entre polar et bande-dessinée
écrit par Jean-Mi dans Livres le 17-04-2010
Mots-clefs :Casterman, entre polar et bande-dessinée, James Lee Burke, l'ultime défi de Sherlock Holmes, Noir, prisonniers du ciel, Rivages
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Deux nouveautés paraissent aujourd’hui dans le catalogue de la collection « Rivages/Casterman/Noir ». Elle montre après deux années d’existence, qu’elle sait fabriquer de bonnes bandes-dessinées.
Créée en 2008 et dirigée par le dessinateur Matz et le spécialiste du polar François Guérif, la collection démarrait avec l’adaptation de quatre romans dont Nuit de fureur, de Jim Thompson, desservi au scénario par Matz lui-même, créateur de la série le Tueur, bien connue des fans de BD polar, et au dessin par Miles Hyman, illustrateur entre autre des couvertures aux éditions Baleine de la série du Poulpe. Donald Westlake était également présent dans la première fournée de la collection, avec Pierre qui roule, l’une des nombreuses aventures de son braqueur aux bras cassés Dortmunder, et Baru, récemment lauréat du Grand Prix de la Ville d’Angoulême et auteur du fabuleux L’autoroute du soleil, signait l’adaptation d’un roman de Pierre Pelot, dans Pauvres zhéros.
Quelques mois après s’être remis de ce premier choc arrivait la deuxième fournée Rivages/Casterman/Noir avec Shutter Island de Dennis Lehane dont on ne parle plus sous peine de passer pour un fan du film de Scorsese. Je dirai simplement que la BD est meilleure que le film. Et le roman plus encore.
La troisième fournée voyait la parution de l’adaptation d’un roman de Jean-Hugues Oppel, Trouille, et la quatrième fournée, d’un autre roman de Lehane, Coronado, une enquête à Boston, ville mythique, des détectives Kenzie et Gennaro.
L’automne 2009 était marqué par deux adaptations de polareux français, Marc Villard d’un côté, avec La guitare de Bo Diddley adapté par Jean-Christophe Chauzy, et Jean-Hugues Oppel une nouvelle fois, pour Brouillard au pont de Bihac.
Enfin, jeudi 14 avril arrivait en librairies les deux derniers nés. L’ultime défi de Sherlock Holmes, et Prisonniers du ciel. Le premier voit s’entrecroiser les routes de deux des plus célèbres londoniens de l’époque victorienne, Sherlock Holmes et Jack L’Eventreur. Un graphisme et un encrage sépia donnent une ambiance digne des dessins de presse fin XIXème, et l’enquête est menée avec un dédain tout britannique par un détective dépassé par la célébrité offert par le populariste Conan Doyle et un Dr Watson lassé des facéties de son partenaire. On en apprend de bien bonnes sur ces personnages.
La deuxième de ces BD révèle un charme incisif à son lecteur. Avec un dessin taillé au couteau (tenu par un truand de La Nouvelle-Orléans), l’histoire de Prisonniers du ciel est menée par Dave Robicheaux, ex flic de la Crim’ de cette ville du vice. Il a raccroché l’alcool, épousé une femme qu’il aime, et ouvert une boutique d’appâts sur le bayou. Quand le passé revient à lui à cause d’un avion de trafiquants de drogue crashé dans son marais, il sauve une petite clandestine qui deviendra sa fille adoptive et se met les services de l’Immigration à dos. Ce n’est rien tant que les malfrats à qui était destinée la marchandise n’ont pas assassiné sa femme à sa place, et qu’il se replonge tête en avant dans les vapeurs éthyliques. Il reprendra sa plaque de justicier et surtout son .44 dans le but tout avoué de se venger en toute impunité. Une histoire harcelante, dont le lecteur, comme son héros le narrateur Dave Robicheaux, ne sortira pas indemne.
Je crois qu’il est temps, si ce n’est pas déjà fait, de lire de la BD.
le site Rivages/Casterman/Noir










