À lire.

De la genèse d’un esprit…

Lire la suite

Allia, dans la très belle collection à 9 euros vient de publier les Fragments Autobiographiques de Frances A. Yates. Ce sont simplement les mémoires d’une fantastique historienne de la tradition hermétique, de « l’occultisme », du néo-platonisme. Ceux qui la connaissent...

Nous suivre par RSS ou e-mail Le twitter de Manu

Adieu Jorge Semprun

Posted by Jean-Mi | Posted in Actu | Posted on 08-06-2011

Mots-clefs :, ,

0

Membre de l’Académie Goncourt, Jorge Semprun est mort mardi à 87 ans après une vie que l’on peut qualifier de tumultueuse.

Ceux qui ont parcouru son œuvre en parleraient mieux que moi, mais c’est un homme d’une imposante stature qui s’en est allé. Né au début du XXème siècle en Espagne, il la fuit en 1939 pour les raisons que l’on devine, avec une famille telle que la sienne, républicaine jusqu’au bout des ongles. C’est à Paris qu’il se réfugie et à Buchenwald qu’il est envoyé en 1943 parce qu’il jouait à la politique avec le parti communiste et les FTP.

Au début des années ’60 il est exclu du PC espagnol et commence à écrire le récit de sa vie. Elle ne s’arrête pas là sa vie, il écrit des scénarios pour le cinéma, reprend la politique dans les années ’80, entrant au gouvernement socialiste espagnol, entre dans le comité Goncourt. Il est devenu l’un des représentants de ces écrivains ayant décrit la déportation dans leur œuvre.

Je vous renvoie à l’article plus complet de Rue89.

Suel Kerouac l’a fait

Posted by Jean-Mi | Posted in Livres | Posted on 22-11-2010

Mots-clefs :, , , , ,

4

Quelques mois auparavant, je mentionnais la réédition-retraduction de l’œuvre de Jack Kerouac, le roman initiatique devenu récit autobiographique Sur la route, sous intitulé par Gallimard (pour ne pas confondre avec le Folio ?) « le rouleau original » (faisant ainsi référence au long rouleau de parchemin utilisé par l’auteur pour taper le texte d’une traite).

En dehors de cette œuvre magistrale, le lecteur averti connaitra Les clochards célestes, Les anges vagabonds, Le vagabond solitaire et j’en passe et des meilleures. Tous traitent, comme nous le remarquons dans les titres eux-mêmes, des vagabondages de l’auteur et de ses alter-ego chers aux littérateurs américains (et aussi français, mais ça me déprime d’en parler aujourd’hui, Houellebecq a eu le Goncourt que faut-il d’autre ?)

Qu’en est-il des moments tranquilles de l’écrivain canadien ? Qu’en est-il de la douceur du foyer dont il n’arrive pas à s’attacher dans ses « romans » ? Et bien, quand Gallimard publiait en grandes pompes « le rouleau original », les éditions La table ronde faisaient paraitre Le livre des esquisses (1952 -1954), extraits des journaux de Kerouac quand il vivait chez sa sœur en Caroline du Nord. Des pensées, des anecdotes de rien du tout ou presque, des conversations qu’il reporte, parfois avec minutie, parfois en quelques mots, comme bavés sur un coin de table, sortant ce carnet de sa poche poitrine de chemise ; des poèmes donc, beaucoup de poésie dans ce qu’il raconte. Il dévoile dans ses textes beaucoup de lui-même et de ses contemporains.

Lucien Suel est le traducteur de ces textes manuscrits. Spécialiste de la littérature beat, lui-même poète et écrivain, je tiens à saluer cet homme. Je l’avais découvert il y a deux années, quand paraissait un livre intitulé Mort d’un jardinier, à la Table ronde. Aujourd’hui publié chez Folio, il est temps de remarquer ce roman fantastique.

Mort d’un jardinier nous laisse penser qu’il est le contraire d’un roman d’apprentissage. Et pourtant, non. C’est le long monologue intérieur du narrateur s’adressant au personnage central du roman. Le jardinier. Il descend au petit matin dans son potager et le narrateur lui parle de l’univers qui l’entoure. De ce microcosme dont l’homme a transformé sa vie. De rappeler, entre le carré de terre à biner et les odeurs à humer, la vie de cet homme. Ce sont ses souvenirs qu’il nous découvre, des souvenirs d’une vie pleine, de voyages, de rencontres, de musique, d’amitié, d’amour, de bière, de joie. La vie d’un homme qui aime la vie. Chaque action présente dans son jardin est comme induite par son passé. Si l’homme est vieux aujourd’hui, nous n’en savons rien, mais nous nous en doutons. Des problèmes cardiaques, des pincements, très douloureux ou pas trop. Il vit avec et sait qu’il va mourir. Mais avant de mourir il se souvient de tout. Ce mystérieux narrateur, cette personne qui lui fait la conversation, qu’on pourrait imaginer assis sur un banc ou un muret dans ce jardin et qui regarde le jardinier travailler, ou qui l’aide, cet homme lui rappelle tout de sa vie. Ce narrateur qui, après tout, n’est qu’une voix dans le livre, n’est-il pas simplement le reflet de la pensée du jardinier ? Se parle-t-il à lui même pour se souvenir ? On n’en saura rien. Le jardinier travaille, se repose en fumant une cigarette, regarde la beauté du paysage, reprend le travail. La journée décline. Et avec elle, la vie s’en va. Le jardinier ressent cette douleur une nouvelle fois. Elle monte en lui, se fait plus violente, plus aiguë. C’était joué d’avance bien sûr, avec un titre comme celui-là, et nous connaissons la fin. Mais ce qui est important dans ce roman, ce n’est pas la mort du jardinier, il n’y a même pas de surprise, mais c’est la vie de cet homme devenu jardinier. Cet homme qui a aimé la vie, l’en a remercié plus d’une fois en profitant d’elle et de ses plaisirs. Au crépuscule de sa vie, il fait le point et se souvient. Mort d’un jardinier n’est pas un livre sur la mort ; c’est un livre sur la vie. À l’image des légumes, des fruits, des fleurs de son jardin, qu’il a vu pousser et qui un jour, mourront derrière lui. On en est à la vie.

Mort d’un jardinier est un magnifique premier roman.

Mentionnons maintenant le travail de l’artiste, du poète, de l’écrivain Lucien Suel. Il a un blog baptisé Lucien Suel’s Desk (« L.S.D. ») dans lequel il parle de ses ouvrages (nombreux) et des éditions Station Underground d’Emerveillement Littéraire (« S.U.E.L. »), et un autre blog baptisé SILO dans lequel figurent des extraits de son œuvre.

Parce qu’on ne parle pas assez des auteurs anodins, voilà de quoi réparer l’injustice.

Et le Goncourt est…

Posted by Manu | Posted in Librairie -edition | Posted on 11-11-2008

Mots-clefs :, ,

4

La sentence est tombé, le nouveau Goncourt est pour Singué Sabour de Atiq Rahimi, encore une fois, aucune surprise donc.

Il parait que le livre est bon. Il à également la chance d’être chez P.O.L., racheté il y a quelques années par Gallimard. Peut-on imaginer un Goncourt sans Gallimard ou Grasset ? À de rares exceptions, je ne pense pas. Je ne vais pas entrer dans la critique des prix, cela a dors et déjà été trop fait et est aujourd’hui trop facile, je vous laisserais par contre le soin de lire les autobiographies d’éditeurs, vous en apprendrez plus que dans n’importe quels articles du monde littéraire. Je conseil, pour ceux que ça intéresse Ascendant Sagittaire de Gérard Guégan, qui même s’il reste fort partial donne une idée de ce milieu.