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Le roi Lebo contre les journaux.

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Personne bouge, ici

Posted by Jean-Mi | Posted in Livres | Posted on 13-12-2009

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Lu en une journée, un dimanche de la semaine dernière, équivalent à celui-ci, gris et terne, Personne bouge* de l’américain Denis Johnson est un de ces romans policiers aux personnages hauts en couleurs m’ayant fait bonne impression.

C’est dans l’arrière-pays californien que se réfugie Jimmy Luntz après avoir tiré sur Gombol et l’avoir laissé pour mort sur une aire d’autoroute entre Los Angeles et San Francisco. Gombol est soigné par une infirmière revenue d’une guerre contre l’axe du mal et, remis sur pieds et ré-armé, il va chercher à se venger de celui qui a fait de lui une victime.

Son associé Juarez va l’aider à se venger, mais l’infirmière, qui est aussi l’ex-femme de Juarez, lui apprend qu’il se fait passer pour mexicain alors qu’il est arabe, et ainsi ne pas s’attirer les foudres des bandes de malfaiteurs de sa ville, le prenant pour l’un des leurs. Gombol est énervé. Il n’aime pas les arabes. Mais qu’à cela ne tienne, son désir de violence est exacerbé par ce qu’il vient d’apprendre, et s’il va tout de même s’allier à son imposteur d’ami, c’est parce qu’il lui a promis de retrouver Luntz. Et qu’ensemble, parce que chacun d’entre eux s’est fait avoir par cette petite frappe qu’est Jimmy Luntz, ils se jurent de lui bouffer ses couilles.

Au fil de l’aventure, ils jugent bon de prévenir l’intéressé lors de courtes et nerveuses conversations téléphoniques, qu’ils ont déjà, une fois, bouffé les couilles d’un type qui leur devait de l’argent.

Luntz d’une certaine manière ne veut pas se laisser faire et s’enfuit pour se mettre sous la protection d’un ami biker vivant dans un campement de mobiles-homes perdu dans les bois. Ce campement est séparé de la route par un bar où se réunissent habituellement les bikers de la bande, mais actuellement vide de ses habitués partis en virée. Le patron de l’établissement lui déclare être contre la violence et ne pas la tolérer chez lui, tandis que l’autre révèle au contraire, quoique amant du premier, ne pas partager ses sentiments sur les armes, et il en explique le fonctionnement à son vieux camarade Jimmy.

Avant de se cacher chez les bikers, Jimmy Luntz avait aussi croisé la route d’une belle indienne récemment divorcée  et alcoolique et soupçonnée d’avoir soutiré à son procureur d’ex-époux un bon paquet de fric. Elle noie son chagrin d’avoir tout perdu -son boulot idem, puisque elle travaillait au bureau du juge, ami de son procureur- et tombe dans les bras de Jimmy dans un karaoké de motel où elle est complètement torchée et lui est un mec moyen vivant avec la peur constante d’être retrouvé.

Il n’y croit pas au début, car il n’a jamais eu de femme aussi canon, mais Anita Desidero se prend d’affection pour lui et aussi à jeun. Ils expérimentent la joie d’un amour naissant et diverses positions sexuelles qui les rendent aussi joyeux, avant de se rappeler que la fin approche ; elle doit se présenter au tribunal et prouver -de quelle manière ? elle ne sait- être victime d’une machination, et ne pas posséder le pactole. Et lui, doit rembourser sa dette et -accessoirement- être énucléé s’il relâche sa garde.

Une confrontation violente les attend au détour des routes poussiéreuses et des forêts de résineux.

Entre vrais losers et faux truands, entre le calibre .12 du fusil de Jimmy et le .357 Magnum de Gombol, des bouges glauques entre les pins aux maisons classieuses des suburbs de L.A., Personne bouge est un de ces polars noirs et drôles, une de ces courses-poursuites en grosse berline et gros pick-up troués par les balles qui font voir les dimanches pluvieux plus roses.

bar biker

*Personne bouge (Nobody move), de Denis Johnson, Christian Bourgois Éditeur, coll. « Fictives », Paris, octobre 2009, trad. Brice Matthieussent.

« un roman français » par Frederic Beigbeder

Posted by Michael | Posted in Livres | Posted on 02-07-2009

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Pour bien des gens, Frederic Beigbeder représente des souvenirs de lecture de quand on était au lycée et ou on commençait à découvrir qu’il y avait une littérature après le XVIIIe siècle. En plus, ça parlait de sexe, de drogues et de putes alors on trouvait ça plutôt cool, et puis dans la suite logique des choses on a découvert d’autres trucs et on a oublié Frederic ( enfin ça s’est passé comme ça pour moi ), Frederic qu’il est de bon ton de considérer comme un « mauvais » auteur puisque médiatique et bourgeois de Neuilly-sur-Seine et non de Saint-Germain-des-Prés.

Le nouveau roman de Beigbeder donc, qui s’intitule « un roman français » ( qu’est ce que c’est que ce titre ? ), part de l’experience carcérale qu’a subi l’auteur après avoir été surpris en train de sniffer de la cocaïne sur le capot d’une voiture. Claustrophobe, il se renferme en lui même et revient sur son enfance, sur sa relation avec son frère, l’histoire du couple de ses parents et la façon dont tous ces évènements ont façonné l’homme qui se trouve au moment du livre dans un petit cagibi de plexiglas de deux mètres sur deux en compagnie d’un dealer et d’un mec bourré. C’est plutôt bien écrit, on prend plaisir a suivre Frédéric dans l’histoire de sa généalogie dans laquelle on croise nombre de personnages historiques, les passages sur sa relation à son frère et à ses parents sont très justes et sans complaisance, mais on ne manque pas d’afficher un sourire un peu moqueur, un peu dédaigneux lorsque l’écrivain se prend tout à coup pour Victor Hugo pour dénoncer avec verve le système carcéral et judiciaire français, même s’il a parfaitement raison, et malgès un sens de la formule finale qui parfois agace tant on a l’impression que le paragraphe entier ne sert que de présentoir à la phrase de la fin, ‘un roman français’ reste un roman tout à fait honnête avec lequel on passe un bon moment.

NdManu : Un roman français sort le 18 août chez Grasset.