Jules utilise le blog de manu pour son réseau belge d’enfants
Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 26-07-2009
Mots-clefs :jeunesse, livre
1
Je suis pas vraiment un partisan de l’édition jeunesse, je comprends pas pourquoi on s’évertue à faire lire des mômes qui de toute manière trouvent ça chiant comme la mort, laissons les donc jouer avec des bâtons et des cailloux, en plus ça revient moins cher. Mais il y a quand même, dans les livres pour enfants quelques perles. Notamment chez les classiques les plus classiques de la langue française. Des livres qui seront souvent appréciés par les plus jeunes, mais dont la lecture peut être recommandé à des adultes – mais non c’est pas la honte de se balader dans le métro avec un folio junior plein de dessins. Pour les petits, Pierre Gripari est surement le numéro uno. Plein d’érudition, connaissant par cœur le folklore populaire qu’il réutilise régulièrement, comme dans son roman de chevalerie « Le conte de Paris », Gripari publie en 67 (je crois bien) les « Contes de la rue Broca », à la Table Ronde. Treize petits récits empreints de fantastique, plein d’imagination. C’est un flop. Réedition Gallimard : le livre devient un succès. Tout commence à la buvette de Papa Said, où les enfants attendent impatiemment un conteur qui connaît Paris comme sa poche, notamment en ses lieux et ses personnages les plus fous. Reste à ce que vous acceptiez de mettre entre les mains de vos enfant les livres d’un monsieur qui finira au GRECE. Mais non il est pas antisémite, il critique de manière positive le judaïsme, c’est Dimitrijevic son éditeur qui le dit.
Autre classique, autre genre, Marcel Aymé a lui aussi écrit pour les plus jeunes. Loin de la violence du reste de son œuvre, rassurez vous, ces récits sont un savant mélange de fantastique et de réalisme. Il saisit toujours de manière très précise les structures sociales et les diluent dans des récits abracadabrantesques ; ainsi, dans « Le passe muraille » – le décor est planté à Montmartre – un employé de banque à la vie sans saveur qui … passe à travers les murs. Plus léger encore, « Les contes du chat perché », plus réaliste et moins enjoué, « La Fabrique ». Tous en folio Junior, youpi.
Mais votre enfant grandit (mettons que ce soit un garçon, ça me facilitera la tâche). Pas de problèmes ; « Une balle perdue » de Joseph Kessel, est tout indiqué. Paru en 35, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui se mêle à la foule et aux insurgés dans la ville de Barcelone pendant les évènements de 34. Ce genre de récits, Kessel sait y faire, n’oublions pas que son premier livre « La steppe rouge » est un travail sur la révolution bolchevique.
Dernier de nos exemples, et pas des moindres, Saint-Ex. « Le petit prince », conte philosophique et bucolique, parut à New York en 43, sorti à Paris dès la Libération, des dizaines de millions d’exemplaires vendus à travers le monde. Mais au final, les avis ressent mitigés. Et vous serez plus sûrs de faire mouche (encore une fois le cobaye est un garçon) en offrant une de ses histoires d’aviateurs héroïques, aux missions impossibles, au sens du sacrifice et au dévouement sans borne (jusqu’à la bêtise ?). Il faut avouer que le réalisme dans la description des missions, des cockpits, des mers déchainées et des déserts brûlants laissent rarement indifférent. « Courrier Sud », « Vol de nuit », « Pilote de guerre » et « L’aviateur » sont le summum du roman d’aventure.


Fin juillet (1916) naissait Marcel Cerdan, 1m69, 71 kilos (pas à la naissance, plus tard), le nom de la boxe en France. Sa paresse à l’entraînement, sa jeunesse modeste à Casablanca où il préférait le football à la boxe, puis l’armée, Montmartre, la gloire… C’est le moment de lire les mémoires de son sparring-partner Maurice Rouff, « L’ombre de Cerdan » dans les introuvables et improbables éditions G.E.E.P Horizon (isbn 9782845680012). Ou les très abordables éditions en poche de sa correspondance avec Edith Piaf, qui s’emmouracha de lui, celle qui lui apprit que « Jean Cocteau n’était pas un peintre en bâtiment », qui lui appris aussi qu’il était un vrai champion, qu’il était peut être temps de réclamer autre choses que des gants de 8 onces et des pains de sucres comme tout saaire.
Crée dans une période où les révoltes étaient nombreuses en Asie contre la présence occidentale, le succès d’un personnage comme le mystérieux docteur Fu Manchu était assuré d’avance. La série eût un succès énorme chez les occidentaux qui fantasmaient sur le Péril jaune qui était maintenant incarné en un méchant pour fictions (mais non ce n’est pas raciste, c’est d’époque quoi). Une intelligence hors-norme, dirigeant d’une armée d’insectes étranges et de « dacoits », membres d’une secte d’assassins, il connaît mille façons de tuer. C’est bien de cela qu’il s’agit, car en fait malgré l’enquête menée par Nayland Smith – vachement moins cool que son ennemi juré, on est probablement plus proche de l’horreur que du policier. Il y a du romantisme et du roman épique chez Rohmer, de la Birmanie à l’Angleterre, de caravansérails en bas-fonds londoniens, vous croiserez des princesse orientales comme des scientifiques britanniques. Les enquêtes prennent une telle tournure géographique qu’on touche au roman d’aventure et de voyage. Amoureux des ambiances, des perénigrations sans fins… Zulma avait retraduit le premier volet en 2008. 2010, le livre de poche le propose en petit format.
Cuisine minceur, bio, spéciale jeunes couples, rapide, au tofu seulement ou à faire en quelques instants… Hm hm, ben ne vous vexez pas si je réponds pas à l’invitation ; « plat pour célibataire en 2 minutes seulement aux protéines de soja », j’ai connu plus alléchant. Quitte à rentrer en cuisine, autant bien faire les choses. Dans cet état d’esprit, le livre à avoir c’est « La cuisine marocaine » de Latifa Bennani-Smirès. Des centaines de plats dont la confection est minutieusement détaillée, photos à l’appui. Le livre propose des recettes pour les abats, des entrées, des tajines mais aussi des manières de préparer les laitages, des boissons, des pâtisseries, j’en passe et des meilleures… Bref, quelques plats sont franchement classiques, salades de carottes cuites par exemple, d’autres sont plus rares ; cervelle en sauce, pigeonneau g’dra m’derbel aux amandes et autres halloua dial jeljlane. Le tout pour 42 dirhams (4 roros environ). Ben oui, parce que cet ouvrage n’est diffusé qu’au Maroc, par les Editions Al Madariss… Mais la cuisine est une activité qui demande de la curiosité et de la motivation, alors on se débrouille pour pouvoir faire parti des initiés à ce genre de plats. Moi, je vous l’expédie sur demande, sans prendre de marges.
Bientôt la rentrée littéraire, les libraires ont reçu leurs services presses – Michaël vous les chroniques tous d’ailleurs – et les auteurs veulent leurs prix. Mais voilà le drame : il n’y aura que 659 romans cette année, une baisse impressionnante de 2,51%, un drame pour tout lecteur qui se respecte ! Comment le lecteur vas t-il faire pour occuper son temps avec 17 livres en moins ? Et cela ne risque pas de s’arranger, en effet, le site
Pour bien des gens, Frederic Beigbeder représente des souvenirs de lecture de quand on était au lycée et ou on commençait à découvrir qu’il y avait une littérature après le XVIIIe siècle. En plus, ça parlait de sexe, de drogues et de putes alors on trouvait ça plutôt cool, et puis dans la suite logique des choses on a découvert d’autres trucs et on a oublié Frederic ( enfin ça s’est passé comme ça pour moi ), Frederic qu’il est de bon ton de considérer comme un « mauvais » auteur puisque médiatique et bourgeois de Neuilly-sur-Seine et non de Saint-Germain-des-Prés.
A partir d’aujourd’hui et jusqu’à indigestion totale, je publierai un article tous les jours ( sauf le jeudi soir, j’ai cricket ) à propos d’un livre à paraître au cours de la prochaine rentrée littéraire. Je prend un livre au hasard dans ma petite pile de Services de Presse, et c’est parti.
Beaucoup de lecteurs de littérature dite blanche se tiennent éloignés de la science fiction. Surtout si elle est éditée en poche, sous une couverture d’une couleur étrange (on la nommera « argenté de BMW de dealer des années 90″), ce qui est le cas en folio SF. C’est bien dommage, car cette collection possède une sorte de roman parfait, « Orbitor ». La situation tourne au tragi-comique lorsqu’on sait combien de lecteurs de sf considèrent la littérature classique comme ennuyeuse, et que l’auteur d’ »Orbitor » -il s’agit de Cartarescu- est édité par ailleurs dans la collection de littérature étrangère de Denoël. Il se retrouve donc dans une sorte de situation compliquée ou malgré des prix, en France comme en Roumanie, une diffusion à priori efficace, ben il doit peiner à trouver ses lecteurs. La situation devient vraiment très tragi-comique lorsqu’on sait que cet auteur maîtrise parfaitement son style, entre onirisme et description de villes tentaculaires, littérature de l’éveil et fantastique, avec une pointe d’historicité dans un pays – la Roumanie- jadis rongée par le communisme et encore bien mal au point. Ne vous énervez donc plus lorsqu’un quelconque lecteur typique « bobo de gauche a culture liftee qui ne connait rien a rien tant que ca passe pas dans un de sas mags pour aficionados » en furie vous expliquera que c’est une honte, qu’on ne fait pas de place à la littérature de l’Est en France et bla et bla.. Dites simplement « Cartarescu ».