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Reviens Louis!

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écrit par Jules dans Livres le 14-12-2009

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C’était son numéro de matricule au bagne. Emprisonné sous le règne hassanien, Abdelatif Laâbi est connu avant tout pour sa revue, Souffles, qui symbolise à elle seule le renouveau de la culture littéraire au Maroc. Accueillant des écrivains de gauche, la revue s’orientera sur les questions sociales et intègre notamment le militant marxiste Abraham Serfaty. Révolutionnaire, Laâbi le deviendra, passant par le PLS (ex PC Marocain), il intégrera dès sa création l’organisation clandestine Ilal AMam. Huit ans de prison à Kénitra viendront sanctionner ses engagements. Poète avant tout, il fut aussi un traducteur de premier plan, un passeur reconnu, on lui doit par exemple la traduction de Darwich, de Kanafani et un travail important autour de ces auteurs et de la littérature palestinienne en général. Le 1 décembre, il a reçu les Prix Goncourt de la Poésie. Pour une fois qu’un prix est décerné à quelq’un de bien…

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Commentaires (1)

Darwich, que du bonheur, Kanafani je l’ai lu traduit par Michel Seurat, mort au Liban dans les années noires. Je ne résiste pas au plaisir de vous joindre poème de Darwich :
L’art d’aimer . قصيدة : درس من كاماسوترا .. إنتظرها
Avec la coupe sertie d’azur,
Attends-la
Auprès du bassin, des fleurs du chèvrefeuille et
du soir
Attends-la
Avec le bon goût du prince raffiné et eau,
Attends-la
Avec sept coussins remplis de nuées légères,
Attends-la
Avec le feu de l’encens féminin partout,
Attends-la
Avec le parfum masculin du santal drapant le
dos des chevaux,
Attends-la
Et si elle arrivait, avant,
Attends-la
Et n’effraye pas l’oiseau posé sur ses nattes,
Et attends-la
Qu’elle prenne place, apaisée, comme le jardin
à sa pleine floraison,
Et attends-la
Qu’elle respire cet air étranger à son cœur,
Et attends-la
Qu’elle soulève sa robe, qu’apparaissent ses jam-
bes, nuage après nuage,
Et attends-la
Et mène-la à une fenêtre, qu’elle voie une lune
noyée dans le lait,
Et attends-la
Et offre-lui l’eau avant le vin et
Ne regarde pas la paire de perdrix sommeillant
sur sa poitrine,
Et attends-la
Et comme si tu la délestais du fardeau de la
rosée,
Effleure doucement sa main lorsque
Tu poseras la coupe sur le marbre,
Et attends-la
Et converse avec elle, comme la flûte avec la
corde craintive du violon,
Comme si vous étiez les deux témoins de ce
que vous réserve un lendemain,
Et attends-la
Et polis sa nuit, bague après bague,
Et attends-la

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