Les références littéraires de Corto Maltese.
Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 18-12-2009
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Corto Maltese, en plus d’être une des plus belles bandes dessinées est une mine bien connue d’informations historiques. Mais aussi littéraire. Petit tour des artistes croisés dans une des plus belles oeuvres couchées sur papier.
Il est à noter que le marin reçoit une solide éducation intellectuelle ; il étudie dès son enfance la Torah, le Talmud et le Zohar, ouvrages religieux et d’exégèse des plus précieux.
Un des premiers auteurs que Corto rencontre est l’écrivain Jack London, dans « La jeunesse », en pleine guerre russo-japonaise. Voyageur, militant, proche de la nature et autodidacte, London ne pouvait que plaire à Corto Maltese.
Dans une des plus belles aventures de Corto Maltese, « Fable de Venise », alors que l’aventurier va en venir aux mains avec des chemises noires, Gabriele D’Annunzio apparaît et calme les esprits. Ambigu en politique, plus homme d’action que de réflexion, passionné et rebelle, D’Annunzio cadre parfaitement avec l’univers d’Hugo Pratt et peut présenter des similitudes avec Corto, bien que le marin soit plus solitaire et moins engagé.
Le point de départ de l’histoire de « Fable de Venise » est une devinette posée à Corto par le Baron Corvo autrement dit Frederick Rolfe. Auteur excentrique, fervent religieux, ce dernier est aujourd’hui tombé dans l’oubli alors qu’il connut à une époque un relatif succès.
La plus littéraire des aventures de Corto, « Les Helvétiques », fait se rencontrer Corto et Herman Hesse. Lyrique, romantique, insistant sur la spiritualité et le syncrétisme religieux, l’oeuvre de Hesse n’est pas étrangère à l’univers du marin. Corto, s’installant chez l’auteur, en proie à des hallucinations s’empare du « Perzival » de Wolfram von Eschenbach; le chevalier-poète, grande référence de l’ésotérisme. Basculant dans le rêve, le héros rencontre Klingsor, protagoniste de l’oeuvre de Wolfram von Eschenbach et du « Dernier été de Klingsor » de Hesse.
C’est aussi dans « Les Helvétiques » que Corto fera la connaissance de Tamara de Lempicka, la peintre qui connnut d’ailleurs D’Annunzio. Aristocrate excentrique, Tamara de Lempicka ressemble à d’autres femmes inventées que le marin rencontre lors de ses aventures. Dans « Les Helvétiques », Corto croise aussi le chemin de Ernest B. Schoedsack, rélisateur des Chasses du Comte Zarrof et de King Kong.
Enfin, il est à noter que des poèmes de Rimbaud ou Coleridge pour ne citer qu’eux sont récités par le marin au gré de ses péripéties.




















Je viens de lire « La ballade de la mer salée », dans lequel Cain Groosvenore, jeune ami de Corto, lit un extrait de la « Complainte du vieux marin » de Coleridge. Il compare la situation du marin narrateur à la sienne, perdue au milieu de l’océan. Après s’être plaint d’être seul, Cain est rabroué par sa cousine Pandora qui le traite de pédant.
Référence de James Cameron pour le nom de sa planète imaginaire, Pandora était également, ou avant tout, le nom du bateau parti à la recherche du Bounty après la célèbre mutinerie.
Qui a dit pédant ?