À voir, à lire, à écouter
Posted by Manu | Posted in humeur | Posted on 05-10-2009
Mots-clefs :cinema, critique, livre, musique
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Ne vous inquiétez donc pas, ce blog n’est toujours pas le blog de Jules, mais bien le blog de Manu (et de Jules et Michaël). Le manque de messages ces temps si ne présage aucunement de la suite de cette situation. Pour en finir avec le diktat de l’article littéraire, voici quelques petits trucs à lire, à voir ou à écouter lorsque vous vous ennuyez.
Commençons avec le nouveau livre de chez Attila, Paris insolite de Jean-Paul Clébert qui nous invite à visiter le Paris des années 50, le vrai Paris, pas celui où les uns et les autres se complaisent, où la libération à fait d’un Paris outragé, brisé et martyrisé un Paris libéré. Non, Clébert nous montre le Paris des fous, des inventeurs géniaux, des troquets. Accompagné des photos, magnifiques, de Patrice Molinard, je ne vous cache pas qu’il ne peut être qu’intéressant de le lire, de préférence en bougeant dans les quartiers en même temps que l’auteur.
Un autre livre, édité chez Finitude cette fois : Inventions nouvelles et dernières nouveautés de Gaston de Pawlowski présentant les inventions les plus indispensables depuis la Création, mais qui la plupart du temps ne trouveront jamais preneur, et c’est fortement dommageable. Se moquant de l’inutilité du gadget, De Pawlowski nous présente les inventions les plus incongrues, nous les rendant indispensables.
Lorsque vous en aurez marre de lire, mais que vous ne voulez toujours pas sortir, ou si peu, vous pourrez vous déplacer jusqu’à votre cinéma pour le Grand Lyon Film Festival à Lyon, par exemple (sauf si vous n’êtes pas lyonnais, sans cette condition vous devrez faire de longues heures de route avant de trouver le salut) qui au lieu de nous présenter des films qui vont sortir avec moult fracas laissant bien des films sans la moindre chance médiatique nous replonge dans de nombreuses rétrospectives des meilleurs réalisateurs : Sergio Leone, Clint Eastwood (en invité d’honneur), Don Siegel, Eddie Muller accompagnés par d’autres films proches de Clint Eastwood. Thierry Frémaux a eu une grande idée, cette fois, bien plus grande que le festival de Cannes.
Sinon, pour tous ceux qui sont Montreuillois de cœur, laissez-vous tenter par l’Armée du Crime, film retraçant les faits et gestes de la bande à Manouchian. Tuer des communistes ça me rend toujours un peu triste. On se rassure en sachant qu’à l’époque il y en avait par poignées. Vous pouvez également aller voir Un Prophète, bien que la presse apologétique en a une fois de plus bien trop fait.
Sinon, j’écoute en ce moment même l’émission de France Inter, Carrefour de Lodeon et je ne peux que vous le recommander. Vous finirez, si ce n’est déjà fait, par aimer la musique classique.
En attendant un prochain article, j’espère que vous aurez assez à faire pour les prochains jours.


Le sujet de ce film est peu connu en France, il s’agit de l’histoire de l’extrême gauche japonaise à travers un de ses groupes, L‘Armée Rouge Unifiée qui fut propulsée à la une des journaux suite au siège d’un chalet par la police dans lequel s’était enfermé cinq de ses membres (siège qui consitue la troisième partie et l’apothéose du film organisé en tryptique). Ce groupe de radicaux issus de la contestation universitaire, avant l’arrestation de la plupart de ses membres se livre à une série d’auto-critiques sanglantes qui se soldent par la mort de beaucoup de ses jeunes membres d’une vingtaine d’années. Ce chapitre sanglant constitue l’acte central du film. Rappelons que le réalisateur Koji Wakamatsu ayant connu ces groupes (en plu d’avoir fréquenté le milieu yakuza) perdit dans ces mauvaises mascarades de procès staliniens une de ses proches. L’oeuvre n’est pas pour autant une simple dénonciation des dérives militantes. Elle reconnaît le sentiment de révolte né dans une société japonaise coercitive, présentée dans la première partie du film-quasi documentaire. Wakamatsu est un des maîtres du pink eiga,la sexploitation japonaise, inspirée par l’érotisme, la violence et la Nouvelle Vague qui fournit au cinéma indépendant japonais ses grandes oeuvres. Il avait déjà tourné autour de ce thème et rentre pour l’occasion en contact avec un des protagonistes des procès et de la prise du chalet, toujours en prison aujourd’hui. Enfin, la musique est elle assurée par Jim O’ rourke de Sonic Youth et vaut à elle seule le déplacement. Où peut-on le voir? Au Saint André, à Saint-Michel dans la rue saint andré des arts.