le Seuil dans ses rayons en gardant un fonds minimum de son catalogue, de mettre en avant les nouveaux auteurs (à ne pas confondre avec le « nouveau roman »…) et ce qu’il appelle curieusement la « littérature de création » (sans doute la vraie littérature, pas les trucs en pile à l’entrée du magasin), et une remise au point des systèmes de commercialisation du livre (peut-être parle-t-il des frais de ports, des coûts des transporteur ? Peut-être veut-il développer les GIE aux quatre coins de Paris et des régions ?)

Rappelons simplement deux choses à mettre face à face dans cet article. Les éditions du Seuil, comme son diffuseur Volumen, appartiennent intégralement au groupe La Martinière. Rappelons que La Martinière s’est fourvoyée récemment auprès de Google, mais c’est une autre histoire. La Martinière, dont nous savons qu’il a eu de gros problèmes pour être accepté lors du rachat du Seuil en 2004 : beaucoup de mécontentements, beaucoup de départs. Nous pouvions nous demander : où vont les éditions du Seuil ? Et pourtant, l’intervention de son P-DG semble lui redresser la tête.

N’oublions pas, pour Le Seuil, qu’il était capable véritablement, d’aider à l’ouverture de librairies, hors Adelc. Il avait en quelque sorte été garant de l’ouverture d’une librairie, en proposant ses fonds de catalogue en dépôt (à savoir, le libraire paye le livre quand celui-ci est vendu) ou avec des échéances de paiement plus qu’alléchantes (à un an, si ma mémoire ne défaille pas). C’était le cas pour une chouette librairie parisienne : La Friche Librairie, rue Léon Frot dans le 11ème, métro Charonne.

Allez-y gaiement, pour sauver la librairie indépendante, et passez-leur le bonjour, à Manu, Marie et Guillaume, de la part de Jean-Michel de Carcassonne.

Pour lire l’article original d’Oliver Bétourné dans Le Monde, cliquez ici.

Rentrée littéraire, scène 1 : Rengaine, de Julien Maret, éd. José Corti

Posted by Jean-Mi | Posted in Librairie -edition, Livres | Posted on 16-08-2011

Mots-clefs :, , ,

1

Un homme tombe. Il livre ses pensées tout au long de cette chute. Il ne sait s’il tombe dans un tube, dans un tuyau ou dans un trou, il sait juste qu’il tombe.

Avec une intensité rare et une imagination sans faille, le lecteur tombe avec lui, notre chute s’accélère, nous pensons aux mêmes choses que lui et tombons encore, sans être arrêté. Peut-être la chute sera-t-elle stoppée par un matelas ou un sol dur. Auquel cas, cette deuxième proposition serait la meilleure, sans quoi sur un matelas il devrait se laisser mourir de faim. Il n’y a pas à manger dans ce trou ou ce tube. Il y a juste le poids de son corps et le vide, le noir autour de lui, et de quoi réfléchir à ce qu’a été sa vie avant d’entrer dans ce trou. Et pourquoi y est-il entré ? Même à ça, il n’y avait pas pensé. Sans regrets aucun, car le tombeur sait qu’il ne peut pas faire marche arrière. Il s’interroge seulement sur les raisons qui l’ont poussé à se laisser tomber dans ce trou sans fin. Les raisons qu’il a eu de vouloir quitter la surface du monde. Il donne l’impression au lecteur d’être devant un témoignage d’Expérience de Mort Imminente, ces histoires de couloir et de lumière blanche. Dans ce cas contraire pourtant, le narrateur ne fait pas l’expérience de la mort. Seulement de la chute. Il sait qu’il a quitté le monde des vivants, mais il n’entre pas non plus dans le monde des morts. C’est là toute l’ambiguïté de cette chute. Et toute l’ambiguïté de ce très court roman.

Rengaine m’a happé avec lui dans son puits et je ne m’en suis relevé à la fin qu’avec difficultés. Un roman très court, sans doute parce que si elles étaient répétées sur plus de 96 pages, la rengaine lasserait. Avec ce nombre suffisant de pages, comme une nouvelle un peu longue, ou une novella comme le disent nos chers amis américains, il n’en est rien. Le lecteur est fasciné dès le début par cette chute autant métaphysique que physique.

Rengaines, de Julien Maret, éd. José Corti coll. « Domaine Français », parution le 1er septembre 2011, 14,50€

des nouvelles des librairies indépendantes américaines : payer pour assister à la rencontre d’un auteur

Posted by Jean-Mi | Posted in Actu, Librairie -edition, humeur | Posted on 24-06-2011

Mots-clefs :, , ,

2

Vue récemment sur le Net, l’info (ici en VO) fait parler d’elle outre-atlantique, mais aussi chez nous, dans le pays du prix unique sur le livre. Quand Amazon, les tablettes et autres e-books augmentent leurs ventes aux États-Unis, les libraires cherchent à diversifier leur offre. Qu’est ce qui donne envie de venir dans une librairie,  puisque je peux acheter les livres sur internet ? Les lectures et signatures d’écrivains.

Aussi, sûres d’elles, les grandes librairies indépendantes (indépendantes = qui ne font pas de ventes en ligne ?) font payer l’entrée dans leur boutique pour rencontrer son auteur préféré. Je dis bien préféré, parce que si je ne connais pas l’auteur, je ne vais pas payer pour le voir. C’est ça aussi qui est bien avec les librairies d’accès libres, je peux faire toutes les rencontres si je veux, même sans connaitre l’écrivain invité, et avoir le choix ou pas d’acheter son livre pour le faire dédicacer.

Ce choix, dans ces librairies américaines, on ne l’a plus. Les plus grandes librairies vendent une carte, que j’imagine fonctionnant avec des unités. D’autres librairies font payer un droit d’entrée de 5$. D’autres font entrer le public contre l’achat du livre. Plus humain ou plus mesquin ? La librairie est un commerce, qui se doit de faire du chiffre pour progresser, d’autant plus, et c’est le cas aux USA,  quand la tendance est plutôt à la baisse. Si faire de la publicité pour son événement n’est pas suffisant, il faut générer une rentrée d’argent supplémentaire. Comme pour les concerts, en fait. Les bars et les salles ont pu faire du fric grâce à la consommation de boissons, mais le jour où la récession ou l’avarice avaient fait atteindre le point critique au public de ne plus venir à des concerts que pour regarder la scène sans prendre de boisson au bar, il a fallu le faire « participer aux frais », comme ils disent. La raison n’est pas la même pour les librairies, quoique proche.

En France, les libraires indépendants vont-ils faire la même chose ? On nous répondra : « mais non, en France le prix unique défend les petits libraires ». Oui, rétorquerai-je, mais certains s’intéressent déjà, pourtant, à installer des bornes de rechargement de vos livres électroniques. Comme quoi, on peut espérer que la FNAC ne vende bientôt plus que du livre numérique, en vente sur internet et dans leurs magasins à côté des caisses, et rester tout de même sur ses gardes. Les livres papier seront bien gardés et nos libraires pourront dormir sur leurs deux oreilles derrière leurs piles de bouquins à retourner.

Il y a quelques années, je faisais une formation professionnelle pour apprendre les techniques de la librairie (oui, oui, il y en a, le libraire ne fait pas que dormir derrière ses livres). Cette formation se concluait par l’écriture d’un mémoire, dont le mien portait sur la question de la rentabilité des rencontres d’auteurs dans la librairie où j’effectuais mon apprentissage (Mots et Cie à Carcassonne, 35 rue Armagnac, entre l’église Saint-Vincent et la place Carnot).

L’analyse soulignait le fait que les rencontres, pour être rentables, nécessitaient un travail de longue haleine du libraire (Mehdi, que je salue). Car en amont du nombre des ventes lors de l’événement, découlant de l’affluence pour cette rencontre, la connaissance du livre et sa mise en avant – pile bien en vue, coup de cœur, petit résumé critique et conseil, étaient nécessaires, en parallèle à la publicité sur le-dit événement, et parfois pendant plus de six mois avant la celui-ci, avant même que l’on ne parle de faire venir l’auteur. Ainsi, lorsqu’il vient il a la joie de rencontrer une foule de spectateurs (parfois jusqu’à une trentaine lorsque le livre a plu). Les clients ont peut-être déjà, en majorité, lu, donc acheté le livre, et c’est un cadeau, en quelque sorte, que leur fait le libraire, en faisant venir leur auteur préféré. Doit-on payer pour un cadeau ?

La solution face à la crise du livre numérique et face aux péages des entrées des librairies, je l’ai donnée. C’est simplement faire un travail de libraire. Avis.

Enfin : la lettre de refus des libraires aux éditeurs pour leurs livres pourris

Posted by Jean-Mi | Posted in Actu, Librairie -edition | Posted on 03-06-2011

Mots-clefs :, , ,

1

Si le libraire lambda doit craindre une chose parmi de nombreuses autres dans l’exercice de ses fonctions, c’est bien la merde qu’il reçoit à l’office en ouvrant ses cartons.

Pour réussir, enfin, à s’en débarrasser sans avoir recours au retour mange-monnaie, il suffit de copier-coller cette lettre-type écrite par l’écrivain Nicolas Ancion et pastichant les lettres de refus des éditeurs aux écrivains, ci-dessous, et de l’envoyer à(aux) l’éditeur(s) de son choix.

Madame, Monsieur,

J’ai bien reçu les ouvrages de votre rentrée littéraire et je vous en remercie.

Le comité de lecture de notre librairie s’est penché sur vos différents titres et, malgré les qualités indéniables de fabrication (noter ici quelques arguments flatteurs pour l’éditeur), nous sommes au regret de vous informer que vos livres ne correspondent pas à la ligne éditoriale que défend notre magasin. Ils ne pourront donc trouver place sur nos rayonnages.

Ceci n’est en aucun cas un jugement de valeur sur votre travail d’éditeur mais la simple expression d’un choix propre et forcément partial. Nous resterons bien entendu attentifs à vos futures publications.

Étant donné le nombre de titres que nous recevons à la librairie, nous ne sommes pas en mesure de renvoyer tous les livres à leur éditeur. Votre caisse de livres a reçu le numéro XXXX. Elle sera conservée en réserve pendant trois semaines à dater de l’envoi de cette lettre. Durant cette période, il vous est loisible de venir la récupérer sur place. Passé ce délai, ces livres seront détruits ou donnés à de bonnes œuvres.

Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations respectueuses.

Applaudissons l’audace et le culot de Nicolas Ancion, dont voici le lien de l’article original.

Nicolas Ancion, chez Pocket : Les ours n’ont pas de problèmes de parking, Écrivain cherche place concierge, Quatrième étage et Nous sommes tous des playmobiles, aux editions Luc Pire : L’homme qui valait 35 milliards, aux éditions Dis voir avec Killofer : L’homme qui refusait de mourir

Blackbird, l’oiseau noir de l’auto-édition

Posted by Jean-Mi | Posted in Librairie -edition, Livres | Posted on 25-05-2011

Mots-clefs :, , , ,

0

À sa parution, la BD Blackbird de Pierre Maurel a caracolé plusieurs semaines dans les 10 meilleures ventes BD indépendante du site de la FNAC. Longtemps avant, je m’étais promis de venir poster sur la formidable aventure qu’a été Blackbird. D’abord publiée en fanzines auto-produits au nombre de 6 volumes, elle est sortie le 15 avril en album cartonné (très joli objet au demeurant), par l’éditeur de bande dessinée du moment, L’Employé du Moi.

Il était convenu avec Manu, administrateur de ce blog, de ne pas parler de bande dessinée, ce vile sous genre de la littérature, que la majorité des libraires sous-affectionnent. Je me suis permis à quelques reprises de le mentionner, quand l’occasion se présentait, un coup de cœur ou une envie pressante. Aussi, excuse-moi Manu, je vais une nouvelle fois tromper ton autorité.

Si je trouve Blackbird digne d’intérêt, c’est parce qu’elle (le féminin de bande-dessinée) ou il (le masculin de roman graphique) mentionne en premier lieu la loi Lang et le prix unique du livre, que tous les libraires aiment parce qu’elle permet de maintenir leurs boutiques à flots. Pas bête, comme accroche, mais il manque une problématique. C’est simple. Trop simple ? Je n’espère pas. Je ne suis pas seulement un libraire qui espère un jour être indépendant, je suis aussi et surtout un client de ces librairies qui défendent une sélection d’assortiment propre à elles, et avec passion.

Le problème dans Blackbird, c’est que la loi sur le prix unique du livre est abrogée. L’histoire se passe aujourd’hui pourtant, ou juste demain. C’est une forme d’anticipation proche. Très vite, et c’est ce qui va intéresser les héros de Blackbird, l’auto-édition est interdite. Toute parution d’objet papier doit passer par les mains de l’État censeur. Un collectif d’auteurs de fanzines – le fanzine s’appelle lui-même Blackbird – mise en abîme de l’auteur Pierre Maurel ? Il nous y répondra, je l’espère, bientôt – se révolte contre cette loi, et continue coûte que coûte à publier.

Au fil des numéros de Blackbird – le Blackbird que l’on tient entre nos mains, comme le Blackbird de fiction – des choix vont se faire. Celui de continuer à s’auto-publier n’est pas sans risques. L’un des membres prend la voie, pas si facile, de la sûreté, et sera publié par une maison de micro-édition. Lâche, traitre ? Est-il paranoïaque ? Toujours est-il qu’il va se détester, et continuera de défendre, avec d’autres armes, et passivement, certes, l’auto-édition.

Les autres seront fliqués par les boutiques de photocopies, et devront voler des imprimantes, photocopieuses et toners d’encre pour continuer. Progressivement, ils vont devenir des hors-la-loi, et se cachent.

Dans un style épuré, réaliste et un brin sauvage, à l’encre noire, le dessin est structuré en 3 bandes de 2 cases par page, éclatées ou parcellarisées souvent, donnant le détail de l’action. Le récit est construit linéairement, de l’adoption de la loi à l’action directe, et le lecteur plonge dans le quotidien des citoyens en marge de leur cité.

Ébahi – et néanmoins surpris par la tournure des événements, une petite loi de rien du tout qui va en entraîner d’autres, agissant tel un rouleau compresseur sur la population – le lecteur s’enthousiasme lors d’entartages de députés, se régale devant les courses-poursuites en skate, et vibre à l’unisson avec les auteurs qui, ne perdant pas espoir, distribuent clandestinement leur fanzine, et continueront toujours. Nous gardons espoir.

Coup de chapeau à cet excellent roman graphique !

Blackbird, de Pierre Maurel, éd. L’Employé du Moi, Bruxelles, avril 2011, 128 pages, 14,90€

le blog de Pierre Maurel

le livre papier .2 : une révolution

Posted by Jean-Mi | Posted in Actu, Librairie -edition | Posted on 04-04-2011

Mots-clefs :, , ,

2

Sans doute pour contrer la venue des livres électroniques, les éditions Point sortent leur collection .2 (prononcez Point Deux). Les grandes particularités de ces livres .2 sont le format et la taille. Format à l’italienne, il se lit en fait verticalement, texte parallèle à la reliure. Petit, il peut être glissé dans la poche.

En plus, le .2 a une application pour zoomer, une application pour le partager, une application pour mettre pause, une application pour avancer d’un chapitre… mais tout ça, c’est la vidéo publicitaire qui le dit.

Suivez le lien : vidéo .2

L’Association dissociée

Posted by Jean-Mi | Posted in Actu, Librairie -edition | Posted on 20-02-2011

2

Si vous ne le saviez pas déjà, L’Association, éditeur de bande-dessinée depuis 1990, est en train de vivre une crise sans précédent (dans leurs locaux).

Le marché de l’économie est tel, qu’aujourd’hui Jean-Christophe Menu, auteur de BD et directeur éditorial de L’Association, devrait licencier économique la moitié de ses salariés. Pas facile d’être un « cool » dessinateur de BD quand on doit gérer un gros truc, tout associatif qu’il soit.

Déjà il y a quelques mois, le Comptoir des Indépendants, distributeur des livres de L’Association auprès de vos amis libraires, avait dû fermer boutique. Trop cher. L’Association en était le principal actionnaire. Tout s’est passé sans trop de pots cassés, tout le monde aurait plus ou moins été bien reclassé (aux Belles Lettres Diffusion Distribution, qui distribue d’ailleurs maintenant L’Association et nombre d’éditeurs dont se chargeait aussi le Comptoir des Indés, L’Employé du Moi, L’Atrabile et Çà et Là entre autres).

Pas des pigeons, les salariés de L’Association ont été en grève pendant un mois, pour protester contre le revirement de situation, déjà tendue depuis plusieurs mois. Ceux qui étaient à Angoulême ne les ont pas vus à leur stand, seulement couvert d’affiches « En grève » et de leur flyer de revendication.

Des auteurs de BD proches de L’Asso soutiennent ouvertement les salariés en grève, certains vilipendent Menu haut et court, le traitent de dictateur et d’autre nom d’oiseau. Menu se défend. Il était le seul à être resté après le clash avec ses « associés », partis depuis belle lurette, sous des cieux bien plus bleus mais peut-être moins glorieux (Lewis Trondheim est directeur de la collection Shampooing chez Delcourt), d’autres font les médiateurs entre les deux parties, et les salariés ont repris le travail malgré tout avec l’assurance (pour combien de temps) de conserver leurs places.

Une vente aux enchères de soutien aux salariés de L’Association est montée. Dès demain lundi 21 février 17h01 vont être mis en vente des dessins originaux d’amis des salariés de L’Association.

Alors, si vous voulez continuer à trouver des bonnes bandes-dessinées dans vos librairies, à votre portefeuille ! Car si L’Association tombe, les prophètes pessimistes disent que toute l’édition indépendante de BD tombera avec. L’Association offrait un regard vaste dans les rayonnages des librairies. Sans elle, le reste des éditeurs ne montrera qu’un ou deux mètres linéaires sans plus de dynamique, et les acheteurs ne les verront plus, se rabattant sur les œuvres de Boulet et Sfar dans des maisons d’éditions ne se souciant pas de problèmes financiers.

L’Association peut perdurer, et pour cela, aidons ses salariés en achetant des oeuvres originales d’un goût extra.

le site de soutien aux salariés de L’Association : http://www.soutienasso.fr/

Infos recueillies grâce à Pierre Maurel et au Nouvel Obs.

La culture à tout prix

Posted by Jean-Mi | Posted in Librairie -edition, humeur | Posted on 06-02-2011

Mots-clefs :, , , , ,

1

Gagnant ma croûte actuellement comme vendeur dans une grande surface spécialisée en produits culturels, j’ai remarqué un détail qui ne veut pas dire grand chose, mais qui pour moi est très significatif.

Depuis une année passée à travailler dans cette enseigne, les politiques commerciales m’ont toujours déçues. Et cette fois, ça s’est passé hier exactement. Vidant les rayons de tout le stock dévalué (présent depuis plus de 6 mois) pour le remplacer par les nouveautés, je me suis retrouvé, exagérément dans le rayon mangas (mais je le vois aussi au rayon littérature et dans d’autres si j’y regardais), avec des étagères quasi vides. Espacés par quelques livres en tranches, les livres sont en majorité en facing, c’est à dire en piles, couverture face au regard, et avec des gros trous entre deux.

Ce travail est d’autant moins réjouissant que chaque jour de nouveauté, les livres arrivent en stocks éléphantesques. En nombre dépassant toute logique commerciale, puisque les trois quart d’entre eux seront renvoyés aux fournisseurs (et une bonne moitié encore d’entre eux iront au pilon, mais c’est une autre question), les nouveautés sont commandés par des espèces d’agents dans des bureaux, qui s’y connaissent autant en livre que moi en football, et regardent uniquement le critère de rentabilité. En clair : le fournisseur permet une sur-remise si on achète 30 exemplaires de ce livre. Pourquoi faire la fine bouche et décréter que le livre ne se vendra pas, puisqu’une fois acheté on pourra le retourner et qu’on a les avances le permettant ? Et qui le retourne, ce livre, trois ou quatre mois après l’avoir mis en rayon ? Le vendeur, totalement dans son élément, tel le bébé nageur, qui nage pour ne pas se noyer.

Or, quelle ne fut pas ma surprise de me souvenir que quelques jours auparavant, ouvrant ce lien amical sur l’article Brèves (1) , je découvris le même état de fonctionner des grandes librairies new-yorkaises. Les facings sont moins flagrants sur étagères, mais tout ce qui y est narré, je le vois dans l’enseigne qui m’embauche. La bite littérature (vampires et jeunes demoiselles), les ouvrages pratiques, de santé, de cuisine, de jardinage et de développement personnel. Pas de littérature chrétienne mais un rayon ésotérisme, très prenant et très prisé. On vend des pendules, des boules de cristal, des bracelets feng-shui. OK, ce n’est pas une librairie, mais une grande surface spécialisée en produits culturels. Au-delà des livres, il y a des CD, DVD, Blu-ray, souris et claviers d’ordinateurs, mp3 et Ipods, jouets, papeteries, peintures, chevalets, scrapbookings, bref, ce qui se vend. Quid de ces auteurs géniaux de littérature ou de bande dessinée, qui auraient amplement leur place dans les rayonnages, sans les nouveautés de Katherine Pancol ou des éditions Bamboo ?

Premier exemple : Richard Brautigan*. Auteur à succès, mort prématurément et laissant derrière lui une oeuvre phénoménale, Richard Brautigan n’a plus sa place à l’endroit où je bosse. Un signet sur l’étagère mentionne son nom, mais plus de livres à cette place. Comme si, à l’image d’une vie, Brautigan n’était plus pour les lecteurs, qu’un nom dans le souvenir commun, comme un épitaphe : « Ci-git Richard Brautigan, grand auteur qui a vécu et ne vivra jamais plus que sur le signet de cette étagère. »

Deuxième exemple : Moebius*. Auteur de bande-dessinée inter-genre et inter-génération, toujours vivant et nous livrant encore aujourd’hui une réédition remarquable de L’Arpenteur Arzak, Moebius, alias Jean Giraud, n’a plus de place dans mes rayonnages. De L’Incal, avec Jodorowski, ne subsiste qu’un tome 7, résidu de commande client non désirée, et le volume 1 de la réédition d’Arzak. Sa série L’Incal sera elle aussi rééditée tome après tome et mois après mois depuis janvier pour le tome 1, dans ses couleurs d’origine, et pourtant, quand je vérifie, je ne trouve aucune commande dessus, ni celui paru en janvier, ni pour le prochain. Quand je dis « aucune commande dessus », j’entends que les agents commerciaux dans leurs bureaux devant leurs matchs de foot, n’ont pas commandé ces nouveautés, pourtant magistrales, quand bien même l’intégrale de L’Incal revisitée, publiée pour les fêtes, l’avait été, et vendue. (ne parlons pas de l’intégrale des années Métal Hurlant…)

En sera-t-il pour eux comme pour Raymond Carver, exemple assez semblable à Brautigan ? L’éditeur, Bourgois, devra-t-il rééditer son œuvre en intégrale* et faire parler d’elle au moment de la rentrée littéraire ? L’intégrale de Carver, éditée à L’Olivier, a été bien vendue, parce qu’elle avait été médiatisée, comme, aujourd’hui, au hasard, Stéphane Hessel*, Edgar Morin*, ou La Pensée Positive pour les nuls*.

Poussant le bouchon de mon analyse un peu plus profondément dans la bouteille de la culture mercantile, je réalisai que les librairies, et à plus grande ampleur, les grandes surfaces spécialisées en produits culturels, généralisaient la culture en ne mettant en avant que les 20% du stock, qui représentent 80% du chiffre d’affaires. Véridique. Et grand sujet de discorde, depuis longtemps avec mes chefs. Publiant cela, ma pensée n’est pas positive. Au contraire, comme le veut la saison, Hessel et Morin, puis la Tunisie et l’Égypte, je m’indigne et me révolte. Je n’ai plus rien à faire dans un magasin qui fonctionne au 20/80 et tend à travers cela, à uniformiser les goûts.



*1 : Richard Brautigan : retrouvez son oeuvre en poche chez 10/18 et chez Christian Bourgois et au Seuil, ses poèmes au Castor Astral

*2 : Moebius, et Jean Giraud : aux Humanos (L’Incal, l’intégrale Métal Hurlant…), chez Dargaud (Blueberry), chez Casterman et aujourd’hui chez Glénat

*3 : Raymond Carver : pour le peu qu’il en reste, tous ses textes ont été publiés à L’Olivier ; ses œuvres complètes en 6 tomes pour l’instant, ont été éditées entre août 2010 et janvier 2011

*4 : Stéphane Hessel, 93 ans d’indignation, Indignez-vous, éditions Indigène

*5 : Edgar Morin, seulement 89 ans, La Voie, éditions Fayard

*6 : La Pensée positive pour les Nuls, éditions First

Futur pour tous ?

Posted by Manu | Posted in Librairie -edition | Posted on 22-01-2011

Mots-clefs :, , ,

2

DRM AppleLa presse traditionnelle est au plus mal. Tout le monde le dit, les médias les premiers. Et qui connait mieux la presse papier qu’eux ? Elle va mal, mais elle espère que les nouvelles technologies lui permettront d’aller mieux. Pour se faire, elle investie dans les tablettes, les readers ou autres liseuses électroniques. Ainsi, pour un prix légèrement réduit par rapport à un abonnement papier, vous pouvez télécharger chaque jour sur votre iPad Le Monde, Libération ou le Figaro (et bien d’autres). C’est sûr, le papier, c’est dépassé, le numérique, c’est la mode, du coup, ça ne pourra que relancer la machine.
Peine perdue, ce n’est pour le moment pas le cas. Ne vous en faites pas, bien pire arrive. Apple, qui possède une bonne partie du marché des tablettes tactiles et des smartphones, a décidé que dorénavant, pour vendre un abonnement à un lecteur sur l’une de ses tablettes, le lecteur devra passer sur iTunes, la plate-forme de téléchargement de la marque de Cupertino. Pour le lecteur aucun changement, ou presque, il a déjà téléchargé l’application sur ce logiciel. Mais pour l’éditeur tout change : la société à la pomme prend 30% de commission lorsque l’on passe par sa plateforme. Résumons : les sociétés de presses, en plus de n’avoir pas réussi à percer autant qu’elles auraient voulu sur ces nouvelles technologies vont — si elles souhaitent continuer dans cette voie — perdre 30% de leur chiffre d’affaire des ventes par ce biais. Heureusement, les éditeurs ne vont pas se laisser faire, et ils entendent bien demander au gouvernement de saisir l’autorité de la concurrence pour abus de position dominante. Pas d’inquiétudes, il y a de fortes chances que les autres fournisseurs de services de téléchargements sur tablettes emboîtent le pas à Apple.
Pourquoi parler de la presse, me direz vous ? Toutes ces tablettes, ces eBooks, ces readers, ça ne vous rappelle rien ? Mais si, réfléchissez un peu, les DRM, l’obligation de passer par une centrale de téléchargement pour lire un article… ou un livre. Faites un effort…