À lire.

Le neo-polar pour un été peinard

Lire la suite

Ce n’est pas tous les jours qu’un site internet, d’infos de surcroit, parle de bons livres. C’est encore plus rare quand ils en parlent bien, et il est presque impossible qu’ils évoquent certains auteurs intéressants. Une fois n’est pas coutume, Bakchich parle de...

Nous suivre par RSS ou e-mail

Booba

Posted by Jules | Posted in humeur | Posted on 22-07-2009

Mots-clefs :,

1

Tous le rappellent direct, ce CD n’est pas à la hauteur comparé à Temps Mort ou à Ouest Side. En même temps, la barre avait été mise vraiment haut. Et là, une chose est sûre, Autopsie volume 3 est une mixtape de bien meilleure qualité que la grande sœur. Booba convoque du monde, monde qui répond à l’appel et fait honnêtement son boulot – quoiqu’il n’y ait pas spécialement d’éclats du côté des invités, pour ce travail en indé (au revoir Barclay). Pour la composition, on ne change pas une équipe qui gagne ; Street Fabulous, Animalsons… Le CD, le clip (Chris Macari pour Double Poney) et tout ce qui accompagne continue à forger l’image d’un artiste j’men foutiste qui réussit en dilettante, loin d’un Rohff stakhanoviste camé au travail. Comme à son habitude, Booba se retourne et change de style une fois de plus, pour aller dans le sens d’un son assez moderne ce coup-ci, amis du voice coder, des boutons et des fils électriques, bonjour. Il n’empêche que ce qui est probablement la chanson phare du scud est celle qui rappelle le plus les bon vieux sons boobdant (booba+bandant=boobdant) : Double Poney. Le son typique, à écouter à la salle de boxe ou en voiture pour aller à la salle de boxe ou au concert de B2o où on se servira de ses souvenirs de la salle de boxe. L’autre grosse réussite est Rat des villes. Booba reste classique en donnant une fois de plus un caractère autobiographique à pas mal de chansons, notamment à Foetus qui clôt la pétarade de Autopsie sur une note plus calme et triste. Ne vous affolez pas, le maître de la prose et des lyrics triviaux et vulgaires garde la ligne (et la pêche) ; on entend encore beaucoup parler de soucis matériels, de bagarre sur le volume 3. A ceux qui attendaient avec empressement le featuring avec Seth Gueko, l’autre roi de la vulgarité du milieu rap (moi j’parie 1 contre 10 que ce mec est en fac à la Sorbonne et prépare une thèse sur… disons Alphonse Boudard), le résultat ne sera pas à la hauteur des attentes, la rencontre promettait pourtant d’être explosive. La chanson avec Humphrey est vraiment trop … rnb, l’apparition de Despo Rutti en revanche est réussie. Il n’y a pas que des inédits sur Autopsie, sont aussi calés les couplets de Booba tirés de l’album de Mac Tyer, celui de Bienvenu au Texas, pour le CD de Tony Parker (seule bonne chanson du susdit CD d’ailleurs) ainsi que celui de Reste en Chien (un bon passage de Booba sur une chanson vraiment mauvaise). Booba, c’est pas de la musique, c’est une ambiance.

RAP GAME

Posted by Jules | Posted in Livres | Posted on 23-04-2009

Mots-clefs :, , ,

10

Le rap n’a jamais été une affaire de livres. Dans les quelques parutions, romans ou études à ce propos, un tri s’impose ; la plupart sont de très médiocres ouvrages, banalités consensuelles, au ton souvent démagogique et peu renseignées. Mais l’on déniche ça et là de meilleurs titres. Des études très poussées avaient été publiés à l’Eclat : « The new beats : culture, musique et attitudes du hip-hop » et chez Allia : « Can’t stop won’t stop : une histoire de la génération hip-hop ». Une anthologie sympathique de textes de rap est sorti à La Table Ronde. Mais s’il y a une culture rap à chercher en librairie, mieux vaut se tourner le roman, particulièrement le noir (roman noir s’entend ici dans les deux sens du terme). Et commencer par le plus magistral d’entre eux. LA Bible des rappeurs, le roman culte ; « Pimp » d’Iceberg Slim (Ice-T tire son nom de l’auteur qu’il cite régulièrement). Pimp, c’est maquereau. C’est aussi probablement le mot le plus usité du rap cainri, un titre de 50 cent et sans doute le nom de scène de centaines de jeunes amateurs. Pimp -le roman- c’est l’histoire d’un jeune mac noir, où la crudité du vocabulaire ne fait concurrence qu’au tranchant du regard social de l’auteur. L’autre polar à lire serait probablement « Le vautour » de Gil Scott Heron, artiste considéré comme le papa du rap. Du côté de l’Hexagone, c’est Izzo avec sa trilogie marseillaise qui fût le plus hip-hop de nos auteurs. Son œuvre rappelle franchement IAM. Le rap a aussi ses mythes, n’importe quel fan sait combien Tony Montana, Mesrine ou Mohamed Ali sont des références. Profitez-en pour lire ou relire « L’instinct de mort » du grand Jacques, « Scarface » de Armitage Trail et une petite bio de Ali, celle de Lelorain par exemple.
Plus généralement , le rap dans ses passions est hanté par l’Islam autant que par les mouvements noir américains et bien sûr par ses ancêtres ; rock, jazz et blues. Ces sujets sont l’objet de régulières parutions de qualité, citons pêle-mêle les meilleurs : « Black Panther » à l’Echappée, « Blaxploitation : 70′s soul fever ! » de Sévéon chez Bazaar and co, « Hellfire » de Tosches chez Allia, « Sly Stone : le mythe de Staggerlle » de Greil Marcus chez le même éditeur. Mais cette vague recension serait nulle sans évoquer les ouvrages du maître en la matière : Nik Cohn. « Soljas » et « Triksta », c’est une incision dans le milieu hip-hop hardcore des plus fascinantes. Le cadre ; la Nouvelle-Orléans, c’est acre forcément. De jeunes you-vois devenus richissimes du jour au lendemain poussent les lyrics à leur maximum de vulgarité et de violence sur des beats endiablés. Des filles en transe finissent à moitié à poil devant les Cadillacs des DJ les plus côtés de la région. Des gosses déchirés au crack et au cognac (pour la reconnaissance sociale le cognac) se tirent dessus à balles réelles, purgent des peines à perpet’ et rêvent de lancer des liasses de billets dans la foule en liesse depuis la scène. Dirty South quoi.