SALINGER : la possibilité d’un film
écrit par Jean-Mi dans humeur le 23-02-2010
Mots-clefs :a catcher in the rye, beigbeder, dressez haut la poutre maitresse charpentiers, l'attrape-coeurs, Salinger
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Mort, comme tout le monde sait, depuis peu, J.D. Salinger reste célèbre pour avoir donné le goût de la lecture à nombre d’adolescents en colère. À noter qu’après la-dite lecture de L’attrape-coeurs (A Catcher in the Rye en V.O.), tous ces adolescents ont su mettre des mots à cette colère. Holden Caulfield, le jeune héros du roman, rompt avec l’enfance lors d’une fugue de son pensionnat et une errance de plusieurs jours dans un New York féérique d’après-guerre, à la rencontre de l’adulte tapi en lui. C’est à ce héros que plusieurs générations de jeunes hommes se sont identifiés.
Jerome David Salinger avait vécu des atrocités pendant la guerre, dont il parla longtemps après dans plusieurs de ses nouvelles. Aurait-il, dans L’attrape-coeurs, écrit son propre désarroi face à la perte de l’innocence sur les champs de bataille ? Holden Caulfield est-il son alter-ego littéraire, comme Bandini pour John Fante ou Chinaski pour Bukowski ? Ou nous a t-il tous floués, nous ex adolescents, pendant quarante années, en inventant cette histoire de toutes pièces ?
Jerome David Salinger s’est éteint. Le mystère de son œuvre est révélé intact.
L’attrape-coeurs publié au début des années cinquante, Salinger ne publiera rien d’autre à l’exception de nouvelles précédemment parues dans les pages du New Yorker. Et plus rien. En 1965 seulement, une nouvelle est publiée dans le même magazine, qui devrait être réédité depuis 1997, la date ayant toujours été repoussée. Et toujours rien. Nul ne sait quand elle sera publiée.
Jerome David Salinger meurt en janvier dernier. Aucune nouveauté depuis 1965, des promesses, et aucune apparition publique.
Même Beigbeder n’a pas réussi, dans son documentaire L’attrape-Salinger, à attraper Salinger. C’est dire.
Paru en 2007 pour la télévision, le film montrait notre cher écrivain conversant avec de grands noms de la littérature américaine à propos de Salinger. Approchant de très près son but, la maison de l’auteur culte, il ne l’attrapera pourtant pas. Si le film avait déçu la critique au moment de sa sortie, cela ne l’empêche pas de sortir en DVD le 20 mars prochain.
Aucune réponse donc, sur la part d’autobiographie dans L’attrape-coeurs.
Il y a quelques temps pourtant, je lis quelque part * que Salinger lui-même allait être l’objet d’un film, dans un documentaire sur sa vie. Incroyable. Quelqu’un a réussi le défi là où tout le monde avait échoué.
Le film sortira peut-être pour le festival de Cannes. Où l’on apprendra ce que personne n’a su déterminer de la vie et des pensées du mystérieux écrivain.
L’accent est parait-il mis sur sa vie d’avant L’attrape-coeurs. Son enfance, le New Yorker, la guerre. Évidemment, Salinger avait une vie médiatique avant son roman. Sur sa vie recluse à Cornish, New Hampshire, il ne reste que peu de choses ; des refus catégoriques d’interventions, une photo volée peut-être, et un français à l’allure paumée sur le chemin de sa maison.
Shane Salerno est connu pour être le scénariste du prochain film de James Cameron. Un doute assaille mon esprit.
Le film sur Salinger traîne depuis cinq ans. L’écrivain avait probablement refusé, comme il le fit toujours depuis tant d’années, ce projet de film sur sa vie. Il y a alors fort à parier, que de son vivant, il ait mis des bâtons dans les roues de Salerno et ses producteurs. Cela expliquerait le retard pris par le tournage et la sortie du film. Ayant cassé sa pipe, le vieux bougre laisse enfin travailler ces gens. En paix.
Il aurait obtenu la censure de certaines séquences.
Salinger n’a de sa vie rien lâché sur son vécu ni ses écrits, postérieurs à la parution du Catcher in the Rye. Il emporte avec lui ses secrets dans sa tombe. Il maintient le mystère autour de sa personne et de son œuvre. Le fan continue inlassablement de se poser les questions, comme Shane Salerno dans son documentaire sobrement intitulé Salinger. La possiblité d’un film.


L’Attrape-coeur et Nouvelles, disponibles chez Pocket, Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers, chez Robert Laffont « Pavillons Poche ».




















le bon goût aurait pour moi en ne rien faire du tout à l’occasion de la mort de JDS, rien autour de la personne de l’auteur en tout cas, soyons honnêtes, tout le monde s’en branle, il a fait l’actualité trois jours ( ah si quand même Bret Easton Ellis a posté sur tweeter un commentaire très drôle « # Yeah!! Thank God he’s finally dead. I’ve been waiting for this day for-fucking-ever. Party tonight!!! 11:56 AM Jan 28th via web « )
à la limite il serait plus intelligent de se demander à partir de quand on peut considérer qu’un auteur est « mort ». Pour Salinger, je serais tenté qu’il est mort après avoir publié son recueil de nouvelles. Il n’y aura sans doute rien d’autre, personne n’a plus besoin de lui. A contrario, on peut dire d’auteurs morts qu’ils sont définitivement vivants ( ou alors que leur lectorat s’évertue toujours à secouer un cadavre en espérant le voir revenir à la vie, selon comment l’on se place ), ai-je besoin de citer Céline, Beckett, Benjamin, Frédéric Beigbeder ? ( ah non pardon )
enfin je dis ça, mais j’ai peut être juste bu trop de thé.
Enfin toujours est il que je déconseille fortement aux gens qui auraient la fantaisie de vouloir lire « l’attrape coeur » de prendre la version chez pocket, la traduction est abominablement nulle, faites un effort et lisez le en anglais. Ou en allemand, la traduction est très bonne, en allemand.
cela va de soi, bien sûr. que n’ai je pas pensé à en parler.
en même temps, je n’étais pas là pour parler de oui ou non et ci et ça à propos de la mort de Salinger. juste de dire qu’il y a un film sur lui qui va nous mentir, ou plutôt chercher à établir une vérité impossible à atteindre. on peut tout à fait s’en branler.
cela dit, j’ai beaucoup apprécié la lecture de l’Attrape-coeurs à l’époque et c’était probablement avec un pocket.
Moi aussi et j’avoue que de langue maternelle française je dois passer par l’allemand pour lire un livre américain, ça me laisse pantoise. Le problème de la traduction est une autre histoire. Le fait que 50 ans après sa publication l’attrape cœurs continue d’être lu et relu prouve à l’évidence que Salinger n’était pas un auteur mort.
[...] est triste : l’éditeur de Salinger est mort hier à la suite de sa longue [...]
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