La meilleure part des hommes de
Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 13-02-2010
Mots-clefs :1980, gay, livre, paris, prix
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Paris n’est pas exclusivement un musée géant, ni un bar à pute. Non, pas seulement, ce fut aussi le théâtre de la communauté gay dans les années 80-90, pour s’effacer lentement mais sûrement les années suivantes. Le quartier mythique du marais n’est aujourd’hui plus qu’un ensemble de bistrots et restaurants pour bobos où se retrouvent les hommes amoureux d’autres hommes. Tristan Garcia veut nous raconter par le biais de quatre personnages d’un milieu révolu l’histoire du véritable Paris gay, celui d’il y a quinze ou vingt ans. Non, le jeune auteur ne l’a pas vécu, mais il est suffisamment renseigné et n’hésite pas, avant même que le livre ne commence à nous avertir : « Les personnages de ce roman n’ont jamais existé ailleurs que dans les pages de ce livre. » mais que s’ils nous semblent pourtant si proche de personnes réelles c’est que « plongés dans des situations parfois comparables, personnes et personnages n’agissent pas autrement. ».
La meilleure part des hommes n’est pas un essai, mais bien un roman de fiction, nous voilà tout de suite rassurés. Nous suivrons Élisabeth, femme travaillant dans les pages cultures de Libé et (trop ?) proche du milieu gay. Elle connaît tous les grands penseurs de la société homosexuelle parisienne : Willy, un jeune paumé qui se fera une joie de détruire ce qui l’a construit ; Dominique, la figure du père pour le jeune Willy et patron d’un certain Stand-Up (hum…) apôtre de la prévention sur le SIDA et enfin l’amant de la journaliste, Leibowitz, ancien gauchiste passé de l’autre côté de la barricade et qui finira par soutenir Chirac puis Sarkozy.
Tristan Garcia ne se concentre que sur les personnages antagonistes de Dominique, le patriarche et de Willy, le jeune fou ne voulant que la destruction des institutions, tout en ne tournant qu’autour de la narratrice. La haine de Willy pour Dominique l’amènera bien entendu à sa perte alors que ce dernier renait de ses cendres. Une épopée qui n’a rien d’original, mais l’intérêt de ce premier roman n’est pas là, les véritables héros ne sont autre que le SIDA et les années folles pour la communauté gaie parisienne. Essayant de nous plonger dans les coulisses d’un milieu, qui — comme tous les milieux — fascine et nous permettant d’accepter une histoire N’AYANT de sens et d’intérêt que par son existence, le lecteur y croit sans réellement être convaincu, un peu comme un reportage sur M6. Nous sommes au plein cœur d’un environnement dur, où tous les coups bas sont possibles, où les gentils sont méchants et où les méchants sont gentils, mais où l’ensemble est totalement cloisonné, où tout le monde est à SA place. La psychologie des personnages n’existe pas vraiment, ils ne sont qu’une fonction : le type qui retourne sa veste, le papa rassurant et garant de la bonne morale et le jeune fou se détruisant tout en brisant les personnes autour de lui. Le sujet avait tout pour plaire, le tout est d’ailleurs plutôt réussi. Ne manque qu’un peu d’éclectisme.
Tristan Garcia choisit pour nous conter cette histoire un rythme rapide, entrecoupé sans arrêt par un chapitrage trop imposant cassant la construction du roman. Le choix n’est pas anodin et renforce le côté télévisuel du roman, nous rappelant que oui, ce livre est une fiction, qu’il ne raconte pas la réalité, comme il nous avait prévenus dès le départ. Reste que ce rythme gâche parfois le récit, nous empêchant de nous y plonger totalement, de ressentir ce qu’éprouvent les protagonistes. Il aurait peut-être été bon de laisser quelques fois l’action brute de côté pour nous émouvoir, pour comprendre, pour nous interpeller.
La meilleure part des hommes est une satisfaisante introduction à un milieu, un de plus, que nous ne maitrisons pas encore, de par sa jeunesse. Mais le récit souffre d’un manque de temps pour que nous y croyions absolument. Un premier roman plutôt agréable dans l’ensemble, mais qui nous laisse une impression d’inachevé et dont le manichéisme est trop important pour en être réellement satisfait. Si vous êtes intéressé par la période et le sujet, vous ne serez surement pas déçu, Garcia vous y promènera et vous prendra par la main pour visiter cet environnement que l’on ne connaît pas.



La nouvelle année est commencée, c’est le moment de reprendre les vieux classiques que vous n’avez jamais eu le courage d’ouvrir, ce qui est bien dommage, si vous voulez mon avis. Vous ne le voulez certainement pas, de toute façon. Commençons par celui qui fut l’un des auteurs fétiches de Breton dont il affirma que l’oeuvre « est le plus rigoureux assaut que je sache contre l’hypocrisie, l’imposture, la sottise la lâcheté » : Georges Darien.
Corto Maltese, en plus d’être une des plus belles bandes dessinées est une mine bien connue d’informations historiques. Mais aussi littéraire. Petit tour des artistes croisés dans une des plus belles oeuvres couchées sur papier.
1258, la bibliothèque Dar Alhikma est détruite par les hordes mongoles. Quelques tours d’alchimie et les 99 pierres du savoir sont sauvées. Plusieurs siècles plus tard, on charge 99 héros de les garder. Fabian Niziera, ancien de chez Marvel ( X Men notamment) et Panobian, passé par DC Comics et Marvel pour Spiderman et Captain America entre autres ont beau être du coup, cette BD n’est pas une énième série américaine. Mais une sorte de comics islamique. L’idée est de Al Mutawa, jeune psychologue koweitien immigré à New York qui souligne l’importance de la BD dans la construction de l’imaginaire des jeunes. C’est après le 11 septembre qu’il décide de créer cette série, les 99, comme le s99 attributs de Dieu. On pourrait se dire que ça part mal, que l’on n’est pas censé en Islam représenter les attributs divins, surtout dans le Golfe. Peu avant, les Pokemon avient été victime d’une ridicule fatwa. Et puis, ces supers héroines plutôt pulpeuses ont toutes égarées leur super hidjab. Mais Al Mutawa communique et trouve même un mécène en la personne d’une banque d’investissement saoudienne (la prodigalité des banques du Golfe n’est plus à vanter). Résultat rapide, les aventures disponibles en anglais et en arabe de ces héros qui prêchent un message de tolérance s’arrachent. Des traductions sont faites pour l’Indonésie. On atteint vite les un million d’albums vendus. Personne, de la Bosnie à la Malaisie ne cririque plus l’initiative et les plus jeunes eux, la plésbicite. En Occident, les héros sont les bienvenus ; ne se servent-ils pas dans leur combat pour le Bien, des enseignements juifs et chrétiens? Il n’y a qu’à voir l’impressionant dossier de presse présenté sur le site officiel. Et les projets en cours: un parc d’attraction entièrement dédié aux 99 a récemment vu le jour au Koweit et Endemol travaille à une adaptation en dessins animés pour la télévision britannique. Pour la France, c’est la société Rai Média (Lyon) qui intoduira peut être les 99.
Ne vous inquiétez donc pas, ce blog n’est toujours pas le blog de Jules, mais bien le blog de Manu (et de Jules et Michaël). Le manque de messages ces temps si ne présage aucunement de la suite de cette situation. Pour en finir avec le diktat de l’article littéraire, voici quelques petits trucs à lire, à voir ou à écouter lorsque vous vous ennuyez.
Un autre livre, édité chez
Sinon, pour tous ceux qui sont Montreuillois de cœur, laissez-vous tenter par l’Armée du Crime, film retraçant les faits et gestes de la bande à Manouchian. Tuer des communistes ça me rend toujours un peu triste. On se rassure en sachant qu’à l’époque il y en avait par poignées. Vous pouvez également aller voir Un Prophète, bien que la presse apologétique en a une fois de plus bien trop fait.
C’est sur rue 89 que De Villiers s’est exprimé, notamment sur le polar français. Il approche les 80 carats le De Villiers, toujours aussi réac. Donc autour de la question le polar FR est-il de droite ou de gauche, papi s’en prend à « l’esprit bien pensant de gauche » (là on ne peut qu’aller dans son sens), à Fred Vargas, au Parti Communiste…. Personne ne découvre rien en fait, pas ceux du moins qui se souviennent qu’il passa chez Rivarol. On comprend qu’il soit de droite, d’un point de vue lutte des classes, ça se tient parcequ’il doit commencer à avoir un paquet de flouze. Chaque SAS, (combien ? Au moins 4 par an disons) c’est quelques dizaines de milliers d’exemplaires. Et quand t’en vends plus, t’en vends encore, dans les vides greniers et les librairies du continent africain. Y’en a pourtant qui refuse toujours de s’y mettre. Alors que l’arsenal commercial est à la hauteur, monsieur. La couv, vous savez, c’est systématiquement des femmes à moitié à poil. Avec des fusils mitrailleurs. Même la beauté orientale qui participe au Jihad dans SAS contre Ben Laden, ben elle a un voile mais elle est en bikini. Le héros c’est un tombeur, t’inquiète pas qu’il lui fera l’amour à un moment ou un autre de l’aventure. La 4e de couv, c’est un extrait, le moment le plus chaud. Quand tu le lis tu te dis toujours «il meurt là ? », parceque c’est ça que ça laisse entendre, genre « et il se demanda s’il allait survivre quand le terroriste appuya sur la gâchette du revolver posé sur sa tempe ». En fait, ouais il s’en sort, il faut lire pour savoir comment. Et les sujets, ah ça c’est toujours de l’actu ; pirates, taliban, nord-coréens, que des vrais salauds bien connus.
Jacques Benoist-Méchin c’est sûr, part d’emblée avec un malus : Céline à côté sous l’Occupation il fait figure de Jean Moulin. De Gaulle, qu’était pas rancunier faut croire devint son diffuseur, gratos comme ça, en proposant au programme des jeunes officiers, « L’histoire de l’armée allemande », signée B-M. C’était une belle plume tout de même ce Jacques, touche-à-tout ; journaliste et fin musicologue (une étude sur la musique dans l’œuvre de Proust dont il était très proche).
On approche à grands pas de la fin de l’été et pour beaucoup la rentrée a déjà commencée. Pour prolonger un petit peu l’ambiance estivale, misons sur « Bonjour tristesse » : rappelez vous de cette petite œuvre parfaite, la morale en est simple ; le bonheur c’est facile comme ça. Ecrit par un été de révisions en quelques jours par une jeune prétendante au bac, l’œuvre est un schéma simpliste d’une frivolité fascinante. Premier roman de Sagan qui se fera chantre du plaisir facile, alcoolisé, motorisé, il est le plus spontané, le pus naïf. Les jeunes lycéennes particulièrement se feront un devoir de s’y plonger ou de le relire avant d’entrer dans cette période de la vie où l’on se sent obligé de lire toute la bande des vielles moches Beauvoir et Duras en tête pour avoir l’air intelligent. Elles auraient pourtant été bien incapables d’un tel roman.
Je suis pas vraiment un partisan de l’édition jeunesse, je comprends pas pourquoi on s’évertue à faire lire des mômes qui de toute manière trouvent ça chiant comme la mort, laissons les donc jouer avec des bâtons et des cailloux, en plus ça revient moins cher. Mais il y a quand même, dans les livres pour enfants quelques perles. Notamment chez les classiques les plus classiques de la langue française. Des livres qui seront souvent appréciés par les plus jeunes, mais dont la lecture peut être recommandé à des adultes – mais non c’est pas la honte de se balader dans le métro avec un folio junior plein de dessins. Pour les petits, Pierre Gripari est surement le numéro uno. Plein d’érudition, connaissant par cœur le folklore populaire qu’il réutilise régulièrement, comme dans son roman de chevalerie « Le conte de Paris », Gripari publie en 67 (je crois bien) les « Contes de la rue Broca », à la Table Ronde. Treize petits récits empreints de fantastique, plein d’imagination. C’est un flop. Réedition Gallimard : le livre devient un succès. Tout commence à la buvette de Papa Said, où les enfants attendent impatiemment un conteur qui connaît Paris comme sa poche, notamment en ses lieux et ses personnages les plus fous. Reste à ce que vous acceptiez de mettre entre les mains de vos enfant les livres d’un monsieur qui finira au GRECE. Mais non il est pas antisémite, il critique de manière positive le judaïsme, c’est Dimitrijevic son éditeur qui le dit.





