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la rentrée littéraire : c’est parti

écrit par Michael dans Librairie -edition, Livres le 01-07-2009

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Article écrit par Michael.

bernard-wallet1A partir d’aujourd’hui et jusqu’à indigestion totale, je publierai un article tous les jours ( sauf le jeudi soir, j’ai cricket ) à propos d’un livre à paraître au cours de la prochaine rentrée littéraire. Je prend un livre au hasard dans ma petite pile de Services de Presse, et c’est parti.

Aujourd’hui donc, je commence avec BW, de Lydie Salvayre, aux éditions du seuil qui paraîtra le 20 aout prochain.

le sujet du livre, c’est lui, c’est BW, comme l’appelle Lydie à longueur de temps, sans doute par respect pour sa vie privée ( un peu comme dans les livres qui portent des titres genre  » moi, GB, 13 ans, violée par mon oncle » ) alors qu’on l’identifie dès le premier tiers du livre comme Bernard Wallet, fondateur des éditions verticales. Et il se trouve que notre bon Bernard perd plus ou moins la vue à la suite d’un décollement de rétine, et cela le mécontente quelque peu. Bon. Et comme Lydie, qui est gentille, passe le voir à l’hopital, il se dit ‘tiens, je vais lui raconter mon histoire de quand je suis parti au liban en mob’, et elle ‘tiens justement ça tombe bien je n’ai toujours pas commencé mon livre de la rentrée littéraire prochain’

bon, récapitulons, nous avons en A un éditeur ex champion d’athlétisme ex voyageur ex voyant qui raconte, et en B une écrivaine complètement en admiration face à ce type, qui écrit. Au final cela nous donne un livre relativement indigeste dans la forme puisqu’écrit entièrement à la troisième personne avec un BW majuscule placé toutes les deux phrases ( « BW fait ci, BW fait ça, BW prend un coup de fil, etc.. ) entrecoupé de réflexions de BW qui dit « tu vas le dire ça ? » et Lydie de répondre « oui BW, je vais le faire » ( vous voyez, j’ai placé six fois BW en deux lignes et vous en avez marre, eh bien Lydie, elle, place entre quatre et six fois BW par page, pendant 200 pages ), et pour ce qui est du fonds, on suit BW un peu au moyen orient mais de façon anecdotique, on apprend que lorsqu’il est toujours à l’hopital, les éditions verticales continuent de fonctionner ( Oh! ), on apprend ( mais seulement à la fin du livre, parce qu’il faut garder le suspens ) que le père de Bernard Wallet roule en Mobylette, et on s’ennuie tout le temps, on s’attend à un démarage de grande histoire qui n’arrive jamais, ce livre n’est qu’une réunion de deux personnes qui discutent et qui se lancent des petites réflexions et des anecdotes, et qui prennent du plaisir à être là tous les deux, mais pas un gramme de ce plaisir ne parvient jusqu’au lecteur, ce qui est bien dommage, tout de même.

verdict : achetez plutôt un lonely planet sur le liban, et ‘l’édition sans éditeur’ d’André shiffrin.

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Commentaires (8)

Quelle bonne idée !
Si avec ça, on ne fait pas +2 000 visites, je ne comprend plus rien !

cette ancienne psy nous casse les couilles environ tout les deux ans son dernier livre est une daube traitant de la vie fantasmagorique d’un roi du burger c’etait gras vulgaire et d’un interet nihiliste

j’attent la suite

« paysages avec palmiers » du-dit BW, à l’Infini, sur sa période libanaise

autre chose, cet article était sympa, et où en es tu de ta table de l’été ?

Si j’ai bien compris il la réserve à une petite librairie qui n’existe pas encore.

je viens de le finir et je suis totalement d’accord avec toi. ce livre est une horreur!
et encore quand je dis finis c’est pas tout à fait vrai: je n’ai lu que les 50 premières pages et c’était déjà de trop!

ah oui, c’est vrai Mick voulait faire un article par jour. heureusement que les lecteurs du magazine littéraire vont venir voir pour s’en rendre compte.

BW traite du jeu constant entre le seuil de la vie réelle d’une part, avérée, toujours plus lointaine que son souvenir, et de l’autre celui qui parle comme de celle qui écoute, qui écrit : subjectivement.

D’un côté les faits, les possibles déjà incarnés (les fuites comme les exploits), de l’autre celui qui raconte ou qui ne raconte pas, qui colère contre le monde ou peut-être contre lui-même : que deviennent les faits lorsque l’on conte des souvenirs ? Où est passée sa propre vie sinon dans le discours qu’on en fait ? La sincérité est une qualité du temps présent. Et le rai de lumière qui s’échappe ou s’arrange de ce jeu s’appelle officiellement une biographie. Celle-ci s’opacifie à chercher sa transparence, c’est l’écueil du familier. On dirait plutôt une ombre chinoise.

BW est l’histoire d’un homme debout, qui a couru de longs moments, mais à d’autres il s’est figé. De ces immobilités là, la concience s’ankylose et le malheur de l’homme se met à tourner, lui venant de ses remords, de l’incompréhension qu’il a de lui-même, de sa solitude. S’il reste à BW sa langue pour en parler, il se prouve ou s’accuse sans détour, fier de sa virilité. Fier et beau.

Pourtant il se raconte, et Lydie Salvayre écrit son homme nu, elle l’écoute et le protège et le caresse ; la vie est là, paradoxale dans sa dureté et son nécessaire répit, replis dans la rondeur.
La vie s’échappe, philosophique ; il y a cet idéal d’une vie rêvée et parcourue d’aplomb et le réel qui nous déchire pour trop et trop peu, à chaque manquement nos absences deviennent des départs. On essaie de s’aimer.

Ce livre et ses démons sont de ceux qui soutiennent l’effort de chacun pour conquérir et accepter son humanité. Il est drôle par moment et bourré de références littéraires à découvrir ou …très connues.
Merci pour les paysages de visages d’avant la manne du tourisme.

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