Posted by Jules | Posted in Librairie -edition | Posted on 19-12-2009
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Exégèse, liturgie, droit, pédagogie, politique, actualité… Les éditions libanaises Al Bouraq et Tawhid (Lyon) sont les deux références en matière d’ouvrages précis concernant l’Islam. Si elles proposent un panel important d’études, leur catalogue offre aussi des ouvrages qui aident le fidèle dans son quotidien : apprentissage de la prière, de l’arabe, histoires du Coran et des Prophètes pour les enfants… Les deux leaders du livre musulman francophone ne sont malheureusement mais logiquement pas omniprésents sur les rayonnages de librairie généralistes. Alors voilà quelques pistes pour les trouver : Librairies Tawhid, 8 rue Notre Dame, Lyon et 9 bis Boulevard de Belleville, Paris. La Librairie Avicenne, à proximité de l’IMA possède aussi de leurs ouvrages dans son fonds, un des meilleurs en France concernant l’Islam et le monde arabe. Il existe bien sûr un nombre très importants de librairies islamiques à Paris, Lyon ou Marseille mais elles exposent souvent plus d’ouvrages en arabe qu’en français.
Posted by Jules | Posted in Librairie -edition | Posted on 04-11-2009
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Le départ du Seuil de la rue Jacob (Paris VI) pour Montrouge entraîne une -mini- polémique. On imagine que certains employés trouvaient plus plaisants Paris centre, et quelques « intellos » types crient déjà au scandale. Emmanuel Pierrat, conseiller à la mairie du VIème, romancier et éditeur répond à Jules à ce propos.
J. – Quels sont les dangers, pour le quartier, du départ du Seuil de la rue Jacob? On imagine que les cars de touristes ne s’y rendaient pas par centaines, mais l’identité du quartier n’est-elle touchée?
E.P. Les restos, cafés, etc. vont changer de clientèle… et tout sera peu à peu aseptisé.
J. – Lorsque le divan avait cédé la place à Dior, beaucoup s’étaient offusqués – alors même qu’une enseigne Dior a le don d’attirer un nombre incroyable de jolies filles. Avez-vous eu vent d’indignations de ce genre?
E.P. Non, car le Seuil était caché dans des étages… et d’accès privé.
J. – Peut-on voir le déplacement des grandes maisons d’éditions comme un pas vers une démocratisation de la culture?
E.P. Certainement pas, car ce sont des entreprises où l’on ne rentre pas comme dans un lieu public…
J.- Qu’avez-vous prévu pour le mythique if qui était dans la cour du Seuil?
E.P. De le couper pour en faire de la pâte à papier ?
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Posted by Jules | Posted in Librairie -edition | Posted on 22-10-2009
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L’ouverture d’archives, c’est pas une requete originale. Normalement c’est une spécialité de rouges, Stasi, PCF, les leurs furent particulièrement attendues. Il en va des archives comme du reste, il y en a certaines plus médiatiques que d’autres. Pourtant, binoclards, littéreux et autres rats de bibliothèques pas universitaires pourraient d’ors et deja se constituer en lobby pour l’ouverture des archives Gallimard. Pendant des années, le comité de lecture notait, de 1 à 4 tous les manuscrits. Un 1 signifiait un soutien sans faille à l’oeuvre, un 4 la vouait à la corbeille. 2 ou 3 attendaient des modifications, suscitaient d’ardents débats. Eh bien, on aimerait bien savoir quelle note tel grand ponte a accordé à tel manuscrit. Cette vielle raclure de Gide, que disait-il quand un Vitrac ou un Jouhandeau échouait sur sa table? Beaucoup de manuscrits, de fiches et comptes rendus étaient anonymes, histoire de pas voir ressurgir le 4 posé dans la marge par un des parrains de la NRF sur une oeuvre depuis consacrée. En plus de ces fameuses fiches, on peut imaginer des contrats par centaine, une abondante correspondance, des annotations et des petits bouts de papiers par milliers, signés Gallimard, Schlumberger, Groethuysen, Paulhan, Arland… Bien sûr au fil du temps de petits incidents ont fait oeuvre de censure, en plus d’évenements plus tragiques, comme lors de la signature de l’armistice où chez Gallimard comme partout, on brûla activement. C’est à ce moment par exemple, selon Assouline que furent carbonisés les plans de l’expédition imaginée par le jeune Malraux pour faire évader Trotsky.*
Toute cette paperasse, ces comptes et tout le bazar mis à disposition du public serait un souci de transparence admirable de la part de l’éditeur francophone numéro un.
* Oui, oui, voilà qui contribue à certifier que Malraux fut le mec le plus cool de ce siècle. Il eut pour projet de libérer Trotsky en compagnie d’auteurs de la NRF qu’il venait à peine de rejoindre. On peut imaginer son dépitement quand Gallimard lui expliqua que non, la NRF n’était pas habilitée à ce genre d’aventure.
Posted by Manu | Posted in Librairie -edition | Posted on 06-07-2009
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Bientôt la rentrée littéraire, les libraires ont reçu leurs services presses – Michaël vous les chroniques tous d’ailleurs – et les auteurs veulent leurs prix. Mais voilà le drame : il n’y aura que 659 romans cette année, une baisse impressionnante de 2,51%, un drame pour tout lecteur qui se respecte ! Comment le lecteur vas t-il faire pour occuper son temps avec 17 livres en moins ? Et cela ne risque pas de s’arranger, en effet, le site la boite à sortie nous rappelle que cela fait maintenant deux ans qu’une telle baisse intervient.
Nous pouvons clairement tablé sur un début de la fin de la création littéraire. Pauvre de nous.
Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 12-06-2009
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Gerard Lebovici
Tiens, puisqu’on parle de Situationnisme et de Guy Debord, et qu’il y a quelques temps je vous parlais d’Ivrea, la maison d’édition connue pour être celle de Guy Debord et qui s’appela autrefois Editions Gérard Lebovici et avant la mort de ce dernier Champ Libre. Et bien, sachez que l’éditeur précité déchaîna les passions autrefois. Comment peut-il en être autrement d’un homme qui devint en l’espace de quelques années le plus puissant producteur indépendant du cinéma français, faisant jouer Belmondo, produisant Truffaut et baisant des call-girl tout en jouant au poker dans des tripots clandestins. Ajoutons à tout cela qu’il est éditeur de gauchistes, de terroristes et même d’un recueil de chansons de Renaud Séchan. Une telle infamie aux yeux de la société ne pouvait rester impunie, et c’est lors de son assassinat que la vengeance se prononça. Alors plus rien ne pouvais arrêter les journalistes, qui aujourd’hui adulent Guy Debord et voudraient bien avoir un exemplaire dédicacé de la société du spectacle ou de tout autre livre de Champ Libre, mais malheur à eux, aucun services presses n’étaient alors envoyé car Lebovici les détestaient tout autant qu’ils le déteste.
Pour mieux comprendre la vie et la mort de Lebovici, quelques livres peuvent faire l’affaire (ou l’article sur un site collaboratif dont l’un des contributeurs du blog de Manu à une part dans la piscine du fondateur, Jimmy Walls). Commençons par les deux tomes des correspondances de Champ Libre, où l’on comprend bien que Lebovici aime Debord, et que le style du « gourou » est fortement imprégné en lui, arrêtez vous plus particulièrement sur la lettre à Jean-Patrick Manchette, sûrement l’une des plus méchantes et sur celle pour Bourgois, certainement l’une des plus drôles.
Continuez par lire Tout sur le personnage, passez la première partie qui n’est qu’un résumé rapide de ce que vous venez de lire et lisez avidement la seconde qui reprend les coupures de presses parues lors de l’assassinat du PDG d’ AAA. Vous sentez déjà une certaine haine s’installer, et vous vous demander ce que Guy Debord à bien put répondre à toutes les infamies dont il est accusé.
Et bien, finissez donc par Considération sur l’assassinat de Gérard Lebovici qui répondra à toutes vos attentes, le réalisateur de Hurlements en faveur de Sade démonte juste avant de mourir suicidé ce sur quoi on l’a accusé. Ah, et pour le fun, lisez également Cette mauvaise réputation qui complète un peu ce dernier livre, laissant de côté les journalistes pour s’attaquer aux gens du monde.
Posted by Manu | Posted in Librairie -edition | Posted on 30-05-2009
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Gerard Lebovici
Vous faites un tour dans le cinquième arrondissement de Paris un jeudi ou un vendredi ? Au lieu de vous payer un café à 7 euros au Flore, dirigez vous vers la place Paul Painlevé et rentrez dans la boutique Ivrea. Sur votre gauche, pleins de livres à moitié prix vous attendent, et croyez moi, ils valent les quelques euros qu’il reste à mettre entre les mains du vendeur (ou de la veuve Debord). Si vous ne trouvez pas votre bonheur sur ce côté du magasin, l’autre où est exposé les livres neufs vous satisferont de toute façon.
Le premier truc à faire est de courir vers les Georges Orwell d’occasion, et de tous les acheter (mise à part les tomes de Essais, articles, lettres, loin d’êtres indispensables et dont une sélection très bien foutue est présente dans Dans le ventre de la Baleine) si vous ne les avez pas déjà. Si vous êtes beaucoup trop raisonnable et refusez d’acheter pour plusieurs dizaines d’euros d’un même auteur, achetez au moins Hommage à la Catalogne et la Ferme des Animaux. Il ne vous manque maintenant plus que 1984 que vous pouvez acheter en face, à la librairie Compagnie en grand format, bien entendu, car tout comme Lebovici, vous haïssez le format poche.
Un peu plus bas dans la même étagère, vous trouverez, s’il y est encore De la guerre de Carl Von Clausewitz pour seulement trente euros. Tout savoir de la stratégie militaire pré seconde guerre mondiale pour trente euros, c’est on ne peut plus raisonnable, surtout en ces temps de crises. Les différentes campagnes du monsieur vous permettrons de parfaire votre connaissance de la stratégie militaire, prenez également Précis de l’art de la guerre de Jomini ainsi que Le Prince de Machiavel (même si vous l’avez dans une autre édition). Vous pourrez compléter votre enseignement avec les œuvres de Bakounine, que vous ne lirez surement jamais, vu comme le monsieur écrivait, mais c’est toujours la classe dans une bibliothèque ordonnée tout comme les écrits politique d’Hegel. Puis, vous volerez à une jeune fille le, merveilleux Daisy Miller d’Henry James et n’oubliez pas les Quatrains d’Omar Khayyam.
Pour en savoir un peu plus sur Champ Libre, et rire de bon cœur, n’oubliez surtout pas les correspondances de Champ libre, et lisez Tout sur le personnage de Gerard Lebovici. N’oubliez pas les Habits neufs du président Mao de Simon leys et la fabuleuse biographie de Staline de Souvarine, biographie qui a eu un mal fou, on l’imagine à se faire éditer dans nos belles contrées mais dont le petit père du peuple avait une version pirate traduite en russe.
Vous trouverez certainement pleins d’autres ouvrages que vous ne pourrez vous empêcher d’acheter, et vous ressortirez lésé de plusieurs centaines d’euros, mais vous vous direz, c’est certains, que vous avez fait l’affaire de votre vie.
Puis vous rentrerez dans votre duplex dans le 6ème, histoire de lire tout ça les dix prochains jours, de toute façon ça fait bien longtemps que vous n’allez plus au travail, votre héritage vous l’interdisant.
Posted by Manu | Posted in Librairie -edition | Posted on 15-04-2009
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Amazon, toujours Amazon, à croire que le premier libraire du globe m’est devenu un véritable poison… Amazon, donc, fort de son rôle de premier marchand de livres aux États unis n’y est pas allé par quatre chemins pour montrer sa rancœur des minorités sexuelles. Le librairie d’internet à virer le plus simplement du monde les auteurs à sexualité déviante des best-sellers et des recherches spécialisées — pages visibles s’il en est — histoire qu’il y est un peu moins de toutes ces cochonneries sur son immaculé site. Les internautes lettrés (ne le sont-ils pas tous ?) s’en sont bien sûr émus, un peu tard il est vrai, et Amazon fit machine arrière, exhibant tout de même au gotha de l’édition sa force de frappe.
Je ne recommencerais pas mes explications sur les parts de marchés et Amazon, mais il est fort de constater qu’aujourd’hui, le libraire du net est assez puissant aux Amériques pour imposer sa loi. Plus fort que tout, il se permet de jouer au petit censeur, faisant disparaitre les ouvrages ne lui plaisant pas. Si le grand défendeur de la gratuité des frais de port continue son bonhomme de chemin, il y a fort à parier que demain nous ne trouverons plus que quelques oeuvres mielleuses et bon enfant, édulcoré de ce qu’Amazon à décidé.
Ne crions tout de même pas au loup, pas tout de suite, les libraires, indépendants ou pas, sont encore assez fort, et largement, pour défendre ce qui doit être défendu, et — laisser moi le croire — ce n’est pas près de changer.
Posted by Manu | Posted in Librairie -edition | Posted on 06-03-2009
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Qui ne s’est pas déjà demandé quelle est la marge de chaque acteur d’un objet ? Que ce soit un CD, un DVD, un jeu vidéo, une salade ou encore un livre, où va l’argent et pourquoi ? Je vais tenter de répondre pour le seul univers que je connais : le livre.
Prenons comme exemple un livre au prix fixé par l’éditeur de 20 €, prix plutôt moyen pour un livre broché, qui n’est donc pas encore rentabilisé (contrairement au livre de poche qui permet souvent au livre d’avoir une seconde vie). Vous achetez ce livre 19 €, car votre libraire est un homme sympa et vous fait une ristourne de 5 %, ce qui est le maximum prévu par la loi Lang pour des particuliers.
Libraire qui a acheté ce livre 13 € à un diffuseur, avec qui il a négocié longuement 35 % de remise (remise moyenne des librairies travaillant régulièrement avec le diffuseur, ce taux peut monter jusqu’à 40 %, dans la pratique cela n’arrive qu’aux grands groupes du genre Fnac, et descendre jusqu’à 25 %, en pratique cela n’arrive jamais.), il a donc « gagné » 6 € sur la vente de ce livre.
Le diffuseur/distributeur, parlons-en, à acheter son livre à 9 €, demandant une remise de 55 %, encore une fois cette remise est moyenne et est celle d’un éditeur moyen, avec une base de livre déjà bien implantée. Cette remise permet de payer la diffusion, c’est-à-dire la promotion du livre auprès des libraires, et la distribution, ou la gestion des livres. Il a donc « gagné » 4 €.
L’auteur du livre lui gagne des droits d’auteurs, disons 6 %, ce qui n’est pas fameux, mais pas minime non plus (tout dépend en réalité du secteur, de la maison d’édition et surtout de l’auteur lui-même), il gagne donc 1,20 € par ouvrages. L’imprimeur quant à lui demande 2 € par ouvrages, si on lui en demande 2000 environs et que l’on a l’habitude de travailler avec lui.
Il reste maintenant à l’éditeur 5,80 €, à charge pour lui de payer les frais (l’impression n’est pas au livre, mais par 2000, les coûts de personnel et de vie de l’entreprise ne sont pas non plus anodins).
Voici un petit diagramme récapitulatif, histoire de vous faire une idée par vous-même.

Le prix du livre
Posted by Manu | Posted in Librairie -edition | Posted on 11-11-2008
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La sentence est tombé, le nouveau Goncourt est pour Singué Sabour de Atiq Rahimi, encore une fois, aucune surprise donc.
Il parait que le livre est bon. Il à également la chance d’être chez P.O.L., racheté il y a quelques années par Gallimard. Peut-on imaginer un Goncourt sans Gallimard ou Grasset ? À de rares exceptions, je ne pense pas. Je ne vais pas entrer dans la critique des prix, cela a dors et déjà été trop fait et est aujourd’hui trop facile, je vous laisserais par contre le soin de lire les autobiographies d’éditeurs, vous en apprendrez plus que dans n’importe quels articles du monde littéraire. Je conseil, pour ceux que ça intéresse Ascendant Sagittaire de Gérard Guégan, qui même s’il reste fort partial donne une idée de ce milieu.
Posted by Manu | Posted in Librairie -edition | Posted on 04-07-2008
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Finitude est une petite maison d’édition Bordelaise qui devrait se permettre d’être une des grandes du livre. Au lieu de ça, les associés essayent tant bien que mal de continuer à faire ce qu’ils aiment : éditer des livres, mais pas n’importe quelles livres. Leur ligne éditorial est simple et certainement la meilleur que je n’ai jamais vu : ils publient ce qu’ils aiment. Et ils en aiment des choses, souvent des ouvrages déjà publié dans le passé, comme Nuits Bleus, Calme bières, de Jean Pierre Martinet mais également des nouveautés, et par des grands, s’il vous plaît ! Raphaël Sorin par exemple, celui là même qui à participer à l’aventure Champ libre et Sagittaire, celui également qui à un blog chez Libération (quelle idée ?), à donner la primeur de son recueil aux petits de chez Finitude.
Ce qui est fantastique avec les petites maisons d’édition, c’est qu’elles n’hésitent pas à se mettre un peu plus dans la merde pour peu que ça leur plaise. Des tirages de tête d’une rare qualité essayent de s’imposer pour des sommes de raisonnable à relativement chères, mais l’idée est là, le collectionneur est heureux, le livre regagne sa noblesse. D’ailleurs, tout ouvrages possède une impression, un papier choisit avec amour, les textes sont lisibles et travaillés, il est bon de lire ces ouvrages, bien plus bon qu’un Folio à 2 euros. Essayez, vous ne pourrez pas y revenir !