Alors que vous venez de faire vos nombreux cadeaux pour noël, dont - j’espère - quelques livres d’arts, vous n’êtes peut-être pas au courant d’une des plus grandes difficultés pour une maison d’édition… l’art !

Il est facile de créer un livre, pour quelques milliers d’euros vous voilà avec un distributeur, un diffuseur et deux ou trois milles livres à écoulés au plus vite. L’auteur vous remerciera de le publié même si vous ne lui donné que quelques misères, les imprimeurs se livrent une bataille sans merci et les prix sont donc supportable malgré la hausse du prix du papier, reste les diffuseurs et les libraires qui vous ponctionneront de 50% du prix de votre livre contre une diffusion internationale, au final ce n’est pas si chère payer que ça. Vous pourrez alors vendre vos livres à 20 euros sans trop d’encombres et peut-être même gagner une petite marge (après environ 40% de votre stock écoulé).

Passons maintenant au livre d’art.  Après avoir dégotter un sujet qui n’est pas traité deux cent fois, vous devrez appeler un spécialiste ou tout du moins un auteur pour être un minimum intéressant et ne pas se suffire à mettre des photos de statues n’aillant aucun rapport les unes avec les autres. Ensuite viens le maquettiste, qui se chargera de faire d’une simple liste un livre harmonieux pour quelques milliers d’euros. Cette étape est indispensable bien qu’extrêmement coûteuse, un livre d’art n’est pas une simple liste mais un véritable travail sur les couleurs, les dépendances et la mise en forme et en page. Vient ensuite la partie la plus difficile : les oeuvres d’arts. Sachez que sortir un livre d’art demande des efforts incroyable, ainsi, sauf si vous êtes le fils d’un conservateur, vous devrez payer à moult reprises pour faire le cliché que vous désirez.

Dans un premier temps, disons que l’ekta que vous désirez est déjà présent dans la base du musée. Vous devrez alors recourir à quelques autorisations : dans un premier temps, et moyennant finance, le musée, pour qu’il veuille bien vous prêter l’ekta et l’autorisation qui vas avec. Dans un second temps l’auteur de l’oeuvre ou les ayants droits, et c’est là que tout se complique. Certains de ces ayants droits n’ont qu’une idée en tête : money ! Il est alors difficile de reproduire une oeuvre avant les 70 ans de la mort de l’artiste sans débourser des sommes folles.

Dans un second temps, admettons que l’ekta que vous désirez n’existe pas. N’hésitez alors pas à abandonner. Il vous faudra une autorisation (avec l’argent qui va avec) du musée, de l’artiste (ou de l’aillant droit), de l’architecte des locaux dans certains cas (pyramide du Louvre pour exemple), un photographe de génie (payer à prix d’or) en plus du maquettiste, de l’auteur, de l’imprimeur, etc. Cela peut, comme vous l’imaginez certainement, très vite devenir risible tellement les prix sont démesurés.

Reste le problème de l’imprimeur, comme je l’ai écrit plus haut, la concurrence pousse les prix vers le bas, même si le papier devient aussi problématique que le pétrole. Mais cela n’est plus vrai pour un livre d’art. La qualité du papier demandé (épais ne buvant pas l’ancre) et la qualité de la couleur devant être grande, le prix l’est par la même occasion. Là encore, alors qu’un livre traditionnel de 200 pages peut revenir à moins d’un euro selon les quantités, un livre d’art se négocie à un prix bien plus élever.

Compte tenu de toutes ces difficultés, vous décider de vendre votre livre entre 150 € et 300 € et de râler sur les personnes critiquant le prix exorbitant.

Pour nous, pauvres lecteur, il ne nous reste plus qu’une solution : TASCHEN. Tant pis pour les livres parfois exceptionnelles des petits et moyens éditeurs, nous nous contenterons du grand publique, et de la qualité moyenne… 

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