À lire.

De Ténèbres, prenez moi la main de Dennis Lehane

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Ténèbres, prenez moi la main (Darkness, Take My Hand en bon bostonien) est le second tome des aventures de Kenzie et Gennaro, deux détectives privés habitant Boston et en étant particulièrement fière. Boston n’ est pas amical, et le quartier dans lequel nous...

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Joyeux noël en musique.

Posté par Manu dans humeur le 24-12-2009

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Pour tous ceux qui n’ont aucune vie sociale et familial, pour tous ceux qui ne savent pas quoi faire en ce 24 décembre au soir, je vous propose un joie de vivre en musique. Ça s’appelle Antiforfora, ça vient de Lyon, et ça claque !

http://www.antiforfora.org/

 
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Dessine moi un hawlî

Posté par Jules dans Livres le 24-12-2009

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C’était l’événement du Salon du livre de Casablanca : Al Amir Asghir. Le Petit Prince. Celui de Saint-Exupéry, traduit pour la première fois en darija, le dialecte marocain par Abderrahim Youssi. Le Petit Prince connaissait déjà une version amazighe depuis quatre ans, mise au point par un chercheur de l’Institut Royal de la culture amazigh, Lahbib Fouad. Ce sont de véritables actes politiques de la part de ces partisans des dialectes contre ceux, islamistes et protos pan-arabes, qui bataillent pour l’utilisation du seul arabe, langue de la Révélation pour les premiers et de l’unité pour les seconds. L’amazigh comme la darija sont des langues maternelles pour beaucoup et leur utilisation apparaît à certains comme le moyen de lutter contre l’analphabétisme.
L’histoire du Petit Prince présenterait de nombreuses similitudes avec la culture populaire marocaine et berbère – souvents orales – notamment les contes, dans son fonds comme dans sa forme.

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Pour les fidèles et pour les autres

Posté par Jules dans Librairie -edition le 19-12-2009

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Exégèse, liturgie, droit, pédagogie, politique, actualité… Les éditions libanaises Al Bouraq et Tawhid (Lyon) sont les deux références en matière d’ouvrages précis concernant l’Islam. Si elles proposent un panel important d’études, leur catalogue offre aussi des ouvrages qui aident le fidèle dans son quotidien : apprentissage de la prière, de l’arabe, histoires du Coran et des Prophètes pour les enfants… Les deux leaders du livre musulman francophone ne sont malheureusement mais logiquement pas omniprésents sur les rayonnages de librairie généralistes. Alors voilà quelques pistes pour les trouver : Librairies Tawhid, 8 rue Notre Dame, Lyon et 9 bis Boulevard de Belleville, Paris. La Librairie Avicenne, à proximité de l’IMA possède aussi de leurs ouvrages dans son fonds, un des meilleurs en France concernant l’Islam et le monde arabe. Il existe bien sûr un nombre très importants de librairies islamiques à Paris, Lyon ou Marseille mais elles exposent souvent plus d’ouvrages en arabe qu’en français.

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Les références littéraires de Corto Maltese.

Posté par Jules dans Livres le 18-12-2009

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Corto Maltese, en plus d’être une des plus belles bandes dessinées est une mine bien connue d’informations  historiques. Mais aussi littéraire. Petit tour des artistes croisés dans une des plus belles oeuvres couchées sur papier.

Il est à noter que le marin reçoit une solide éducation intellectuelle ; il étudie dès son enfance la Torah, le Talmud et le Zohar, ouvrages religieux et d’exégèse des plus précieux.

Un des premiers auteurs que Corto rencontre est l’écrivain Jack London, dans « La jeunesse », en pleine guerre russo-japonaise. Voyageur, militant, proche de la nature et autodidacte, London ne pouvait que plaire à Corto Maltese.

Dans une des plus belles aventures de Corto Maltese, « Fable de Venise », alors que l’aventurier va en venir aux mains avec des chemises noires, Gabriele D’Annunzio apparaît et calme les esprits. Ambigu en politique, plus homme d’action que de réflexion, passionné et rebelle, D’Annunzio cadre parfaitement avec l’univers d’Hugo Pratt et peut présenter des similitudes avec Corto, bien que le marin soit plus solitaire et moins engagé.
Le point de départ de l’histoire de « Fable de Venise » est une devinette posée à Corto par le Baron Corvo autrement dit Frederick Rolfe. Auteur excentrique, fervent religieux, ce dernier est aujourd’hui tombé dans l’oubli alors qu’il connut à une époque un relatif succès.

La plus littéraire des aventures de Corto, « Les Helvétiques », fait se rencontrer Corto et Herman Hesse. Lyrique, romantique, insistant sur la spiritualité et le syncrétisme religieux, l’oeuvre de Hesse n’est pas étrangère à l’univers du marin. Corto, s’installant chez l’auteur, en proie à des hallucinations s’empare du « Perzival » de Wolfram von Eschenbach; le chevalier-poète, grande référence de l’ésotérisme. Basculant dans le rêve, le héros rencontre Klingsor, protagoniste de l’oeuvre de Wolfram von Eschenbach et du « Dernier été de Klingsor » de Hesse.
C’est aussi dans « Les Helvétiques » que Corto fera la connaissance de Tamara de Lempicka, la peintre qui connnut d’ailleurs D’Annunzio. Aristocrate excentrique, Tamara de Lempicka ressemble à d’autres femmes inventées que le marin rencontre lors de ses aventures. Dans « Les Helvétiques », Corto croise aussi le chemin de Ernest B. Schoedsack, rélisateur des Chasses du Comte Zarrof et de King Kong.

Enfin, il est à noter que des poèmes de  Rimbaud ou Coleridge pour ne citer qu’eux sont récités par le marin au gré de ses péripéties.

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« T’as vu, Mein Kampf en arabe! » Un touriste en Egypte.

Posté par Jules dans Livres le 17-12-2009

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Coup sur coup sont sortis deux livres traitant des relations entre le monde arabe et le nazisme.

Le premier « Croissant fertile et croix gammée, Le IIIe Reich, les Arabes et la Palestine » des allemands Martin Cüppers et Klaus-Michael Mallmann n’était pas passé inaperçu lors de sa parution en Allemagne il y a quelques années. L’ouvrage explique comment plus qu’un simple mariage de raison, c’est une haine du juif profonde et similaire qui rapprocha un temps une frange du monde arabe et la patrie du national socialisme. La figure central est bien sûr le grand mufti de Jérusalem, admirateur bien connu du Fürher et antisémite notoire. Mais les deux historiens déterrent des personnages et moments bien moins connus du grands publics. Stratégie, idéologie, les raisons et les mécanismes de cette alliance sont précisément décryptés. Une étude qui veut aussi éclairer l’actualité; antisémitisme latent de groupes de résistance palestinienne, négationnisme iranien…

Plus intéressé par l’idéologie et la politique que par les commandos SS arabes fans d’opérations coup de poings qui passionnent ses confrères allemands, Gilbert Achcar propose un ouvrage « Les Arabes et la Shoah » qui pourrait être une réponse sereine et raisonné au premier. Il décrit la multiplicité et la diversité des fascinations, des mécanismes idéologiques qui poussèrent nombres de dirigeants arabes dans les bras de la propagande du IIIème Reich. Le livre couvre une vaste période courant de la montée du nazisme à l’actualité. Se faisant plaidoyer politique, l’auteur propose en quelque sorte une double reconnaissance de la Shoah et de la Nakba comme point de départ pour la paix.

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Posté par Jules dans Livres le 14-12-2009

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C’était son numéro de matricule au bagne. Emprisonné sous le règne hassanien, Abdelatif Laâbi est connu avant tout pour sa revue, Souffles, qui symbolise à elle seule le renouveau de la culture littéraire au Maroc. Accueillant des écrivains de gauche, la revue s’orientera sur les questions sociales et intègre notamment le militant marxiste Abraham Serfaty. Révolutionnaire, Laâbi le deviendra, passant par le PLS (ex PC Marocain), il intégrera dès sa création l’organisation clandestine Ilal AMam. Huit ans de prison à Kénitra viendront sanctionner ses engagements. Poète avant tout, il fut aussi un traducteur de premier plan, un passeur reconnu, on lui doit par exemple la traduction de Darwich, de Kanafani et un travail important autour de ces auteurs et de la littérature palestinienne en général. Le 1 décembre, il a reçu les Prix Goncourt de la Poésie. Pour une fois qu’un prix est décerné à quelq’un de bien…

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décembre 2009 ?

Posté par Jean-Mi dans Librairie -edition le 14-12-2009

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Le mois de décembre est commencé depuis quinze jours. Le peuple s’approche des magasins tandis que la date de Noël se rapproche.

Et les français sont de retour en librairie. Première semaine de décembre très forte, au moins dans la petite librairie où je travaille actuellement ; une grande entrée en matière, donc.

Alors que le ministère de l’identité nationale tente d’obtenir une définition sur la question même de son titre, à l’occasion d’un débat qui se traîne depuis plus d’un mois, nous pouvons répondre en partie, qu’être français aujourd’hui, c’est faire ses achats de noël le mois précédent noël, et ce, même quand nos moyens nous l’interdisent.

Tous les français se réunissent dans les grands magasins, les rues, les centres, les zones et les sites commerciaux, pour s’offrir l’illusion de jours heureux. À côté d’eux et les regardant, d’autres gens ne fêtent pas noël, mais s’en mêlent à sa folie. D’autres ne peuvent pas fêter noël, ni même en donner l’illusion.

Picture0011Hier soir après une promenade entre plusieurs magasins en quête d’un cadeau (un chandail assez chaud pour une femme ; impossible à trouver dans les boutiques où la mode féminine est vouée à la sensualité et non au confort, ce que je ne déplore pas, entendez bien), je m’arrêtai boire un vin chaud au pub avec ma compagne. Ambiance de fêtes, noël à fond, et en sortant, un couple nous tombe dessus en nous demandant une pièce pour boire un café. On discute un brin, ils nous expliquent que personne ne les aide, la femme est enceinte, la température, on la connait, est très basse. Autour de nous, la rue est bondée, et à dix mètres, la patinoire sur la place, les chalets de noël gorgés de bouffe, montrent que tout va bien. Tout a l’air d’aller bien.

Une autre ombre au tableau pourtant : Johnny va mourir. C’est tombé comme un leitmotiv tout le week-end, et pourtant je n’ai pas regardé la télévision. Chaque flash d’info toutes les heures sur France Inter, et Johnny en était le premier sujet. Ce matin avec Stéphane Guillon, pareil. Le rocker de l’identité nationale est en coma artificiel depuis presque une semaine suite d’on ne sait quoi, une mauvaise opération, un voyage trop long, une vie trop dissolue, l’alcool, la vieillesse ; on ne sait pas. Le choc ! Noël peut attendre alors, Johnny va mourir, et s’il ne mourra pas tout de suite, il fera une dernière et ultime tournée d’adieu. Alors dès aujourd’hui, je le dis : Adieu, Johnny !
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J’en reviens enfin au thème premier de cette chronique. Que trouve-t-on en librairie en ce mois de décembre 2009 ? Le cadeau cette année sera de bon goût, il aura le goût de l’actualité. Alors, quand toute la France se pose la question de savoir si elle est française, un livre y répondra.

The New-Yorker, les meilleurs dessins sur la France et les français, celui de 2006. Jean-Loup Chiflet, qui avait réuni et traduit ces dessins comme chaque année avec chaque nouveau numéro, avait tenté une réponse bien avant le début des questions sur l’identité nationale. Si vous ne vous reconnaissez pas dans ces petites curiosités originales, alors il semblerait que vous n’ayez de français, comme moi, que votre situation géographique et au mieux, une carte d’identité.

Ne faites pas la grimace, si vous l’avez déjà eu entre les mains, et/ou si vous en avez assez d’entendre parler d’Eric Besson, alors faites comme moi, offrez vous le dernier sorti des presses des Arènes, avec une couverture violette, The New Yorker, l’humour des livres. Toutes les vignettes sélectionnées par Chiflet y sont en rapport direct avec le thème de ce blog ; les livres, les auteurs de livres, les éditeurs… et les libraires.

Ou alors, si vous avez le cafard en ces jours sombres, lisez des romans. Et oubliez le reste.

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Personne bouge, ici

Posté par Jean-Mi dans Livres le 13-12-2009

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Lu en une journée, un dimanche de la semaine dernière, équivalent à celui-ci, gris et terne, Personne bouge* de l’américain Denis Johnson est un de ces romans policiers aux personnages hauts en couleurs m’ayant fait bonne impression.

C’est dans l’arrière-pays californien que se réfugie Jimmy Luntz après avoir tiré sur Gombol et l’avoir laissé pour mort sur une aire d’autoroute entre Los Angeles et San Francisco. Gombol est soigné par une infirmière revenue d’une guerre contre l’axe du mal et, remis sur pieds et ré-armé, il va chercher à se venger de celui qui a fait de lui une victime.

Son associé Juarez va l’aider à se venger, mais l’infirmière, qui est aussi l’ex-femme de Juarez, lui apprend qu’il se fait passer pour mexicain alors qu’il est arabe, et ainsi ne pas s’attirer les foudres des bandes de malfaiteurs de sa ville, le prenant pour l’un des leurs. Gombol est énervé. Il n’aime pas les arabes. Mais qu’à cela ne tienne, son désir de violence est exacerbé par ce qu’il vient d’apprendre, et s’il va tout de même s’allier à son imposteur d’ami, c’est parce qu’il lui a promis de retrouver Luntz. Et qu’ensemble, parce que chacun d’entre eux s’est fait avoir par cette petite frappe qu’est Jimmy Luntz, ils se jurent de lui bouffer ses couilles.

Au fil de l’aventure, ils jugent bon de prévenir l’intéressé lors de courtes et nerveuses conversations téléphoniques, qu’ils ont déjà, une fois, bouffé les couilles d’un type qui leur devait de l’argent.

Luntz d’une certaine manière ne veut pas se laisser faire et s’enfuit pour se mettre sous la protection d’un ami biker vivant dans un campement de mobiles-homes perdu dans les bois. Ce campement est séparé de la route par un bar où se réunissent habituellement les bikers de la bande, mais actuellement vide de ses habitués partis en virée. Le patron de l’établissement lui déclare être contre la violence et ne pas la tolérer chez lui, tandis que l’autre révèle au contraire, quoique amant du premier, ne pas partager ses sentiments sur les armes, et il en explique le fonctionnement à son vieux camarade Jimmy.

Avant de se cacher chez les bikers, Jimmy Luntz avait aussi croisé la route d’une belle indienne récemment divorcée  et alcoolique et soupçonnée d’avoir soutiré à son procureur d’ex-époux un bon paquet de fric. Elle noie son chagrin d’avoir tout perdu -son boulot idem, puisque elle travaillait au bureau du juge, ami de son procureur- et tombe dans les bras de Jimmy dans un karaoké de motel où elle est complètement torchée et lui est un mec moyen vivant avec la peur constante d’être retrouvé.

Il n’y croit pas au début, car il n’a jamais eu de femme aussi canon, mais Anita Desidero se prend d’affection pour lui et aussi à jeun. Ils expérimentent la joie d’un amour naissant et diverses positions sexuelles qui les rendent aussi joyeux, avant de se rappeler que la fin approche ; elle doit se présenter au tribunal et prouver -de quelle manière ? elle ne sait- être victime d’une machination, et ne pas posséder le pactole. Et lui, doit rembourser sa dette et -accessoirement- être énucléé s’il relâche sa garde.

Une confrontation violente les attend au détour des routes poussiéreuses et des forêts de résineux.

Entre vrais losers et faux truands, entre le calibre .12 du fusil de Jimmy et le .357 Magnum de Gombol, des bouges glauques entre les pins aux maisons classieuses des suburbs de L.A., Personne bouge est un de ces polars noirs et drôles, une de ces courses-poursuites en grosse berline et gros pick-up troués par les balles qui font voir les dimanches pluvieux plus roses.

bar biker

*Personne bouge (Nobody move), de Denis Johnson, Christian Bourgois Éditeur, coll. « Fictives », Paris, octobre 2009, trad. Brice Matthieussent.

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La BNF sur la place de grève.

Posté par Manu dans Actu le 09-12-2009

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Il n’y a pas que les NMPP qui se mettent en grève dans le monde du livre, il y a aussi la Bibliothèque National de France. Mardi 8 décembre, l’intersyndicale à poser un préavis de grève pour contester la suppression de 64 postes en 3 ans, ce à quoi nous pouvons rajouter une trentaine d’emplois non pourvus qui ne seront toujours pas financer en 2010. Ce plan de restructuration s’inscrit dans la Révision générale des politiques publiques qui fait tant de bruits du côté des musées qui ont tour à tour déposé des préavis de grèves avec à la clé une médiatisation dont la BnF n’a pas eu le droit.

Des piquets de grève ont bloqué les entrées de l’institution et tout fut rentré dans l’ordre quand l’intersyndicale fut reçue par la direction. Il paraît que le mouvement devrait se durcir… pour l’instant il ne reste plus que le centre Georges Pompidou à être sérieusement touché.

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L’épée étincelante de la dialectique et la fourche pleine de fumier et d’ordures

Posté par Jules dans Livres le 06-12-2009

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A propos d’une époque mouvementée – des millénaristes, des humanistes méprisants, des peintres sympathisants et des princes communisants auront participé à cette Guerre des paysans qui secoua le Saint Empire romain germanique dans la foulée de la Réforme – on a aujourd’hui quelques livres, quelques études.
Pour commencer, le meilleur : « Peintres et vilains – Les artistes de la Renaissance et la grande guerre des paysans de 1525″ de Maurice Pianzola. Ou comment Cranach, Dürer, Graf ou  Holbein se solidarisèrent de l’immense jacquerie. Pianzola, militant communiste et conservateur de musée rédigea par ailleurs la biographie de Münzer, cet ex-anabaptiste oeuvrant au règne eschatologique du Christ, en rupture avec Luther qui s’opposait quant à lui ce désordre. Toujours sur la peinture, le livre de Paul-Louis Rossi, « Vies d’Albrecht Altdorfer. Peintre mystérieux du Danube ». Si ce peintre n’a pas directement été solidaire des insurrections paysannes ou millénaristes, il témoigna des troubles au travers de son oeuvre.
Bien avant et sans toucher à l’histoire des arts, des penseurs majeurs comme Engels se penchèrent sur cette époque. Ce n’est plus un secret que Marx et son acolyte voyait dans ces insurgés des précurseurs du communisme. Ainsi, Engels rédigea un ouvrage sobrement (a t-il déjà fait dans le burlesque?) intitulé « La Guerre des paysans ». Kautsky et d’autres socialistes allemands s’empareront du sujet. Mais l’autre grand penseur révolutionnaire à traiter de la chose fut Ernst Bloch, philosophe juif, qui pour s’extirper de la ligne orthodoxe travailla à concilier messianisme et dialectique marxiste. La révolte du XVI ème siècle était pour lui le terrain le plus propice à la recherche de matériaux. Il signa même un ouvrage traitant précisément de Münzer, théologue de la révolution. Zweig aussi, dans son « Erasme » ne peut passer sur certaines figures majeures. Après avoir opposé Erasme et Luther, Zweig revient sur la manière dont Erasme se détacha de la révolte et laissa par exemple Ulrich von Hutten, sorte de prince rouge et propagandiste radical de la Réforme, mourir dans la rue sans l’accueillir. Le chevalier signa d’ailleurs avant de mourir une magnifique « Plainte de Ulrich de Hutten contre Erasme de Rotterdam », mise au point avec le froussard aujourd’hui célébré.
Dernier exemple d’une fascination pour cette époque peu connue, le médiocre « Bacchus » de Cocteau, qu’il considérait comme une de ses meilleures pièces prend comme cadre l’Allemagne de l’an 1523. On y lit donc un clergé et des puissants inquiets de toute émotion populaire, des intrigues et des sentiments de frustration de certains bourgeois.

Epilogue :  lors d’une manifestation anti-carcérale à Poitiers, un graffiti « Omnia sunt communia » est fait sur une église. Au delà de l’indignation toute banale de quelques citoyens, un journaliste du Monde dans un article en une du quotidien sur les autonomes – ces nouveaux ennemis pas si effrayants de la République – rappelle que la locution latine est une citation de Thomas Münzer quant à la communisation.

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