Gallimard : On veut savoir
écrit par Jules dans Librairie -edition le 22-10-2009
Mots-clefs :archives, edition, gallimard
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L’ouverture d’archives, c’est pas une requete originale. Normalement c’est une spécialité de rouges, Stasi, PCF, les leurs furent particulièrement attendues. Il en va des archives comme du reste, il y en a certaines plus médiatiques que d’autres. Pourtant, binoclards, littéreux et autres rats de bibliothèques pas universitaires pourraient d’ors et deja se constituer en lobby pour l’ouverture des archives Gallimard. Pendant des années, le comité de lecture notait, de 1 à 4 tous les manuscrits. Un 1 signifiait un soutien sans faille à l’oeuvre, un 4 la vouait à la corbeille. 2 ou 3 attendaient des modifications, suscitaient d’ardents débats. Eh bien, on aimerait bien savoir quelle note tel grand ponte a accordé à tel manuscrit. Cette vielle raclure de Gide, que disait-il quand un Vitrac ou un Jouhandeau échouait sur sa table? Beaucoup de manuscrits, de fiches et comptes rendus étaient anonymes, histoire de pas voir ressurgir le 4 posé dans la marge par un des parrains de la NRF sur une oeuvre depuis consacrée. En plus de ces fameuses fiches, on peut imaginer des contrats par centaine, une abondante correspondance, des annotations et des petits bouts de papiers par milliers, signés Gallimard, Schlumberger, Groethuysen, Paulhan, Arland… Bien sûr au fil du temps de petits incidents ont fait oeuvre de censure, en plus d’évenements plus tragiques, comme lors de la signature de l’armistice où chez Gallimard comme partout, on brûla activement. C’est à ce moment par exemple, selon Assouline que furent carbonisés les plans de l’expédition imaginée par le jeune Malraux pour faire évader Trotsky.*Toute cette paperasse, ces comptes et tout le bazar mis à disposition du public serait un souci de transparence admirable de la part de l’éditeur francophone numéro un.
* Oui, oui, voilà qui contribue à certifier que Malraux fut le mec le plus cool de ce siècle. Il eut pour projet de libérer Trotsky en compagnie d’auteurs de la NRF qu’il venait à peine de rejoindre. On peut imaginer son dépitement quand Gallimard lui expliqua que non, la NRF n’était pas habilitée à ce genre d’aventure.



















