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Les lèvres nues…

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 11-06-2009

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Les levres nuesCela fait un moment que les situationnistes, particulièrement Debord ont le vent en poupe, assimilés dans un vaste bazar, au punk, au jazz ( ? ), Fluxus ou le Centre Pompidou, (cf « Guy Debord ou la beauté du négatif », Gonzalvez). Du même coup, et parce que c’est aussi certainement la face spectaculaire d’un mouvement d’intérêt plus profond et plus véritable, on voit ressurgir ça et là les noms d’Internationale Lettriste, de Bauhaus Imaginiste…. Des actualités récentes (des expos autour d’Asger Jorn et de Cobra à la Maison du Danemark, une autre à Bruxelles puis à Pompidou encore plus récemment) ont rappelé les liens avec des mouvements contemporains européens. Une autre figure, influente, relativement peu connue fût Marcel Mariën dont l’activité surréaliste a été variée. Son rapprochement avec les lettristes français commence au moment où Nougé, ami de Mariën, instigateur du surréalisme belge rencontre Wolman et Debord à Paris. Nougé, qui, dans ses manière de concevoir l’écriture s’éloignait du surréalisme à la française, nottament en critiquant le sommeil surréaliste. Déjà, Magritte et Mariën, depuis Bruxelles avaient reçu avec enthousiasme le tract « Finis les pieds plats », de Brau, Wolman et Debord condamnant Chaplin. Des échanges épistolaires continueront. En 1954 naît Potlatch, la revue de L’Internationale Lettriste, en même temps que Les lèvres nues de Mariën dans lequel écrit notamment Louis Scutenaire, auteur de la phrase « Vous dormez pour un patron », que les lettristes appellent à écrire à proximité des usines automobiles. Les lèvres nues cesse de paraître en 1958…un an après la fondation de L’Internationale Situationniste. Entre deux, une sorte de mariage intellectuel donnera lieu à des échanges continuels d’articles, de petits services. Par exemple paraissent dans la revue belge l’ « Introduction à une critique de la géographie urbaine » et « Théorie de la dérive » de Debord. Cet échange permettra aussi un éloignement d’avec le mouvement surréaliste français assez centralisé autour de la personne de Breton. En effet, Mariën n’hésite pas un temps à exalter la personnalité de Staline, une sorte de position réaliste qui fût propre notamment à la Résistance belge et à l’héritage qu’elle laisse, contre l’idéalisme trotskiste. Ce stalinisme s’oriente en fait assez vite vers une sorte de position assez farfelue. En 57, Mariën écrit « Quand l’acier fût rompu », roman sur la déstalinisation que Debord saluera franchement. L’ouvrage n’est pas en fait un hommage au petit père des peuples mais un simple bon roman en même temps qu’une dénonciation de l’idéalisme. La part de rire dans ce genre de réalisation ne doit pas être oubliée et la replace dans le contexte de la recherche perpétuelle du jeu qui exista aussi bien chez les situationnistes que chez certains surréalistes. En fait, on retrouve aussi dans Potlatch une sorte de vocabulaire franchement soviétique, provocation typiquement lettriste. La rupture aura lieu en fait sur ce point même, lorsque les surréalistes belges proposeront de signer un tract de soutien au Parti Communiste belge aux lettristes qui ne pourront accepter.
Les lèvres nues est disponible chez Allia. Des numéros se dénichent aussi dans les librairies de la rue Bréa (Paris VI).

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