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Expérience de l’écriture, écriture de l’expérience.

écrit par Jules dans Livres le 04-06-2009

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Article écrit par Jules.
Yannick Heanel au sortir dun café de Paris...

Yannick Heanel au sortir d'un café de Paris...

Un peu après la sortie de « Prélude à la délivrance » de Haenel et Meyronnis, un peu avant la sortie de « Jan Karski » de Haenel et après la sortie de « Cercle » en poche, un petit retour sur ce dernier (manu tu reconnaîtra et j’attend le tien…)
Yannick Haenel pose un langage littéraire riche pour une proposition de liberté dans un ambitieux triptyque.
Ce « Cercle » s’apparente à un chemin, celui de Jean Deichel, celui de Yannick Haenel, celui sur lequel certains lecteurs accepteront peut-être de s’engager.
La fonction des grands récits, celle d’explorer les conditions d’une expérience possible est au cœur de « Cercle ». Ce que nous propose cette œuvre, c’est la recherche d’un nouveau rapport à l’espace, au corps, mais surtout à la littérature.
Yannick Haenel nous invite à le suivre sur des chemins tour à tour érotiques, philosophiques ou encore historiques, mais toujours littéraires, à travers Paris, Bacon, Berlin, la Pologne, Primo Lévi…
« C’est maintenant qu’il faut reprendre vie ». Ainsi débute le roman. Sur une vie désertée et dont on ne saura au final que peu de choses. Une désertion assez précise pour être digne d’un fou que l’auteur analyse comme un acte typique de l’ère de la fin des utopies. Pas de déambulation hasardeuse au final, bien que l’on s’y attende. Non, ici, les plus grands auteurs – Melville, Joyce… – et leurs héros guident Jean Deichel, ce nouveau « personnage-concept » dont les rencontres sont trop incroyables pour être anodines ; une réceptionniste fan de Sade, une danseuse de la troupe de Pina Bausch ou encore un bistrotier connaissant suffisamment l’Odyssée pour faire figure d’Homère. Un chemin qui s’écrit au singulier mais qui laisse possible une véritable recécouverte de l’être humain, n’épargnant pas les souffrances physiques ou morales, pas plus que les plaisirs de la chair. Ne rentrez pas dans la peau du personnage ; on ne rentre pas dans celle d’Ulysse ou d’Achab. Ne jugez pas non plus. Ici, pas de processus d’identification mais l’observation d’une trajectoire, d’une ligne de fuite. Que tirer de « Cercle » sera la question la plus difficile, mais il y a trop à percevoir pour ne rien en tirer et quand la plume est fine on veut se laisser porter.

Yannick Haenel, qui se dit lui-même déçu devant la production littéraire contemporaine signe là une œuvre correspondant parfaitement à son travail de recherche déjà esquissé via la revue Lignes de risques, qui trouve parfaitement sa place au sein de la collection L’Infini, et récompensé par le prix Décembre.

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Commentaires (2)

J’en avais dors et déjà parler précédemment : http://www.leblogdemanu.com/livres/de-cercle-ecrit-par-yannick-haenel
Je n’avais pas été si emballé. C’est bien foutu, le bonhomme connais son boulot, mais le premier livre est en grande partie profondément ennuyeuse et c’est bien dommage.

c’est quoi cette branlette pseudo intellectuelle ? Jules, où sont passées tes grandes tirades façon XXème ? Merde, je ne te reconnais pas dans ce travail que je qualifierai d’inrockuptiblien. AH AH AH

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