Le blog de Manu

Le blog d’un neo-libraire post-truqué

De la police dans les lycées

Les lycées et les lycéens essayent depuis quelques semaines de sauvegarder leurs acquis et leurs quelques profs. Ils essayent également de sauver le BEP/CAP, dernier maillon professionnel de l’enseignement.

Pour se faire, comme leurs ainées, ils bloquent leurs lycées, et essayent de se faire entendre par les manifestations. Sans droit de grève, et rée préjudice économique, c’est les seuls moyens qui leurs restent pour se faire entendre.

Les forces de l’ordre et leurs commanditaires, l’état donc, ne l’entend pas de cet oreille, et n’hésite pas à user de la force pour les déloger… à l’heure de Youtube et Dailymotion, les vidéos sont vite sur internet et l’impunité de la violence gratuite de l’état ne peut plus exister.

Découvert sur rue 89

une vidéo montrant la violence habituelle en France et ailleurs…


De l’affaire Olivier Martinez et Fuzz.

Le verdict vient de tomber, alors qu’Olivier Martinez avait assigné en justice Fuzz pour violation de sa vie privée suite à un lien vite tombé dans les méandres du système web 2.0. Eric Dupin vas devoir payer 1000 euros de dommages et intérêts ainsi que 1500 euros de frais.

La liberté d’expression est aujourd’hui un peu plus entaché, le simple faite de faire mention d’une information, si cette dernière est jugée illégale, est passible d’une amande.

Ne parlons plus de rien, ne lions plus d’informations, attendons d’être sur que l’information n’est plus érronée, sinon, qui sais, nous subirons peut-être le même sort qu’Eric Dupin.

Quand à moi, promis, je n’irais plus voir un seul film avec Olivier Martinez, j’espère que les producteurs m’entendrons…

Des coûts de la librairies et de l’édition, première partie

money....Souvent, la réaction des gens m’étonne, quand cela touche mon métier ou mon futur métier, j’ai une forte envie d’expliquer le vrai et le faux, dénoncer les idées reçues et remettre la vérité en place.

Aujourd’hui, une réaction m’a surprise, affirmant que les éditeurs s’en mettait plein les fouilles, après discussion, il s’avérait que les vrais profiteurs étaient les libraires… remettons donc les choses à plat, et déjouons les contre vérités.

La vérité sur ce que gagne un éditeur.

Pour cette première partie, intéressons nous au premier maillon de la fabrication d’un livre : l’éditeur (après l’auteur bien entendu).

Tout d’abord, les éditeurs gagnent environ 45% du prix d’un livre, 35% allant au libraire et 20% aux diffuseurs/distributeurs.

Sur ces 45%, l’éditeur doit payer, bien entendu et souvent avec une joie non dissimulée, l’auteur à la hauteur d’environ 1€ par ouvrages, pour un livre à 20€. L’imprimeur facture quand a lui environ 2 euros pour un petit tirage par livre, 1 euro pour un très grand tirage. Tous les coûts extérieurs sont maintenant payés, il reste à l’éditeur 6 euros sur chaque livre. Il lui faut maintenant payer la PAO, le maquettiste, les locaux, le personnel, les salons et autres frais fixes, la gestion et le stockage du stock et surtout, surtout, la prise de risque pour les autres livres. Sachez que la plupart des frais engendrés tombent avant la vente du livre et qu’il faut environ la moitié de vendu pour rentabiliser un livre. Autant un best seller peut rapporter des milliers d’euros, autant la majorité des livres se vendent en plusieurs années, et donc sont déficitaires pour plusieurs printemps. À cela rajouter les retours des libraires, facturé environ 2€ pour les pilonnés (et donc perdre le bénéfice possible).

Pour tourner convenablement, une maison d’édition à besoin d’une centaine de titres minimum, dont quelques un qui se vendent très bien. Editeur est un métier précaire, jusqu’à un certain nombre de succès, et peut, si vous vous appelez Hachette, Gallimard ou Editis rapporter énormément (bien que cela soit incomparable avec diffuseur/distributeur).
Creative Commons License photo credit: martha madness.

De la flemme le dimanche (9)

J’ai ri…


YouTube Direkt

De la droite et des medias…

Deux affaires déplorables ont eu lieu dans la politique française ces derniers jours, deux affaires où les médias ont été pris à partie, où les journalistes ont été violentés et où l’on a essayé d’empêcher d’exercer leur métier.

La première affaire est la moins importante, mais est tout de même révélatrice de l’attitude de certaines personnes de droite vis-à-vis de la liberté d’expression : les caméras de la chaîne de télévision sur internet latelelibre.fr se sont invité à une conférence publique de Rachida Dati. Alors, les jeunes de l’UMP ont tout fait pour empêcher à ces journalistes de faire leurs boulots : bousculades, cris, obstruction du champ… Pourquoi cette chaîne plus qu’une autre ? Sûrement car elle diffuse ce que disent les candidats, sans tronquer les petites choses qui peuvent déplaire.

La seconde affaire est infiniment plus grave, une journaliste de France Inter s’est vue bousculer violemment et encercler par quelques molosses lors d’une réunion publique d’un ami de Sarkozy : Dassault, qui se représente comme maire dans une ville. A la fin de la conférence, après s’être présenté, Pascale Pascariello à oser poser quelques questions gênantes sur la gestion de la ville, bien mal lui en a pris, les gardes du corps de Monsieur Dassault et les militants ne l’entendaient pas de cette oreille et ne se sont pas privés de lui faire comprendre physiquement.  Pour lire le récit de son affaire, c’est sur rue 89 ainsi que pour écouter son témoignage.

De la mise à jour papier.

Car ça change un peu, que c’est une bonne initiative et que c’est marrant. Aujourd’hui une note écrite sur du vrai papier, pas sur un pauvre ordinateur. Merci à Gérant d’Estrade pour l’idée originale.

mise à jour papier

De nouveaux moyens de lecture ? (ou la supercherie de l’e-book.)


Hier matin j’entendais sur France Inter (oui, le matin j’écoute France Inter, il n’y pas de mal à ça) que le format papier était en passe de devenir obsolète au profit du livre électronique (mettre des paillettes et tout et tout). Les arguments sont plutôt bon, il faut l’avouer : plus besoin de payer ces saletés d’imprimeurs et de diffuseurs, les seuls frais résiderons dans la mise à disposition du livre via internet, les prises de risques pourrons être plus importantes (comme si les quelques milliers de livres sortant chaque années ne suffisaient pas…) et donc plus d’auteurs publiés, les gens pourrons lire partout (je n’ai pas vraiment compris l’argument, un livre de poche tient mieux dans la poche qu’un de ces Kindle…) et surtout on nous promet la fin des bibliothèques encombrantes !

Reste que ma bibliothèque encombrante est un élément de décors chez moi, que mes livres tiennent déjà en poche, que je n’ai pas internet partout, mais que je lit où je veux et vu que je ne sais jamais quel livre je vais consulter avant de le prendre en main… Et surtout je ne peux déjà lire toute la production, j’aime qu’il y ait un petit tri en amont du lecteur… Alors le livre électronique, utile ? Pas tant que ça !

Et surtout, voyons les choses en face : en 1999 on nous le promettait déjà ce livre électronique, le livre de l’an 2000, on disais déjà que d’ici peu, tout le monde en aurais un chez soi, que le livre était obsolète… je n’en ai encore jamais vu dans la rue, et pourtant j’habite une grande ville…

Le Kindle, le futur du livre ? Non, vraiment je ne pense pas…

Creative Commons License photo credit: Brian Vallelunga

De la jeunesse qui ne lit plus, contre argumentaire.

On nous rabâche sans arrêt que les jeunes ne lisent plus, qu’ils ne savent pas ce qu’est un livre, qu’ils ne jurent que par la télévision et la musique. On nous affirme que la jeunesse ne sais plus ce qu’est la lecture, que l’école ne donne plus le goût de

la lecture (je rejoint la critique sur ce dernier point, j’y reviendrais plus tard). Les jeunes ne veulent ils réellement plus des livres, l’une des occupations favorite de leurs aînées ou la crise est elle une création de certains acteurs ?

Des livres qui s’en sortent.

Malgré tout ce que l’on peut penser sur le livre jeunesse, il est fort de constater que l’un des livres les plus vendus en 2007 ainsi que les années précédentes est un roman pour adolescents : Harry Potter. Bien entendu, il ne fût pas

acheté uniquement par les jeunes, mais sa notoriété et sa part de marché vient bel et bien des jeunes. L’emprise médiatique que cet ouvrage a suscitée n’est pas étrangère au succès phénoménal du livre de Rowling, mais il est rare que les médias prennent des risques, et pour ne pas dérogé à la règle, c’est bien après le succès que le livre fût découvert par TF1 et consorts. Cela a tout de même permis de ne pas essouffler la machine et de faire d’un succès de librairie un succès planétaire. Il est de même pour le cinéma : une fois de plus, ce n’est pas le grand écran qui a fait de la pub au livre

mais bien le livre qui permit au grand écran de vendre.

Harry Potter est l’un des meilleurs représentant de la bonne santé de la littérature jeunesse, le succès étant là, mais ce n’est pas le seul. Au delà des livres surfant sur le même registre, tel Narnia, d’autres ouvrages trouvent leur pu

blique. Il est d’ailleurs intéressant de noté que 2 des 50 meilleurs ventes Amazon (je n’ai pas l’accès aux meilleurs ventes de Livre Hebdo, si un libraire peut me les fournir…) sont des livres jeunesse, sans prendre en compte les quelques BDs (parcourus bien souvent par les petits comme les grands).

La BD justement…

La Bande dessinée est un secteur de vente aujourd’hui important, et bien que la BD adulte est trouvé sa place et

se vend très bien, si ce n’est mieux que la BD enfant, il est vérifiable que des maisons d’éditions comme Dupuis se portent bien. Quel enfant n’a jamais lu une BD, voir quel enfant n’a pas une petite collection chez lui ? Oui, les enfants lisent, et ils lisent beaucoup de bandes dessinés, il suffit de voir le succès de certains Naruto, qui arrivent parfois à prendre les

premières

places des meilleurs ventes livres. Après, certains n’hésiteront pas à dénigrer le style, la BD n’est qu’une sous-littérature. Et bien qu’ils leurs en plaise ou non, les enfants lisent, et ils préfèrent souvent (et c’est loin d’être toujours le cas) la BD à littérature traditionnelle.

Un secteur en progression.

La jeunesse est l’un des secteurs qui s’agrandit le plus dans nos belles librairies. Alors que cet espace était réservé à quelques avant-gardistes il y a quelques années, aujourd’hui la plupart des librairies se

permettent un rayon étoffé et convivial. Les librairies jeunesse fleurissent petit à petit dans toutes les grandes villes et deviennent de plus en plus importante. Il est donc certain qu’il y a une demande, une demande qui s’accroît et qui devient petit à petit conséquente. Cette demande n’est peut-être pas celle des enfants, mais celle des parents qui cherchent un petit présent pour leurs enfants. Mais sans lecteurs, les librairies ne prendraient pas de risque et les parents encore moins. Les enfants demandent donc bel et bien des livres à leurs parents, qui demandent à leur tour des espaces enfants eux libraires qui vont faire des espaces attractifs pour les enfants, qui demanderont plus de livres, et la boucle est bouclé.

Les enfants ne lisent pas ?

Cela m’étonnerait, vu le battage médiatique que reçoivent les livres jeunesse, vu que le secteur ne fait que grandir, et que les prises de risques sont aujourd’hui très fortes (il suffit de se rendre au salon du livre jeunesse de Montreuil pour se faire une idée du nombre de publications). Les enfants, j’en suis persuadés lisent, lisent même beaucoup mais ne lisent peut-être pas comme leurs parents.

Et musique/télévision peut rimer avec littérature…

Crédits photos (de haut en bas) :
Creative Commons License photo credit: Orbitgal, Creative Commons License photo credit: Ariz, Creative Commons License photo credit: rubberdreamfeet

D’un jour ordinaire en Russie

Aujourd’hui est un jour comme un autre en Russie, les gens iront faire leurs courses tranquillement, les travailleurs iront travailler, les enfants s’amuseront (ou pas). Demain sera également un jour comme un autre, les gens iront voter, non pas pour leur candidat mais pour Dmitri Medvedev, la tête de liste du parti au pouvoir. Non pas que les russes n’ont pas d’idées ou qu’ils soient tous pro-kremlin, mais tout simplement car bon nombre n’ont pas le choix : les fonctionnaires, les parents, les normaux, et les autres.

Demain sera un jour comme un autre en Russie, les militaires tueront des tchétchènes, qui iront voter en masse pour Dmitri Medvedev, qu’ils soient vivant ou mort, d’ailleurs. D’autres militaires ou policiers empêcheront des manifestations, et les quelques uns qui n’auront rien à faire tortureront certainement des dissidents.

Une journée comme les autres dans la Russie d’aujourd’hui, qui n’a pas bien changé depuis… quelques centaines d’années.

Ci-dessous une vidéo particulièrement violente, montrant la violence habituelle en Russie et ailleurs…


D’une bonne initiative : Babelio encourage la critique de livre.

babelio logoBabelio, le premier réseaux social autour du livre, permet de connecter chaque personnes en fonction des livres présents dans leurs bibliothèques.

Surfant sur la vague des réseaux sociaux de niche, le site qui commence à se faire doucement connaître est une montagne de bonnes idées. En plus de mettre les bibliothèques de ses membres en relations, permetant de rencontrer des personnes ayant des goûts proches de vous (et de constater avec surprise que vous êtes le seul à posséder une montagne de champ libre) il encourage aujourd’hui ses membres à déposer des critiques…

Pour se faire les concepteurs du site proposent tout simplement de donner des livres en échange d’une critique, ou comment repenser le désormais fameux nourriture contre pétrole. Une excellente initiative donc, qui permet à un site de s’étoffer à moindre frais (les livres étant en service presse) et à des utilisateurs conquis et heureux d’enrichir leur bibliothèque gratuitement.

Il ne vous reste donc plus qu’à vous inscrire et à espérer être de la prochaine vague de Masse Critique.

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