Le rap n’a jamais été une affaire de livres. Dans les quelques parutions, romans ou études à ce propos, un tri s’impose ; la plupart sont de très médiocres ouvrages, banalités consensuelles, au ton souvent démagogique et peu renseignées. Mais l’on déniche ça et là de meilleurs titres. Des études très poussées avaient été publiés à l’Eclat : « The new beats : culture, musique et attitudes du hip-hop » et chez Allia : « Can’t stop won’t stop : une histoire de la génération hip-hop ». Une anthologie sympathique de textes de rap est sorti à La Table Ronde. Mais s’il y a une culture rap à chercher en librairie, mieux vaut se tourner le roman, particulièrement le noir (roman noir s’entend ici dans les deux sens du terme). Et commencer par le plus magistral d’entre eux. LA Bible des rappeurs, le roman culte ; « Pimp » d’Iceberg Slim (Ice-T tire son nom de l’auteur qu’il cite régulièrement). Pimp, c’est maquereau. C’est aussi probablement le mot le plus usité du rap cainri, un titre de 50 cent et sans doute le nom de scène de centaines de jeunes amateurs. Pimp -le roman- c’est l’histoire d’un jeune mac noir, où la crudité du vocabulaire ne fait concurrence qu’au tranchant du regard social de l’auteur. L’autre polar à lire serait probablement « Le vautour » de Gil Scott Heron, artiste considéré comme le papa du rap. Du côté de l’Hexagone, c’est Izzo avec sa trilogie marseillaise qui fût le plus hip-hop de nos auteurs. Son œuvre rappelle franchement IAM. Le rap a aussi ses mythes, n’importe quel fan sait combien Tony Montana, Mesrine ou Mohamed Ali sont des références. Profitez-en pour lire ou relire « L’instinct de mort » du grand Jacques, « Scarface » de Armitage Trail et une petite bio de Ali, celle de Lelorain par exemple.
Plus généralement , le rap dans ses passions est hanté par l’Islam autant que par les mouvements noir américains et bien sûr par ses ancêtres ; rock, jazz et blues. Ces sujets sont l’objet de régulières parutions de qualité, citons pêle-mêle les meilleurs : « Black Panther » à l’Echappée, « Blaxploitation : 70′s soul fever ! » de Sévéon chez Bazaar and co, « Hellfire » de Tosches chez Allia, « Sly Stone : le mythe de Staggerlle » de Greil Marcus chez le même éditeur. Mais cette vague recension serait nulle sans évoquer les ouvrages du maître en la matière : Nik Cohn. « Soljas » et « Triksta », c’est une incision dans le milieu hip-hop hardcore des plus fascinantes. Le cadre ; la Nouvelle-Orléans, c’est acre forcément. De jeunes you-vois devenus richissimes du jour au lendemain poussent les lyrics à leur maximum de vulgarité et de violence sur des beats endiablés. Des filles en transe finissent à moitié à poil devant les Cadillacs des DJ les plus côtés de la région. Des gosses déchirés au crack et au cognac (pour la reconnaissance sociale le cognac) se tirent dessus à balles réelles, purgent des peines à perpet’ et rêvent de lancer des liasses de billets dans la foule en liesse depuis la scène. Dirty South quoi.
Article écrit par Jules.












Excellent article, mon petit Jules, j’ai bien fait de t’embaucher !
putain je voulais le faire cet article merde
bon
sinon pour l’aspect documentaire, achetez combat rap 1 et 2 par fred hanak et je ne sais qui, une compilation d’entretiens de poids lourds du rap par des mecs qui s’y connaissent, c’est chez castor musique je crois
Quand j’ai vu le titre, j’étais sur qu’il était de toi, comme quoi.
Mais je te laisses faire un article sur le skate, parce que là je viens de jouer pendant 1 heure et demis à Skate, et j’ai débloquer tout pleins de trucs ! M’enfin, on s’en fout.
je vais plutot chercher s’il existe de la bonne littérature en rapport avec le black metal
Bon, vous avez pas fini de vous congratuler mutuellement !
extra cet article Jules
je venais de regarder Ghost Dog et j’écoutais justement le Wu-tang quand j’ai lu ton article.
toi aussi jasmine tu fais de très bon commentaires !
nan puis faut bien dire qu’on est plutôt drôles, beaux garçons et au fait du monde qui noous entoure. Doués en ortaugraffie en plus.
« maximus vir. libertatis amici amicus. opus vitaque propagandum esse » voila qui nous definit; homme valeureux, ami des amis de la liberte.oeuvre et vie à propager. c’est du vittorio alfieri en latin. celui qui met la phrase au pluriel gagne un abonnement au private liste du blogdemanu.
maximi vir. libertates amicorum amici. Opera vitaeque propaganda esse.
Pardon. Jules est très très très fort en aure tau grâfe, mais un peu moins balèze en ponctuation. Après un point on met une majuscule, môssieur. J’ai donc cru que vir suivi d’un point était une abréviation de je ne sais quoi, puis j’ai compris (je sais j’ai le cerf-volant) que Jules ne connaissait point l’usage de la majuscule. Je reprends donc sa citation latine pour gagner le prix proposé :
Maximi viri. Libertates amicorum amici. Opera vitaeque propaganda esse.