De Cercle écrit par Yannick Haenel
Cercle présente le fantasme de pas mal de monde et surtout de l’accomplissement de son auteur : arrêter de travailler dans le but de vivre, à la place. Bien que non bibliographique (c’est l’auteur lui-même qui l’affirme), tout ou presque est véridique, la fascination de Moby Dick comme l’hôtel qui était en réalité une sorte d’auberge de jeunesse où certaines drogues étaient tolérés. Il n’empêche que le personnage principal, lui, n’existe pas, ce qui ne l’empêchera pas de nous perturber et de nous poser les questions que l’on préférerait éviter : quand osera-t-on reprendre notre vie en main ? Quand dirons-nous STOP à cette monotonie caractérisée en 68 par « métro - boulot - dodo » ? Le personnage (comme l’auteur) ont franchis le pas, ils ont décidé de reprendre leur vie en main, de vivre et non plus de survivre dans la société du spectacle, comme dirais un certains Debord que l’on retrouve régulièrement dans Cercle.
Cercle nous emmènera tout d’abord à Paris, il nous présentera Anna Livia et d’autres conquêtes qui feront avancer le personnage dans sa nouvelle vie, sans travail, sans domicile, juste avec une bonne dose de poésie et rêve. Nous rencontrerons donc Anna Livia, danseuse, belle. Elle fera chavirer notre héraut et le lecteur avec. À Paris, le lecteur rencontrera également l’incarnation actuelle d’Homère, fasciné par sa bible : l’Odysse, tout y aie écrit dedans ou encore la baleine de Moby Dick. Yannick Haenel à même réussis le tour de force de redonner l’envie de lire ces titres oubliés. Puis le personnage partira pour l’Est : Berlin puis la Pologne, il part pour rencontrer sa déesse, bien qu’il nous le cache, nous le savons, nous ferions pareil. Ce livre est fait pour nous faire voyager, c livre est un voyage constant, dans la folie au début puis dans l’Est pour totalement sombrer dans la folie.
Bien que difficile à lire, à vouloir être surréaliste on finit dans l’infinie (la collection) Cercle nous pose des questions dont il nous est impossible de répondre sans prendre le même chemin que l’auteur, ne nous les posons donc pas, nous sommes assez déprimés comme ça ! Si vous vous sentez prêt à lire un livre long, parfois chiant, mais profondément beau, poétique et intéressant, Cercle est fait pour vous, si au contraire vous voulez vous détendre, passez votre chemin, vous vous emmerderez plus qu’autre chose dans de nombreux passages.
Tiens, je vais donner mon avi : j’aime, bien que par moment ce fut dur, heureusement que l’auteur nous prévient dans les premières pages qu’il a galéré pour l’écrire et que nous galérerons pour le lire !


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