Le nazi et le barbier d’Edgar Hilsenrath
Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 20-05-2010
Mots-clefs :critique, guerre, guerre mondiale, livre, nazi
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Attila nous habitue depuis 2006 à une production de qualité, autant sur le fond — l’écriture — que sur la forme. La plupart du temps rééditions d’auteurs oubliés, parfois nouveautés, la production de cette maison d’édition privilégie la qualité à la quantité. Et ce n’est pas pour nous déplaire. Fuck America, premier livre réédité d’Edgar Hilsenrath par Attila, avait conquis les libraires et un public pourtant difficile à faire migré des habituels prix Goncourt par une couverture d’une originalité et d’une habilitée rare. Un an après, la nouvelle édition du second livre d’Edgar Hilsenrath, Le nazi et le barbier apparait sur les tables des meilleurs libraires, toujours supportée par une couverture soignée de Henning Wagenbreth.
Edgar Hilsenrath n’a pas l’habitude de passer par les chemins habituels de la création littéraire, quand il raconte l’exode juif du XXe siècle, de la persécution nazie à la création de l’État d’Israël, il ne le fait pas du point de vue du prisonnier d’un ghetto qu’il a pu être, mais de celui d’un génocidaire, d’un SS au faciès ingrat, Max Schulz.
L’oeuvre est découpée en six livres, chacun retraçant une période marquante de la vie de Max et du peuple juif. Écrit à la première personne, chaque livre à son style à lui, journal, histoire orale ou lettre à son ex-ami juif, Max nous surprend en nous racontant comment d’un fils illégitime il devient meurtrier de masse puis chantre du sionisme. Je ne vous cache pas que cela n’a pas plu à tout le monde, à une époque où la France ne reconnaissait pas Vichy, où les Allemands faisaient tout pour se faire pardonner et où l’État d’Israël venait de prendre son indépendance, Le nazi et le barbier n’a pas eu une vie facile.
Le sujet, bien avant les bienveillantes n’a pas vraiment convaincu les éditeurs allemands de sortir ce livre pourtant écrit par un de leur compatriote., bien qu’il fut reçu en grande pompe aux États-Unis. Mais ce qui à surtout choqué et qui fait la véritable force de ce livre est son humour noir, son cynisme. Blaguer avec le nazisme ? Blaguer avec la création d’Israël ? S’en était trop ! Et pourtant, ce livre est un grand livre.
Il n’est pas facile de faire une oeuvre cynique sans tomber dans les travers du genre : en faire trop, ou pas assez. S’autocensurer ou violenter le lecteur sans raison apparente. Edgar Hilsenrath réussit ce tour de force sur près de 500 pages. Personne n’avait encore osé railler avec autant de méchanceté et de cynisme à propos de la Seconde Guerre mondiale. C’est pourtant une œuvre libératrice que nous avons devant nous, nous permettant enfin de rire de tout et surtout du pire.
Le nazi et le barbier, d’Edgar Hilsenrath, Attila, 23€



Paris n’est pas exclusivement un musée géant, ni un bar à pute. Non, pas seulement, ce fut aussi le théâtre de la communauté gay dans les années 80-90, pour s’effacer lentement mais sûrement les années suivantes. Le quartier mythique du marais n’est aujourd’hui plus qu’un ensemble de bistrots et restaurants pour bobos où se retrouvent les hommes amoureux d’autres hommes. Tristan Garcia veut nous raconter par le biais de quatre personnages d’un milieu révolu l’histoire du véritable Paris gay, celui d’il y a quinze ou vingt ans. Non, le jeune auteur ne l’a pas vécu, mais il est suffisamment renseigné et n’hésite pas, avant même que le livre ne commence à nous avertir : « Les personnages de ce roman n’ont jamais existé ailleurs que dans les pages de ce livre. » mais que s’ils nous semblent pourtant si proche de personnes réelles c’est que « plongés dans des situations parfois comparables, personnes et personnages n’agissent pas autrement. ».
La nouvelle année est commencée, c’est le moment de reprendre les vieux classiques que vous n’avez jamais eu le courage d’ouvrir, ce qui est bien dommage, si vous voulez mon avis. Vous ne le voulez certainement pas, de toute façon. Commençons par celui qui fut l’un des auteurs fétiches de Breton dont il affirma que l’oeuvre « est le plus rigoureux assaut que je sache contre l’hypocrisie, l’imposture, la sottise la lâcheté » : Georges Darien.
Corto Maltese, en plus d’être une des plus belles bandes dessinées est une mine bien connue d’informations historiques. Mais aussi littéraire. Petit tour des artistes croisés dans une des plus belles oeuvres couchées sur papier.
1258, la bibliothèque Dar Alhikma est détruite par les hordes mongoles. Quelques tours d’alchimie et les 99 pierres du savoir sont sauvées. Plusieurs siècles plus tard, on charge 99 héros de les garder. Fabian Niziera, ancien de chez Marvel ( X Men notamment) et Panobian, passé par DC Comics et Marvel pour Spiderman et Captain America entre autres ont beau être du coup, cette BD n’est pas une énième série américaine. Mais une sorte de comics islamique. L’idée est de Al Mutawa, jeune psychologue koweitien immigré à New York qui souligne l’importance de la BD dans la construction de l’imaginaire des jeunes. C’est après le 11 septembre qu’il décide de créer cette série, les 99, comme le s99 attributs de Dieu. On pourrait se dire que ça part mal, que l’on n’est pas censé en Islam représenter les attributs divins, surtout dans le Golfe. Peu avant, les Pokemon avient été victime d’une ridicule fatwa. Et puis, ces supers héroines plutôt pulpeuses ont toutes égarées leur super hidjab. Mais Al Mutawa communique et trouve même un mécène en la personne d’une banque d’investissement saoudienne (la prodigalité des banques du Golfe n’est plus à vanter). Résultat rapide, les aventures disponibles en anglais et en arabe de ces héros qui prêchent un message de tolérance s’arrachent. Des traductions sont faites pour l’Indonésie. On atteint vite les un million d’albums vendus. Personne, de la Bosnie à la Malaisie ne cririque plus l’initiative et les plus jeunes eux, la plésbicite. En Occident, les héros sont les bienvenus ; ne se servent-ils pas dans leur combat pour le Bien, des enseignements juifs et chrétiens? Il n’y a qu’à voir l’impressionant dossier de presse présenté sur le site officiel. Et les projets en cours: un parc d’attraction entièrement dédié aux 99 a récemment vu le jour au Koweit et Endemol travaille à une adaptation en dessins animés pour la télévision britannique. Pour la France, c’est la société Rai Média (Lyon) qui intoduira peut être les 99.
Ne vous inquiétez donc pas, ce blog n’est toujours pas le blog de Jules, mais bien le blog de Manu (et de Jules et Michaël). Le manque de messages ces temps si ne présage aucunement de la suite de cette situation. Pour en finir avec le diktat de l’article littéraire, voici quelques petits trucs à lire, à voir ou à écouter lorsque vous vous ennuyez.
Un autre livre, édité chez
Sinon, pour tous ceux qui sont Montreuillois de cœur, laissez-vous tenter par l’Armée du Crime, film retraçant les faits et gestes de la bande à Manouchian. Tuer des communistes ça me rend toujours un peu triste. On se rassure en sachant qu’à l’époque il y en avait par poignées. Vous pouvez également aller voir Un Prophète, bien que la presse apologétique en a une fois de plus bien trop fait.
C’est sur rue 89 que De Villiers s’est exprimé, notamment sur le polar français. Il approche les 80 carats le De Villiers, toujours aussi réac. Donc autour de la question le polar FR est-il de droite ou de gauche, papi s’en prend à « l’esprit bien pensant de gauche » (là on ne peut qu’aller dans son sens), à Fred Vargas, au Parti Communiste…. Personne ne découvre rien en fait, pas ceux du moins qui se souviennent qu’il passa chez Rivarol. On comprend qu’il soit de droite, d’un point de vue lutte des classes, ça se tient parcequ’il doit commencer à avoir un paquet de flouze. Chaque SAS, (combien ? Au moins 4 par an disons) c’est quelques dizaines de milliers d’exemplaires. Et quand t’en vends plus, t’en vends encore, dans les vides greniers et les librairies du continent africain. Y’en a pourtant qui refuse toujours de s’y mettre. Alors que l’arsenal commercial est à la hauteur, monsieur. La couv, vous savez, c’est systématiquement des femmes à moitié à poil. Avec des fusils mitrailleurs. Même la beauté orientale qui participe au Jihad dans SAS contre Ben Laden, ben elle a un voile mais elle est en bikini. Le héros c’est un tombeur, t’inquiète pas qu’il lui fera l’amour à un moment ou un autre de l’aventure. La 4e de couv, c’est un extrait, le moment le plus chaud. Quand tu le lis tu te dis toujours «il meurt là ? », parceque c’est ça que ça laisse entendre, genre « et il se demanda s’il allait survivre quand le terroriste appuya sur la gâchette du revolver posé sur sa tempe ». En fait, ouais il s’en sort, il faut lire pour savoir comment. Et les sujets, ah ça c’est toujours de l’actu ; pirates, taliban, nord-coréens, que des vrais salauds bien connus.
Jacques Benoist-Méchin c’est sûr, part d’emblée avec un malus : Céline à côté sous l’Occupation il fait figure de Jean Moulin. De Gaulle, qu’était pas rancunier faut croire devint son diffuseur, gratos comme ça, en proposant au programme des jeunes officiers, « L’histoire de l’armée allemande », signée B-M. C’était une belle plume tout de même ce Jacques, touche-à-tout ; journaliste et fin musicologue (une étude sur la musique dans l’œuvre de Proust dont il était très proche).
On approche à grands pas de la fin de l’été et pour beaucoup la rentrée a déjà commencée. Pour prolonger un petit peu l’ambiance estivale, misons sur « Bonjour tristesse » : rappelez vous de cette petite œuvre parfaite, la morale en est simple ; le bonheur c’est facile comme ça. Ecrit par un été de révisions en quelques jours par une jeune prétendante au bac, l’œuvre est un schéma simpliste d’une frivolité fascinante. Premier roman de Sagan qui se fera chantre du plaisir facile, alcoolisé, motorisé, il est le plus spontané, le pus naïf. Les jeunes lycéennes particulièrement se feront un devoir de s’y plonger ou de le relire avant d’entrer dans cette période de la vie où l’on se sent obligé de lire toute la bande des vielles moches Beauvoir et Duras en tête pour avoir l’air intelligent. Elles auraient pourtant été bien incapables d’un tel roman. 





