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Dur métier de libraire (2) : L’inventaire.

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Le métier de libraire n’est pas toujours de tout repos, en réalité, il ne l’est pas souvent. Encore que je n’ai pas trop à me plaindre. Les cartons s’accumulent, les livres arrivent en continue, les clients sont pressants (mais tellement sympathiques) et une fois par an (deux...

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Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, de Mathias Enard

Posted by Jean-Mi | Posted in Livres | Posted on 22-08-2010

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Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants est le nouveau roman de Mathias Enard, bombe de la rentrée littéraire.

Je les entends déjà rire, et pourtant je ne parlerai que peu de Zone. Paru en août 2008, prix Décembre, prix du Livre Inter, Zone est son précédent roman qui avait été pour moi la sortie de l’année.

Je ne dirai pas que j’ai été déçu par son nouveau roman, mais il est juste de dire qu’il est très différent. Michel-Ange arrive à Constantinople en 1507 pour lancer le chantier d’un gigantesque pont qui reliera les deux rives de la Corne d’Or. Le grand Léonard vient d’y échouer et pour prendre sa place, et surtout par appât du gain, celui qui n’est pas encore le célèbre créateur du plafond de la Chapelle Sixtine, arrive dans cette ville aux portes de l’Orient. Plus qu’un architecte ou qu’un sculpteur, l’homme découvre les joies et les tourments du dilettantisme dans cette cité d’impies qui ne s’appelle plus Constantinople. De retour de longues balades avec ses accompagnateurs mandatés auprès de lui par le Grand Vizir, Michel-Ange s’enferme dans sa chambre pendant des jours et s’abandonne dans des esquisses de détails entrevus dehors. C’est une danseuse venue égayer une soirée à laquelle il participe, qui lui fait découvrir l’amour. Mais s’il n’est pas même parvenu à déceler le sexe de ce corps, Michel-Ange hésite devant la nature des désirs que cet être crée chez lui. Ce n’est pas cet amour qui éveille l’artiste, mais un autre, plus proche et pourtant plus loin de lui, et que la danseuse devenue amante (ou le danseur devenu amant) va lui permettre de découvrir. Nous savons, quand nous connaissons la biographie de cet artiste qui a marqué des générations d’artistes après lui, qu’il a été amoureux d’un homme. Nous découvrons dans ce court texte de Mathias Enard que cet homme, il l’avait connu à Istanbul.

Un roman qui commence léger et termine ténébreux, et qui en ça ressemblerait à son grand frère Zone, mais il n’en est rien. Son écriture est plus simple, moins maniérée même, diront ceux qui avaient détesté Zone, et j’en connais personnellement. On y retrouve bien sûr au moins l’un des sujets de prédilection de l’auteur. Il mentionnait déjà dans Zone cette région géographique qu’est la Méditerranée, et encore plus, les rives orientales de cette mer. Souvenons nous de cet ex-agent secret ressassant à l’occasion d’un ultime voyage en train tous les souvenirs de quinze années de renseignements autour de la Méditerranée. Pour ceux qui l’avaient lu, souvenons nous de La perfection du tir, premier excellent roman de l’auteur et qui mettait en scène un jeune sniper lors d’une guerre civile non citée à aucun moment hors le fait qu’elle se situait dans une région méditerranéenne dans laquelle nous reconnaissions le Liban. Ce garçon encore adolescent est entré dans la guerre et parce qu’il ne connait rien d’autre ne saura jamais comment vivre l’amour qu’il éprouve pour une jeune femme, autrement que dans la violence et les larmes. Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants est pour moi un roman qui aurait pu faire partie de Zone. Il le complète et y ajoute une pincée d’art et de sentiments. À ce même titre, La perfection du tir annonçait Zone en cela que ce pouvait être une histoire rencontrée par l’agent secret.

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants reste un beau roman à lire. Vous y découvrirez un court moment de la longue vie de Michel-Ange et qui pourtant la déterminera jusqu’à sa fin. L’écriture, au delà d’être différente, est très intéressante, et plus travaillée à mon goût que les ouvrages précédant Zone. L’auteur use d’un système de narration cher aux américains et à certains français auxquels Mathias Enard se plait à ressembler. Il n’entre pas dans la psychologie de son personnage ni d’aucun autre. Il décrit les faits, simplement, et au lecteur d’en tirer ses conclusions. Un petit extrait pour en illustrer le propos, tiré du début du roman :

« Michel-Ange frémit dans son manteau de laine, le printemps est timide, pluvieux. Michelangelo Buonarroti atteint les frontières de la République de Florence à la seconde heure de la nuit, nous apprend Ascanio Condivi, son biographe ; il s’arrête dans une auberge à trente lieues de la ville.

Michel-Ange peste contre Jules II le pape guerrier et autoritaire qui l’a si mal traité. Michel-Ange est orgueilleux. Michel-Ange a conscience d’être un artiste de valeur. »

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, de Mathias Enard, éd. Actes Sud, paru le 16 août 2010, 17€
autres romans de l’auteur :
Zone, éd. Actes Sud, paru en août 2008, 22,80€, et chez « Babel », août 2010, 10,50€
La perfection du tir, éd. Actes Sud, paru chez « Babel » en août 2008, 6,50€ (indisponible en broché)
Remonter l’Orénoque, éd. Actes Sud, janvier 2005, 16,80€ (histoire plus sombre encore que les précédentes, mais très belle – une femme embarque comme passagère sur un cargo pour remonter l’Orénoque. Elle va se perdre pour s’oublier et oublier sa détresse dans laquelle elle s’enfonce plus profondément encore dans sa cabine des entrailles du rafiot.)
Bréviaire des artificiers, éd. Verticales, février 2007, 15,50€ et parution en « Folio » le 26 août prochain, 4€ (les jours de l’apprentissage d’un jeune homme en formation d’artificier au sens terroriste du mot, sous l’autorité d’un vieux maître plein de sagesse et de folie qui lui enseignera son métier. Les auteurs eux-mêmes mettent en garde en quatrième de couverture : « Manuel de terrorisme à l’usage des débutants, ce livre, agrémenté d’une cinquantaine d’illustrations, renseignera utilement l’amateur de savoir-vivre, et si nécessaire, de savoir-mourir. pour éclairer sa lanterne – comme Virgilio, un apprenti artificier des îles Caraïbes -, il profitera des dix leçons de sagesse d’un maître en ces matières explosives. les auteurs tiennent à décliner toute responsabilité quant aux conséquences esthétiques, politiques ou digestives liées à la mise en pratique des conseils ici recueillis. Toute ressemblance avec des personnes présentes ou à venir serait certes surprenante, mais pas impossible. »

Dalva, de Jim Harrison

Posted by Jean-Mi | Posted in Livres | Posted on 13-08-2010

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Avant que ne sorte le prochain livre de Jim Harrison, prévu pour les prochaines semaines, il est temps pour nous de parler de son meilleur texte – j’ai nommé Dalva, un de mes livres de chevet.

De retour sur les terres de sa famille dans le Nebraska, Dalva Northridge, assistante sociale à Santa Monica, est confrontée à son passé. Pour réussir à vivre au ranch de sa mère, elle doit se souvenir, d’absolument tout, d’elle, de ses origines, de son amour pour la vie, de ses doutes et de ses douleurs. Plusieurs deuils, nous nous en doutons, sont passés par là. D’abord celui de son père lorsqu’elle avait dix ans. Il a été abattu en Corée. Celui de son grand-père ensuite, lui qui l’a élevée. Il est mort lorsqu’elle avait dix-sept ans. Et surtout, c’est le deuil de son amant, qu’elle avait rencontrée à quinze ans et avec lequel elle avait vécu une brève mais intense passion. Ils furent séparés parce que sa famille gardait des secrets, comme le lecteur s’en rend vite compte. Mais elle devait se souvenir de Duane pendant toute sa vie, d’autant plus lorsqu’elle attend un enfant de lui, qui lui est ôté à la naissance. Quinze ans plus tard lorsqu’elle retrouvera Duane à son retour de la guerre du Viet-Nam, c’est pour l’épouser. Mais il est rentré traumatisé de la guerre, et se donne la mort au terme d’un voyage de noce dans un village de pêcheurs en Floride. Il est entré dans l’eau et n’en est plus ressorti. Dalva en restera meurtrie. Le seul être qui la rattache à lui, elle l’a abandonné à sa naissance. Et alors que l’enfant aurait trente ans, Dalva sait qu’elle va devoir le retrouver pour faire fuir les démons du passé.

Mais pour retrouver son enfant, elle devra comprendre son existence à elle, et avant tout comprendre les secrets de son union interdite avec le père de l’enfant abandonné. Jeune métis indien, ouvrier agricole au ranch de son grand père, Duane Cheval-de-pierre est lié par sa mère Rachel à la famille de Dalva, et plus exactement à son grand-père, à son père, et à son oncle Paul. On peut aisément imaginer la manière dont ils sont liés. Paul, qui vit désormais dans le désert de l’Arizona avec ses propres tourments et sa meute de chiens, avait joué un rôle important dans les drames vécus par sa nièce. Lorsqu’elle avait été séparée de son amant, puis de son enfant, puis endeuillée, c’était chez lui, toujours, dans le désert, qu’elle se rendait. Confrontée aux éléments et à la philosophie de son oncle, elle survivait à ses blessures. Sa mère, Naomi, veuve depuis quarante ans, institutrice à l’école du village, va prendre sa retraite et propose à sa fille aînée de prendre sa place. Dalva, quoique vivant depuis des années en Californie, n’est plus faite pour son travail social. Elle ne supporte plus la douleur des enfants dont elle doit s’occuper. Le dernier d’entre eux a été violé par son oncle de nombreuses fois et si violemment, qu’il en est un passage insoutenable à lire. Dalva, enragée, a assené au monstre un geste qui lui fait perdre son job. Au ranch des bords de la Niobrara, Dalva retrouve Lundquist, vieux cow-boy qui s’occupe du ranch de sa famille depuis le temps de son grand-père. Elle retrouve aussi sa petite soeur Ruth, mère d’un adolescent ingrat dont le père, qui a viré de bord et est devenu gay, a failli coucher une fois avec Dalva. Ruth raconte une virée avec un prêtre catholique qu’elle a défroqué et duquel elle tombe amoureuse. Naomi leur raconte ses souvenirs de femme, mais sans radoter. Ah oui ! Et Dalva avait été suivie depuis Los Angeles par son amant, un prof d’histoire à Stanford, mou et alcoolique, à propos duquel elle racontera à sa mère et sa sœur, qu’il ne la fait pas grimper aux rideaux mais est de bonne conversation, ce qui n’est pas si négligeable.

Michael n’est pas venu enterrer ses belles godasses dans la boue et les bouses simplement pour les beaux yeux de Dalva. Spécialiste de l’histoire des amérindiens et particulièrement de la période de leur écrasement par l’armée américaine, il avait rencontré Dalva parce qu’elle avait des choses à lui raconter à propos de sa famille. Son arrière-grand-père, le vieux Northridge, était de ces pionniers qui au lendemain de la guerre de Sécession, était parti dans les grandes plaines enseigner aux indiens l’art et la manière de cultiver les céréales, dans le but de les sédentariser dans leurs réserves. Loin de réussir sa tâche, en raison de l’aridité des terres allouées, il épousa une indienne de laquelle il eut le grand père de Dalva. Et ça, c’est important pour Dalva, le fait qu’elle soit métisse. Ça implique qu’elle ne fait pas entièrement partie de ce peuple de vainqueurs. Autre chose, et non négligeable, le vieux Northridge s’était construit ce superbe ranch où tous ses descendants continuent de s’ébrouer plus d’un siècle après lui. Il avait malgré tout été intégré dans la famille de sa femme, et délaissa sa propre famille, établie en Nouvelle-Angleterre, plus proche des universités que des prairies d’herbes hautes. Délibérément, le vieux Northridge choisit le camp indien à un moment de sa vie, moment irréversible dans l’histoire, et moment clé duquel Michael aimerait retrouver une trace. Alors Dalva, parce qu’elle s’est tout de même attachée à ce type qu’elle aimerait détester, finit par lui ouvrir le coffre contenant les carnets de son arrière-grand-père. Elle se plonge dedans, à ses dépens, et découvrira au fil de ses lectures les terribles secrets de ses origines.

Une saga familiale, historique, naturaliste, policière et sociale, Dalva, c’est tout ça. Avec aux commandes, comme on la connait, la verve d’un Jim Harrison au plus fort de son style. Dalva, c’est une expérience mystique. Le lecteur refermera ce roman avec l’étourdissement qu’il avait connu la première fois qu’il avait tiré sur un joint, ou peut-être la fois où il a senti le souffle divin sur sa nuque, que les plus croyants d’entre vous, lecteurs, aurez connu et reconnaitrez. Un fleuve de plus de cinq cent pages qui entraînera son lecteur au plus profond des tourments de la vie. Il y a dedans toute la détresse de destins brisés et toute la détresse d’un peuple brimé. Il y a les sujets forts de l’œuvre de Jim Harrison. Tout l’humanisme et cependant toute la violence qu’a connu l’humanité. Il y a, omniprésente, la nature. Celle, sauvage, du Nebraska. Celle qu’a découverte l’aïeul de Dalva, et celle qu’elle retrouve à son retour de Santa Monica. Il y a les grandes plaines, il y a le désert d’Arizona, il y a le golfe de Californie, il y a l’océan Atlantique et les Keys de Floride. Ce roman, comme tous les autres romans de Jim Harrison, est un hymne à la nature. C’est le plaisir des sens, écrit par un homme qui a perdu un œil étant enfant, et qui s’émerveille de tout ce qu’il voit. Avec lui, lorsqu’il les décrit, le lecteur sent les odeurs de prairie. C’est tout l’amour d’un homme pour les chevaux, les oiseaux, les chiens, le vent, la terre, les arbres et le ciel. C’est la nature, la première, qui aide les personnages du roman à se sortir de leur mélancolie. La nature, c’est aussi l’amour que se portent les personnages entre eux. L’amour filial qui prime sur le reste. L’écrivain avait perdu sa sœur et son père dans un même accident de la route lorsqu’il était jeune. Il sait retranscrire dans son roman la douleur qui en résulte. Et qui éclate au visage du lecteur. Lorsque Dalva pense à son enfant, Jim Harrison réunit dans son écriture toute la détresse et tout l’espoir de cette femme. Elle n’a eu qu’un enfant, elle sait qu’il vit quelque part sans le connaître. À l’endroit où il se trouve, sans le savoir, il perpétue le sang de ses ancêtres. Et ça la torture. C’est aussi l’amour sensuel, le plaisir des sens que l’on a retrouvé dans toute l’œuvre de l’écrivain, de son énergique et tendre jeunesse des sixties à ses derniers textes de vieil homme du troisième millénaire toujours sensible à la beauté et la douceur des femmes. Ça aussi c’est la nature.

S’il vous venait à l’idée, après avoir lu Dalva, de lire sa suite, intitulée La route du retour, suivez mon conseil et attendez plusieurs mois. Digérez le premier roman. Lisez même, si ce n’est pas déjà fait, des textes plus légers de l’auteur. Un bon jour pour mourir, road trip d’un vétéran du Viet-Nam et d’un beatnik, dans les années soixante, depuis la Floride jusqu’à un barrage sur le Colorado qu’ils veulent détruire par passion pour la pêche. Un petit air du Gang de la clé à molette, de Ed Abbey, en moins politisé, donc plus délirant. Ou les Légendes d’Automne, recueil de trois novellas dans lesquels on retrouve les thèmes chers à l’auteur. Un gringo qui se perd au Mexique, est laissé pour mort lors d’un règlement de comptes et se relève et cherche à se venger, mais ce n’est pas si facile, la vie de tueur, quand on n’en est pas un. (Les cinéphiles reconnaitront, si ce n’est le pitch, alors l’ambiance de l’excellent film de Sam Peckinpah : Bring me the head of Alfredo Garcia) Une histoire d’amour qui commence à l’université et termine vingt ans plus tard. Devenu gestionnaire riche et puissant de bonne réputation, le mec est quitté par sa femme au terme d’un beau mariage. À quarante ans passés, il quitte sa vie confortable, devient cuisinier et reprend la danse. Enfin, une saga familiale là encore, depuis le début du vingtième siècle et jusqu’à la fin ou presque, dans un ranch de l’ouest là encore, trois fils partis à la guerre, le père ancien militaire des guerres indiennes, un fils ne revient pas, les deux autres se battent pour une femme, elle épouse celui qui entre dans les affaires politiques et l’autre fait le tour du monde, revient, se marie avec une métisse indienne dont les parents travaillent au ranch depuis toujours, fait du commerce de whisky avec le Canada, sa femme se fait tuer par des salauds de flics qui ne savent pas utiliser leurs armes, et dégoûté, il part plus au nord et finit par se faire tuer par l’ours qu’il pourchasse depuis son enfance. Ce qu’il avait toujours rêvé. Une adaptation très moyenne de cette novella avait été réalisée dans les années ‘90 avec Anthony Hopkins et Brad Pitt. Pitié, ne laissez pas vos enfants la regarder. Par sa faute, j’ai longtemps cru que Jim Harrison racontait des histoires de famille. J’ai compris bien plus tard qu’il allait plus loin.

Quant au prochain livre de Jim Harrison, c’est un recueil de novellas, qui d’après la présentation de l’éditeur, rappelleront celles des Légendes d’automne. L’une de ses nouvelles va clôturer l’histoire d’un autre personnage qui a son importance dans l’œuvre de l’écrivain, nommé Chien Brun, un métis indien, là encore. La novella qui donne son titre à l’ouvrage serait, toujours aux dires de l’éditeur, la préférée de l’auteur, prenant en compte la totalité de son œuvre. De la vengeance, encore, et un loup-garou. Surprenant.

Après avoir lu toute son œuvre, ou comme moi, si vous êtes fainéants, au moins la moitié d’entre elle, alors lisez les mémoires de Jim Harrison intitulés en français En marge (en V.O. : Off to the side : a memoir). Le lecteur y apprendra tout ce qui a construit l’œuvre de l’auteur, depuis son enfance, à son adolescence, la nature, l’écriture, les voyages, les femmes, la bouffe, la spiritualité. Un vrai régal.

Nous tenterons une prochaine fois d’analyser le rapport de Jim Harrison à la mort et au deuil, qui est, si je relis bien tous ses textes, le thème récurrent. J’en ferai quelque chose. Retenez moi si vous n’en voulez pas.

Tous les livres de Jim Harrison, romans, nouvelles, essais, poèmes et chroniques culinaires, sont disponibles en version poche chez 10/18, et la majorité d’entre eux le sont encore en broché chez Christian Bourgois (Dalva y est actuellement en rupture…)
Un recueil regroupant ses premiers textes, parmi lesquels Un bon jour pour mourir et Légendes d’automne, ainsi que Wolf -mémoires fictives, Sorcier et Nord-Michigan, est disponible chez Robert Laffont en collection « Bouquins ». Chacun de ces textes est disponible séparément chez le même éditeur en collection « Pavillons ».
Une odyssée américaine (2008) est chez Flammarion, comme son prochain livre, Les Jeux de la nuit prévu le 1er septembre. 

Interview de Jim Harrison en 1997 chez lui dans le Nord Michigan

le carton de chevet de Jean-Mi

Posted by Jean-Mi | Posted in Livres, humeur | Posted on 07-07-2010

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J’enfermerai bientôt dans ma valise les quelques livres qui ne sont pas encore enfermés dans mes cartons en attente de départ pour des terres vierges, fertiles et verdoyantes balayées par les vents. Dans cette valise se trouve tout ce dont je vais avoir besoin dans les jours précédant mon déménagement, et durant lesquels je vais croiser au nord des Alpes en fin de semaine. Tous mes autres livres sont à l’heure actuelle et comme je l’ai dit plus tôt, rangés dans une trentaine de cartons récupérés dans quelques librairies. Les Hachette Livre, solides et faciles à plier/déplier, ils sont mes favoris. Ils composent une moitié de mon armée prête à livrer un combat, transbahutée d’un appartement du deuxième étage à la voiture ou une camionnette, jusqu’à la petite maison que je viens d’acquérir. Après les cartons Hachette, se trouvent en bonnes places les cartons trouvés au hasard des angles de rues, ceux de déménagements, «  Les déménageurs méditerranéens » doivent être à ma région ce que « Les déménageurs bretons » sont à celles autour de Paris. Ils ne reflètent pas à leur apparence ce qu’ils contiennent en leur sein, aussi, de toute l’armée, ils sont sélectionnés pour leur résistance aux poids lourds tels que les livres.
J’emporterai dans mon carton, avec quelques disques, et autres choses importantes, mes livres de chevet du moment. J’appellerai ce carton mon « carton de chevet ». Une sélection pour les vacances de mes lectures. Vous n’en aurez que peu à faire, mais je le fais pour moi, comme un journal, pour me rappeler ce moment de mon déménagement.
Il y a beaucoup de livres. Je vous en livre deux pour commencer.

Le camp des morts*, de Craig Johnson, a compté dans mes lectures il y a plusieurs mois, et s’il est resté à mon chevet aussi longtemps, ce devait être pour ne pas oublier d’en parler. Le shérif Walt Longmire que l’on retrouve un mois après son aventure de fin d’automne dans Little Bird, est cette fois pris au piège de l’hiver, plus d’une fois au fil du roman. Il soupçonne son prédécesseur l’ex-shérif du comté d’Absaroka et vieil acolyte, d’un meurtre des dizaines d’années avant que l’ex-shérif ne devienne shérif. Il défendait la femme qu’il aimait, malheureusement épouse du disparu. Regretté disparu ? Pas tant que ça. On apprend bien vite que c’était une ordure. Et le shérif, ce bon vieux Walt, se laisse aller à se dire que c’est pas plus mal comme ça, qu’il ait disparu, tué ou pas. Le lecteur y pense aussi.
Pour rester dans le polar, car il faut toujours au moins deux romans policiers pour passer l’été, j’ai au-dessus des autres livres, une édition cadeau chez Folio de trois aventures de Sherlock Holmes, offerte avec le DVD de Guy Ritchie (Snatch, etc), dans lequel film on réapprend que le célèbre détective so british aimait la bagarre et était un peu tortillé du cerveau. On le voit en spécialiste d’un genre prédécesseur de l’ultimate fight, boxe de l’époque, on le voit graver aux balles de revolver les initiales VG dans son plafond. VR qui, nous apprend le cher docteur Watson dans les aventures romancées, signifient Victoria Regina. Si je n’avais pas peur de me ridiculiser face à mon manque de culture, je traduirais ces mots latins par un Longue vie à la reine Victoria, dont nous savons tous l’amour que lui vouaient les anglais. Les aventures de Sherlock Holmes, ce sont des perles de classicisme et d’esprit de déduction. À se tordre. Après avoir (re)lu Manchette ou Hammett, replongez vous dans les textes fondateurs du genre. Disponible chez « Bouquins » Robert Laffont en deux volumes ou en Folio, en Bilingue pour être un tantinet sérieux. 

C’est tout pour aujourd’hui, et si vous êtes sages, je reviendrai la semaine prochaine vous conter ma sélection de chevet de la rentrée littéraire…

*Le camp des morts, de Craig Johnson, éd. Gallmeister « Noire », trad. Sophie Aslanides, 23,50€, Paris, avril 2010.

les BD du Moi

Posted by Jean-Mi | Posted in Livres | Posted on 01-06-2010

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Cette casquette, c’est tout simplement ma casquette. Le dessin dessus est de Max de Radigues.

Max de Radigues, c’est un dessinateur de bande dessinée. Ses bandes dessinées sont publiées chez un petit éditeur de bandes dessinées basé à Bruxelles, et nommé L’Employé du Moi. Comme c’est une petite maison d’édition, alors Max y est aussi un peu éditeur. Tous les auteurs de L’Employé du Moi sont aussi un peu éditeurs. Quand il ne travaille plus chez son éditeur, il était aussi un peu libraire de bandes dessinées, et aujourd’hui il est en train d’achever une année de résidence au Center for Cartoon Studies à White River Junction, dans le Vermont. Sur son site, on peut voir qu’il s’y est bien amusé. Il y a posté chaque semaine un instantané de sa vie aux États-Unis en quelques cases.

Comme je trouve très bon ce que fait Max, il m’a envoyé son dessin pour m’en faire une belle casquette, alors j’ai décidé de parler de lui rapidement, et pourquoi pas aussi de quelques autres auteurs de L’Employé du Moi.

Max de Radigues a publié Jacques Delwitte, Little White Jack, l’histoire d’une rencontre avec une ex star du rock déchue dans les rues de Bruxelles, et Antti, l’histoire d’un finlandais nommé Antti, qui arrive à Bruxelles pour ses études. Ce sont des chroniques de vie, qui ne laissent pas indifférent.

Sacha Goerg a publié deux courtes histoires dans un bouquin, Rubiah, tirées d’un voyage qu’il a fait dans des îles. Là encore, des petites chroniques, sur la vie d’un mec qui cherche sa route. Comme Sacha est l’éditeur, il publie plutôt les trucs des autres. C’est assez de travail.

Pierre Maurel, c’est un copain. C’est comme ça que j’ai connu les autres. Lui, il dit qu’il dessine pas bien, mais je trouve que oui, et puis sinon il ne serait pas publié. Du coup, il n’a pas été publié depuis un peu de temps parce qu’il n’a plus le temps, justement, parce qu’il a un autre travail, et surtout, parce qu’il dessine des fanzines, que vous ne trouverez qu’à Carcassonne, dans les mains de Pierre. Les fanzines s’appellent Blackbird et parle d’un mec qui dessine des fanzines nommés Blackbird, de politique du livre et d’édition indépendante ; un truc un peu révolutionnaire. Avant L’Employé du Moi, Pierre Maurel était publié par 6 pieds sous terre, un éditeur de Frontignan (Hérault) qui n’a rien à voir avec la série télé du même nom, mais plutôt avec le muscat. Il a publié Michel, où un type galère, Trois déclinaisons, où plusieurs personnes cherchent à fuir, Buck, l’histoire d’une cannette de bière vue par trois personnes. Tout est vraiment bien.

On trouve un autre travail sympa sur le site Grandpapier.org, un genre d’immense fanzine sur internet, sans contrainte de papier et d’argent. On y retrouve des bandes dessinées éditées par L’Employé du Moi en libre accès et des trucs originaux, comme un travail de Pierre Maurel sur des stations service ou le début d’une bande dessinée.

Et tous les auteurs de L’Employé du Moi ne sont pas tous francophones, loin de là. Max s’est aussi essayé à la traduction, avec Phase 7, un bouquin regroupant plusieurs années d’auto-édition d’un américain nommé Alec Longstreth, prof de bande dessinée, barbu et fan de Starwars. Le site d’Alec Longstreth.

La nouveauté du moment, c’est une adaptation de Robin des Bois en bande dessinée. Robin Hood de Simon Roussin est dans les bacs des bonnes librairies depuis mars. Elle est entièrement dessinée au feutre. Surprenant ? Sans doute.  Les auteurs de L’Employé du Moi portent un regard neuf sur la BD. Jetez y un œil ici.

Si d’aventure vous étiez intéressés par la bande dessinée, foncez chez votre libraire et commandez lui les ouvrages de L’Employé du Moi, dites lui qu’ils sont distribués (terme technique) par Le Comptoir des Indépendants et les Belles Lettres. Il comprendra de quoi vous parlez. Sinon, conseillez lui de tout avoir de cet éditeur, votre libraire en sera content.

Le nazi et le barbier d’Edgar Hilsenrath

Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 20-05-2010

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Le Nazi et le BarbierAttila nous habitue depuis 2006 à une production de qualité, autant sur le fond — l’écriture — que sur la forme. La plupart du temps rééditions d’auteurs oubliés, parfois nouveautés, la production de cette maison d’édition privilégie la qualité à la quantité. Et ce n’est pas pour nous déplaire. Fuck America, premier livre réédité d’Edgar Hilsenrath par Attila, avait conquis les libraires et un public pourtant difficile à faire migré des habituels prix Goncourt par une couverture d’une originalité et d’une habilitée rare. Un an après, la nouvelle édition du second livre d’Edgar Hilsenrath, Le nazi et le barbier apparait sur les tables des meilleurs libraires, toujours supportée par une couverture soignée de Henning Wagenbreth.

Edgar Hilsenrath n’a pas l’habitude de passer par les chemins habituels de la création littéraire, quand il raconte l’exode juif du XXe siècle, de la persécution nazie à la création de l’État d’Israël, il ne le fait pas du point de vue du prisonnier d’un ghetto qu’il a pu être, mais de celui d’un génocidaire, d’un SS au faciès ingrat, Max Schulz.

L’oeuvre est découpée en six livres, chacun retraçant une période marquante de la vie de Max et du peuple juif. Écrit à la première personne, chaque livre à son style à lui, journal, histoire orale ou lettre à son ex-ami juif, Max nous surprend en nous racontant comment d’un fils illégitime il devient meurtrier de masse puis chantre du sionisme. Je ne vous cache pas que cela n’a pas plu à tout le monde, à une époque où la France ne reconnaissait pas Vichy, où les Allemands faisaient tout pour se faire pardonner et où l’État d’Israël venait de prendre son indépendance, Le nazi et le barbier n’a pas eu une vie facile.

Le sujet, bien avant les bienveillantes n’a pas vraiment convaincu les éditeurs allemands de sortir ce livre pourtant écrit par un de leur compatriote., bien qu’il fut reçu en grande pompe aux États-Unis. Mais ce qui à surtout choqué et qui fait la véritable force de ce livre est son humour noir, son cynisme. Blaguer avec le nazisme ? Blaguer avec la création d’Israël ? S’en était trop ! Et pourtant, ce livre est un grand livre.

Il n’est pas facile de faire une oeuvre cynique sans tomber dans les travers du genre : en faire trop, ou pas assez. S’autocensurer ou violenter le lecteur sans raison apparente. Edgar Hilsenrath réussit ce tour de force sur près de 500 pages. Personne n’avait encore osé railler avec autant de méchanceté et de cynisme à propos de la Seconde Guerre mondiale. C’est pourtant une œuvre libératrice que nous avons devant nous, nous permettant enfin de rire de tout et surtout du pire.

Le nazi et le barbier, d’Edgar Hilsenrath, Attila, 23€

Trop de sexe dans les mille et une nuits.

Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 08-05-2010

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Il s’en passe de belles dans le monde. Alors que la crise économique va tous nous pousser à tuer et manger nos voisins, que les chinois vont finir par nous envahir et que le monde va s’écrouler d’ici deux ans et demi, il y a quand même des choses graves qui s’y passent.

Des islamistes égyptiens ont porté plainte contre… les mille et une nuits. Le chef-d’oeuvre de la littérature arabe va devoir se défendre d’ « encourager au vice et au péché ». D’un autre côté, ils ont pas tout à fait tord, du cul, y’en a dans les milles et une nuits, et des esclaves aussi. Un vrai trip sadomasochiste.

Selon Le Monde, les attaques contre la littérature seraient de plus en plus fréquentes en Égypte, chaque citoyen pouvant porter plainte contre ce qu’il considère comme portant atteinte à la morale.

Soyons tout de même rassurés, les écrivains égyptiens tiennent à défendre l’oeuvre en portant plainte pour position contre le patrimoine. Une bataille juridique de haut vol pour savoir si le patrimoine arabe a ou non le droit d’être sexuellement explicite.

Punk by the book.

Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 04-05-2010

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Le Punk Rock, musique simplifiée à outrance dont on peut dater les prémices à la fin des années 60 par les rythmes beatlesques, mais énervés des Kinks ou des Troggs, est une source inestimable de récupération littéraire.

Les premiers « protopunks » drogués, pédés et géniaux, que sont les Velvet Underground ou Iggy Pop et ses Stooges ne jurent que par Burroughs. Un type qui raconte si bien la jeunesse, la drogue et l’homosexualité ne pouvait que correspondre à cette bande de vauriens. Pendant ce temps, les MC5 et les New York Dolls prenaient un malin plaisir à définir les bases du Punk. Alors que cette nouvelle musique hallucinée, provocante et exigeante continuait son expansion, en 1976 le punk rock apparut. Pas moins drogués, reprenant la violence qu’ils subissent depuis trop longtemps à leur compte, ils représentent la haine de la jeunesse engendrée par les crises économiques. Et ils aiment ça. Un seul mot d’ordre : choquer. C’est terriblement efficace. Pas besoin de savoir jouer d’un instrument, les aigus et les rythmes binaires suffit à leurs besoins. Véritables hérauts du punk rock, les Sex Pistols s’amusent à détruire, cracher, taper, violenter. D’autres groupes restés cultes s’engouffreront dans la brèche : les Clash, Hot Rods, Stiff Lipper Fingers ou encore les Ramons. Pas besoin de style défini, quelques fringues déchirées, des épingles à nourrice et une bonne dose de provocation à base de svastika suffit pour devenir punk. La jeunesse blanche apprécie et s’engouffre dans la brèche. Bien vite, l’affaire est portée en France, Alain Pacadis dans Un jeune homme chic nous raconte l’année 77 de l’intérieur sous la forme d’un journal. Entre concerts des Stinky Toys, défilés de mode, fêtes sauvages et révolutions des appartements bourgeois parisiens, la vie n’est pas de tout repos pour les punkrockers. Bientôt les années 80 arrivent avec leurs lots de nouveautés : un punk rock aseptisé, moins provocant, parfois politisé ; un punk rock français, pas dénué de qualités, mais loin de l’affolante nouveauté des Velvet ou des Stooges. La période Bérurier Noir, Souris déglinguée ou Garçon bouché bat son plein, avec ses bonnes et mauvaises choses. En Angleterre, on vit sur les reliques du passé.

Please Kill Me de Legs McNeil chez Allia raconte sous forme d’interview l’histoire du Punk prend une saveur toute particulière, les acteurs de l’époque racontent comment on en est arrivé là. Toujours chez Allia, England’s Dreaming de Jon Savage, journaliste rock n’roll bien connu revient sur les années Sex Pistols et la violence de son époque.

D’un point de vue plus sociologique, certaines personnes se sont intéresser de près aux mouvements issus de la classe prolétaire blanche des années 60 et 70, faisant la part belle à tous ces Mods, Teddy, Skins et Punks ; Dick Hebdige avec Sous-Culture (chez Zone) étudie avec minutie comment sont apparus toutes les sous cultures liées au rock n’roll, ce qu’elles incarnent et la façon dont elles évoluent.

On peu noter, parce que ça existe, que de nombreuses biographies des acteurs du mouvement sont éditées par Camion Blanc, ça à les défauts des biographies, c’est chiant à lire, très inégales et peu de choses vous seront nouvelles, mais ça permet de se faire une idée rapide et complète d’un protagoniste.

La littérature, c’est toujours pareil, y’a pleins de livres pour gamins qui présentent des punks méchants et chiants, mais d’un point de vu plus adulte, y’a pas grand-chose. On pourra toujours noter Human Punk de John King, le bonhomme qui a écrit Football Factory ou Aux couleurs de l’Angleterre.

Ouai, je sais, j’ai oublié plein de groupes « trop importants », le punk existe encore aujourd’hui, les groupes francophones peuvent être géniaux. Mais franchement, je m’en tape.

Repose In Peace, Mclaren.

entre polar et bande-dessinée

Posted by Jean-Mi | Posted in Livres | Posted on 17-04-2010

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Deux nouveautés paraissent aujourd’hui dans le catalogue de la collection « Rivages/Casterman/Noir ». Elle montre après deux années d’existence, qu’elle sait fabriquer de bonnes bandes-dessinées.

Créée en 2008 et dirigée par le dessinateur Matz et le spécialiste du polar François Guérif, la collection démarrait avec l’adaptation de quatre romans dont Nuit de fureur, de Jim Thompson, desservi au scénario par Matz lui-même, créateur de la série le Tueur, bien connue des fans de BD polar, et au dessin par Miles Hyman, illustrateur entre autre des couvertures aux éditions Baleine de la série du Poulpe. Donald Westlake était également présent dans la première fournée de la collection, avec Pierre qui roule, l’une des nombreuses aventures de son braqueur aux bras cassés Dortmunder, et Baru, récemment lauréat du Grand Prix de la Ville d’Angoulême et auteur du fabuleux L’autoroute du soleil, signait l’adaptation d’un roman de Pierre Pelot, dans Pauvres zhéros.

Quelques mois après s’être remis de ce premier choc arrivait la deuxième fournée Rivages/Casterman/Noir avec Shutter Island de Dennis Lehane dont on ne parle plus sous peine de passer pour un fan du film de Scorsese. Je dirai simplement que la BD est meilleure que le film. Et le roman plus encore.

La troisième fournée voyait la parution de l’adaptation d’un roman de Jean-Hugues Oppel, Trouille, et la quatrième fournée, d’un autre roman de Lehane, Coronado, une enquête à Boston, ville mythique, des détectives Kenzie et Gennaro.

L’automne 2009 était marqué par deux adaptations de polareux français, Marc Villard d’un côté, avec La guitare de Bo Diddley adapté par Jean-Christophe Chauzy, et Jean-Hugues Oppel une nouvelle fois, pour Brouillard au pont de Bihac.

Enfin, jeudi 14 avril arrivait en librairies les deux derniers nés. L’ultime défi de Sherlock Holmes, et Prisonniers du ciel. Le premier voit s’entrecroiser les routes de deux des plus célèbres londoniens de l’époque victorienne, Sherlock Holmes et Jack L’Eventreur. Un graphisme et un encrage sépia donnent une ambiance digne des dessins de presse fin XIXème, et l’enquête est menée avec un dédain tout britannique par un détective dépassé par la célébrité offert par le populariste Conan Doyle et un Dr Watson lassé des facéties de son partenaire. On en apprend de bien bonnes sur ces personnages.

La deuxième de ces BD révèle un charme incisif à son lecteur. Avec un dessin taillé au couteau (tenu par un truand de La Nouvelle-Orléans), l’histoire de Prisonniers du ciel est menée par Dave Robicheaux, ex flic de la Crim’ de cette ville du vice. Il a raccroché l’alcool, épousé une femme qu’il aime, et ouvert une boutique d’appâts sur le bayou. Quand le passé revient à lui à cause d’un avion de trafiquants de drogue crashé dans son marais, il sauve une petite clandestine qui deviendra sa fille adoptive et se met les services de l’Immigration à dos. Ce n’est rien tant que les malfrats à qui était destinée la marchandise n’ont pas assassiné sa femme à sa place, et qu’il se replonge tête en avant dans les vapeurs éthyliques. Il reprendra sa plaque de justicier et surtout son .44 dans le but tout avoué de se venger en toute impunité. Une histoire harcelante, dont le lecteur, comme son héros le narrateur Dave Robicheaux, ne sortira pas indemne.

Je crois qu’il est temps, si ce n’est pas déjà fait, de lire de la BD.

le site Rivages/Casterman/Noir

Vica héros collabo

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 31-03-2010

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Tintin chez les soviets il peut aller se ranger devant autant de connerie et de racisme. Clair : Vica, diminutif de Vincent Krassousky et nom prêté au héros, c’est le top de la bande dessinée collabo antismémite et antisoviétique. En trois volumes, Vica, marin de profession, qui paraissait dans le journal Le Téméraire avait réglé son compte au américains, aux services secrets anglais et à la propagande soviétique. Il y a du niveau dans la construction, des prises à parti de lecteur par Vica, des mises en abîmes exceptionnelles… Dans le monde merveilleux de Vica, les juifs jurent « Par l’étoile de Sion !», les américains engagent dans leurs rangs les plus dangereux taulards de Sing Sing et Trotsky s’en prend à l’ours impérial russe avec une sorte de poil à gratter super nocif offert par la Reine d’Angleterre… Je crois que les historiens appellent ça un document source. Et puis Vica c’est aussi un des dessinateurs de « Yabon Banania !». Un grand quoi.

Lien Vica au paradis de l’URSS : http://library.duke.edu/digitalcollections/vica.viccb01002/pg.3/

C’est plus la Renaissance c’est sûr…

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 24-03-2010

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« L’amore vince sempre sull’invidia e sull’odio » c’est le titre d’un livre édité par Mondadori qui appartient en grosse partie à Silvio Berlusconi. Ca tombe bien, parce que le livre en question à tout l’air d’êrte une compilation de messages de soutien reçus par Silvio sur son site Forza Silvio ( https://www.forzasilvio.it/) après son agression par un type assez chaud en décembre dernier. D’après le site, on trouve le bouquin « in tutte le librerie », d’après un autre site de vente par correspondance rital, ça coûte 15 euros. Bref c’est pas cher c’est sympa, ça vaut le coup surtout que sur le site de correspondance (cherchez on ne fait pas de publicité sauf pour Silvio), il y une réduction de 15%.