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Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, de Mathias En

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Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants est le nouveau roman de Mathias Enard, bombe de la rentrée littéraire. Je les entends déjà rire, et pourtant je ne parlerai que peu de Zone. Paru en août 2008, prix Décembre, prix du Livre Inter, Zone est son précédent roman qui avait été...

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Sur la route II

Posted by Jean-Mi | Posted in Actu | Posted on 14-05-2010

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Goddamit ! L’information sur le Nouvel Obs de cette semaine m’a bouleversé. Le roman le plus célèbre de la jeunesse perdue (bien avant L’attrape-cœurs) a été retraduit, et bientôt publié !

Jack Kerouac avait posé sur papier ses aventures romancées avec ses potes William Burroughs, Neal Cassady, Allen Ginsberg, sur les routes d’Amérique du Nord à la fin des années quarante. Le narrateur s’appelle Sal Paradise. Il vient de divorcer et rejoint son pote Dean Moriarty pour rallier San Francisco depuis New York en stop. La galère commence avec une pluie qui freine les ardeurs du jeune homme avide de liberté. Quand il partira enfin, il ne cessera de revenir au bercail, et de repartir, de s’installer avec une femme quelque part, et de repartir. Sur la route, le jazz les met tous en transe. La défonce comme le sexe, le narrateur n’en parle qu’en sous-entendus, par pudeur peut-être. Kerouac nous livrait un récit long et exaltant, comme un voyage de trois-mille kilomètres, des traversées lentes et décourageantes suivies de courses en bolides enthousiasmantes. L’essence même du roman de voyage.

Cette nouvelle traduction donnée par Josée Kamoun (à laquelle on doit notamment des traductions de Philip Roth et John Irving), révèle au public francophone le texte original de l’auteur. Le lecteur lambda pourrait penser que les traducteurs Gallimard de l’époque (début des années 50) n’en branlaient pas une. Rappelons nous de Marcel Duhamel ou de Boris Vian. Non, affirme Didier Jacob dans son article, le texte original de Kerouac, écrit en 22 jours à la machine à écrire après quatre années de tentatives, avait été censuré par son éditeur, en 1951. Pas étonnant, à la vue des « insanités » livrées enfin par cette nouvelle traduction. Du sexe, de la drogue, tout ce que j’avais cru omis par l’auteur avait été en fait interdit par l’éditeur. L’écrivain avait besoin de fric, comme tous les hobos, c’est pourquoi il avait retravaillé son texte pour le faire accepter de l’Amérique de la Guerre froide et du maccarthysme.

Quelle hâte de relire enfin ce texte sacré, dans sa splendeur retrouvée. À ceux qui ne l’ont jamais lu, et ceux qui l’ont lu il y a trente ou quarante ans, tous, plongez vous d’une traite dans cette quête initiatique. Un bon whisky, un feu de cheminée, et laissez vous bercer sur la route…

Sur la route : le rouleau original, Gallimard « Du monde entier », prévu pour le 25 mai 2010, 24€.
Au cas où, pour ces messieurs dames les désargentés, prolos et nouveaux hobos, l’édition de poche chez Folio propose une version tronquée mais néanmoins envoûtante, à 7,70€.

l’article du Nouvel Obs