Italie, terre d’avancées culturelle
Posted by Manu | Posted in Actu | Posted on 28-01-2011
Mots-clefs :berlusconie, censure, italie, politique
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L’Italie est un beau pays. Les villes-musées s’y succèdent pour le plus grand plaisir des yeux touristes et locaux, ses chansons racontent l’amour comme aucune autre et ses opéras sont les plus grands. L’Italie est également un laboratoire d’idées politiques : du fascisme des années Mussolini à la droite décomplexée de Berlusconi, le pays de la Renaissance est précurseur. Une nouvelle preuve vient de nous en être faite. Dans la Repubblica — quotidien de centre gauche — du 21 janvier, Roberto Ferruci dénonce une censure étatique envers les écrivains dissidents opérée par Luca Zaia, Président de la Région de Vénétie.
Il s’avère que les livres écrits par des personnes aillant signé l’appel pour Battisti sont interdits de séjour dans les bibliothèques et les écoles. Certains bibliothécaires affirment également avoir reçu l’ordre de ne pas donner en lecture des livres «non éducatifs». Pour le moment cantonnées à la région de Venise, ces idées liberticides risquent de faire tache d’huile sur le reste du pays, et pourquoi pas sur ses frontières.
Nous n’en sommes pas encore aux autodafés, mais cette décision fait penser au passé et peut interroger voir inquiéter. Interdire l’accès à certains auteurs dans les bibliothèques de la République n’est-il pas l’une des étapes du contrôle de la liberté d’expression et de pensée. Au moment où Bruxelles proteste contre la Hongrie pour une loi diminuant la liberté de la presse, il est amusant de voir qu’aucun pays ne traite du sujet de l’Italie, pourtant tout aussi important.
En cliquant sur «lire la suite…» retrouvez la lettre de Roberto Ferruci.


« L’amore vince sempre sull’invidia e sull’odio » c’est le titre d’un livre édité par Mondadori qui appartient en grosse partie à Silvio Berlusconi. Ca tombe bien, parce que le livre en question à tout l’air d’êrte une compilation de messages de soutien reçus par Silvio sur son site Forza Silvio (
C’était son numéro de matricule au bagne. Emprisonné sous le règne hassanien, Abdelatif Laâbi est connu avant tout pour sa revue, Souffles, qui symbolise à elle seule le renouveau de la culture littéraire au Maroc. Accueillant des écrivains de gauche, la revue s’orientera sur les questions sociales et intègre notamment le militant marxiste Abraham Serfaty. Révolutionnaire, Laâbi le deviendra, passant par le PLS (ex PC Marocain), il intégrera dès sa création l’organisation clandestine Ilal AMam. Huit ans de prison à Kénitra viendront sanctionner ses engagements. Poète avant tout, il fut aussi un traducteur de premier plan, un passeur reconnu, on lui doit par exemple la traduction de Darwich, de Kanafani et un travail important autour de ces auteurs et de la littérature palestinienne en général. Le 1 décembre, il a reçu les Prix Goncourt de la Poésie. Pour une fois qu’un prix est décerné à quelq’un de bien…
C’est mercredi que les juges brésiliens devaient trancher, il leur faudra en fait un peu plus de temps. L’enjeu, C’est l’extradition de Cesare Battisti, que bien sûr, les lobbys et la « justice » italienne, squales parmi les squales réclament, histoire de s’assurer qu’il paye bien cher (prison à perpet’), bien que sa culpabilité ne soit pas assurée, loin s’en faut. Comme à chaque événement entourant l’affaire, une poignée de militants ont tenu à se montrer. La justice brésilienne se laisse encore dix jours pour décider du sort du romancier (des polars de qualité) et figure emblématique de ces anciens militants à qui la France avait promis la liberté avant un brusque changement de décision. La défense se veut optimiste.
« Ce ne sont pas des révoltés. Tout juste des impertinents » disaient d’eux M. Nadeau qui n’était pas lui, c’est sûr très porté sur l’insolence (souvenons de son histoire du surréalisme). Ils se voulaient « désengagés » quand les Temps Modernes professaient la bonne parole sartrienne. Les Temps Modernes, c’est dans ce torchon, l’ennemi juré, qu’on trouva le joli nom de « hussard » à cette troupe composée surtout de Nimier, Blondin, Jacques Laurent. Et c’est peut-être une des rares bonne trouvaille de ce journal, en effet ces auteurs chargèrent comme des hussards et ruèrent dans les brancards de la littérature française. Nimier, le plus connu et le plus talentueux charge son lecteur désespérément en quête d’une intrigue dans des romans dont le héros lui est en quête d’une vérité. A priori, dans les thèmes, rien de nouveau ; des jeunes gens s’adonnant à de longs monologues intérieurs, de l’amour, de l’érotisme, mais l’insolence et l’éclat des romans de Nimier sont hors-normes, de jubilantes torsions littéraires. Nimier, lui fan de vitesse mourut dans « des draps de feuilles atrocement froissés » selon les mots de Blondin.
La bibli à Alliot Marie pourra bientôt compter un livre de plus; pour les 10 ans de la revue Tiqqun, La Fabrique publiera bientôt une anthologie. Comme l’annoncent assez pudiquement certaines sources bibliographiques « l’arrestation de Julien Coupat, l’un de ses fondateurs, en novembre 2008, relance son intérêt auprès des médias ».
Attention, digression politique dans un blog de variété. Vous, là que la politique énerve, et autres personnes ne voulant pas d’un avis contraire au votre, ne tentez pas le diable, et ne lisez donc pas ce billet, il y a des chances qu’elle ne vous plait pas. Par contre, vous, oui, vous, la personne ouverte, venez donc discuter, on ne sait jamais, je peux vous mettre d’accord.