Julius Winsome
Posted by Jean-Mi | Posted in Livres | Posted on 18-02-2010
Mots-clefs :froid, julius winsome, richard donovan
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Touché par une balle, le chien de Julius Winsome agonise longtemps avant de mourir.
L’homme le trouve au bout d’une journée de recherche au fond d’un bois. Julius Winsome ne se faisait plus d’illusion sur l’humanité depuis longtemps, et les conséquences de l’accident sont terribles. Après avoir fait sans succès un appel à témoins dans la ville voisine (à plusieurs dizaines de kilomètres de là), il prend les armes.
Julius Winsome ressort le fusil de son père, que celui-ci avait reçu de son propre père qui l’avait ramené de la Première Guerre en Europe.
Chaque génération avait eu son lot de désabusement, et Julius Winsome en renouvelle l’expérience. En cinquante années de vie, il n’avait jamais oublié l’arme de son grand-père.
Quand tout le monde lui rit au nez, il ressort son fusil, le nettoie, et abat le premier chasseur qu’il voit sur son chemin. Non seulement il déteste les chasseurs dans le fondement, mais ceux qu’il trouve autour de son chalet sont susceptibles d’avoir tué son chien. Si ce n’est pas celui-là, ça peut être un autre.
Et il abat autant de chasseurs que lui reste innocent aux yeux de la population locale.
Ce livre délivre la pensée et les terribles actes de cet homme dans son quotidien. Sans liens autres qu’avec la nature et son chien. Il avait eu une liaison avec une femme, Claire. Elle ne supportait pas sa vie retirée de tout, et elle était partie comme elle était venue.
Elle lui a laissé un chien, Hobbes, devenu la seule compagnie de Julius Winsome. Avec celle des livres. Ces livres qui l’entourent, qu’il tient de son père, qui lui même, probablement, les tenait de son père. On connait la musique.
Au milieu de ses livres dans son chalet quand la présence de son chien lui est enlevée, Julius Winsome éprouve probablement le besoin de se défouler. Il tue parce que l’homme est un loup pour l’homme, comme l’a dit le philosophe Thomas Hobbes, et que son chien aussi s’appelle Hobbes. Ce n’est qu’un juste retour des choses.
Le récit est intense. La solitude piquante et le désespoir de cet homme aride émeuvent.
La magnificence du texte fait oublier la psychopathologie meurtrière de Julius Winsome.
La neige et le froid environnants glacent son cœur et celui de son lecteur. Celui-ci est entraîné sans en avoir conscience, dans la folle beauté des corps qui tombent.
À lire lors d’une météo adéquate, ces jours-ci, après Little Bird et Winter.
Julius Winsome, de Richard Donovan, trad. anglais Georges-Michel Sarotte, éditions du Seuil, Paris, février 2009, 19,50€ (le 18 mars en Points, à 6,50€)



Paris n’est pas exclusivement un musée géant, ni un bar à pute. Non, pas seulement, ce fut aussi le théâtre de la communauté gay dans les années 80-90, pour s’effacer lentement mais sûrement les années suivantes. Le quartier mythique du marais n’est aujourd’hui plus qu’un ensemble de bistrots et restaurants pour bobos où se retrouvent les hommes amoureux d’autres hommes. Tristan Garcia veut nous raconter par le biais de quatre personnages d’un milieu révolu l’histoire du véritable Paris gay, celui d’il y a quinze ou vingt ans. Non, le jeune auteur ne l’a pas vécu, mais il est suffisamment renseigné et n’hésite pas, avant même que le livre ne commence à nous avertir : « Les personnages de ce roman n’ont jamais existé ailleurs que dans les pages de ce livre. » mais que s’ils nous semblent pourtant si proche de personnes réelles c’est que « plongés dans des situations parfois comparables, personnes et personnages n’agissent pas autrement. ».

Les pieds dans la boue est un recueil de plusieurs nouvelles. Toutes ont pour cadre les plaines du Wyoming et pour protagonistes des familles d’agriculteurs. N’oublions pas que ces agriculteurs, ranchers et garçons de ferme, ont été la fierté des États-Unis d’Amérique. Qu’ils ont nourri en bœuf tout un continent pendant des décennies, et sont aujourd’hui relégués au placard de la mémoire collective.


La nouvelle année est commencée, c’est le moment de reprendre les vieux classiques que vous n’avez jamais eu le courage d’ouvrir, ce qui est bien dommage, si vous voulez mon avis. Vous ne le voulez certainement pas, de toute façon. Commençons par celui qui fut l’un des auteurs fétiches de Breton dont il affirma que l’oeuvre « est le plus rigoureux assaut que je sache contre l’hypocrisie, l’imposture, la sottise la lâcheté » : Georges Darien.
Corto Maltese, en plus d’être une des plus belles bandes dessinées est une mine bien connue d’informations historiques. Mais aussi littéraire. Petit tour des artistes croisés dans une des plus belles oeuvres couchées sur papier.





