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Le roi Lebo contre les journaux.

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La meilleure part des hommes de

Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 13-02-2010

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tristan garcia la meilleure part des hommesParis n’est pas exclusivement un musée géant, ni un bar à pute. Non, pas seulement, ce fut aussi le théâtre de la communauté gay dans les années 80-90, pour s’effacer lentement mais sûrement les années suivantes. Le quartier mythique du marais n’est aujourd’hui plus qu’un ensemble de bistrots et restaurants pour bobos où se retrouvent les hommes amoureux d’autres hommes. Tristan Garcia veut nous raconter par le biais de quatre personnages d’un milieu révolu l’histoire du véritable Paris gay, celui d’il y a quinze ou vingt ans. Non, le jeune auteur ne l’a pas vécu, mais il est suffisamment renseigné et n’hésite pas, avant même que le livre ne commence à nous avertir : « Les personnages de ce roman n’ont jamais existé ailleurs que dans les pages de ce livre. » mais que s’ils nous semblent pourtant si proche de personnes réelles c’est que « plongés dans des situations parfois comparables, personnes et personnages n’agissent pas autrement. ».
La meilleure part des hommes n’est pas un essai, mais bien un roman de fiction, nous voilà tout de suite rassurés. Nous suivrons Élisabeth, femme travaillant dans les pages cultures de Libé et (trop ?) proche du milieu gay. Elle connaît tous les grands penseurs de la société homosexuelle parisienne : Willy, un jeune paumé qui se fera une joie de détruire ce qui l’a construit ; Dominique, la figure du père pour le jeune Willy et patron d’un certain Stand-Up (hum…) apôtre de la prévention sur le SIDA et enfin l’amant de la journaliste, Leibowitz, ancien gauchiste passé de l’autre côté de la barricade et qui finira par soutenir Chirac puis Sarkozy.
Tristan Garcia ne se concentre que sur les personnages antagonistes de Dominique, le patriarche et de Willy, le jeune fou ne voulant que la destruction des institutions, tout en ne tournant qu’autour de la narratrice. La haine de Willy pour Dominique l’amènera bien entendu à sa perte alors que ce dernier renait de ses cendres. Une épopée qui n’a rien d’original, mais l’intérêt de ce premier roman n’est pas là, les véritables héros ne sont autre que le SIDA et les années folles pour la communauté gaie parisienne. Essayant de nous plonger dans les coulisses d’un milieu, qui — comme tous les milieux — fascine et nous permettant d’accepter une histoire N’AYANT de sens et d’intérêt que par son existence, le lecteur y croit sans réellement être convaincu, un peu comme un reportage sur M6. Nous sommes au plein cœur d’un environnement dur, où tous les coups bas sont possibles, où les gentils sont méchants et où les méchants sont gentils, mais où l’ensemble est totalement cloisonné, où tout le monde est à SA place. La psychologie des personnages n’existe pas vraiment, ils ne sont qu’une fonction : le type qui retourne sa veste, le papa rassurant et garant de la bonne morale et le jeune fou se détruisant tout en brisant les personnes autour de lui. Le sujet avait tout pour plaire, le tout est d’ailleurs plutôt réussi. Ne manque qu’un peu d’éclectisme.
Tristan Garcia choisit pour nous conter cette histoire un rythme rapide, entrecoupé sans arrêt par un chapitrage trop imposant cassant la construction du roman. Le choix n’est pas anodin et renforce le côté télévisuel du roman, nous rappelant que oui, ce livre est une fiction, qu’il ne raconte pas la réalité, comme il nous avait prévenus dès le départ. Reste que ce rythme gâche parfois le récit, nous empêchant de nous y plonger totalement, de ressentir ce qu’éprouvent les protagonistes. Il aurait peut-être été bon de laisser quelques fois l’action brute de côté pour nous émouvoir, pour comprendre, pour nous interpeller.
La meilleure part des hommes est une satisfaisante introduction à un milieu, un de plus, que nous ne maitrisons pas encore, de par sa jeunesse. Mais le récit souffre d’un manque de temps pour que nous y croyions absolument. Un premier roman plutôt agréable dans l’ensemble, mais qui nous laisse une impression d’inachevé et dont le manichéisme est trop important pour en être réellement satisfait. Si vous êtes intéressé par la période et le sujet, vous ne serez surement pas déçu, Garcia vous y promènera et vous prendra par la main pour visiter cet environnement que l’on ne connaît pas.

Les grands auteurs : Georges Darien

Posted by Manu | Posted in Livres | Posted on 10-01-2010

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La nouvelle année est commencée, c’est le moment de reprendre les vieux classiques que vous n’avez jamais eu le courage d’ouvrir, ce qui est bien dommage, si vous voulez mon avis. Vous ne le voulez certainement pas, de toute façon. Commençons par celui qui fut l’un des auteurs fétiches de Breton dont il affirma que l’oeuvre « est le plus rigoureux assaut que je sache contre l’hypocrisie, l’imposture, la sottise la lâcheté » : Georges Darien.

Je vous avertis tout de suite, nous ne savons rien ou presque de Georges Darien, la seule biographie disponible est sortie en 1996 sous le titre Georges Darien et fut écrite par David Bosc aux éditions Sulliver.

Né en 1862 pour mourir quatre mois jour pour jour après son mariage à seulement 59 ans. Georges Darien commence sa vie par s’engager dans l’armée. Ce geste est – contrairement aux apparences – certainement la meilleure idée qu’il n’a jamais eue : après avoir été l’un de ces insoumis qui pensent toujours avoir raison, la République Française décide de l’envoyer au bagne de Biribi pour lui apprendre à respecter l’autorité. Il y séjournera trente-trois mois, ce qui lui donnera tout le loisir de réfléchir à sa condition et de pondre à sa libération l’une de ses plus grandes œuvres : Biribi. Il ne s’arrêtera alors plus d’écrire. Bien entendu, son livre sera retardé, par l’éditeur Savine, le scandale étant trop grand, Darien racontera cette histoire ainsi qu’une attaque contre le monde de l’édition du début du siècle dernier dans le très bon Les Pharisiens.

En plus d’être un insoumis, notre auteur n’hésite pas à collaborer dans les milieux anarchistes, à L’En dehors au coté de Zo d’Axa ou encore pour L’ennemi du Peuple – réédité l’année dernière par L’âge d’homme. Que voulez vous, cet homme est un insoumis, un fou, un sans foi ni loi qui n’hésite pas à écrire l’histoire d’un voleur qui vole pour voler, pour dire non à tout. Un nihiliste ! Le voleur sera son œuvre majeure, celle qu’on étudie aujourd’hui dans les salles des facultés, celle qui à la reconnaissance de tous. La preuve : André Breton l’a préfacé. L’histoire y est pourtant simple : un jeune homme décide de devenir voleur. Non pas par conviction ou par besoin, mais par envie. N’est-ce pas là le plus beau métier du monde. L’un des plus anciens, indéniablement. Il paraitrait que ce livre serait autobiographique, même si personne ne pourras vous le confirmer. N’est-ce pas là ce que défend Darien plus que tout au monde : la liberté, la liberté de faire ce que bon nous sembles, sans pour autant avoir peur du lendemain et des représailles ? Le premier No Futur du siècle des révolutions, quoi que Isidor Ducasse n’est pas très loin non plus.

L’oeuvre de Darien traduit majoritairement une violence contre une société qu’il exècre, contre une vie qu’il déteste et contre un peuple qui lui semble fébrile. Il ne s’encombre pas de rhétoriques, quels quelles soient, il crache sur toutes les institutions, sur tous les drapeaux, bien que le noir soit le plus beaux. Le style est alors pamphlétaire, directe et virulent, racontant le monde tel qui le vit : mauvais et violent. Seul le voleur dénote dans cette vie fait d’extrêmes, ce quatrième ouvrage qui n’a qu’un succès misérable à sa sortie est bien plus aboutit littérairement. Le style y est dense, la langue y est riche et la lecture y est un véritable régal. Je lui préfère tout de même Biribi pour la force et la passion qui lui sont propres, mais il est incontestable que l’écriture de Darien prend toute sa splendeur dans Le Voleur.

Moins connu, Georges Darien écrivit également quantité de pièces de théâtre, aucune n’a eu de grands succès, et encore aujourd’hui il n’est pas simple de se les procurer, encore des petites perles à rééditer. Faisons confiance aux éditeurs, ils retrouveront sûrement un jour tout ces textes enfouis dans les abymes de l’édition française.
Vous pouvez trouver en poche un peu partout la plupart des romans de Darien, sinon vous pouvez acheter pour 25 € l’Omnibus qui les regroupe tous. Par contre, c’est plus lourd et moins pratique à transporter. Si vous êtes riches, vous pouvez chercher et trouver assez facilement les éditions originales.

Les références littéraires de Corto Maltese.

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 18-12-2009

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Corto Maltese, en plus d’être une des plus belles bandes dessinées est une mine bien connue d’informations  historiques. Mais aussi littéraire. Petit tour des artistes croisés dans une des plus belles oeuvres couchées sur papier.

Il est à noter que le marin reçoit une solide éducation intellectuelle ; il étudie dès son enfance la Torah, le Talmud et le Zohar, ouvrages religieux et d’exégèse des plus précieux.

Un des premiers auteurs que Corto rencontre est l’écrivain Jack London, dans « La jeunesse », en pleine guerre russo-japonaise. Voyageur, militant, proche de la nature et autodidacte, London ne pouvait que plaire à Corto Maltese.

Dans une des plus belles aventures de Corto Maltese, « Fable de Venise », alors que l’aventurier va en venir aux mains avec des chemises noires, Gabriele D’Annunzio apparaît et calme les esprits. Ambigu en politique, plus homme d’action que de réflexion, passionné et rebelle, D’Annunzio cadre parfaitement avec l’univers d’Hugo Pratt et peut présenter des similitudes avec Corto, bien que le marin soit plus solitaire et moins engagé.
Le point de départ de l’histoire de « Fable de Venise » est une devinette posée à Corto par le Baron Corvo autrement dit Frederick Rolfe. Auteur excentrique, fervent religieux, ce dernier est aujourd’hui tombé dans l’oubli alors qu’il connut à une époque un relatif succès.

La plus littéraire des aventures de Corto, « Les Helvétiques », fait se rencontrer Corto et Herman Hesse. Lyrique, romantique, insistant sur la spiritualité et le syncrétisme religieux, l’oeuvre de Hesse n’est pas étrangère à l’univers du marin. Corto, s’installant chez l’auteur, en proie à des hallucinations s’empare du « Perzival » de Wolfram von Eschenbach; le chevalier-poète, grande référence de l’ésotérisme. Basculant dans le rêve, le héros rencontre Klingsor, protagoniste de l’oeuvre de Wolfram von Eschenbach et du « Dernier été de Klingsor » de Hesse.
C’est aussi dans « Les Helvétiques » que Corto fera la connaissance de Tamara de Lempicka, la peintre qui connnut d’ailleurs D’Annunzio. Aristocrate excentrique, Tamara de Lempicka ressemble à d’autres femmes inventées que le marin rencontre lors de ses aventures. Dans « Les Helvétiques », Corto croise aussi le chemin de Ernest B. Schoedsack, rélisateur des Chasses du Comte Zarrof et de King Kong.

Enfin, il est à noter que des poèmes de  Rimbaud ou Coleridge pour ne citer qu’eux sont récités par le marin au gré de ses péripéties.

Comics made in Dar Al Islam.

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 03-11-2009

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1258, la bibliothèque Dar Alhikma est détruite par les hordes mongoles. Quelques tours d’alchimie et les 99 pierres du savoir sont sauvées. Plusieurs siècles plus tard, on charge 99 héros de les garder. Fabian Niziera, ancien de chez Marvel ( X Men notamment) et Panobian, passé par DC Comics et Marvel pour Spiderman et Captain America entre autres ont beau être du coup, cette BD n’est pas une énième série américaine. Mais une sorte de comics islamique. L’idée est de Al Mutawa, jeune psychologue koweitien immigré à New York qui souligne l’importance de la BD dans la construction de l’imaginaire des jeunes. C’est après le 11 septembre qu’il décide de créer cette série, les 99, comme le s99 attributs de Dieu. On pourrait se dire que ça part mal, que l’on n’est pas censé en Islam représenter les attributs divins, surtout dans le Golfe. Peu avant, les Pokemon avient été victime d’une ridicule fatwa. Et puis, ces supers héroines plutôt pulpeuses ont toutes égarées leur super hidjab. Mais Al Mutawa communique et trouve même un mécène en la personne d’une banque d’investissement saoudienne (la prodigalité des banques du Golfe n’est plus à vanter). Résultat rapide, les aventures disponibles en anglais et en arabe de ces héros qui prêchent un message de tolérance s’arrachent. Des traductions sont faites pour l’Indonésie. On atteint vite les un million d’albums vendus. Personne, de la Bosnie à la Malaisie ne cririque plus l’initiative et les plus jeunes eux, la plésbicite. En Occident, les héros sont les bienvenus ; ne se servent-ils pas dans leur combat pour le Bien, des enseignements juifs et chrétiens? Il n’y a qu’à voir l’impressionant dossier de presse présenté sur le site officiel. Et les projets en cours: un parc d’attraction entièrement dédié aux 99 a récemment vu le jour au Koweit et Endemol travaille à une adaptation en dessins animés pour la télévision britannique. Pour la France, c’est la société Rai Média (Lyon) qui intoduira peut être les 99.
Là, on hurle, ni BD ni burqas, pas de ça dans le pays de la tolérance, que font Charlie Hebdo et le Figaro?

Cocaïne dans les lettres : une imposture!

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 02-11-2009

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begbeider

par prosto photos (cc)

Certains écrivains peu soucieux de pédagogie ne savent plus quoi inventer pour vendre leurs bouquins ou trouver de l’inspiration. Une technique bien connue : se servir de la cocaïne comme argument de vente. Le pire, c’est que les amateurs de la dite-drogue seront déçus à la lecture de ces oeuvres.
Récemment, c’est Beigbeder qui s’est débrouillé pour atterrir en garde à vue suite à une partie de karaté colombien en pleine rue. Garde à vue qui lui sert de point de départ pour son roman français. L’affaire lui vaudra certes une rétention peu agréable, mais aussi un prix littéraire. Encore heureux, dans son livre, il prend la défense de ceux qui pourraient suivre son chemin en s’en prenant aux conditions de détention scandaleuses qui sont celles de notre pays.
Mais il y eut pire : Agueev et son Roman avec cocaïne. Imposture s’il en est, car la drogue n’est même pas la clé du scandale qui entoura la parution du roman. Ce qui choqua fut plutôt l’apprentissage amoureux du jeune lycéen et non pas qu’il se mette de la poudre plein la tronche à longueur de temps. De quoi choquer association de parents d’élèves et lecteurs en quête de roman de défonce. Pas plus honorable fut le travail de Freud. Un ramassis de lettres et de maigres recherches font le panégyrique de la poudre blanche. Alors que l’on s’attend à voir le père de la psychanalyse se taper des traces dans tout les coins de la maison dans le but avoué de se mettre à l’envers, on assiste béat à un jeune premier ingurgitant d’importantes quantités de cocaïne pour mieux réussir une conférence. Dépitant. Mais le summum, c’est bien sûr Hergé qui l’atteint avec son Coke en stock. Pendant que l’indigné parent d’élève s’en va chez le préfet, cette accablante preuve de relâchement dans la production enfantine sous le bras, le junkie cherche à toutes les pages où se cache cette fameuse provision de came. C’est avec tristesse qu’il apprendra que coke désigne ici des esclaves noirs embarqués sur un cargo. Et que Tintin, une fois de plus, au lieu de goûter dans chaque port la production locale se contentera d’observer le capitaine Haddock bourrer sa pipe…de tabac.
Une gabegie que cette production qui triche avec les attentes des lecteurs tout en faisant l’apologie du vice.

À voir, à lire, à écouter

Posted by Manu | Posted in humeur | Posted on 05-10-2009

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Ne vous inquiétez donc pas, ce blog n’est toujours pas le blog de Jules, mais bien le blog de Manu (et de Jules et Michaël). Le manque de messages ces temps si ne présage aucunement de la suite de cette situation. Pour en finir avec le diktat de l’article littéraire, voici quelques petits trucs à lire, à voir ou à écouter lorsque vous vous ennuyez.

Commençons avec le nouveau livre de chez Attila, Paris insolite de Jean-Paul Clébert qui nous invite à visiter le Paris des années 50, le vrai Paris, pas celui où les uns et les autres se complaisent, où la libération à fait d’un Paris outragé, brisé et martyrisé un Paris libéré. Non, Clébert nous montre le Paris des fous, des inventeurs géniaux, des troquets. Accompagné des photos, magnifiques, de Patrice Molinard, je ne vous cache pas qu’il ne peut être qu’intéressant de le lire, de préférence en bougeant dans les quartiers en même temps que l’auteur.

Un autre livre, édité chez Finitude cette fois : Inventions nouvelles et dernières nouveautés de Gaston de Pawlowski présentant les inventions les plus indispensables depuis la Création, mais qui la plupart du temps ne trouveront jamais preneur, et c’est fortement dommageable. Se moquant de l’inutilité du gadget, De Pawlowski nous présente les inventions les plus incongrues, nous les rendant indispensables.

Lorsque vous en aurez marre de lire, mais que vous ne voulez toujours pas sortir, ou si peu, vous pourrez vous déplacer jusqu’à votre cinéma pour le Grand Lyon Film Festival à Lyon, par exemple (sauf si vous n’êtes pas lyonnais, sans cette condition vous devrez faire de longues heures de route avant de trouver le salut) qui au lieu de nous présenter des films qui vont sortir avec moult fracas laissant bien des films sans la moindre chance médiatique nous replonge dans de nombreuses rétrospectives des meilleurs réalisateurs : Sergio Leone, Clint Eastwood (en invité d’honneur), Don Siegel, Eddie Muller accompagnés par d’autres films proches de Clint Eastwood. Thierry Frémaux a eu une grande idée, cette fois, bien plus grande que le festival de Cannes.

Sinon, pour tous ceux qui sont Montreuillois de cœur, laissez-vous tenter par l’Armée du Crime, film retraçant les faits et gestes de la bande à Manouchian. Tuer des communistes ça me rend toujours un peu triste. On se rassure en sachant qu’à l’époque il y en avait par poignées. Vous pouvez également aller voir Un Prophète, bien que la presse apologétique en a une fois de plus bien trop fait.

Sinon, j’écoute en ce moment même l’émission de France Inter, Carrefour de Lodeon et je ne peux que vous le recommander. Vous finirez, si ce n’est déjà fait, par aimer la musique classique.

En attendant un prochain article, j’espère que vous aurez assez à faire pour les prochains jours.

SAS nous sauvera tous…

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 24-09-2009

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C’est sur rue 89 que De Villiers s’est exprimé, notamment sur le polar français. Il approche les 80 carats le De Villiers, toujours aussi réac. Donc autour de la question le polar FR est-il de droite ou de gauche, papi s’en prend à « l’esprit bien pensant de gauche » (là on ne peut qu’aller dans son sens), à Fred Vargas, au Parti Communiste…. Personne ne découvre rien en fait, pas ceux du moins qui se souviennent qu’il passa chez Rivarol. On comprend qu’il soit de droite, d’un point de vue lutte des classes, ça se tient parcequ’il doit commencer à avoir un paquet de flouze. Chaque SAS, (combien ? Au moins 4 par an disons) c’est quelques dizaines de milliers d’exemplaires. Et quand t’en vends plus, t’en vends encore, dans les vides greniers et les librairies du continent africain. Y’en a pourtant qui refuse toujours de s’y mettre. Alors que l’arsenal commercial est à la hauteur, monsieur. La couv, vous savez, c’est systématiquement des femmes à moitié à poil. Avec des fusils mitrailleurs. Même la beauté orientale qui participe au Jihad dans SAS contre Ben Laden, ben elle a un voile mais elle est en bikini. Le héros c’est un tombeur, t’inquiète pas qu’il lui fera l’amour à un moment ou un autre de l’aventure. La 4e de couv, c’est un extrait, le moment le plus chaud. Quand tu le lis tu te dis toujours «il meurt là ? », parceque c’est ça que ça laisse entendre, genre « et il se demanda s’il allait survivre quand le terroriste appuya sur la gâchette du revolver posé sur sa tempe ». En fait, ouais il s’en sort, il faut lire pour savoir comment. Et les sujets, ah ça c’est toujours de l’actu ; pirates, taliban, nord-coréens, que des vrais salauds bien connus.
Bon, et le polar c’est de gauche ou de droite alors ? Ben il y répond pas vraiment à la question et il a bien raison parce qu’elle est vraiment con cette question, nos deux meilleurs, Manchette et ADG furent respectivement pro-situ et Nouvelle Droite, et de toute manière qu’est-ce que ça peut nous foutre, on parle littérature. Et De Villiers il serait bien d’accord avec nous : tout gros franchouillard qu’il était, il édita bien des auteurs de gauche, Lansdale parmi d’autres…

Aux grands héros, le gros facho…

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 11-09-2009

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Jacques Benoist-Méchin c’est sûr, part d’emblée avec un malus : Céline à côté sous l’Occupation il fait figure de Jean Moulin. De Gaulle, qu’était pas rancunier faut croire devint son diffuseur, gratos comme ça, en proposant au programme des jeunes officiers, « L’histoire de l’armée allemande », signée B-M. C’était une belle plume tout de même ce Jacques, touche-à-tout ; journaliste et fin musicologue (une étude sur la musique dans l’œuvre de Proust dont il était très proche).

Sa fascination pour les hommes d’exceptions, ceux qui à un moment donné de l’histoire en transforment le cours allait de pair avec une fascination pour l’Orient et le monde arabe. Passons sur cette conception de l’histoire sur laquelle on pourrait gloser des heures durant, B-M aime relater les hauts faits de ses héros. On lira avec intérêt les vies d’Ibn Seoud, du roi Saud, de Fayçal d’Arabie, ces fondateurs et dirigeants de l’Arabie Saoudite. On y adjoindra la lecture du Mustapha Kemal. Des livres qui frisent le style romanesque et qui sont aussi des documents sur des sujets qui font toujours l’actualité ; Émirats Arabes unis, Turquie, wahhabisme, laïcité, république… Logiquement, Benoist-Méchin s’est aussi penché sur les vies de ces occidentaux qui furent plongés dans le monde arabe : Lyautey fait l’objet d’un très bel ouvrage, Lawrence d’Arabie, plus classique, ainsi que Napoléon en Égypte qui paraîtra un exercice vraiment vu et revu auquel on préférera du coup le plus original Frédéric de Hostehaufen, ce prince normand d’Orient. A côté siègent des œuvres moins rares et passionnées, qui se lisent malgré tout : un Cléopâtre, un Alexandre, un Julien…

La force de Benoist-Méchin, c’est de vulgariser sans prendre son lecteur pour un arriéré du bulbe et de garder un style très littéraire. Avant de courir les acheter, vérifiez ; beaucoup de nos grands-papas mêmes illettrés aiment à poser ce genre de gros bouquins sur la cheminée (encore faut-il qu’ils en aient une) entre le Guinness Book des records et les Pages jaunes.

Jeune et jolie

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 09-09-2009

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saganOn approche à grands pas de la fin de l’été et pour beaucoup la rentrée a déjà commencée. Pour prolonger un petit peu l’ambiance estivale, misons sur « Bonjour tristesse » : rappelez vous de cette petite œuvre parfaite, la morale en est simple ; le bonheur c’est facile comme ça. Ecrit par un été de révisions en quelques jours par une jeune prétendante au bac, l’œuvre est un schéma simpliste d’une frivolité fascinante. Premier roman de Sagan qui se fera chantre du plaisir facile, alcoolisé, motorisé, il est le plus spontané, le pus naïf. Les jeunes lycéennes particulièrement se feront un devoir de s’y plonger ou de le relire avant d’entrer dans cette période de la vie où l’on se sent obligé de lire toute la bande des vielles moches Beauvoir et Duras en tête pour avoir l’air intelligent. Elles auraient pourtant été bien incapables d’un tel roman.

Jules utilise le blog de manu pour son réseau belge d’enfants

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 26-07-2009

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Je suis pas vraiment un partisan de l’édition jeunesse, je comprends pas pourquoi on s’évertue à faire lire des mômes qui de toute manière trouvent ça chiant comme la mort, laissons les donc jouer avec des bâtons et des cailloux, en plus ça revient moins cher. Mais il y a quand même, dans les livres pour enfants quelques perles. Notamment chez les classiques les plus classiques de la langue française. Des livres qui seront souvent appréciés par les plus jeunes, mais dont la lecture peut être recommandé à des adultes – mais non c’est pas la honte de se balader dans le métro avec un folio junior plein de dessins. Pour les petits, Pierre Gripari est surement le numéro uno. Plein d’érudition, connaissant par cœur le folklore populaire qu’il réutilise régulièrement, comme dans son roman de chevalerie « Le conte de Paris », Gripari publie en 67 (je crois bien) les « Contes de la rue Broca », à la Table Ronde. Treize petits récits empreints de fantastique, plein d’imagination. C’est un flop. Réedition Gallimard : le livre devient un succès. Tout commence à la buvette de Papa Said, où les enfants attendent impatiemment un conteur qui connaît Paris comme sa poche, notamment en ses lieux et ses personnages les plus fous. Reste à ce que vous acceptiez de mettre entre les mains de vos enfant les livres d’un monsieur qui finira au GRECE. Mais non il est pas antisémite, il critique de manière positive le judaïsme, c’est Dimitrijevic son éditeur qui le dit.
Autre classique, autre genre, Marcel Aymé a lui aussi écrit pour les plus jeunes. Loin de la violence du reste de son œuvre, rassurez vous, ces récits sont un savant mélange de fantastique et de réalisme. Il saisit toujours de manière très précise les structures sociales et les diluent dans des récits abracadabrantesques ; ainsi, dans « Le passe muraille » – le décor est planté à Montmartre – un employé de banque à la vie sans saveur qui … passe à travers les murs. Plus léger encore, « Les contes du chat perché », plus réaliste et moins enjoué, « La Fabrique ». Tous en folio Junior, youpi.
Mais votre enfant grandit (mettons que ce soit un garçon, ça me facilitera la tâche). Pas de problèmes ; « Une balle perdue » de Joseph Kessel, est tout indiqué. Paru en 35, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui se mêle à la foule et aux insurgés dans la ville de Barcelone pendant les évènements de 34. Ce genre de récits, Kessel sait y faire, n’oublions pas que son premier livre « La steppe rouge » est un travail sur la révolution bolchevique.
Dernier de nos exemples, et pas des moindres, Saint-Ex. « Le petit prince », conte philosophique et bucolique, parut à New York en 43, sorti à Paris dès la Libération, des dizaines de millions d’exemplaires vendus à travers le monde. Mais au final, les avis ressent mitigés. Et vous serez plus sûrs de faire mouche (encore une fois le cobaye est un garçon) en offrant une de ses histoires d’aviateurs héroïques, aux missions impossibles, au sens du sacrifice et au dévouement sans borne (jusqu’à la bêtise ?). Il faut avouer que le réalisme dans la description des missions, des cockpits, des mers déchainées et des déserts brûlants laissent rarement indifférent. « Courrier Sud », « Vol de nuit », « Pilote de guerre » et « L’aviateur » sont le summum du roman d’aventure.