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L’imposture du siècle !

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Julius Winsome

écrit par Jean-Mi dans Livres le 18-02-2010

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Article écrit par Jean-Mi.

julius_winsomeTouché par une balle, le chien de Julius Winsome agonise longtemps avant de mourir.

L’homme le trouve au bout d’une journée de recherche au fond d’un bois. Julius Winsome ne se faisait plus d’illusion sur l’humanité depuis longtemps, et les conséquences de l’accident sont terribles. Après avoir fait sans succès un appel à témoins dans la ville voisine (à plusieurs dizaines de kilomètres de là), il prend les armes.

Julius Winsome ressort le fusil de son père, que celui-ci avait reçu de son propre père qui l’avait ramené de la Première Guerre en Europe.

Chaque génération avait eu son lot de désabusement, et Julius Winsome en renouvelle l’expérience. En cinquante années de vie, il n’avait jamais oublié l’arme de son grand-père.

Quand tout le monde lui rit au nez, il ressort son fusil, le nettoie, et abat le premier chasseur qu’il voit sur son chemin. Non seulement il déteste les chasseurs dans le fondement, mais ceux qu’il trouve autour de son chalet sont susceptibles d’avoir tué son chien. Si ce n’est pas celui-là, ça peut être un autre.

Et il abat autant de chasseurs que lui reste innocent aux yeux de la population locale.

Ce livre délivre la pensée et les terribles actes de cet homme dans son quotidien. Sans liens autres qu’avec la nature et son chien. Il avait eu une liaison avec une femme, Claire. Elle ne supportait pas sa vie retirée de tout, et elle était partie comme elle était venue.

Elle lui a laissé un chien, Hobbes, devenu la seule compagnie de Julius Winsome. Avec celle des livres. Ces livres qui l’entourent, qu’il tient de son père, qui lui même, probablement, les tenait de son père. On connait la musique.

Au milieu de ses livres dans son chalet quand la présence de son chien lui est enlevée, Julius Winsome éprouve probablement le besoin de se défouler. Il tue parce que l’homme est un loup pour l’homme, comme l’a dit le philosophe Thomas Hobbes, et que son chien aussi s’appelle Hobbes. Ce n’est qu’un juste retour des choses.

Le récit est intense. La solitude piquante et le désespoir de cet homme aride émeuvent.

La magnificence du texte fait oublier la psychopathologie meurtrière de Julius Winsome.

La neige et le froid environnants glacent son cœur et celui de son lecteur. Celui-ci est entraîné sans en avoir conscience, dans la folle beauté des corps qui tombent.

À lire lors d’une météo adéquate, ces jours-ci, après Little Bird et Winter.


Julius Winsome, de Richard Donovan, trad. anglais Georges-Michel Sarotte, éditions du Seuil, Paris, février 2009, 19,50€ (le 18 mars en Points, à 6,50€)

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Commentaires (4)

J’attends que ça sorte en poche, ça fait envie. Pourrais-tu me conseiller quelque chose de McCarthy, je ne sais pas par quoi commencer et j’ai envie de découvrir cet auteur.

Cormac McCarthy, je crois que beaucoup l’ont découvert avec la route, mais je l’ai préféré dans Méridien de sang ou la trilogie des frontières commençant par De si jolis chevaux.
je te conseille ces derniers, mais Méridien de sang est de l’avis général le meilleur.
il demande une attention particulière au début, et le tourbillon apportera le reste. je t’envie.

Merci, je note et si j’ai le temps je passe chez le libraire cet am, sinon la semaine prochaine. Je te dirai mes impressions.

« (le 18 mars en Points, à 6,50€) » j’aime quand tu parles comme ça…
meridien de sang il dort sur ma table de chevet depuis un moment… je vais le commencer tiens…

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