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Les grands auteurs : Georges Darien

Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 10-01-2010

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La nouvelle année est commencée, c’est le moment de reprendre les vieux classiques que vous n’avez jamais eu le courage d’ouvrir, ce qui est bien dommage, si vous voulez mon avis. Vous ne le voulez certainement pas, de toute façon. Commençons par celui qui fut l’un des auteurs fétiches de Breton dont il affirma que l’oeuvre « est le plus rigoureux assaut que je sache contre l’hypocrisie, l’imposture, la sottise la lâcheté » : Georges Darien.

Je vous avertis tout de suite, nous ne savons rien ou presque de Georges Darien, la seule biographie disponible est sortie en 1996 sous le titre Georges Darien et fut écrite par David Bosc aux éditions Sulliver.

Né en 1862 pour mourir quatre mois jour pour jour après son mariage à seulement 59 ans. Georges Darien commence sa vie par s’engager dans l’armée. Ce geste est – contrairement aux apparences – certainement la meilleure idée qu’il n’a jamais eue : après avoir été l’un de ces insoumis qui pensent toujours avoir raison, la République Française décide de l’envoyer au bagne de Biribi pour lui apprendre à respecter l’autorité. Il y séjournera trente-trois mois, ce qui lui donnera tout le loisir de réfléchir à sa condition et de pondre à sa libération l’une de ses plus grandes œuvres : Biribi. Il ne s’arrêtera alors plus d’écrire. Bien entendu, son livre sera retardé, par l’éditeur Savine, le scandale étant trop grand, Darien racontera cette histoire ainsi qu’une attaque contre le monde de l’édition du début du siècle dernier dans le très bon Les Pharisiens.

En plus d’être un insoumis, notre auteur n’hésite pas à collaborer dans les milieux anarchistes, à L’En dehors au coté de Zo d’Axa ou encore pour L’ennemi du Peuple – réédité l’année dernière par L’âge d’homme. Que voulez vous, cet homme est un insoumis, un fou, un sans foi ni loi qui n’hésite pas à écrire l’histoire d’un voleur qui vole pour voler, pour dire non à tout. Un nihiliste ! Le voleur sera son œuvre majeure, celle qu’on étudie aujourd’hui dans les salles des facultés, celle qui à la reconnaissance de tous. La preuve : André Breton l’a préfacé. L’histoire y est pourtant simple : un jeune homme décide de devenir voleur. Non pas par conviction ou par besoin, mais par envie. N’est-ce pas là le plus beau métier du monde. L’un des plus anciens, indéniablement. Il paraitrait que ce livre serait autobiographique, même si personne ne pourras vous le confirmer. N’est-ce pas là ce que défend Darien plus que tout au monde : la liberté, la liberté de faire ce que bon nous sembles, sans pour autant avoir peur du lendemain et des représailles ? Le premier No Futur du siècle des révolutions, quoi que Isidor Ducasse n’est pas très loin non plus.

L’oeuvre de Darien traduit majoritairement une violence contre une société qu’il exècre, contre une vie qu’il déteste et contre un peuple qui lui semble fébrile. Il ne s’encombre pas de rhétoriques, quels quelles soient, il crache sur toutes les institutions, sur tous les drapeaux, bien que le noir soit le plus beaux. Le style est alors pamphlétaire, directe et virulent, racontant le monde tel qui le vit : mauvais et violent. Seul le voleur dénote dans cette vie fait d’extrêmes, ce quatrième ouvrage qui n’a qu’un succès misérable à sa sortie est bien plus aboutit littérairement. Le style y est dense, la langue y est riche et la lecture y est un véritable régal. Je lui préfère tout de même Biribi pour la force et la passion qui lui sont propres, mais il est incontestable que l’écriture de Darien prend toute sa splendeur dans Le Voleur.

Moins connu, Georges Darien écrivit également quantité de pièces de théâtre, aucune n’a eu de grands succès, et encore aujourd’hui il n’est pas simple de se les procurer, encore des petites perles à rééditer. Faisons confiance aux éditeurs, ils retrouveront sûrement un jour tout ces textes enfouis dans les abymes de l’édition française.
Vous pouvez trouver en poche un peu partout la plupart des romans de Darien, sinon vous pouvez acheter pour 25 € l’Omnibus qui les regroupe tous. Par contre, c’est plus lourd et moins pratique à transporter. Si vous êtes riches, vous pouvez chercher et trouver assez facilement les éditions originales.

« Le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat »

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 04-06-2009

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On connaît tous Gaston Leroux, ou au moins son célèbre personnage Rouletabille que l’on retrouve dans des aventures aussi célèbres que « Le parfum de la dame en noir » ou « Le mystère de la chambre jaune » qui ont été adaptés au cinéma. Mais Leroux n’a pas signé que ces seuls textes – supers par ailleurs. Il fut aussi avocat et reporter. Jusqu’ici, des textes peu connus de lui et pourtant remarquables avaient été publiés au serpent à plumes notamment « L’agonie de la Russie blanche » qu’il écrit après avoir été en Russie pour le compte du journal « Le matin » et « La machine à assassiner » magnifique roman sur une condamnation à mort, genre de peine auquel il était farouchement opposé. Pour revenir au roman, Rouletabille n’était pas le seul héros de Leroux. Il y eut aussi Chéri-Bibi, dont les aventures paraissaient en feuilleton dans « Le Matin » toujours. Les thèmes étaient à la mode de l’époque ; erreur judiciaire virant à l’enquête virant au fantastique virant au mélodrame… mais avec un ton et un style franchement macabres. Ces aventures, on les trouvait chez Bouquin à l’époque, édités par Francis Lacassin, genre boulot bien mené, mais bien sûr, ça n’a pas manqué, l’ouvrage fût rapidement épuisé. Voilà la faute réparée par les éditions Libertalia qui publient coup sur coup « Les cages flottantes » et « Chéri-Bibi et Cécily ». Francis Lacassin n’est plus dans le coup (il ne peut plus le pauvre homme, paix à son âme), mais les ouvrages renaissent avec de nouvelles illustrations. Un grand merci donc à Libertalia pour remettre à l’honneur l’auteur de la phrase « Le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat ».